https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/11/12/la-serbie-et-le-kosovo-attendent-des-changements-tectoniques-par-dmitri-bavyrine/
ENCORE ET ENCORE
Le non-respect des accords de 2013
Les
Serbes du Kosovo et le Belgrade officiel de l’UE ont été persuadés de
coopérer avec les Albanais. Et en 2013, ils se sont finalement inclinés.
Puis, sous les garanties de Bruxelles en tant qu’intermédiaire entre
Belgrade et les autorités albanaises, un accord a été signé à Pristina.
De nombreux Serbes l’ont considéré comme une trahison, bien qu’il
n’implique pas la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo. Il
représentait en fait une option de règlement intermédiaire, expliquant
comment vivre les uns à côté des autres.
L’accord s’est avéré être
important. L’essentiel est qu’à la première étape, les Serbes du Kosovo
devaient être intégrés dans les autorités du Kosovo et voter
l’autonomie conformément aux lois du Kosovo. La deuxième étape
impliquait la création d’une communauté de municipalités serbes. C’est,
pour le dire très grossièrement, la fédéralisation du Kosovo. Tracer
entre Serbes et Albanais des lignes administratives que les Albanais
reconnaîtront sans partir du principe que « tout le Kosovo leur
appartient et que si ce n’est pas maintenant, cela viendra par la
suite ».
Mais inutile de dire que ce principe est néanmoins resté
inscrit dans les faits. Près de dix ans se sont écoulés, et les
municipalités serbes n’ont toujours pas été légalisées. Les autorités
albanaises actuelles laissent entendre qu’elles ne le seront pas, tandis
que les précédentes autorités, signataires de l’accord, exigent que
cette partie ne soient jamais respectés. En réalité, durant toutes ces
années, les Albanais ont rogné les droits et les opportunités des
Serbes, agissant généralement par la méthode de l’attaque effrontée. En
réponse, les Serbes ont soulevé une agitation, et l’Union européenne est
intervenue à contrecœur. Les Albanais ont reculé, avec un air de
dignité offensée, mais un pas ou deux de moins qu’auparavant. Alors
lentement ils ont poursuivi leur politique : moins il y avait de Serbes,
mieux c’était, et ceux qui restaient n’avaient à vivre que comme des
Albanais, sans pour autant s’en vanter…