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Accueil du site > Culture & Loisirs > Avec le pampre de la vigne...

Avec le pampre de la vigne...

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On se souvient de ces vers célèbres de Brassens, extraits de la chanson Dans l'eau de la claire fontaine...

 

"Avec le pampre de la vigne

Un bout de cotillon lui fis
Mais la belle était si petite
Qu’une seule feuille a suffi"...

 

 

Le mot "pampre"associé à la vigne fait surgir des images de plaisirs, et un certain hédonisme.

Le pampre... voilà un mot plein de sensualité et de charme, avec sa labiale réitérée, sa voyelle nasalisée, "am", avec une pointe d'âpreté que suggère la gutturale "r"...

 

Avec le pampre, on admire des feuilles, des fruits gorgés de soleil, des couleurs sombres ou éclatantes de noir, de xanthe...

Des grappes enroulent leurs grains autour des feuilles découpées, elles montrent des fruits serrés, denses...

Les fruits s'arrondissent, renvoyant la lumière, nimbés de nuées, ivres de sucs...

 

Les pampres forment des décors en arabesques, des tourbillons de feuilles, des enroulements sinueux qui envoûtent.

La voyelle nasalisée "an" suggère ces envols de feuilles...

 

Le pampre, c'est toute la poésie de la nature : branche, feuilles, fruits, couleurs...

Le pampre, c'est le vin, la gaieté, l'insouciance, les rires qui fusent.

Ce mot plein de résonances, évoque tant d'images de lumières : fruits mûrissants sous le soleil, fruits qui s'épanouissent et s'offrent à nous...

Les grappes s'écoulent comme des sources, elles épanchent leurs grains avec générosité...

 

Les feuilles forment des verdures abondantes autour des fruits, elles les enserrent, les entourent de leurs éclats découpés.

 

Les pampres évoquent la fête, le dieu Bacchus d'autrefois, les Bacchanales où le vin coulait à flots...

 

Le mot nous vient, ainsi, de l'antiquité : issu du latin "pampinus", à rapprocher du grec "ampélos, la vigne", ce terme ancien aux sonorités de labiale évoque des idées de séduction.

Le pampre contient le monde par ses formes, ses couleurs : nourriture, vin, rondeur des fruits, sources abondantes...

 

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/09/avec-le-pampre-de-la-vigne.html

 

Vidéo :

 

 Photo : Pixabay
 


Moyenne des avis sur cet article :  1.82/5   (11 votes)




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17 réactions à cet article    


  • ZXSpect ZXSpect 18 juillet 18:30

    .

    « Le pampre... voilà un mot plein de sensualité et de charme, avec sa labiale réitérée, sa voyelle nasalisée, »am« , avec une pointe d’âpreté que suggère la gutturale »r« ... »
    .
    « La voyelle nasalisée »an« suggère ces envols de feuilles... »

    .
    La légiste de la littérature persiste dans ses autopsies. smiley
    .
    Mais pourquoi s’en priverait-elle puisque ses articles sont validés quotidiennement et que les réactions lui assurent des commentaires.
    .
    Brassens ne mérite pas ce traitement !


    • rosemar rosemar 18 juillet 18:39

      @ZXSpect

      Brassens, le poète était sensible à ces effets de sonorités : ce n’est pas par hasard qu’il à choisi ce mot un peu rare : le « pampre » !


    • JC_Lavau JC_Lavau 18 juillet 19:35

      @ZXSpect. Voilà comment Gorgonavox est devenu une poubelle.


    • Attila Attila 18 juillet 19:42

      Rosemar parle de Bacchus, vous n’allez quand même pas râler ?

      .


      • rosemar rosemar 18 juillet 19:49

        @Attila

        En effet, ils ne sont jamais contents !


      • Attila Attila 18 juillet 20:10

        @rosemar
        Voilà de quoi les dérider : ça date des années 1956-1958, l’enregistrement d’un « tonus », où il est question de Bacchus et d’autres.
        Le plaisir des Dieux

        .


      • JC_Lavau JC_Lavau 18 juillet 22:28

        Pour réussir à rendre vomitif même Brassens, il faut un vrai don. Ou une sale manie, ici c’est pareil.


        • binary 18 juillet 22:53

          le pampre est un gourmand, il n y a donc pas de raisins à admirer dessus !


          • rosemar rosemar 18 juillet 23:33

            @binary

            « Le pampre est une tige de vigne portant ses feuilles, ses vrilles et, souvent, ses grappes de raisin. C’est aussi le nom du gourmand de la vigne, c’est-à-dire un rameau non fructifère[réf. nécessaire] qui pousse sur la souche ou sur le porte-greffe. »

            https://fr.wikipedia.org/wiki/Pampre


          • @rosemarc de raisin

             Vous auriez pu au moins attendre les vendanges pour nous instruire du pampre de la vigne !


          • binary 20 juillet 11:22

            @rosemar
            Au lieu de demander à wikipedia, demandez à un vigneron.


          • rosemar rosemar 20 juillet 11:36

            @binary

            Je n’en connais pas. Vous êtes vigneron ?


          • JC_Lavau JC_Lavau 19 juillet 21:42

            A travers la caresse déchaînée, par le pampre las.


            • rosemar rosemar 19 juillet 23:05

              @JC_Lavau

              Oh ! Quel jeu de mots subtil ! De mieux en mieux !


            • Cyrus Parpaillot 20 juillet 02:12

              ODE À UN ROSSIGNOL

              I

              Mon cœur souffre, une torpeur accablante s’empare
              De mes sens comme si j’avais bu de la ciguë,
              Ou vidé une coupe de puissant narcotique
              À l’instant même et m’étais plongé dans le Léthé :
              Ce n’est pas par envie de ton heureux destin,
              Mais parce que je suis enivré de ton bonheur,
              Toi, qui, Dryade ailée des arbres.
              Dans quelque mélodieux entrelacs
              De hêtres verts et d’ombrages infinis
              Chantes à plein gosier le calme de l’été.

              II

              Oh ! qui me donnera une gorgée d’un vin
              Longtemps refroidi dans la terre profonde,

              D’un vin qui sente Flora et la campagne verte,
              La danse, les chansons provençales et la joie ensoleillée !
              Oh ! qui me donnera une coupe pleine du chaud Midi,
              Pleine du véritable, du rougissant Hippocrène,
              Avec, sur le bord, des bulles d’écume bouillonnante,
              Que, la bouche teinte de pourpre,
              Je puisse m’abreuver et, fermant les yeux sur le monde,
              M’égarer avec toi dans l’obscurité de la forêt :

              III
              Disparaître dans l’espace, me dissoudre, oublier
              Ce qu’au milieu des bois tu n’as jamais connu,
              Le dégoût, la fièvre et l’agitation,
              Parmi les hommes qui s’écoulent gémir les uns les autres ;
              Où le tremblement secoue les vieux aux rares cheveux gris,
              Où la jeunesse devient blême, puis spectrale, et meurt ;
              Où rien que de penser remplit de tristesse
              Et sur les paupières pèse d’un poids de plomb,
              Où la Beauté ne peut conserver un jour ses yeux lumineux,
              Sans qu’un nouvel Amour le lendemain en ternisse l’éclat !

              IV
              M’égarer loin ! car je veux voler vers toi,
              Non pas traîné par les léopards de Bacchus,
              Mais sur les ailes invisibles de la Poésie,
              Malgré les obstacles et les retards de la sottise ;
              Déjà je me sens avec toi ! tendre est la nuit,
              Et peut-être la Lune Reine est-elle sur son trône,
              Au milieu de son essaim d’étoiles Fées ;
              Mais ici, il n’y a nulle clarté,
              Sauf celle que le ciel souille avec les brises
              Sur les sombres feuillages et la mousse des sentiers sinueux.

              V
              Je ne peux même pas discerner les fleurs à mes pieds,
              Ni quelles essences d’arbres dégagent d’aussi suaves senteurs,
              Mais, dans la pénombre embaumée, je devine l’odeur spéciale
              Dont ce mais de la saison parfume
              Le gazon, le hallier, le fruit de l’arbre sauvage ;
              La blanche aubépine et l’églantine des champs ;

              La violette qui se fane si vile recouverte par les feuilles ;
              Et la fille aînée de la Mi-Mai,
              La rose musquée en bouton, trempée de rosée vineuse,
              Où ronronnent les mouches par les soirs d’été.

              VI
              Debout dans la nuit, j’écoute et plus d’une fois
              J’ai été presque amoureux de la mort apaisante,
              Je lui ai donné de doux noms en plus d’un vers pensif,
              Pour qu’elle enlevai dans l’air mon souffle calme ;
              Maintenant plus que jamais il semble délicieux de mourir,
              De finir à minuit sans souffrance
              Pendant qu’au dehors lu répands ton âme
              Dans une telle extase !
              Tu chanterais encore ; moi, j’aurais des oreilles qui
              [n’entendraient pas —
              Ton sublime Requiem résonnerait sur un tertre de gazon.

              VII
              Mais toi, tu n’es pas né pour la mort, immortel Oiseau
              Il n’y a pas de générations affamées pour te fouler au pieds ;
              La voix que j’entends cette nuit fut entendue

              Dans les anciens jours par empereurs et manants :
              Peut-être cette même chanson fit tressaillir
              Le triste cœur de Ruth, lorsque regrettant sa patrie,
              Elle se tenait en larmes parmi les blés de l’étranger ;
              Peut-être est-ce toi-même qui souvent as
              Charmé de magiques fenêtres, s’ouvrant sur l’écume
              Des mers périlleuses, en de féeriques terres délaissées.

              VII
              Délaissé ! Ce mot même semble une cloche
              Qui sonne la séparation et me rend à la solitude !
              Adieu ! l’imagination ne parvient pas à me leurrer autant
              Que sa réputation le proclame, décevant elfe.
              Adieu ! Adieu ! ton antienne plaintive va s’affaiblissant,
              II franchit la prairie voisine, le silencieux ruisseau,
              Le sonmet de la colline, puis s’anéantit dans les profondeurs
              De la vallée prochaine.
              Etait-ce une vision, était-ce un rêve ?
              La musique s’est envolée : — Suis-je éveillé, suis-je
              endormi ?

              John keats (traduction paul gallimard) 1910


              • rosemar rosemar 20 juillet 11:38

                @Parpaillot

                MERCI pour ce poème inédit !

                « Oh ! qui me donnera une gorgée d’un vin
                Longtemps refroidi dans la terre profonde,

                D’un vin qui sente Flora et la campagne verte,
                La danse, les chansons provençales et la joie ensoleillée !
                Oh ! qui me donnera une coupe pleine du chaud Midi,
                Pleine du véritable, du rougissant Hippocrène, »

                Une belle évocation des vins du Midi...


              • Cyrus Parpaillot 21 juillet 01:12

                @rosemar

                ravi que ca vous ais plu , paul gallimard etait un excellent traducteur 
                il ne dissequait pas les texte a coup de guturalle et de labialle meme si c’ est un outils indispensable avec la bonne notation.

                L’ ideal reste de le lire dans sa version originale si vous parmez un petit peux anglais .

                yeats ( on les confond parfois vaut egalement le detour )
                 https://schabrieres.wordpress.com/2008/10/06/wb-yeats-la-seconde-venue-the-second-coming-1919/ traduit par yve bonefoi

                Tournant, tournant dans la gyre toujours plus large,
                Le faucon ne peut plus entendre le fauconnier.
                Tout se disloque. Le centre ne peut tenir.
                L’anarchie se déchaîne sur le monde
                Comme une mer noircie de sang : partout
                On noie les saints élans de l’innocence.
                Les meilleurs ne croient plus à rien, les pires
                Se gonflent de l’ardeur des passions mauvaises.

                Sûrement que quelque révélation, c’est pour bientôt.
                Sûrement que la Seconde Venue, c’est pour bientôt.
                La Seconde Venue ! A peine dits ces mots,
                Une image, immense, du Spiritus Mundi
                Trouble ma vue : quelque part dans les sables du désert,
                Une forme avec corps de lion et tête d’homme
                Et l’oeil nul et impitoyable comme un soleil
                Se meut, à cuisses lentes, tandis qu’autour
                Tournoient les ombres d’une colère d’oiseaux…
                La ténèbre, à nouveau ; mais je sais, maintenant,
                Que vingt siècles d’un sommeil de pierre, exaspérés
                Par un bruit de berceau, tournent au cauchemar,
                – Et quelle bête brute, revenue l’heure,
                Traîne la patte vers Bethléem, pour naître enfin ?

                W.B. Yeats (1865-1939) – Michael Robartes and the Dancer (1921) – The Collected Poems of W. B. Yeats (1989) – Anthologie bilingue de la poésie anglaise (La Pléiade, 2005) – Traduit de l’anglais (Irlande) par Yves Bonnefoy.

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