@pemile
In medio veritas : je pense que nous avons tous les deux raison. Je ne suis pas spécialiste, et je reconnais volontiers que certains enfants peuvent garder des séquelles. L’optimisme que je mentionnais repose surtout sur le fait que la plasticité cérébrale permet souvent de compenser – mais cela dépend bien sûr de l’intensité et de la durée de l’exposition.
Pour illustrer, je ferais une analogie avec une brûlure de la main :
Une brûlure au 1er degré guérit sans laisser de traces.
Une brûlure au 2e degré peut laisser une cicatrice, parfois avec une perte de sensibilité, mais la main reste fonctionnelle.
Une brûlure au 3e degré peut rendre la main inutilisable, avec un handicap durable.
De la même manière, un enfant peu exposé peut récupérer totalement. Mais un enfant surexposé très jeune (dès 3-4 ans), sans stimulation par l’école ou d’autres activités, risque d’arriver à l’adolescence avec des fragilités plus difficiles – voire impossibles – à compenser. La plasticité existe encore à cet âge, mais elle est moins forte qu’à 5 ans : le cerveau devient plus spécialisé et efficace, mais aussi moins flexible pour certains apprentissages fondamentaux.
C’est pourquoi je comprends que Michel Desmurget soit plus pessimiste : son travail met en lumière les conséquences des situations extrêmes. Mon propos était plutôt de rappeler qu’il existe un continuum de cas, et que la prévention et le changement d’habitudes restent possibles et bénéfiques.