Le fascisme a toujours été la roue de secours du capitalisme, il est né
après la révolution bolchevique de 1917 ; c’est à ce moment que la
grande bourgeoisie a eu réellement peur d’une contagion révolutionnaire à
travers l’Europe et elle a donné les clefs de son salut à Mussolini,
puis à Hitler. Elle fut, certes, obligée de concéder des avancées sociales pour refaire
retomber la pression, mais en même temps, elle a pris soin de diriger
le mécontentement grandissant vers des organisations syndicales, des
partis politiques et des minorités. Le fascisme ne peut instaurer son
pouvoir qu’une fois les organisations ouvrières détruites, ce que la
social-démocratie et la droite se sont appliquées à faire durant ces
dernières décennies. C’est pourquoi les libertés sont aujourd’hui
attaquées, que le droit de manifester, de s’exprimer, de contester est
réprimé, souvent avec une brutalité inouïe par une police largement
gangrenée par les idées de l’extrême droite. La bourgeoisie qui contrôle
de fait la démocratie glisse fatalement dans le fascisme lorsque les
difficultés d’exploitation et le mécontentement des classes populaires
et des classes moyennes menacent.