@SilentArrow
Votre propos appelle plusieurs clarifications importantes.
D’abord, qualifier des civilisations ou des cultures de « monde sémitique arriéré » ne relève pas d’une analyse historique, mais d’un jugement de valeur globalisant. Ce type d’expression essentialise des ensembles humains extrêmement divers et complexes. L’histoire montre au contraire que les mondes juif, chrétien et musulman ont chacun produit, à différentes périodes, des avancées philosophiques, scientifiques et juridiques majeures.
Ensuite, affirmer qu’un texte religieux serait intrinsèquement « en avance » ou « en retard » par rapport à un autre repose sur une lecture linéaire et simplifiée de l’histoire.
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La Torah est issue d’un contexte antique du Proche-Orient.
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Les Évangiles s’inscrivent dans un monde marqué par l’hellénisme, mais aussi par des tensions religieuses et politiques fortes.
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Le Coran apparaît au VIIe siècle dans un environnement tribal et impérial spécifique.
Tous ces textes comportent des passages qui reflètent les réalités et les conflits de leur époque. Aucun ne peut être compris hors de son contexte historique.
Par ailleurs, le fait qu’un texte mentionne ou critique d’autres groupes religieux n’est pas en soi exceptionnel dans l’histoire des religions. Les controverses théologiques entre juifs, chrétiens et musulmans ont existé dès l’Antiquité tardive. Cela relève de dynamiques religieuses anciennes, non d’une hiérarchisation moderne des personnes.
Le point fondamental, dans une société démocratique contemporaine, est le suivant :
ce ne sont pas les textes anciens qui régissent l’ordre juridique, mais la Constitution et les lois de la République.
Aujourd’hui, aucun texte religieux qu’il s’agisse de la Torah, des Évangiles ou du Coran n’a d’autorité normative en droit français. Ce qui compte, ce sont les comportements et les interprétations actuelles.
Enfin, opposer des traditions religieuses en termes de supériorité civilisationnelle ou de « progrès » alimente davantage les fractures qu’il ne contribue à un débat apaisé. L’exigence républicaine consiste précisément à protéger les personnes, quelles que soient leurs croyances, tout en permettant la critique raisonnée des idées.
La fermeté contre l’extrémisme est nécessaire.
Mais elle gagne en crédibilité lorsqu’elle s’appuie sur l’analyse historique et le droit, plutôt que sur des jugements globaux visant des civilisations entières.