Merci pour cette analyse indispensable, surtout documentée et rigoureuse.
Votre article complète parfaitement ce que beaucoup d’entre nous ressentons face à cette troublante affaire : un bel ouvrage de la mécanique judiciaire et médiatique odieuse et autoritaire qui ne cherche même plus à dissimuler son caractère politique et machiavélique.
Les uns ne valent pas les autres, nous sommes dans le flou. La comparaison des deux parcours est implacable : d’un côté, Laurent Vinatier, 20 ans entre France et Russie, OTAN, missions peu claires à Genève – médiations sur des dossiers ultra-sensibles (Caucase, islamistes radicaux au Daghestan, Ingouchie), un profil qui, selon plusieurs analyses, « colle pile à une légende d’agent dormant » : collecter des infos « ouvertes » qui, cumulées, deviennent sensibles. Un chercheur aux réseaux opaques, 20 ans de contacts avec des fonctionnaires russes – et l’Occident hurle à l’injustice quand Moscou applique sa propre loi sur les agents étrangers (inspirée, rappelons-le, d’une loi américaine).
De l’autre, Anna Novikova, mère de famille organisant des convois humanitaires au grand jour, association loi 1901 ultra-surveillée – et Paris la jette en prison comme une espionne du Kremlin.
La bonne blague ! Mais qui, vraiment des deux, avait réellement accès à des informations dites « sensibles » ? La question se pose d’elle-même. Et la vraie question : un citoyen russe pourrait-il mener les mêmes activités en France sans se faire démonter ? Évidemment non. Pourquoi la presse mainstream ne se la pose-t-elle pas ! Deux poids, deux mesures.
Cassandre G