@xana
La définition du mot antisémitisme au travers de son usage au fil du temps indique que ce mot perd toute portance de son sens premier, surtout aux États-Unis avec Nick Fuentes.
Mon moment pseudo-antisémite préféré, c’est en Inde, dans le Tamil Nadu, il y a un peu plus de dix ans. Je croise un tuk-tuk qui dépose deux jeunes Israéliens complètement défoncés, probablement venus en Inde à la fin de leur service militaire obligatoire. L’un ne tenant plus debout avec des tâches de vomi sur son t-shirt.
Le tuk-tuk me regarde, les regarde l’air dépité, me regarde – le seul Blanc de la rue – et me sort :
« This is YOUR GOD’s chosen people », avec un léger sourire et un accent tamoul prononcé. Sous-entendu : aide-les, c’est ton problème, idiot de catho.
J’ai aidé à porter le plus mal en point jusqu’à leur bungalow en me disant que je n’étais pas leur père, j’allais quand même pas les forcer à se laver et prendre une bonne douche plutôt que de les laisser s’endormir dans leur vomi. Mais bon, j’ai probablement trop lourdement fait peser l’idée.
En réaction, dans le regard de l’un d’eux, j’ai perçu un mélange de tristesse et de colère, entre « ta gueule, t’as rien à me dire » et « de toute façon ma vie c’est déjà de la merde ». De quoi expliquer pourquoi ils se mettaient dans un tel état – pas par sens de la fête…
Bref, je n’ai pas insisté davantage. Un « thanks », et au retour dans la rue, le tuk-tuk me regarde avec un grand sourire, une sorte de « je t’ai bien eu, le Blancos ». Cela m’a fait sourire aussi, et on est allés prendre une glace ensemble du côté de la ville blanche de Pondichéry.
Pour le racisme envers les Noirs et les musulmans, j’ai grandi à Vandœuvre, banlieue nancéienne. Parfois, même Blanc, catho, avec un bon niveau en français, rien qu’en donnant mon adresse, je voyais les portes se fermer. Alors mes potes du quartier…
Amicalement,