Voilà un magnifique article, très mesuré, et une explication extrêmement pédagogique du beau mot « Libéralisme ».
Idéalement, j’applaudis des deux mains. (evidemment, d’une seule c’est plus difficile)
Par contre, la lecture des commentaires démontre s’il en était encore besoin, la perversion de la langue française par l’utilisation médiatique inappropriée de ce mot. On devrait condamner la perversion volontaire du sens des mots par des professionnels, car c’est une source de confusion et de disputes permanentes.
Cet article est donc EXCELLENT. Bravo à l’auteur pour le travail magnifique qu’il a réalisé.
Cependant, il n’a fait qu’une partie du travail. Car il n’a décrit que ce qui DEVRAIT être, pas ce qui EST, de fait, notre contexte quotidien.
Ce qui est, de fait, ce n’est pas le Libéralisme, c’est son pire ennemi, le CAPITALISME. Ou devrais-je dire l’un de ses deux pires ennemis ? Car le Communisme est l’autre extrême.
Le Libéralisme tel que décrit dans cet article est en effet l’IDEAL dans une société IDEALE. Mais la société ne n’étant pas idéale, le Libéralisme ne le reste pas lui non plus.
Pourquoi ? Parce que des gens s’arrogent le droit de fausser les équilibres en profitant de leur puissance financière pour peser sur l’un des plateaux. Le « chantage à l’emploi » fait partie de l’arsenal de ces gens là.
Il faut des « entrepreneurs » dans toute société. Et ces entrepreneurs risquant leur propres capitaux, il est normal qu’ils en restent les maîtres. Mais il y a une différence entre « rester maître de son avoir » (droit de propriété), et s’en servir pour devenir le maître des autres...
Autrement dit, pour prendre un exemple plus concret, un artiste créateur devrait être légitimement le seul propriétaire de son oeuvre.
D’autre part, le patron d’une maison d’édition devrait être tout aussi légitimement le seul propriétaire de ses installations, payées avec ses propres deniers.
Mais l’artiste créateur a besoin des installations de l’éditeur pour commercialiser son oeuvre, et l’éditeur de son côté a besoin de nombreux artistes pour amortir se coût de ses investissements.
Jusque là, on pourrait penser qu’ils vont s’arranger équitablement.
Mais non. C’est là qu’entre la perversion dans le système. Car le créateur n’est qu’un homme isolé et sans moyens à la recherche d’une diffusion, tandis que l’éditeur est avant tout une grosse machine financière à la recherche de profits maximum. En usant du même mot, le grossium va donc obliger le petit artiste à signer un contrat qui le liera bien au-delà de sa propre vie.
C’est de l’abus de position dominante.
Sous le même vocable « libéral » ils ne parlent pas le même langage. L’un défend la création française, l’autre la profitabilité financière anglosaxonne.
Même chose pour l’agriculture, la consommation d’énergie, la protection de la planète, la littérature, ou l’information.
Le mot « objectivement » veut-il encore dire quelque chose ???