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Accueil du site > Culture & Loisirs > L’essentiel est dans le superflu

L’essentiel est dans le superflu

Une si longue privation.

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Ils sont venus de différents horizons, certains parcourant des centaines de kilomètres pour enfin retrouver, ce qui a toujours constitué l'essence même de leur existence. Ils ne sont ni de dangereux inconscients ni de redoutables trompe la mort, ils croient simplement en leur bonne étoile et en ces quelques mesures de simple précaution pour à nouveau, reprendre goût à la vie ! Non pas cette basique survie organique, imposée à tous, dans le déni des nourritures spirituelles, mais cette vie qu'on déguste par tous ses sens…

Ils sont poètes, musiciens, artistes, amateurs, spectateurs, esthètes, béotiens, tous gens de bien qui pensent que sans esprit le corps n'est qu'une stupide enveloppe charnelle qui se résume à des fonctions élémentaires qui ne font que les délices des humoristes à la petite semaine. Ils aspirent à autre chose, une sorte de Pentecôte païenne pour laquelle l'élévation et la clarté proviennent des muses.

Ils se retrouvent avec un immense plaisir, se doutant qu'il y a là, dans leur rencontre, la promesse d'un nouveau départ, d'un effacement possible de cette parenthèse diabolique qui faisait la part belle à toutes les forces du mal. Consommer du tragique, se gaver de propos ineptes, de mesures absurdes, de propos lénifiants tout en devant se contenter de quelques bulles de culture par le truchement d'écrans aussi plats qu'insipides.

Pour eux, la seule manière d'exulter c'est de se trouver au contact de l'acte créatif, de celui ou de celle qui se met en danger devant ses pairs, dans un échange bien plus qu'un don, une offrande qui s'enrichit de l'autre. Ils seront tour à tour spectateur et transmetteur, de passions et de richesses, de musique, de mots, d'expressions, de sens. Car c'est là l'essentiel qui s'exprime pleinement dans ces moments si superflus en apparence.

Une chanson, un poème, un conte, une scène, dérisoires fragments d'un universel héritage de Villon à Brassens, des mille et une nuits à Nougaro, de Jehan Rictus à Alphonse Allais, enrichis de leurs modestes contributions, créations qui resteront sans doute dans l'ombre de l'histoire même si elles les placent eux aussi dans ce permanent mouvement des humains vers la lumière.

Les ténèbres, ils viennent de les traverser, ils savent que nombre de leurs contemporains, par crainte, duperie, frayeur, manipulation ont fait le choix d'y rester, se complaisant dans cet état d'animalité, terrés dans leur tanières, fuyant leurs semblables et ne faisant exception à cette règle que pour se retrouver dans les rayons des supermarchés.

Ils préfèrent l'estrade et la scène, le grand théâtre traditionnel de toutes les passions humaines. Ils vont côtoyer les anges leur volant au passage quelques plumes afin d'écrire de nouvelles pages à cette formidable aventure de l'esprit. Rien ne compte plus alors que ce bonheur de chanter, d'aimer, de jouer, de déclamer, de rire ou de pleurer, de s'envoler ailleurs que dans une station spatiale.

Il est d'autres sphères, d'autres instances, d'autres domaines qui échappent au commerce, à la médiatisation, à la normalisation, à la mondialisation. Ils sont venus s'y lover, s'y régénérer, trouver là la force de continuer et d'affronter ce monde nouveau qui se prépare. Une société aseptisée, contrôlée, normalisée, hystérisée et policée. Bientôt les livres, les partitions, les pièces seront brûlés pour peu qu'on y loue la liberté, le libre arbitre, la concorde et l'élévation de l'individu au delà des contingences de son confort illusoire.

Ils ont retrouvé cette chose étrange, immatérielle, impalpable et surtout incontrôlable que l'on tente de désigner selon les époques par les vocables âme, esprit, conscience. Ils sont en cela de dangereux mal-penseurs, des êtres bientôt voués aux fers et aux gémonies d'un pouvoir universel qui souhaite abolir à jamais ce qui pourrait encore laisser croire aux individus que leur liberté n'a pas à se plier au diktat d'un contrôle absolu de leurs actes et pensées.

Librement vôtre.


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11 réactions à cet article    


  • oncle archibald 3 juin 12:29

    J’aime beaucoup votre article d’aujourd’hui. Plus optimiste que vous je crois à la pérennité de la liberté de penser. L’histoire est une longue marche vers la liberté, les hommes y aspirent actuellement sans doute plus que jamais et donc elle finira bien par triompher !


    • C'est Nabum C’est Nabum 3 juin 13:23

      @oncle archibald

      Il faudra pour assurer sa victoire se débarrasser de la bande qui gouverne le monde


    • Bonjour Nabum. Avez-vous visionné cette géniale vidéo d’Agora.VOX. Qu’il y ait le plus de personnes qui s’inscrivent. Le REVEIL contre le RESET : https://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/ph-bobola-la-pandemie-entrainera-89656. 


      • C'est Nabum C’est Nabum 3 juin 16:14

        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        non



        • Les vampires d’âmes. ne leur tendez pas le cou : zone sensible : le passage du matériel à l’immatériel. Descartes situait l’âme l’âme dans le coeur (symboliquement, oui), mais elle se trouve en réalité dans la glande Pinéale...celle qui oriente nos pensées et rêves...élève la créativité où l’enfonce dans les ténèbres obscures.. ;La glande pinéale était nécessairement le siège de l’âme, selon lui, en vertu de sa place centrale dans le cerveau – suspendue dans des fluides cérébraux tourbillonnants « comme un ballon captif au-dessus d’un feu ». Pourquoi : parce que quand vous coupez une pomme de pin en deux, vous y retrouvez le NOMBRE D’OR...Une pomme de pin illustre par ses écailles un phénomène de phyllotaxie. On trouve des spirales dont la proportion est proche de celle d’Euclide. Le nombre d’OR... 


          • C'est Nabum C’est Nabum 3 juin 16:15

            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

            merci


          • juluch juluch 3 juin 19:51

            merci nabum pour ce billet d’humeur....


            • C'est Nabum C’est Nabum 3 juin 21:25

              @juluch

              De bonne humeur

              Merci


            • Adèle Coupechoux 4 juin 08:07

              Ce changement de civilisation ne me rassure guère. La liberté d’aimer la vie, trop peu de personnes la préfère à la « sécurité ». 

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