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Encore à quatre mains. - 1 -

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Le second roman se fait attendre.

Depuis bientôt deux ans, un nouveau roman à quatre mains est en cours d’écriture. Celui-ci réclame bien plus de temps que le précédent. C’est à la fois le thème abordé, les contraintes qu’il impose et les difficultés liées à une cohérence spatio-temporaire qui parfois nous met en difficulté qui peuvent expliquer ce retard que certains lecteurs pressés nous reprochent mais c’est encore précisément l’écriture à deux qui cette fois, demande plus de temps.

La première fois, nous avons certainement été grisés par l’aventure romanesque, nous laissant porter par le récit, les inventions du partenaire d’écriture, sans trop d’esprit critique. Tout nouveau tout beau, surtout pour votre serviteur, néophyte en ce domaine. La longueur d’un roman n’a rien à voir avec celle du conte ou de la chronique.

Cette fois, au-delà de nos emplois du temps respectifs plus compliqués, ce sont les tics de langage, les tournures qui reviennent sur le clavier, les formes syntaxiques trop redondantes qui sautent aux yeux d’un collègue plus tatillon, soucieux d’éviter les facilités de la première fois. C’est alors que l’écriture devient véritablement ce travail au mot près qu’évoquent les véritables écrivains : un patient et incessant remodelage de la phrase.

Chaque membre du duo est attentif aux travers de l’autre, il dispose désormais d’un regard critique qui confine au harcèlement linguistique. Non seulement c’est nécessaire mais c’est de plus une formidable occasion de progresser, d’ouvrir enfin les yeux sur des facilités que naturellement on se pardonne aisément quand elles sont siennes.

Les phrases sont décortiquées. C’est la chasse aux mots qui reviennent en rafale, ces compagnons pesants que l’écriveur journalier remarque à peine, tant il est focalisé sur son texte. Le roman ne pardonne pas, sa longueur facilite l’évidence : « lurette, sornette, incongru, bougre, ... » fleurissent à longueur de chapitre. Il convient de les chasser impitoyablement.

Les formes elles aussi sont en ligne de mire. « Il me semble » ou « sans doute » finissent par devenir insupportables tout comme ce « Et » superfétatoire qui évite sans doute de ponctuer différemment. Les anciens travers sortent parfois de leur tanière, il faut demeurer vigilant. L’écriture se relâche, fort heureusement le partenaire veille impitoyablement au grain.

Les mots continuent de faire débat. Nos différences d’âge expliquant peut-être des lexiques qui souvent se heurtent ou parfois s’ignorent. Un usage de la concordance des temps qui se noie dans l’abandon des autres modes, au plus grand désappointement du plus vieux. C’est encore la grande querelle sur l’usage d’anglicismes, chers à la plus jeune. Un duel à fleuret moucheté pour une écriture faite de renoncements réciproques.

Puis il y a la longueur des phrases, un écueil culturel dans notre association. L’une préférant de loin les phrases courtes, incisives, directes. L’autre aimant s’emberlificoter avec les introducteurs de complexité, conjonctions de subordination et pronoms relatifs, pour, comme lui reproche son associée, alourdir sa pensée. Deux écoles, qui là, sont irréconciliables. Alors, il faut négocier, accepter une coupure ici, rester ferme là.

La musique de la phrase est alors la principale pierre d’achoppement. Chacun dispose de sa petite voix intérieure. Elles ne peuvent coïncider, c’est une évidence. Il convient alors de chercher plus ou moins une harmonie bien délicate à obtenir lorsque le métissage des voix se fait au cœur même de la phrase. La perte est évidente, elle est compensée par une attention plus soutenue sur le détail, c’est du moins ce qu’il convient d’espérer.

Écrire à deux c’est donc à la fois renoncer et se compléter. Se priver d’un ton particulier, de formes préférentielles et s’enrichir d’un regard critique qui pousse à modifier son approche, à surveiller un peu plus cette langue qui recèle tant de pièges. Le compromis est permanent, la négociation penchant d’un côté ou de l’autre suivant le contexte.

C’est aussi de nombreux voyages pour se rendre chez la mère de famille qui ne peut laisser seuls ses enfants. Des kilomètres et du temps qui s’accumulent jusqu’à ce que la technologie nous mette un logiciel de communication sonore à disposition. Un progrès considérable certes mais qui peut entraîner quelques inconvénients comme ce jour où Nadine me découvre malencontreusement en caleçon pour répondre à son rendez-vous.

Vous constatez ainsi qu’écrire n’est pas une sinécure ou un long fleuve tranquille même si la Loire reste la toile de fond de ce second roman qui tarde tant à sortir de nos disques durs. Ce petit récit vous donnera je l’espère envie de patienter pour découvrir le fruit de ces négociations ardues. Il reste maintenant à corriger ce long travail commun et à franchir l’obstacle de l’édition.

Livresquement vôtre.


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4 réactions à cet article    


  • juluch juluch 22 novembre 12:47

    De quoi ça parle ?? De quoi ça parle ?? de quoi ça parle ??

    allo Nabum ??

    Vous etes là ?

    Snif !!  smiley

     smiley


    • C'est Nabum C’est Nabum 22 novembre 13:26

      @juluch

      Patience


    • San Jose 22 novembre 17:27

      Citation de Cenabum  :  Le second roman se fait attendre

      .

      Il n’y a pas que lui. Voici quatre mois jour pour jour que vous nous frustrez d’explications au sujet des « cancers de la thyroïde qui fleurissent sur les bords de la Loire » au moins dans votre article du 22 juillet. 

      .

      Quelle comparaison épidémiologique avec ailleurs ? 

      Quelles hypothèses pour l’expliquer s’il y a lieu ? 

      Quel mécanisme fait fuir suffisamment d’iode radioactif pour cela ?

      Les citoyen-ne-s doivent savoir.

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