Strictement à partir du présent texte, on
peut formuler plusieurs questions précises au sujet de la gestion de la Banque
Laurentienne depuis une dizaine d’années, soit depuis la nomination de M. François
Desjardins comme PDG en 2015.
Succursales
Est-ce que les décisions de M. Desjardins
de fermer presque la moitié des succursales entre 2016 et 2020, qui sont
passées de 145 à 83, ont vraiment été prises dans l’intérêt général de la
Banque, de ses actionnaires et de ses clients (sans parler de ses employés) ?
Est-ce que les décisions de Mme Rania
Llewellyn, entre 2020 et 2023, ou celles de M. Éric Provost, entre 2023 et
décembre 2025, de fermer encore presque le tiers des succursales
qui restaient en 2020 lors de la nomination de Mme Llewellyn comme PDG, lesquelles
succursales sont ainsi passées de 83 en 2020 à 58 en décembre 2025, ont aussi
vraiment été prises dans l’intérêt général de la Banque, de ses actionnaires et
de ses clients ?
C’est exactement 60 % des succursales de
la Banque Laurentienne en opération en 2016 qui ont été fermées, soit 87 sur
145, n’en laissant que 58 en décembre 2025.
Ce démantèlement majeur du réseau de succursales de la Banque s’est
produit en seulement dix ans.
Guichets automatiques
Est-ce que les décisions de M. Desjardins
de fermer la moitié des guichets automatiques de la Banque entre 2016 et
2020, qui sont passés de 398 à 197, ont vraiment été prises dans l’intérêt
général de la Banque, de ses actionnaires et de ses clients ?
Services au comptoir
Est-ce que la décision de M. Desjardins de
fermer la totalité des services au comptoir dans toutes les succursales
de la Banque Laurentienne, ce qui est sûrement du jamais-vu dans le secteur
bancaire canadien, a vraiment été prise dans l’intérêt général de la Banque, de ses
actionnaires et de ses clients ?
Clientèle
La clientèle de la Banque Laurentienne a
baissé de presque la moitié en seulement quatre ans,
passant de 460 000 clients en 2021 peu après la fin du mandat de M.
Desjardins en 2020, à 350 000 à la fin du mandat de Mme Llewellyn en
automne 2023, puis à 260 000 en décembre 2025 sous M. Éric Provost.
On est ainsi vraiment en droit et c’est
même notre devoir de poser des questions sur le but des décisions prises par les
PDG François Desjardins de 2015 à 2020, Rania Llewellyn de 2020 à 2023 et
d’Éric Provost de 2023 à décembre 2025.
Notons que le conseil d’administration de
la Banque Laurentienne a sûrement aussi été impliqué dans toutes ces décisions
d’une aussi grande importance.
Enquête ?
Ce démantèlement et cette fermeture totale
en seulement une dizaine d’années de tout le réseau de succursales de la Banque
Laurentienne, touchant des centaines de milliers de consommateurs québécois,
justifient toutes les questions susmentionnées.
Le Bureau du surintendant des institutions
financières (BSIF), dont la mission générale est d’« assurer la
surveillance des institutions financières […] pour contribuer à la confiance du
public dans le système financier », et qui est un des organismes de
réglementation qui doivent donner leur approbation pour la transaction
d’acquisition de la Banque Laurentienne par la Banque Fairstone, ou tout autre
organisme approprié ne devrait-il pas ouvrir une enquête pour tenter de
répondre objectivement à toutes ces questions ?
André Lafrenaie