@ Bertrand Lemaire
Tout à fait d’accord avec vous, et j’irai même plus loin : la redevance appliquée aux supports vierges est anticonstitutionnelle car une loi doit servir l’intérêt général et non créer une rente de situation pour une infime partie de la population sur le dos de la collectivité. C’est le type même d’une loi corporatiste. Cette redevance « showbize » trouve son équivalent dans le statut dérogatoire des intermittents du spectacle auprès des ASSEDIC (Pourquoi les saisonniers de la restauration ou de l’hôtellerie n’auraient-ils pas droit eux aussi à un statut dérogatoire vu la précarité de leur situation ?). On y retrouve là l’arrogance d’un milieu « businesso-politico-artistique » qui fraye avec les hautes sphères du pouvoir politique, ce qui lui permet, avec le renfort des « majors » du disque d’exercer un lobbying efficace auprès du gouvernement et du Parlement pour faire voter une loi inique et qui considère que la collectivité nationale doit payer pour une coterie d’artistes autoproclamés. Cela s’appelle ni plus ni moins du parasitisme social. Mais il y a une justice, ce sont les ventes en chute libre, aussi bien des CD audio que de la musique payante sur Internet. Il faudrait être naïf ou de mauvaise foi, aussi bien pour affirmer que la copie illégale n’y est pour rien, que d’en faire la cause unique de cette situation. C’est pourtant sur ce dernier point que les maisons de disque s’arc-boutent d’une façon obsessionnelle, et dans leur aveuglement, ils n’ont pas vu passer le train (le TGV devrait-on dire !) de l’évolution technologique qui se traduit par la dématérialisation des supports, laquelle buleverse le modèle économique qui sert de fondement à la rémunération des créateurs. C’est le fond du problème et je ne vais pas l’aborder car il a été déjà abondamment traité sur les colonnes d’Agoravox. Je me bornerai à dire que la loi DADVSI est d’ores et déjà un échec puisqu’elle est passée à côté de cette question fondamentale et ne résout pas le problème ainsi posé.
Quoi qu’il en soit, la taxe sur les supports vierges est injustifiable et si on comprend bien que M. Pelletier fasse un plaidoyer pro domo, puisqu’il travaille dans une société de gestion des droits artistiques, cela n’excuse ni son agressivité qu’il manifeste quand il répond aux commentaires ni les grossiers amalgames auquel il se livre. Cette attitude est un déni de réalité et cache mal une absence d’arguments quand on cherche à justifier l’injustifiable. En attendant, les consommateurs se rebiffent à leur manière en achetant leurs supports vierges « offshore »sur le Net et dont les ventes explosent.