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Accueil du site > Culture & Loisirs > La mer perfide hululait doucement...

La mer perfide hululait doucement...

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"La mer perfide hululait doucement", écrit Giono, au début de son roman, Naissance de l'Odyssée : Ulysse écoute le murmure de la mer, alors qu'il est étendu, harassé de fatigue, sur une plage. Il vient d'échapper à un naufrage et semble renaître peu à peu à la vie.

 

Que de poésie dans cette simple phrase ! Que de résonnances !

 

Le verbe "hululer", employé dans cette expression, crée un effet poétique particulier, ce verbe étant le plus souvent associé à un oiseau nocturne : il signifie "crier ou pousser un long gémissement" : grâce à ce mot, la mer s'anime sous nos yeux, lance des cris.

 

La mer est doublement personnifiée puisqu'elle est, aussi, qualifiée de "perfide".

 

Ce mot "hululer" très expressif est, en fait, une onomatopée qui reproduit dans ses sonorités le cri de l'animal, le hurlement plaintif de quelqu'un qui crie, qui se lamente : la voyelle et la consonne redoublées miment ce cri : on a l'impression de l'entendre. On perçoit des bruits qui reviennent, le sac et le ressac de la mer, ses flux et ses reflux.

 

De nombreux mots qui évoquent des cris, des paroles sont des onomatopées : ainsi, les deux verbes "murmurer, marmonner" désignent le fait de parler entre ses dents, de manière indistincte...

 

La mer mugit et Ulysse, qui semble épuisé de fatigue, se laisse bercer par ces échos qui lui parviennent des flots, des échos pleins de douceur. Ses jambes sont comparées à des "algues", ses bras à des"fumées d'embrun".

 

Ainsi fusionnent le monde humain et la nature : ils semblent se confondre.

 

Comment ne pas être sensible à l'originalité de la phrase de Giono qui contient à la fois l'idée de cruauté des flots, et une impression agréable : le murmure des vagues sur la grève, un murmure apaisant ? Comment ne pas être sensible à cette harmonie qui réunit l'homme et la mer ?

 

La phrase construite sur des jeux d'opposition attire aussi notre attention, nous étonne, nous éblouit.

 

Une simple phrase nous fait entrer dans un univers poétique, fait d'images, de personnification, de contraste : c'est, là, la magie de l'assemblage des mots ! c'est, là, la magie du langage !

 

Les sonorités elles mêmes sont révélatrices : on perçoit la rudesse de la perfidie, à travers la consonne "r" contenue dans ce mot, et on ressent une forme de délicatesse grâce à la sifflante s" de l'adverbe "doucement".

 

Voilà une harmonie faite de contrastes d'idées et de sonorités, voilà une harmonie qui nous séduit et nous captive.

 

Sans cesse, dans son oeuvre, Giono nous montre une nature animée, vivante, mystérieuse : il réunit le monde humain à la nature qui l'entoure...

 

Personnifications, images, fusion de deux univers différents, Giono nous fait goûter à l'essence même de la poésie.

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Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-la-mer-perfide-hululait-doucement-122452948.html

 


Moyenne des avis sur cet article :  1.36/5   (11 votes)




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50 réactions à cet article    


  • Adèle Coupechoux 5 avril 18:08

    La mer perfide hululait doucement.

    J’ai aussitôt pensé à la Fanette de Jacques Brel

    https://www.youtube.com/watch?v=3gpwY9lfjX4


    • rosemar rosemar 5 avril 20:50

      @Adèle Coupechoux

      Eh oui, bien sûr !


    • Opposition contrôlée Opposition contrôlée 5 avril 18:09

      C’est qui la mère perfide ?


      • Adèle Coupechoux 5 avril 18:24

        @Opposition contrôlée

        Mélusine ne va certainement pas tarder à vous répondre smiley


      • troletbuse troletbuse 5 avril 23:09

        @Opposition contrôlée
        Une transgenre


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 avril 08:00

        @Opposition contrôlée

        C’est Hidalgo, la Maire perfide, ou l’amère perfide ?


      • jocelyne 5 avril 18:25

        3 copiés collés et 5 lignes..... ( je sais je n’ai jamais publié)


        • Bendidon Bendidon 5 avril 19:14

          @jocelyne
          Rosemar faut la comprendre elle a du boulot surtout en ce moment avec ses classes surchargées
          C’est dur l’éducation nationale
           smiley


        • rosemar rosemar 5 avril 20:51

          @jocelyne

          Vous ne savez pas compter !


        • troletbuse troletbuse 5 avril 19:47

          Ca, c’est vraiment Chouette


          • Passante Passante 5 avril 20:33

            pour moi le plus beau vers de l’Orestie d’Eschyle est dans l’Agamemnon :

             Il y a la mer, et qui pourrait l’éteindre ? 


            • rosemar rosemar 5 avril 20:52

              @Passante

              En Grec, s’il vous plaît !


            • Passante Passante 5 avril 20:56

              @rosemar
              Ἔστιν θάλασσα— τίς δέ νιν κατασβέσει; —

              (v.958)


            • Passante Passante 5 avril 20:59

              @Passante
              je me demande pourquoi c’est pas katasbénéï
              comme dans le sbenunaï (σβεννύναι ) d’héraclite 43


            • CYRUS CYRUS 5 avril 21:01

              @Passante

              θα δυσκολευτεί να ακολουθήσει
              tha dyskolefteí na akolouthísei



            • CYRUS CYRUS 5 avril 21:08

              @Passante

              @Passante
              je me demande pourquoi c’est pas katasbénéï
              comme dans le sbenunaï (σβεννύναι ) d’héraclite 43

              parce que en 30 ans une langue évolue .
              surtout quand il n’ y as personne pour normaliser .

              Héraclite naît à Éphèse dans la seconde moitié du vie siècle av. J.-C., vers 544-541 av. J.-C. D’après Aristote, il serait mort à l’âge de 60 ans, donc vers 480 av. J.-C.

              Eschyle (en grec ancien Αἰσχύλος / Aiskhúlos), né à Éleusis (Attique) vers 525 av. J.-C., mort à Géla (Sicile) en 456 av. J.-C.



            • Passante Passante 5 avril 21:11

              @CYRUS
              ou c’est plutôt la différence entre ionien (heraclite) et attique (eschyle)
              parce qu’en trente ans notre verbe éteindre n’a pas changé..
              (remarque si... on a « confiner » maintenant smiley)


            • CYRUS CYRUS 5 avril 21:31

              @Passante

              tu as parfaitement raison sur les dialecte ...

              la grece n’ etait pas une entité .... tout au plus une federation ...
              on ne parais pas pareil dans le peloponeze( attique) ou vers phocée(ionie)

              Aucun média non plus pour normaliser le truc ...

              on parle des gaules , on devrais parler des greces ...

              Ma famille tres lointaine a un tombeau a patras smiley
              du coup j’ essaye de m’ y metre un peut smiley

              c’ est frustrant de ne pas connaitre sa langue smiley
              ni son histoire ...


            • rosemar rosemar 5 avril 21:42

              @Passante

              CLYTEMNESTRE.

              Il y a la mer, et qui la tarirait ? qui nourrit abondamment la pourpre, aussi précieuse que l’argent, très-riche teinture des vêtements. Grâces aux Dieux, ô Roi, notre demeure renferme suffisamment de ces richesses et elle ne connaît point l’indigence

              ΚΛΥΤΑΙΜΗΣΤΡΑ

              Ἔστιν θάλασσα— τίς δέ νιν κατασβέσει; —
              Τρέφουσα πολλῆς πορφύρας ἰσάργυρον
               κηκῖδα παγκαίνιστον, εἱμάτων βαφάς.
              Οἶκος δ´ ὑπάρχει τῶνδε σὺν θεοῖς, ἄναξ,
              ἔχειν· πένεσθαι δ´ οὐκ ἐπίσταται δόμος.


            • rosemar rosemar 5 avril 21:47

              @Passante

              C’est le futur du verbe, un futur sigmatique, avec un sigma...


            • CYRUS CYRUS 5 avril 21:49

              @rosemar

              Homère - Odyssée, XI, v.385 sqq

              Après que la vénérable Perséphonéia eut dispersé çà et là les âmes des femmes, survint l’âme pleine de tristesse de l’Atréide Agamemnôn ; et elle était entourée de toutes les âmes de ceux qui avaient subi la destinée et qui avaient péri avec lui dans la demeure d’Aigisthos.

              Ayant bu le sang noir, il me reconnut aussitôt, et il pleura, en versant des larmes amères, et il étendit les bras pour me saisir ; mais la force qui était en lui autrefois n’était plus, ni la vigueur qui animait ses membres souples. Et je pleurai en le voyant, plein de pitié dans mon coeur, et je lui dis ces paroles ailées :

              - Atréide Agamemnôn, roi des hommes, comment la Kèr de la dure mort t’a-t-elle dompté ? Poseidaôn t’a-t-il dompté dans tes nefs en excitant les immenses souffles des vents terribles, ou des hommes ennemis t’ont-ils frappé sur la terre ferme, tandis que tu enlevais leurs boeufs et leurs beaux troupeaux de brebis, ou bien que tu combattais pour ta ville et pour tes femmes ?

              Je parlai ainsi, et aussitôt, il me répondit :

              - Divin Laertiade, subtil Odysseus, Poseidaôn ne m’a point dompté sur mes nefs, en excitant les immenses souffles des vents terribles, et des hommes ennemis ne m’ont point frappé sur la terre ferme ; mais Aigisthos m’a infligé la Kèr et la mort à l’aide de ma femme perfide. M’ayant convié à un repas dans la demeure, il m’a tué comme un boeuf à l’étable. J’ai subi ainsi une très lamentable mort. Et, autour de moi, mes compagnons ont été égorgés comme des porcs aux dents blanches, qui sont tués dans les demeures d’un homme riche et puissant, pour des noces, des festins sacrés ou des repas de fête. Certes, tu t’es trouvé au milieu du carnage de nombreux guerriers, entouré de morts, dans la terrible mêlée ; mais tu aurais gémi dans ton coeur de voir cela. Et nous gisions dans les demeures, parmi les kratères et les tables chargées, et toute la salle était souillée de sang. Et j’entendais la voix lamentable de la fille de Priamos, Kassandrè, que la perfide Klytaimnestrè égorgeait auprès de moi. Et comme j’étais étendu mourant, je soulevai mes mains vers mon épée ; mais la femme aux yeux de chien s’éloigna et elle ne voulut point fermer mes yeux et ma bouche au moment où je descendais dans la demeure d’Aidés. Rien n’est plus cruel, ni plus impie qu’une femme qui a pu méditer de tels crimes. Ainsi, certes, Klytaimnestrè prépara le meurtre misérable du premier mari qui la posséda, et je péris ainsi, quand je croyais rentrer dans ma demeure, bien accueilli de mes enfants, de mes servantes et de mes esclaves ! Mais cette femme, pleine d’affreuses pensées, couvrira de sa honte toutes les autres femmes futures, et même celles qui auront la sagesse en partage.

              Traduction de Leconte de Lisle (1867)



            • CYRUS CYRUS 5 avril 21:51

              @rosemar

              une ker(Κήρ) est une furie de la famille de nyx smiley



            • CYRUS CYRUS 5 avril 21:59

              @rosemar

              on en peut pas toujours citer rosemar ...
              j’ aurais preféré que tu nous explique que les laertre sont la famille d’ odyseus smiley
              on peut pas comprendre l’ iliade et l’ odysée ou d’ autre oeuvre grecque sans creuser le jeux des famille smiley


            • troletbuse troletbuse 5 avril 21:59

              @rosemar
              Le vers en grec ? Pourtant paraît qu’ils préfèrent l’envers.  smiley


            • CYRUS CYRUS 5 avril 22:06

              @troletbuse

              on dit aussi qu’ il l’ ont carré ... 

              faut pas tout croire trollet-bus


            • troletbuse troletbuse 5 avril 23:06

              Ben moi, je ne trouve aucune poésie dans cette phrase.

              J’ai toujours eu horreur de ces analyses de texte qui font tout dire à un écrivain qui pisse des lignes sans s’occuper de ce que les lecteurs vont en dire. Il doit bien rigoler en écoutant celà. C’est du pipeau. Le gars il est doué ou pas. Idem pour un artiste, un peintre, un sculpteur ; etc


              • CYRUS CYRUS 5 avril 23:11

                @troletbuse

                « La mer perfide hululait doucement », écrit Giono, au début de son roman, Naissance de l’Odyssée : Ulysse écoute le murmure de la mer, alors qu’il est étendu, harassé de fatigue, sur une plage. Il vient d’échapper à un naufrage et semble renaître peu à peu à la vie.

                Tu connait pas ton bohneur , la tu as rose mar qui cite giono qui cite homere qui cite on sait plus trop qui ...

                c’ est un peut comme l’ homme qu’ as vu l’ homme qu’ as vu l’ homme ... qu’ as vu le loup ...

                Qui sait peut etre qu’ un jour quelqu’un citera rosemar qui cite giono qui cite homere qui site mr X smiley


              • troletbuse troletbuse 5 avril 23:15

                @CYRUS
                qui cite Homère PerfIde smiley


              • CYRUS CYRUS 5 avril 23:22

                @troletbuse

                Ho bon homere comme on dit a massilia smiley
                la seule vile ou on finit dans le fossée hein !


              • troletbuse troletbuse 5 avril 23:28

                @troletbuse
                Je connaissais une fille qui, chaque jour, faisait une prière à la Vierge. C’était :
                O mère, toi qui a conçu sans pecher
                Faîtes que je pêche sans concevoir  smiley


              • troletbuse troletbuse 5 avril 23:34

                @troletbuse
                je l’ai toujours trouvée bizarre car elle n’aimait pas le poisson  smiley


              • CYRUS CYRUS 5 avril 23:35

                @troletbuse

                le con s ’en suce et le mord hue da da smiley
                niet niet ne veut pas dire nenette smiley

                <je sent qu’ on va se faire gronder par la maitresse demain ;-p >


              • troletbuse troletbuse 5 avril 23:39

                @Cyrus
                Elle doit être veuve, non vu que la Marie-Rose tue l’époux  smiley


              • troletbuse troletbuse 5 avril 23:50

                @CYRUS
                Y’en a quand même des plus beaux des vers
                L’Homère qu’on voit danser (Trenet)
                L’Homère sans arrêt roulait ses galets (Ferrat)
                Et aussi
                L’Homère Michèle qui a perdu son chat (Inconnue)  smiley


              • CYRUS CYRUS 6 avril 00:05

                @troletbuse

                et ché lait corse , c’ est l’ homere ta smiley


              • troletbuse troletbuse 6 avril 00:08

                @CYRUS
                Et si Homére a eu un fils, c’était l’Homére deux. smiley


              • CYRUS CYRUS 6 avril 00:45

                @troletbuse

                le continent grec c’ est l’ OMERIQUE du ch’ nord


              • @CYRUS

                Ce forum part en cacahuètes, on va finir sur les blagues à Toto. smiley


              • @CYRUS

                Il n’y a qu’un passage où Ulysse arrive tout nu sur la plage, c’est l’ouverture, et probablement le plus beau chapitre de l’Odyssée, c’est littéralement un poème, et une ode à l’amour.

                C’est ce qui a fait que j’ai lu les deux (Odyssée, Iliade) au moins 10 fois. C’est immortel, cette oeuvre. Tout y est, c’est épique, poétique, romancé, subtil et ça raconte l’homme dans ses misères et sa splendeur.

                C’est aussi une école de philosophie en soi, une école de la vie. Peu de livres m’ont bouleversé à ce point.


              • Ben Schott Ben Schott 6 avril 07:24

                @ZXSpect
                 
                Tes névroses personnelles ne regardent que toi.
                 


              • ETTORE ETTORE 6 avril 12:13

                On peut toujours être payé HOMERite ! Ma brave rosemar !

                Mais bon, tellement de travailleurs vivent une odysée, ou ils ne trouveront en finalité, point de Pénélope, détricotant quenouille, mais simplement le semi dieu « pôle emploi » né d’une union de la cuisse de Jupiter et de son avatar sur terre !

                Quant au « ressac » des vagues.....C’est vrai que vous pouvez y voir les élans répétés de la mer, faisant l’amour au sable, sous elle.

                Un bien grand voyage que celui là, ou la durée dépend de la furie de la....lune !


                • eau-pression eau-pression 6 avril 12:39

                  @ETTORE

                  Jupiter a donc sauté l’étape côte, celle qu’Adam concéda à Eve ! C’est pour ça que son avatar cherche sa maman.
                  Jupiter le père pas fide.


                • ETTORE ETTORE 6 avril 16:31

                  @eau-pression
                  Vous savez, si on se permettait de dire, à rosemar, que Eve, après tout,
                  n’était qu’une côte-part d’Adam....
                  Je ne vous explique même pas, le dévalement au-suaire, contre cette coteRIE amusante. LOL !


                • eau-pression eau-pression 6 avril 12:34

                  Ma mère est chouette et mon père hibou. Z’ont beau hululer, ils s’entendent comme chien fidèle et chat c’est moi.


                  • ETTORE ETTORE 6 avril 12:39
                    eau-pression 6 avril 12:34

                    Ma mère est chouette et mon père hibou. Z’ont beau hululer, ils s’entendent comme chien fidèle et chat c’est moi.


                    Vous êtes donc un CHAT HUANT  ! Ni plus, ni moins !

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