@cevennevive
Que nous révèle le langage ? Bien des préjugés qui restent ancrés dans les esprits : ainsi le nom « garce » n’est, à l’origine, que le féminin du nom « garçon ».
Autrefois, ce terme « garce » n’avait aucun sens péjoratif et désignait simplement une jeune fille.
Il est devenu, dans la langue moderne, un terme injurieux et grossier : si le terme « garçon » s’est purifié, le mot « garce » s’est dégradé.
Autrefois, un parent, fier de sa progéniture, pouvait dire : « Hein ! qu’elles sont belles, mes petites garces... » Désormais, ce mot est péjoratif.
On perçoit, là, comme une malédiction qui pèse sur les filles : alors que les jeunes gens sont des garçons, terme sympathique et valorisant, les filles sont méprisées, dénigrées : ce sont des garces ! Ce mot très fort est une insulte.
Le « joli coeur » au masculin devient une « garce » au féminin.
Comment ne pas voir, là, une traduction de la dévalorisation des femmes depuis des siècles ? La femme perfide, symbole du péché, du mal, la femme maudite, soumise, dès les origines....
La femme, objet de plaisir, jouet, poupée dévalorisée, ravalée au rang de garce.
Que de poids dans le langage ! Que de résonnances qui ont traversé les siècles !