@Eric F
À la question : “Quel est votre opinion sur les outils recommandés par l’auteur ?”, ma réponse est simple : je n’en recommande qu’un seul, et ce n’est pas un hasard : je parle de Thunderbird.
Je précise que la question ne m’était pas adressée, et que la réponse donnée évoquait Infomaniak — qui est un fournisseur de messagerie, pas un outil en soi — alors que je parlais de l’outil Thunderbird. Je me permets donc d’apporter ma propre réponse, afin d’éviter toute confusion.
Thunderbird n’est pas un produit commercial, ni un gadget à la mode. C’est un logiciel client mail open source, développé par MZLA Technologies, une filiale de la Fondation Mozilla. Et Mozilla, ce n’est pas une entreprise comme les autres : c’est une organisation à but non lucratif, dont la mission est de défendre un internet ouvert, neutre, respectueux de la vie privée. Son financement repose principalement sur :
• les partenariats (notamment avec les moteurs de recherche),
• les dons des utilisateurs,
• et les activités de ses filiales, dont Thunderbird fait partie.
Mozilla ne vend pas vos données, ne vous profile pas, ne vous enferme pas dans un écosystème. Son objectif est presque militant : redonner du contrôle aux utilisateurs.
Thunderbird s’inscrit exactement dans cette philosophie. Open source signifie deux choses très simples pour un non informaticien : – le logiciel est gratuit – son fonctionnement est transparent, car son code est public et vérifiable par n’importe quel expert.
Pas de publicité, pas de collecte de données, pas de dépendance à un géant du numérique. Et surtout : une compatibilité totale avec tous les fournisseurs de messagerie, sur Windows, macOS et Linux.
Une Jeep face à une berline
Je l’ai découvert moi même récemment. Comme beaucoup, j’étais enfermé dans les webmails sans vraiment m’en rendre compte. Et ma première impression a été limpide :
Thunderbird, c’est une Jeep. Une interface un peu rustique, un tableau de bord sans fioritures… mais un moteur et un châssis d’une fiabilité remarquable.
Outlook, c’est une berline premium. Confortable, intégrée, bardée d’options… mais lourde, dépendante de tout l’écosystème Microsoft, et parfois capricieuse.
Avec Thunderbird, on a un outil brut, solide, indépendant, qui fait exactement ce qu’on lui demande. Sans publicité. Sans collecte de données. Sans verrouillage.
Un logiciel discret, mais loin d’être marginal
Thunderbird ne publie pas de chiffres d’utilisateurs — par principe : il ne collecte rien. Les seules données disponibles sont les installations actives, mesurées via la télémétrie Glean.
Elles indiquent entre 20 et 30 millions d’utilisateurs dans le monde. (Source : statistiques officielles Thunderbird)
Les études de marché confirment sa présence : en Europe, sa part de marché tourne autour de 1,87 %. Cela peut sembler modeste, mais il faut comprendre le contexte :
• le marché est dominé par Apple Mail et Outlook, deux logiciels préinstallés ou massivement déployés en entreprise
• et par Gmail, qui représente environ 30 % du marché mondial, alors même qu’il ne propose qu’un webmail et une application mobile, pas de logiciel complet
Dans ce paysage saturé par les géants, Thunderbird fait figure d’exception : l’un des derniers logiciels client mail réellement indépendants.
Et 1,87 % de parts de marché, appliqué à des centaines de millions d’utilisateurs, cela représente plusieurs millions de personnes qui continuent de choisir un outil libre, transparent et non intrusif.
Conclusion
Thunderbird n’est pas seulement un logiciel : c’est un choix de société. Un choix pour la transparence, pour l’indépendance, pour la maîtrise de ses données. Un choix qui s’inscrit dans la mission de la Fondation Mozilla : défendre un internet qui ne soit pas entièrement absorbé par les géants du numérique.
Ce n’est pas le plus beau, ni le plus “tendance”. Mais comme une Jeep, il passe partout, il ne vous lâche pas, et il ne vous espionne pas.
C’est pour cela que je le recommande.