Lorsque les moyens « normaux », militaires, policiers ou parlementaires,
de l’autorité bourgeoise, ne suffisent plus pour maintenir la société
en équilibre, le fascisme prend la relève. La bourgeoisie
encouragera le fascisme jusqu’à la guerre civile s’il le faut. A travers
les agents du fascisme, le capital met en mouvement les masses de la
petite bourgeoisie déclassée et les bandes de salariés démoralisés,
c’est-à-dire tous ceux que le capital financier a lui-même plongés dans
la rage et le désespoir. Ajoutons, les divers groupuscules d’extrême
droite que l’on a laissé se développer pour les avoir sous la main,
destinés aux actions violentes, organisés en milice pour détruire les
obstacles et favoriser le chaos. La bourgeoisie exige du fascisme des
résultats, et les agents du fascisme mettront du cœur à l’ouvrage pour
la satisfaire. La victoire du fascisme aboutit à ce que le capital
financier s’accapare directement de tous les organes et institutions de
pouvoir, de domination, d’organisation et d’éducation. L’appareil
d’Etat, l’armée, la police, les municipalités, les universités, les
écoles, la presse, les organisations syndicales, les coopératives… tout
doit être sous contrôle. La fascisation de l’Etat implique avant tout et
surtout d’anéantir toutes les organisations ouvrières : il faut réduire
les ouvriers, les employés à un état d’apathie complète et réguler,
superviser toutes leurs organisations pour empêcher toute velléité
d’indépendance des salariés.