@Armelle
Madame,
Merci d’avoir cité un exemple concret, ce qui permet enfin de déplacer le débat du registre de l’invective vers celui des faits. La politique menée à Cannes sous l’impulsion de David Lisnard est effectivement intéressante et mérite d’être analysée sérieusement. Elle montre qu’une gestion plus exigeante, plus sélective et plus responsable de l’emploi public est possible au niveau local. Sur ce point, nous sommes en accord : la maîtrise des effectifs et l’évaluation des besoins doivent être la règle, non l’exception.
Toutefois, tirer de cet exemple la conclusion que les fonctionnaires ne seraient « pas indispensables », à l’exception des services régaliens, relève d’un raisonnement excessif. La réussite d’une politique locale ne démontre pas l’inutilité du service public, mais au contraire qu’il peut être mieux organisé, mieux piloté et mieux ciblé. Cannes n’a pas supprimé le service public ; elle l’a rationalisé.
Par ailleurs, l’opposition binaire entre un secteur public inutile et un secteur privé seul créateur de richesse ne résiste ni à l’analyse économique ni à l’expérience. Le privé ne fonctionne pas dans le vide : il repose sur des infrastructures, une sécurité juridique, un système éducatif, sanitaire et administratif qui relèvent, pour l’essentiel, de l’action publique. Cela ne signifie pas que tout agent public est indispensable individuellement, mais que certaines missions le sont collectivement.
Enfin, reconnaître que tous les fonctionnaires ne sont pas indispensables n’est ni choquant ni nouveau. Aucun secteur – public ou privé – ne l’est intégralement. Mais affirmer que seuls les services régaliens compteraient revient à ignorer des réalités très concrètes : enseignants, soignants, agents territoriaux, ingénieurs, techniciens, sans lesquels ni les entreprises ni les citoyens ne peuvent durablement fonctionner.
Le débat légitime ne porte donc pas sur l’« inutilité » ou la « sacralisation » des fonctionnaires, mais sur trois questions simples :
C’est précisément dans ce cadre que s’inscrivait l’article. Les exemples de bonne gestion locale, comme celui que vous citez, ne le contredisent pas : ils en sont une illustration concrète.
Sur ce point, le débat est désormais posé.