Je viens d’en finir la lecture et j’avoue m’être pris une claque. Et pourtant les plus de 600 pages étaient à priori plutôt dissuasives mais on est très vite prit par la narration très fluide et le recul de l’auteur malgré son statut de Stratège Athénien jusqu’à sa condamnation à l’exil. Ce qui frappe, c’est la modernité du propos et en prime, quelques figures marquantes et des duels oratoires impressionnant. L’auteur ne prend pas parti : il relate froidement les faits et dissèque les motivations des uns et des autres.
Le paradoxe est qu’Athènes, symbole de la Démocratie se comportait comme une puissance coloniale qui écrasait sans scrupule les citées soumises lorsque Sparte, société d’Oligarques « anti-moderne » a défendu ( après maintes hésitations quand même ), la liberté face à l’oppresseur qui menaçait la Grèce toute entière.
Ceci dit, le contexte est important. Athènes et son domaine immédiat n’avait aucune ressources propres ni d’argent et dépendait presque entièrement de ses échanges. Le seul moyen de payer ce dont elle avait besoin était de tondre ses colonies jusqu’à l’os avec la menace d’un massacre général et d’un citée rasée si le soumis n’obtempérait pas.
Enfin, reconnaissons qu’ils ont été tout de même pris de la folie des grandeurs lorsque projetant leur intervention en Sicile, certains imaginaient soumettre Carthage dans la foulée ! Rien que ça.