Étonnant : je vous ai cliqué un « 3 étoiles » sous votre article. Pleinement d’accord avec vous !
L’extrême-droite peut être dangereuse aussi, mais c’est bien l’extrême-gauche qui s’y colle à notre époque : intolérante, violente, et soutenue en loucedé par le Système qui en a besoin. Inutile de réexpliquer la fabrication permanente du fascisme imaginaire pour justifier les violences physiques et mentales (réduction progressive de la liberté d’expression), ce que fait très bien votre article.
Pour élargir et mieux appréhender, le fascisme italien s’est développé en contexte du courant autoritaire des années 30, répandu avec le bolchévisme en Russie/URSS, le nazisme allemand, le franquisme espagnol, l’austrofascisme autrichien, le régime de Salazar au Portugal, etc...
On a des éléments d’explication : la « brutalisation » des sociétés après le retour des soldats de la 1ère guerre mondiale, la crise de 29, les idéologies qui remplacent les religions, la nouveauté de la nation et de la démocratie, etc...
Pour ma part, l’explication la plus complète que je connaisse est celle du « réencastrement pathologique » de Karl Polanyi (« La Grande Transformation »).
La Révolution industrielle a changé les conditions sanitaires d’existence, apporté du confort à la vie quotidienne et lancé la technologie, une boite à créations tout azimut. Mais elle a aussi désintriqué, dépossédé des relations sociales, du milieu d’existence par la marchandisation, de la terre, du travail, de la monnaie (maintenant des communications, de notre biologie depuis le covid, etc...). Le modernisme a aussi causé du désarroi social, du traumatisme psychique avec l’atomisation des existences.
Ce besoin pathologique de réencastrement durant l’entre deux guerres a eu deux versants.
Il y eu celui du retour à l’autorité des valeurs permanentes : la terre, le travail (le métier, la corporation), la famille, le local, la communauté, le peuple, le spirituel (et la religion) ...
Il y eu a celui de l’Homme Nouveau, ou l’Homme moderne reformé vers une idéologie supérieure et totalitaire : la race, l’Etat, la classe prolétaire ou égalitaire.
Et c’est bien ce qu’on retrouve aujourd’hui : la dégradation généralisée de l’économie, de l’industriel, du social, du politique, de l’institutionnel comme perturbateur, le versant moderne avec le sans frontiérisme, le wokisme, y compris technologique avec le transhumanisme, celui traditionnel redéployé vers les valeurs permanentes, plutôt que concentrées vers l’Etat et ou le marché (et le numérique, dernier né).
On constate que ces deux versants deviennent deux mondes idéologiques irréconciliables, LFI contre RN qui effacent les partis « centraux » et insipides.
On oppose souvent Karl Marx et Adam Smith dans les débats publics, il est dommage qu’on ignore Karl Polanyi qui dépasse cet antagonisme.