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Commentaire de Sylvain Reboul

sur On ne peut pas ne pas manipuler... ou la manipulation ordinaire de la « communication-vérité »


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Sylvain Reboul Sylvain Reboul 19 juin 2006 11:26

La « justesse générale » de votre article n’aborde qu’incidemment :

1) la question de la rigueur critique et de l’objectivité d’une « communication » qui prétend dire la vérité de ce qui est, c’est à dire sa véracité rationnelle et/ou sa vraissemblance du point de vue du critère de la non contradiction des propositions entre elles et entre celles-ci et les faits auxquels elles prétendent s’appliquer, soit pour les décrire, soit pour en expliciter les raisons factuelles ou légales.

2) La question de le différence à faire entre des énoncés de connaissance (qui prétenbdent à une vérité sur ce qui est) et des énoncés visant à produire un jugement de valeur pour faire agir dans un sens ou dans l’autre et/ou performatifs (« les femmes doivent être considérées comme égales aux hommes !) ou pour faire exister une réalité non indépendante du discours tenu qui n’existe pas encore et qui ne peut existe que par cette décision/déclaration ( »je déclare que vous êtes mari et femme !").

Or l’illusion manipulatrice, voire auto-manipulatrice, au sens négatif, commence à partir du moment où l’on confond les deux types d’énoncés et où l’on produit la croyance fausse qu’un jugement de valeur ou une déclaration performative serait une vérité indépendante du point du vue subjectif ou déclaratif de son auteur (ex : « les noirs sont réellement inférieurs ou égaux aux blancs » ou les femmes sont réellement égales ou inégales aux hommes") alors même qu’il s’agit d’une jugement de valeur toujours discutable en droit (idéal) comme en fait objectif (réel), afin de rendre le jugement de valeur indiscutable en le présentant comme une vérité de fait indépendante prouvée ou prouvable. Aionsi faire croire qu’un un jugement de droit est un jugement véridique de fait (rationellement établi en tant que fait ou relation légale régulière de cause à effet scientifiquement prouvés) n’est pas nécessairement un mensonge ou une tromperie caractérisés (une manipulation au sens négatif que vous avez pointé) mais à coup sûr le moyen rhétorique le plus efficace de produire de l’illusion en soi et hors de soi : illusion que l’on compte pouvoir exploiter pour persuader, c’est à dire agir sur ceux à qui on s’adresse afin de les faire agir en un sens déterminé par l’énonciateur.

Pour limiter ce risque il convient donc de développer une analyse critique systématique des types de discours et de leur critères différenciés de reconnaissance et de validité, pour éviter les confusions qui sont, elles, en effet, à la source de la possibilité, consciente ou non, pré et/ou auto-maniplatrices de la manipulation au sens négatif du terme (tromperie et mensonge conscients) que vous avez bien établi.

La notion de vérité est donc à interroger d’une manière rigoureuse, car elle est le ressort de toute illusion, sans pour autant que cette interrogation justifie un quelconque relativisme ou scepticisme généralisés, dès lors que se contente de l’applique à des énoncés qui relève du champs de la connaissance objective de type scientifique et que, la validité des enoncés normatifs est l’objets d’une évaluation pragmatique de leurs conséquences réelles du point de vue de valeurs clairement reconnaissables comme universalisables sans contradictions en droits réciproques (égaux) , sinon admises par tous en fait ...

Le combat critique et rationnel contre l’illusion et ses figures rhétoriques est donc la condition d’une réduction du risque de manipulation à commencer par celle qui est la plus pernicieuse : l’auto-aliénation de soi à la tromperie auto-gratifiante de la vérité subjective, considérée à tort comme une vérité objective valant pour les autres .

Philosophie et croyances

Les figures de l’illusion


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