La nature et le bien-être
La pandémie s’est avérée être un exercice en temps réel pour gérer notre anxiété et nos craintes pendant une période de confusion et d’incertitude extraordinaires. Un message clair en est ressorti : la nature est un formidable antidote à de nombreux maux actuels. Des recherches récentes et exhaustives expliquent de façon incontestable pourquoi il en est ainsi. Neuroscientifiques, psychologues, médecins, biologistes et microbiologistes, spécialistes des performances physiques, économistes, sociologues : tous, dans leurs domaines respectifs, peuvent désormais expliquer pourquoi la nature nous fait du bien, comment elle atténue la douleur physique et psychologique et pourquoi elle est associée à tant de bienfaits en termes de bien-être physique et mental. Inversement, ils peuvent aussi démontrer pourquoi le fait d’être éloigné de la nature dans toute sa richesse et sa variété - faune, arbres, animaux et plantes - a un effet négatif sur notre esprit, notre corps, notre vie émotionnelle et notre santé mentale.
La COVID-19 et les rappels constants des autorités sanitaires de marcher ou de faire de l’exercice chaque jour pour garder la forme placent ces considérations au premier plan. Tout comme les myriades de témoignages individuels recueillis pendant les périodes de confinement, qui montrent à quel point les habitants des villes aspiraient à la verdure : une forêt, un parc, un jardin ou simplement un arbre. Même dans les pays où le régime de confinement était le plus strict, comme en France, les autorités sanitaires insistaient sur la nécessité de passer un peu de temps à l’extérieur chaque jour.
Dans l’ère post-pandémique, beaucoup moins de personnes ignoreront le rôle central et essentiel de la nature dans leur vie. La pandémie a rendu cette prise de conscience possible à grande échelle (car aujourd’hui presque tout le monde est au courant).
Cela permettra de créer des liens plus profonds et plus personnels au niveau individuel avec les éléments « macro » que nous avons évoqués plus tôt concernant la préservation de nos écosystèmes et la nécessité de produire et de consommer de manière respectueuse de l’environnement. Nous savons maintenant que sans accès à la nature et à tout ce qu’elle a à offrir en termes de biodiversité, notre potentiel de bien-être physique et mental est gravement compromis.
Tout au long de la pandémie, il nous a été rappelé que les règles de distanciation sociale, de lavage des mains et de port de masque (plus l’auto-isolement pour les personnes les plus vulnérables) sont les outils standard pour se protéger de la COVID-19. Cependant, deux autres facteurs essentiels qui dépendent fortement de notre exposition à la nature jouent également un rôle vital dans notre résistance physique au virus : l’immunité et l’inflammation. Les deux contribuent à nous protéger, mais l’immunité diminue avec l’âge, tandis que l’inflammation augmente. Pour améliorer nos chances de résister au virus, l’immunité doit être renforcée et l’inflammation supprimée. Quel est le rôle de la nature dans ce scénario ? C’est elle qui mène la danse, affirme désormais !
Le faible niveau d’inflammation constante que connaît notre corps entraîne toutes sortes de maladies et de troubles, allant des maladies cardiovasculaires à la dépression et à l’affaiblissement du système immunitaire.
Cette inflammation résiduelle est plus fréquente chez les personnes qui vivent dans les villes, les environnements urbains et les zones industrialisées. Il est maintenant établi que le manque de connexion avec la nature est un facteur contribuant à une plus grande inflammation, des études montrant que deux heures à peine passées dans une forêt peuvent atténuer l’inflammation en abaissant les niveaux de cytokines (un marqueur de l’inflammation).
Tout cela se résume à des choix de vie : non seulement le temps que nous passons dans la nature, mais aussi ce que nous mangeons, comment nous dormons, à quelle fréquence nous faisons de l’exercice. Ce sont des choix qui laissent entrevoir un constat encourageant : vieillir n’est pas forcément une fatalité. De nombreuses recherches montrent que la nature, l’alimentation et l’exercice physique combinés peuvent ralentir, voire parfois inverser, notre déclin biologique. Il n’y a rien de fataliste là-dedans !
L’exercice, la nature, les aliments non transformés... Ils ont tous le double avantage d’améliorer l’immunité et de supprimer l’inflammation.
Cela concorde avec ce que nous venons de dire sur les habitudes de consommation. Il serait surprenant que toutes ces nouvelles preuves ne conduisent pas à une plus grande sensibilisation à la consommation responsable. Au moins, la direction que prend la tendance - moins de déprédation, plus de durabilité - semble claire.
La réinitialisation pour les individus : la pandémie a attiré notre attention sur l’importance de la nature. À l’avenir, il deviendra progressivement primordial d’accorder une plus grande attention à nos atouts naturels.