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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre...

L’aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre...

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Dans l'Iliade, Homère raconte un épisode de la guerre de Troie : la colère d'Achille et ses conséquences sur les combats... Les Achéens et les Troyens s'affrontent violemment au cours de luttes farouches.

Et, pourtant, on trouve aussi dans cette épopée guerrière des vers qui restituent toute la beauté du monde...

 

Ainsi, le chant VIII commence par ce vers : 

"L'aurore en robe de safran se répandait sur toute la terre..."

En grec : 

"Ηώς μεν κροκοπεπλος εκιδνατο πάσαν επ'αϊαν..."

 
  

On perçoit toute la poésie de ce vers qui ouvre le chant VIII : l'Aurore personnifiée, vêtue d'un voile se lève et se répand sur la terre, dans une image qui nous fait voir les couleurs safranées d'un début de jour...

 

L'adjectif composé "κροκόπεπλος" "crocopéplos" qui signifie "au voile de safran" permet d'évoquer les teintes nuancées de l'aurore : du jaune doré, du rose, du rouge...

 

A lui tout seul, cet adjectif, par son ampleur, dépeint le lent cheminement du jour qui se lève : un léger voile rose-rouge sur l'horizon...

 

Le mot comporte aussi des allitérations de gutturales et de labiales et une assonance du son "o" à valeur poétique, créant des échos sonores.

 

L'Aurore était, dans la mythologie grecque, une déesse soeur du soleil et de Luna, la Lune. Eos était représentée comme une belle jeune femme, conduisant, souvent, un char.

 

Elle est, dans le vers d'Homère, magnifiée par son voile coloré, par ses éclats qui recouvrent toute la terre.

On perçoit sa majesté, sa puissance, sa beauté...

 

En un seul vers, Homère crée un univers poétique : l'image du voile, ses couleurs nuancées, la personnification, les effets de sonorités qui créent une harmonie, le son "o" réitéré qui peut traduire une admiration, un étonnement...

En un seul vers, Homère peint un tableau somptueux dont on perçoit l'élégance et la solennité.

Deux mille ans nous séparent d'Homère, et pourtant, on est sensible à la simplicité solennelle de ce vers venu du passé.

Homère nous fait admirer la beauté de ce moment qui ouvre le jour... avec un seul adjectif composé.

Il nous montre, aussi, un spectacle grandiose aux couleurs somptueuses... il nous ouvre les yeux sur une nature magnifique.

Il nous dit : "Regardez ce spectacle offert au lever du jour par l'aurore... soyez attentifs au monde et à ses splendeurs..."

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2017/08/l-aurore-en-robe-de-safran-se-repandait-sur-toute-la-terre.html

 


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15 réactions à cet article    


  • astus astus 25 avril 18:46

    Dans la traduction que j’avais c’était « l’aurore aux doigts de rose » ce qui me plaisait bien aussi ...



    • astus astus 25 avril 19:28

      Merci rosemar pour cette précision que j’ignorais.

      Cdlt


      • Jean De Songy 26 avril 00:18

        ça vaut pas Booba, le grand poète du Boobaland.

         

        sinon dans le genre couleurs crépusculaires sur la jungle originelle (des glands remplaçants)

         

        « Les crépuscules dans cet enfer africain se révélaient fameux. On n’y coupait pas. Tragiques chaque fois comme d’énormes assassinats du soleil. Un immense chiqué.
        Seulement c’était beaucoup d’admiration pour un seul homme. Le ciel pendant une heure paradait tout giclé d’un bout à l’autre d’écarlate en délire, et puis le vert éclatait au milieu des arbres et montait du sol en traînées tremblantes jusqu’aux premières étoiles. Après ça le gris reprenait tout l’horizon et puis le rouge encore, mais alors fatigué le rouge et pas pour longtemps. Ça se terminait ainsi. Toutes les couleurs retombaient en lambeaux, avachies sur la forêt comme des oripeaux après la centième. »
        Voyage au bout de la nuit, Céline
         


        • Jean De Songy 26 avril 01:24

          Pour monter un peu le niveau :

           

          Bobo Ulysse le gocho qui n’est personne face à la puissance du Passé, Cyclope, sauve sa vie de Supermarché en se faisant disparaître de l’Histoire, comme un mouton indifférencié.

           

          l’Odyssée est une apologie de la raison, ex les Sirènes symbolisant la Nostagie du chant. A notez aussi que la vie bonne d’Ulysse est le petit Capital Ithaque... et ses prolétaires rament pendant que le seigneur capitaliste prend du bon tps avec les sirènes. Texte gocho En Marche par excellence donc. Ulysse, prototype du gocho bourgeois. Un nomade à Micron déjà, gentleman farmer marin, à l’abri des préoccupations matériels

           

          Épopée et mythe sont 2 concepts distincts appartenant à 2 ères historiques, l’épopée ne se chante plus. La gloire d’Achille et les aventures d’Ulysse sont qu’une stylisation nostalgique de ce qui n’est déjà plus un chant, un mythe.

          L’univers d’Homère est déjà une organisation rationnelle qui se rapproche du roman, où le mythe est détruit en reflet. D’ailleurs Nietzsche ne s’y est pas trompé comme Hegel aussi (mais bon là on dépasse trop la crasse GogochoVox...). Les fascistes aussi l’ont vu, le libéralisme pointer chez Homère... Culpabiliser les princes, Homère c’est ça. l’ordre bourgeois En Marche.

           

          Rapetissement des hommes en gochos, Ulysse s’appelle lui-même « personne », droitdehommisme et nain tt à la fois. Polyphème les tps anciens des titans et des mythes, dépassé par la celui qui n’ose se nommer, le gocho, l’indifférencié du monde moderne contre les anciens démons du Passé (populiste) qui rôdent dans les îles... En élevant le niveau de duperie, le gocho Ulysse abandonne le coté archaïque de l’ancien sacrifice, de l’honneur de la tribu, dans laquelle reflue le sang du sacrifié. Le faux-cul Ulysse rachète son soi civilisationnel par l’alibi rationnel. La duperie d’Ulysse face à la force physique des préhistoriques, contraste avec le pugilat du mendiant Iros le prolétaire tué par ce bourgeois, Jamais le bobo Ulysse ne peut s’engager directement contre les puissance du Passé, qui forces répétitives, Circé, Polyphème, Charybde et Scylla, répètent leur puissance à l’identique, comme le mythe.

           

          « Homère l’apollinien n’est que le continuateur de ce processus artistique universellement humain auquel nous devons l’individuation [le libéral libertaire gocho] » Nietzsche


          • rosemar rosemar 26 avril 10:21

            @Jean De Songy

            Ithaque un capital ? C’est surtout, dans l’Odyssée, le retour aux racines, à l’humanité, l’amour, la famille...


          • Jean De Songy 26 avril 14:05

            @rosemar
             
            Vous gogobez trop vos crétins de ministres... Luc Ferry et « sa vie bonne », même niveau que Naïade Vagino Bécassine... bobo gocho du Déclin de l’Occident.

            Oudéis = personne en grec veut dire héros où personne, c’est la magie où le mot porte l’anathème, Ulysse découvre dans le mot la gocherie moderne, l’enculage Micron de la Grande Branlette sophistique... i.e la pensée anglaise, dans la bourgeoisie le « formalisme », où « philosophie linguistique ». Nominalisme, prototype de la pensée bourgeoise. Le bobo a découvert que le mot et la chose sont séparable, pas l’animiste. Séparation de sa nature, telos.
             
            Ithaque, la vie de l’homme établi, de bobo En Marche, comme dit Hegel la peinture hollandaise de la soupière et du pot de chambre est l’avènement de l’Esprit bourgeois dans l’art ; A Ithaque il y a à coté du le lit taillé ds la souche la soupière et le pot de chambre. Roman picaresque certes, mais morale bobo, et déjà universaliste, la nation grecque prime sur la tribu déjà. Achille le vieux monde de l’oncle d’Iseult, le barbare face à l’intérêt de l’état, du roi. Celui du sang, du sacrifice, de la gloire contre la « nation » vu comme idée universalisante, la raison, la vie bonne de bobo Ferry, c.a.d la branlette convenue...
             
            Dans Homère, la Raison et le mythe (le vx monde) s’opposent via la fatalité. Ulysse, la conscience de soi naissante, la conservation de soi, retour à la Patrie où on est peinard, retour au Supermarché. Et ttes les « tentations » qui cherchent à le détourner de la Raison, de la logique libérale-libertaire, expérience acquise, Histoire,, là où le danger augmente, les chances de salut aussi. Affects animales qu’Ulysse ne maîtrise pas encore, comme ds Euripide il se frappe la poitrine, la morale. logos contre logistikon, l’irrationnel, le populisme... l’irrationnel suprarationnel dirait le fasciste.
             
            Mais l’individuation est naissante chez Homère, aussi le fil de l’épopée est externe, cosmos, les tempêtes des dieux, pas dans le profil du personnage, du roman moderne qui virera au critinisme psychologique masturbatoire. Ulysse la salope moderne, dupe les titans comme l’américain achètera l’île de Manhattan avec un sac de perles de verre.
             
            Ulysse, bobo la salope gogocho naissante en Occident, avachi sur son canapé Darty à Ithaque, regardant Hanouna en HD.

            etc. smiley


          • Jean De Songy 26 avril 14:47

            Mais cette individuation se retrouve déjà ds le mythe, les os et la graisse offert à Zeus par Prométhée, le titan ami des hommes, et le sacrifice humain (irrationnel) pour la communauté devient de plus en plus rationnel et symbolique, de même dans l’Odyssée, les sacrifices par les Ethiopiens des boeufs à Poséïdon sauve Ulysse (vu comme un prêtre trompreur), plein d’ex. Comme dit Marx, les religions masquent des praxis rationnelles insconscientes (contre Feuerbach).
             
            Ulysse est « le patient », il diffère sa vengeance (avec les prétendants par ex), mais Tirésias (aux enfers) lui dit qu’il maîtrisa ses instincts qu’au retour à Ithaque, c.a.d ds la société bourgeoise où vengeance patiente = justice. Ithaque, la société bourgeoise, n’a plus besoin du sacrifice et de la force du héros vengeur, le sacrifice finit sa métamorphose en subjectivité. Le renoncement provisoire d’Ulysse est le scepticisme bourgeois, le bonheur du héros est lié à sa propre humiliation, soumettre la Nature (les titans) c’est au moyen de se soumettre à la Technique, qui devient autonome, Heidegger, nécessité qui deviendra vide de sens.
             
            Face aux sirènes Ulysse est l’ingénieux homo oeconomicus, il a trouvé la faille ds le contrat. Marx dirait que c’est une robinsonnade, pas seul sur une île mais seul sur un bateau, des vendredis rameurs. Individu autonome, bobo, homo festivus. Les risques du petit capitaliste allant vers sa petite entreprise Ithaque...
             
            Les lotophages, paresseux souchiens amazoniens du stade paléolithique..., sont ramenés de force à la galère, le Capital...

            etc. smiley


          • phan 26 avril 07:27
            À Lourdes, le cœur de la vierge est magnifié par cette aurore.
            Melon et Melèche découvrent les épices dans un magasin du Sentier : Melon découvre le safran et Melèche l’anis (avec l’accent).

            • Raymond75 26 avril 10:34

              Merci Rosermar, un peu de poésie fait du bien.




                • rosemar rosemar 28 avril 14:00

                  @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                  Merci pour ces belles images...


                • @rosemar

                  Merci d’être un des piliers d’Agoravox. Vous faites de l’excellent travail. Peu reconnu. Cela vaut pour beaucoup de personnes qui commentent ou font passer un texte. Je suis heureuse de constater que les rats,...ont quitté le navire d’Agora (excepté quelques grincheux). Evidemment, cela dépouille un peu le site,...Mais mieux vaut être peu que mal accompagnés.


                • tuxuhikewi 29 avril 12:51

                  Pige a la demande pour remplir la une rachitique ?

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