• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Theothea.com

sur « La Mouette » d'Anton Tchekhov par la Compagnie Art scénique & vieilles dentelles


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Theothea.com Theothea.com 13 avril 2007 16:27

A la suite de la publication de notre chronique ci-dessus concernant « La Mouette » de Tchekhov à la Maison des Canadiens succédant à celle de «  Conte d’hiver » à la Maison du Cambodge en 2005 (http://www.theothea.com/page149.htm#conte), Olivier Pansieri son metteur en scène et fondateur de la Compagnie Art scénique & vieilles dentelles (http://www.art-scenique.com) nous a fait parvenir le message ci-dessous que nous reproduisons avec son accord :

« ...Vous avez parfaitement perçu et salué (me semble-t-il) notre souci d’accueillir les gens. C’est à dire de « prévenir » leurs souhaits (matériels du moins). Je vais le plus que je peux au théâtre ; y rencontre si souvent morgue, prétention et nombrilisme... On entre le plus souvent dans un bunker, où glissent des gens qui se prennent terriblement au sérieux en une sorte de ballet mondain, prélude à une cérémonie qu’on pressent funèbre.

J’ai pris bonne note de votre avis que nous montions quelque chose de plus simplement « drôle ». Pour ce qui est de la difficulté, ce serait effectivement logique puisque nous tâchons chaque année de progresser. Deux remarques cependant : la commedia dell arte (que j’ai abordée jadis avec énormément de peine auprès du terrible Mario Gonzales, ancien du Soleil) est une rude école, si on veut bien la faire, à la lisière de l’athlétisme ; le vaudeville exige « du jarret » (le mot est de Feydeau lui-même) et autant j’adore tous les membres de la troupe autant je crains que certains d’entre nous en manquent. Il y a plus grave : même si je n’arrive pas toujours à leur donner cette couleur, je cherche toujours les arrière-plans métaphysiques et en trouve rarement dans les comédies. Par exemple j’aime beaucoup la justesse de Shakespeare et de Tchékhov qui montrent notamment que la cruauté n’est nullement l’apanage des méchants. Elle aussi peut être "pavée de bonnes intentions". Ce qui, vous en conviendrez, reste d’une actualité absolue.

Ceci m’amène à vous faire à mon tour une remarque. Vous parlez assez peu du contenu de notre travail. Or je pense qu’il se distingue aussi notablement de bien d’autres par sa sincérité et (tant pis pour les chevilles) son audace. Très peu de « Contes d’Hiver » osent en effet faire parler la princesse avec l’accent paysan (alors que toute la pièce parle de la « mésalliance » et dénonce, à l’anglaise, les préjugés), montrer que le roi est fou, jouer sur les masques (moutons et loup) lors de la fête, faire de Camille une femme (ce qui rend symétrique les couples Roi/Confidente comme substitut y compris amoureux de la Reine), faire du Temps et d’Autolycus un seul et même personnage de prédateur, montrer par un jeu de scène final que tout cela n’était peut-être qu’un songe et se passait dans le cerveau dérangé du Roi...etc

De même très peu de « Mouettes » songent à borner l’aire de jeu d’une palissade qui matérialise la promiscuité de l’action (à tout moment on peut être épié ou surpris), son inéluctable désastre (qu’on voit, grâce à elle, « venir de loin »), le fait que c’est une mise à mort, que nous sommes donc dans une arène. Encore moins démontent, paisiblement mais fermement, les mécanismes de la pièce : que la maman-actrice au début vient délibérément saboter le travail de son fils, costumée en « naufrage », qu’elle a mis dans le coup (complot qui renvoie à « Hamlet ») Chamraëv affublé d’une tête de mort et le bellâtre (Trigorine) en roi de Carnaval ; tandis que le docteur Dorn "s’est mis en frais" et porte le même queue-de-pie que s’il assistait à une pièce au grand-théâtre. Acte moral de respect (je songe aux « Trompettes de la Mort » de Tilly) ; que ce même Docteur Dorn reste en frac à observer avec ses jumelles de théâtre les affres dans lesquelles tout ce petit monde se débat. Ce n’est pas un gadget. C’est en effet tout le personnage qui est un touriste de la vie, quelqu’un que l’Homme passionne mais qui redoute de s’impliquer. "Evidemment en ville c’est plus facile, comme il le dit. On est assis à son bureau ; on a un domestique qui ne laisse entrer personne..." sans qu’on sache s’il le déplore ou l’envie. A cet instant je fais claquer le coup de feu qui va symboliquement tuer une première fois la mouette...etc

Ne voyez dans ces lignes que le cri contradictoire d’un artiste qui sait « qu’une bonne mise en scène ne se voit pas » et même temps en souffre... »


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès


https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor