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Accueil du site > Culture & Loisirs > Ensemble Les Turqueries : quand l’occident regarde l’orient...

Ensemble Les Turqueries : quand l’occident regarde l’orient...

Ensemble Les Turqueries {JPEG}

Un quintette qui réunit des musiciens passionnés ayant pour ambition de rapprocher les musiques anciennes européennes et les musiques orientales, voilà de quoi susciter l'intérêt et la curiosité de nombreux mélomanes...

 

L'Ensemble Les Turqueries a donné un concert aux multiples facettes, lors de l'Automne musical de Nîmes.

 

Un mélange de mélodies traditionnelles orientales et de musiques anciennes occidentales... un programme qui nous fait voyager dans le temps et l'espace...

 

Le récital s'ouvre sur une création originale du groupe : Passamezzo Antico. Une musique orientale légère, emplie de gaieté, rythmée par un tambour : une musique qui nous fait voyager vers l'orient... On apprécie la beauté des instruments, théorbe et oud, aux formes élégantes...

 

Puis, on est envoûté par la Suite Husseyni : un hymne soufi de la confrérie mevlevi. Un gros tambour, un daf, aux sonorités graves, ponctué par la musique des autres instruments : théorbe, oud, violoncelle nous entraînent dans un rythme très lent, très oriental, puis plus dansant, et même très accéléré...

 

On est surpris par la délicatesse du morceau suivant : Aksak Bayati, douceur des sonorités de l'oud bientôt relayé par le violon, encore un rythme très oriental ponctué par un tambourin...

 

Puis, accompagné par un air très discret du théorbe , on écoute ces mots dits par la violoncelliste : "Tu te trompes en pensant que les années ne vont jamais finir, il faut mourir...

Il faut bien mourir, la mort cruelle fait honte à tous... Jeunes, enfants, tous les hommes ensemble doivent finir..."

Cette passacaille aurait été composée par un auteur anonyme italien du XVIIe siècle ou par Stefano Landi, un morceau poignant au rythme lancinant. Le texte d'abord parlé, en français, est ensuite chanté en Italien par la violoncelliste.
 

"Oh come t’inganni 
se pensi che gl’anni
non hann’ da finire, 
bisogna morire.

È un sogno la vita 
che par sì gradita,
è breve gioire, 
bisogna morire.
Non val medicina,
non giova la China,
non si può guarire, 
bisogna morire.

Oh, comment vous vous trompez
si vous pensez que votre temps
ne sera pas fini,
nous devons mourir.

La vie est un rêve
qui semble si agréable
mais qui est brièvement apprécié,
nous devons mourir.
La médecine
ne sert à rien, la quinine ne sert à rien,
nous ne pouvons pas être guéris,
nous devons mourir."

Puis, c'est une mélodie très douce qui nous charme, jouée sur l'oud et le théorbe, intitulée Bouria et 7ème toushia de Msarqi Sghir....

On écoute aussi volontiers une Pavane espagnole de J. Schop, un air très léger, aérien, qui nous fait rêver...

C'est alors une suite de danses traditionnelles de la Renaissance, rythmées par un tambour, qui nous enchantent : lentes, pesantes, puis le son du tambour se fait de plus en plus intense.

On entre ensuite dans le monde des parfums, avec un morceau intitulé "Abir", composé par T. Rocheron... une musique très orientale, presque obsédante grâce aux sons du tambour.

On est séduit aussi par la légèreté et la grâce de ce chant aérien composé par Frescobaldi : Se l'aura spira...

 

"Se l'aura spira tutta vezzosa
La fresca rosa ridente sta,
La Siepe ombrosa di bei smeraldi
D'estivi caldi timor non ha.
A'balli, a'balli liete venite,
Ninfe gradite, fior di belta,
Or che si chiaro il vago fonte
Dall'alto monte al mar sen va.
suci dolci versi spiega l'augello,
E l'arbuscello fiorito sta.
Un volto bello all'ombra accanto
Sol si dia vanto d'aver pieta.
Al canto, Ninfe ridenti,
Scacciate i venti di crudelta."

 

"Si la brise souffle, toute gracieuse, la fraîche rose demeure rieuse,

Le buisson ombreux de vertes émeraudes ne craint pas les chaleurs de l’été.

Aux danses, aux danses, gaiement venez nymphes aimables, fleurs de beauté

Maintenant que, si limpide, la belle source du haut de la montagne s’écoule vers la mer.

L’oiseau répand ses suaves chansons, et l’arbrisseau reste fleuri.

Seul un beau visage près de l’ombre se montre fier d’avoir pitié.

Aux chants, aux chants, nymphes aimables, chassez les vents cruels."

 

Le récital s'achève avec La Marche des Turcs de J. B. Lully, arrangée encore un peu plus à la mode orientale... La Marche des Turcs avait été composée par Lully pour la comédie-ballet Le Bourgeois gentilhomme de Molière.

 

La Cérémonie des Turcs est une musique sous forme de marche majestueuse. M. Jourdain est fait alors "Mamamouchi", un titre faussement honorifique, pour désigner une personne de haut rang, un haut fonctionnaire. Ce terme a une forte dimension ironique. Il a été inventé par Molière pour " Le Bourgeois gentilhomme ".

 

Ce concert a attiré un public nombreux séduit par l'exotisme des musiques, des instruments : un dépaysement total et une belle découverte de mélodies anciennes...
 

 

"Si les cultures orientales et occidentales nous semblent parfois éloignées, elles ont toujours été intimement
liées et la musique en est un témoin direct. On retrouve ainsi de nombreuses lignes directrices communes aux deux esthétiques : la filiation entre le oud et le luth, les modalités rythmiques et mélodiques, la danse, l’improvisation et l’ornementation.

L’enjeu des Turqueries est de réunir ces deux univers sans les dénaturer, au travers d’arrangements originaux, d’improvisations et de compositions. Il s’agit de créer une matière sonore riche aux multiples facettes qui transportera l’auditeur entre musiques traditionnelles orientales(ottomane, arabo-andalouse et amazighe) et musiques anciennes occidentales (renaissance et baroque)."

 

 

Véronique Bouilloux : violon baroque
Sacha Dessandier : chant, violoncelle baroque
Simon Waddell : luth baroque, théorbe
Léo Fabre-Cartier : oud
Thibaut Rocheron : percussions orientales (daf, riqq)

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2019/11/ensemble-les-turqueries-quand-l-occident-regarde-l-orient.html

 

https://soundcloud.com/ensemble-les-turqueries/tracks

 

http://icietaudela.over-blog.com/article-stefano-landi-40744299.html

 

https://www.facebook.com/656073937791146/videos/vb.656073937791146/1559045864160611/?type=2&theater

 

Vidéos :

 


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10 réactions à cet article    


  • folamour folamour 25 janvier 16:25

    Si vous parlez comme vous écrivez ,avec des phrases sans articulation et sans lien logique de l’une à l’autre . 

    Avec des idées qui déboulent et disparaissent sans transition avec celles qui les suivent ...........Empilées comme un sac de linge sale ....

    On comprendrait vos élèves si, n’y tenant plus, ils en venaient à se moquer de vous ....On les comprendrait .

    Êre contraint de monter dans cette galère. !..

    On ne souhaite pas ça, même à son pire ennemi.

    Vous devez être célèbres dans la région.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 25 janvier 17:07

      Les sultanes du harem de Topkapi aimaient bien les uniformes, et encore aujourd’hui, quand les gendarmes rient, les turques rient


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 25 janvier 17:25

        A l’instar de l’utilisation qu’en a faite Molière dans « Le Bourgeois gentilhomme », les « turqueries » étaient en fait des caricatures destinées à ridiculiser un engouement des courtisans pour le puissant sultan ottoman à la suite de la visite de son ambassadeur à Versailles et complaire au roi en le rassurant sur sa primauté universelle.

        La cour avait sorti ses plus grandes richesses en 1669 afin de recevoir pour la première fois l’ambassadeur du Grand Turc qui avait méprisé ces dorures et aurait dit que « dans son pays, les chevaux étaient mieux harnachés que le roi ». Afin que le roi ne perde pas la face, il a été décidé que serait composée une pièce de théâtre «  où l’on pût faire entrer quelque chose des habillements et des manières des Turcs ». « Le Bourgeois gentilhomme » a alors vu le jour et intègré le célèbre « ballet turc ridicule », composé selon le vœu de Louis XIV, et qui permet au pouvoir royal de trouver une réplique élégante au défi lancé par son invité…

        Le mot « turquerie » est donc en fait péjoratif et s’applique non pas à des genres qui s’inspirent de la musique orientale pour en tirer le meilleur, mais à des farces qui la singent pour s’en moquer, comme les zouaves chantaient sous le second empire « Travadja la mouquère » pour se moquer de la musique indigène de l’Algérie nouvellement conquise.


        • L'Astronome L’Astronome 25 janvier 22:53

           

          « « Mamamouchi », un titre faussement honorifique, pour désigner une personne de haut rang, un haut fonctionnaire »

           

          Le titre s’est depuis lors conservé en France. On parle ainsi du mamamouchi de l’Éducation nationale, du mamamouchi de la Police, du mamamouchi des Affaires étrangères, etc. Le gouvernement français se résume à une énorme farce.

           


          • rosemar rosemar 25 janvier 23:41

            @L’Astronome

            Très drôle...


          • CLOJAC CLOJAC 26 janvier 04:42

            @L’Astronome

            « Le gouvernement français se résume à une énorme farce.  »

            Tragi-comique plutôt.
            Mais respectez la parité et la genritude svp :mamamouchis, papamouchis et mamamouchettes.


          • L'Astronome L’Astronome 27 janvier 08:41

             
            @CLOJAC : « mamamouchis, papamouchis et mamamouchettes. »
             
            On peut énumérer à l’infini : tontonmouchi, tatamouchi, etc.
             


          • Emin Bernar Emin Bernar 26 janvier 14:44

            merci pour cet article.

            les relations entre la Turquie et l’Europe ne se résument pas au Bourgeois Gentilhomme ; il y a une attraction réciproque que des des historiens comme le le regretté Gilles Veinstein et JF Solnon ont décrite avec précision.


            • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 26 janvier 16:40

              @Emin Bernar

              comme pour la Grèce et pour les mêmes raisons géostratégiques politiques et historiques liées aux relations entre l’empire ottoman et l’empire austro-hongrois, les relations de la Turquie avec l’Europe sont beaucoup plus fortes avec l’Allemagne qu’avec les autres pays, ne serait-ce qu’à travers les phénomènes migratoires


            • rosemar rosemar 26 janvier 18:55

              @Emin Bernar

              Merci pour ce message : vous avez l’air de bien connaître le sujet... on assiste ici à un beau dialogue des cultures....

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