Merci à Lucien-Samir Arezki Oulahbib pour cet article.
Je suis bien d’accord que le plus important n’est pas la fossilisation des cultures mais le dialogue entre elles. Il va de soi que dans un dialogue, la critique est permise.
Mais pour pouvoir les faire dialoguer, il faut d’abord permettre à ces cultures d’exister.
On pourrait inaugurer à Paris un superbe musée consacré à l’Occitanie et à ses rapports avec la Méditerranée, il n’y aura toujours pas d’emissions de télévision publique en occitan à Limoges, pas de postes d’enseignants et de programmes pour l’occitan à l’école, pas grand-chose (euphémisme) pour que la culture occitane et sa langue puissent se transmettre normalement sur « son territoire » qui est dans sa grande majorité sous la responsabilité de la République Française.
Monsieur Chirac aura beau vanter dans ses discours « l’égale dignité des cultures du monde », on le croira quand il aura pris des mesures pour l’occitan en Corrèze, pour faire simple.
Faire changer le regard des « occidentaux » sur les civilisations autres est une chose, permettre à ces cultures de se trasmettre, donc d’évoluer,de dialoguer et d’apporter leur originalité à la planète, en est une autre. Et cela, nos élites culturelles ne le comprennent pas ou ne veulent pas le comprendre, enfermées dans leur sentiment de supériorité déguisé en défense de la diversité culturelle.
Pour conclure, un cruel paradoxe souligné dans la presse par Madame Aminata Traoré, essayiste et ancienne Ministre de la Culture et du Tourisme du Mali : « Ainsi nos œuvres d’art ont droit de cité là où nous sommes, dans l’ensemble, interdits de séjour » se référant notamment à l’expulsion du territoire d’enfants participant précisément des cultures exposées au quai Branly.
Didier Agar