• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Culture & Loisirs > Manon Lescaut : l’incipit...

Manon Lescaut : l’incipit...

JPEG

Le mot "incipit" vient d'un verbe latin à la troisième personne et se traduit par "il commence".

L'incipit désigne donc la ou les premières pages d'un roman... Traditionnellement, l'incipit a deux fonctions essentielles :

- une fonction informative : il s'agit d'informer le lecteur sur les temps, lieux, personnages.

- une fonction attractive : il convient d'inciter le lecteur à poursuivre la lecture, et de susciter sa curiosité...

On retrouve ces deux fonctions dans l'incipit du roman de Prévost : Manon Lescaut...

 

I) Fonction informative dans un récit réaliste :

1) Le narrateur parle à la première personne "je", dès la première phrase : on sait qu'il s'agit du Marquis de Renoncour ( Le roman Manon Lescaut était à l'origine inséré dans un ensemble plus vaste : Les Mémoires d'un homme de qualité.)

Le Marquis évoque sa première rencontre avec les héros de l'histoire : Manon et Des Grieux. Le récit se présente donc comme un véritable témoignage : une façon d'authentifier le récit par l'emploi de la première personne. C'est un témoin fiable, crédible qui s'exprime, un homme de qualité.

2) Des renseignements nous sont donnés sur le cadre : un cadre ordinaire, familier, il s'agit d'une scène de rue où l'on voit la populace, "tous les habitants" se précipiter pour assister à l'arrivée d'un convoi. On perçoit quelques détails réalistes : "mauvaise hôtellerie... deux chariots couverts... des maisons... des chevaux fumants".

3) Le lieu est situé précisément : Pacy sur Eure, une ville réelle située en Normandie.

On relève aussi plusieurs noms propres : "Le Havre de Grâce... Paris (Des Grieux a suivi Manon depuis Paris)... l'Amérique : c'est la destination du convoi.

4) Des allusions à l'actualité de l'époque : la Régence... Une nouvelle colonie avait été récemment conquise par Louis XIV : la Louisiane. Pour la peupler, on avait recours à des déportations forcées de filles de joie, de détenues. Pour encadrer ces convois, on venait de créer un corps spécial de militaires : des "archers" avec un uniforme particulier "une bandoulière et un mousquet."

Ces archers avaient mauvaise réputation : ils étaient cupides, brutaux. Un des archers s'exprime dans un discours direct, ce qui authentifie la scène.

5) Quelques détails réalistes émaillent le récit.

"filles enchaînées... la saleté du linge de Manon... l'hôpital" : il s'agit de l'hôpital de la Salpêtrière qui était à l'époque une prison où l'on enfermait les fous, les mendiants, les filles de joie.

 

II La fonction attractive

1) Prévost attire notre regard par une scène spectaculaire, très visuelle : la populace se précipite pour observer un convoi, une scène intense quasi cinématographique.

Le verbe "voir" est utilisé dès le début de l'extrait. Plus loin, on trouve le mot "spectacle".

Les verbes de mouvement traduisent l'élan de la foule attirée par ce spectacle : "se précipitaient... courir... la populace qui s'avançait... se poussant."

2) La curiosité des gens et du narrateur lui-même (le marquis de Renoncour) renvoie aussi à la curiosité du lecteur comme une mise en abîme : le lecteur s'identifie au narrateur et voit la scène en même temps que lui.

3) Les personnages suscitent aussi notre curiosité : 

Manon a un "air et une figure peu conformes à sa condition", elle ressemble à "une personne de premier rang". Manon se distingue des autres, elle apparaît unique.

Pourtant, Manon n'est pas vraiment décrite, elle reste une énigme, sa beauté est suggérée mais n'est pas détaillée. Elle est souvent associée aux verbes "paraître, sembler".

On connaît seulement l'impression, les sentiments qu'elle produit sur les autres : "je vis quelque chose d'assez touchant... du respect et de la pitié... " On a une connaissance lyrique du personnage qui attire immédiatement la sympathie.

Des Grieux, lui, est présenté par un des archers : c'est l'image même de la passion, de la fidélité, une figure tragique associée à des pleurs. On relève des expressions hyperboliques : "enseveli dans une rêverie profonde... je n'ai jamais vu de plus vive image de la douleur."

Le personnage est décrit aussi en termes élogieux soulignés par des adverbes d'intensité : "un air si fin et si noble". Lui aussi apparaît attirant, énigmatique : il n'est pas décrit précisément.

Les deux héros apparaissent distingués et s'opposent au milieu populaire évoqué au début.

 

III La composition du roman et sa technique

1) En fait, dès le début du roman, le lecteur apprend ce que sera le sort de Manon : elle sera déportée en Amérique : avant de connaître en détail l'histoire d'amour des deux héros, leur rencontre, leurs aventures, on sait en partie ce qui va leur arriver.

Quel est l'effet produit ? Une sorte de fatalité pèse sur les personnages comme dans les tragédies antiques où tout est raconté dans le prologue : on entre tout de suite dans le drame.

2) Le roman au XVIII ème siècle est encore influencé par l'esthétique théâtrale : on trouve dans le roman de nombreux aspects qui font songer à la tragédie classique.

Nous avons là une véritable scène de théâtre tragique : Manon est au centre de la scène, la lumière est concentrée sur elle, tout le monde la regarde : la foule, une vieille femme, l'homme de qualité...

Les autres personnages jouent le rôle de figurants. La vieille femme commente l'action comme le choeur dans les tragédies antiques. On peut noter l'expressivité de ses gestes : "joignant les mains et criant que c'était une chose barbare..."

3) On retrouve dans cet incipit les ressorts essentiels de la tragédie classique : "horreur et compassion", la terreur et la pitié, selon la définition d'Aristote. Les exclamations de la vieille femme soulignent le tragique. 

Comme au théâtre, il y a là tout un art de la préparation et de l'attente. Et bien sûr le style direct utilisé à plusieurs reprises dans cet incipit fait songer aussi à l'art théâtral.

 

 

Cet incipit parvient à intéresser le lecteur avide de connaître le destin de ces deux êtres d'exception dans un convoi de déportés. Manon et Des Grieux sont des héros romanesques fascinants.

Manon incarne la fatalité de la passion : c'est une figure de rêve, une beauté idéale qui rayonne et envoûte...

Le style reste classique : plein de pudeur, de retenue : aucune vulgarité dans l'évocation du convoi.

 

 

 

Le texte :

 "Ayant repris mon chemin par Évreux, où je couchai la première nuit, j’arrivai le lendemain pour dîner à
Pacy, qui en est éloigné de cinq ou six lieues. Je fus surpris en entrant dans ce bourg, d'y voir tous les habitants en alarme. Ils se précipitaient de leurs maisons pour courir en foule à la porte d'une mauvaise hôtellerie, devant laquelle étaient deux chariots couverts. Les chevaux, qui étaient encore attelés et qui paraissaient fumants de fatigue et de chaleur, marquaient que ces deux voitures ne faisaient qu'arriver. Je m'arrêtai un moment pour m'informer d'où venait le tumulte ; mais je tirai peu d'éclaircissement d'une populace curieuse, qui ne faisait nulle attention à mes demandes, et qui s'avançait toujours vers l'hôtellerie, en se poussant avec beaucoup de confusion. Enfin, un archer revêtu d'une bandoulière, et le mousquet sur l'épaule, ayant paru à la porte, je lui fis signe de la main de venir à moi. Je le priai de m'apprendre le sujet de ce désordre. Ce n'est rien, monsieur, me dit-il ; c'est une douzaine de filles de joie que je conduis, avec mes compagnons, jusqu'au Havre-de-Grâce, où nous les ferons embarquer pour l'Amérique. Il y en a quelques-unes de jolies, et c'est apparemment ce qui excite la curiosité de ces bons paysans. J'aurais passé après cette explication, si je n'eusse été arrêté par les exclamations d'une vieille femme qui sortait de l'hôtellerie en joignant les mains, et criant que c'était une chose barbare, une chose qui faisait horreur et compassion. De quoi s'agit-il donc ? lui dis-je. Ah ! monsieur, entrez, répondit-elle, et voyez si ce spectacle n'est pas capable de fendre le cœur ! La curiosité me fit descendre de mon cheval, que je laissai à mon palefrenier. J'entrai avec peine, en perçant la foule, et je vis, en effet, quelque chose d'assez touchant. Parmi les douze filles qui étaient enchaînées six par six par le milieu du corps, il y en avait une dont l'air et la figure étaient si peu conformes à sa condition, qu'en tout autre état je l'eusse prise pour une personne du premier rang. Sa tristesse et la saleté de son linge et de ses habits l'enlaidissaient si peu que sa vue m'inspira du respect et de la pitié. Elle tâchait néanmoins de se tourner, autant que sa chaîne pouvait le permettre, pour dérober son visage aux yeux des spectateurs. L'effort qu'elle faisait pour se cacher était si naturel, qu'il paraissait venir d'un sentiment de modestie. Comme les six gardes qui accompagnaient cette malheureuse bande étaient aussi dans la chambre, je pris le chef en particulier et je lui demandai quelques lumières sur le sort de cette belle fille. Il ne put m'en donner que de fort générales. Nous l'avons tirée de l'Hôpital, me dit-il, par ordre de M. le Lieutenant général de Police. Il n'y a pas d'apparence qu'elle y eût été renfermée pour ses bonnes actions. Je l'ai interrogée plusieurs fois sur la route, elle s'obstine à ne me rien répondre. Mais, quoique je n'aie pas reçu ordre de la ménager plus que les autres, je ne laisse pas d'avoir quelques égards pour elle, parce qu'il me semble qu'elle vaut un peu mieux que ses compagnes. Voilà un jeune homme, ajouta l'archer, qui pourrait vous instruire mieux que moi sur la cause de sa disgrâce ; il l'a suivie depuis Paris, sans cesser presque un moment de pleurer. Il faut que ce soit son frère ou son amant. Je me tournai vers le coin de la chambre où ce jeune homme était assis. Il paraissait enseveli dans une rêverie profonde. Je n'ai jamais vu de plus vive image de la douleur. Il était mis fort simplement ; mais on distingue, au premier coup d'oeil, un homme qui a de la naissance et de l'éducation. Je m'approchai de lui. Il se leva ; et je découvris dans ses yeux, dans sa figure et dans tous ses mouvements, un air si fin et si noble que je me sentis porté naturellement à lui vouloir du bien. Que je ne vous trouble point, lui dis-je, en m'asseyant près de lui. Voulez-vous bien satisfaire la curiosité que j'ai de connaître cette belle personne, qui ne me paraît point faite pour le triste état où je la vois ? Il me répondit honnêtement qu'il ne pouvait m'apprendre qui elle était sans se faire connaître lui-même, et qu'il avait de fortes raisons pour souhaiter de demeurer inconnu. Je puis vous dire, néanmoins, ce que ces misérables n'ignorent point, continua-t-il en montrant les archers, c'est que je l'aime avec une passion si violente qu'elle me rend le plus infortuné de tous les hommes."

Extrait de la première partie de Manon Lescaut - L'abbé Prévost

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2022/05/manon-lescaut-l-incipit.html

 

JPEG


Moyenne des avis sur cet article :  2.53/5   (15 votes)




Réagissez à l'article

21 réactions à cet article    


  • ETTORE ETTORE 30 septembre 20:54

    Ahhhh ! rosemar, rosemar, .....

    où est parti ce temps béni, où les lettres, étaient des notes de musique, et où, la musique de ces sons muets, parlant au coeur, étaient de si belle composition  ?

    Quel malheur, quid pietatis !

    Nous n’avons, après tout que, les chaînes, que nous méritons...

    Surtout celles « télé-visées » fortes, fétides et étouffantes, alors qu’avant, on attendait que la page du livre se tourne, pour reprendre le fil de sa respiration.

    Voyez, quel désaccouplement nous vivons, face à un écran de lumière, pourtant, si plat, si plat, si plat........Et qui nous prostitue, nous aussi, à un Nouveau Monde.


    • rosemar rosemar 30 septembre 21:25

      @ETTORE

      Vive le livre, vive la lecture ! Il faut défendre le livre, face au déferlement des écrans...

      « L’année 2021 a été marquée par des ventes exceptionnelles de livres : elles ont augmenté de 19% en deux ans : confinements, couvre-feux, restrictions nous auraient donc donné des envies de bouquiner...

      Une très bonne nouvelle !


      Il est vrai que les Français ont été saturés d’écrans avec le telé-travail : ils aspirent à autre chose, ils refusent le règne des images.

      Le livre, lui, permet une vraie concentration, une attention, une curiosité sur toutes sortes de sujets... »


    • rosemar rosemar 30 septembre 21:26

      @ETTORE

      Hélas ! Les votes sur agoravox ne sont pas en faveur de l’article...


    • Samson Samson 1er octobre 14:54

      @rosemar
      « Le livre, lui, permet une vraie concentration, une attention, une curiosité sur toutes sortes de sujets... » »
      Littérature et 7ème art répondent à des codes distincts.

      Déjà, l’œuvre écrite laisse au lecteur tout loisir quant au rythme de lecture, quand l’œuvre cinématographique supporte bien comme le théâtre ou l’opéra une ou plusieurs entractes, mais laisse moins de liberté quant aux interruptions.

      Et surtout, quand la littérature stimule notre imaginaire en lui laissant toute latitude et créativité pour recréer les paysages, scènes et personnages qu’elle nous décrit, le 7ème art les fige définitivement dans la figure des acteurs et décors qu’il nous propose.

      J’ai souvent été surpris du « souvenir » visuel gardé (personnages, décors, ...) de mes lectures et de scènes que je n’avais que lues, et très souvent déçu d’au moins certains aspects l’interprétation et la mise en scènes en fussent-ils même des plus brillants que nous en présentaient ensuite le cinéma.

      Difficile aussi pour le cinéma, et sinon par de tout autres biais, de nous décrire par le menu tous les développements et considérations relevant de la pensée, du ressenti et des sentiments d’un personnage ou de l’auteur lui-même.

      Autant que possible, je veille donc toujours à lire l’œuvre écrite et la laisser « décanter » avant d’en voir la version cinématographique.

      " L’année 2021 a été marquée par des ventes exceptionnelles de livres : elles ont augmenté de 19% en deux ans : confinements, couvre-feux, restrictions nous auraient donc donné des envies de bouquiner...« 

      Ce qui constitue un des très rares effets positifs à attribuer au délire covido-vaccinal, et même s’il faut le tempérer par l’interdiction par nos gouvernants d’accès aux bibliothèques du bétail non »QR-codé« et pucé en bonne et due forme.

      Encore faut-il voir ce que les gens ont décidé de lire, mais j’ai en ces périodes troublées personnellement cru remarquer un regain d’intérêt pour les classiques de notre littérature ce qui s’il est confirmé par des chiffres est plutôt appréciable et nous change agréablement du »digest« trop souvent proposé par certains »best sellers".

      Bien à vous, en vous présentant mes respectueuses salutations ! smiley


    • ETTORE ETTORE 30 septembre 21:46

      Rosemar...

      Les votes, les votes....C’est une chose bien à part, rosemar !

      Ne vous focalisez pas sur ce qui pourrait être considéré, mal à propos, comme des « notes », Cela n’as rien à voir.

      Peut être que votre formation professionnelle, vous fait apparaître ces « votes » comme « un corrigé » que les élèves feraient à la copie de l’enseignante.... ?

      Beaucoup de gens passent, vous savez  !

      Certains votent, d’autres lisent et s’en vont. Et je ne parle pas des étoiles, qui elles ont un but, bien moins académique.

      L’autre jour, je suis passé devant un bel abri bus, totalement fabriqué en bois, de la plus belle facture, tel un beau chalet montagnard ( et pour cause, c’était en montagne) et j’y ai vu, des rayonnages remplis de livres, qui meublaient tous les murs.

      J’ai trouvé cela beau, que cette « matière imprimée » soit descendue de ses bibliothèques en bois précieux, chic et chères, pour se retrouver dans un lieu de transit.

      La culture, le livre, facilite la chose. Et il est vrai, que rien, ne fonctionne mieux qu’un livre, pour plier l’espace temps.

      Tout s’arrête, dans la vie « courante », pour vivre une expérience, hors du temps de l’horloge tic-toqueuse, posée à côté .

      Et, voyez vous, c’est cela qui est fantastique !

      Et puis, ce moment de grâce, qui nait, quand vous refermez le livre, avec cette sensation légère, que vous êtes encore en suspension, entre le monde onirique, que vous venez de quitter, et que vous tenez encore dans vos mains chaudes, et celui qui vous rattrape, pour votre vie, que vous avez encore à écrire.... Vous même !

      C’est ça, la vie....Et cela peut être gratuit !


      • rosemar rosemar 30 septembre 22:30

        @ETTORE

        MERCI pour ce joli commentaire ! La magie du livre !


      • rosemar rosemar 30 septembre 22:32

        @ETTORE

        Et voici un article qui permet de mieux comprendre le contexte du roman :

        http://rosemar.over-blog.com/article-manon-lescaut-roman-d-amour-histoire-d-argent-110711199.html


      • ETTORE ETTORE 30 septembre 22:49

        @rosemar
        Merci rosemar !
        Depuis que les poêtes et autres auteurs, mélancoliques et passionnés, essayent de se dépatouiller avec cette « maladie de l’âme » qu’est l’amour....J’en ai pas encore trouvé un, qui puisse en donner une explication rationnelle .
        Cela fait même parfois mal, puisque semble t-il, « on tombe en amour » ( serais ce un double langage, comme celui de FREE qui dit qu’avec eux, « vous avez tout compris » ?)
        C’est peut être comme ça, que cela doit se vivre, puisque l’irrationalité, semble être la composante primordiale, toujours demandée par l’un des deux protagoniste.
        Alors quand les deux s’y mettent....


      • Clark Kent Clark Kent 1er octobre 09:14

        @ETTORE

        L’« amour » est lié à la libération de deux hormones :

        • la dopamine qui gère le système de récompense du cortex cérébral et nous pousse à répéter les expériences agréables : elle favorise notamment le développement du comportement amoureux et de l’excitation sexuelle.

        • l’ocytocine qui renforce les sensations de bien-être, de relaxation, de confiance en soi et d’attachement et se libère dans les moments privilégiés de l’activité amoureuse : caresses, rapport sexuel, orgasme. Par la même occasion elle joue un rôle déterminant dans la fidélité.

        La poésie est une tentative d’attribuer à des « sentiments » , notion nébuleuse et indéfinissable, ce qui est du ressort de la biochimie. C’est une façon de se persuader de l’existence du « libre-arbitre ».


      • ETTORE ETTORE 1er octobre 12:23

        @Clark Kent
        LOL !
        je ne voulais pas enlever le « sel » de la vie, à cette belle romance, proposée par rosemar.
        Mais, c’est pourtant vrai, que tout cela !
        Il nous reste l’admiration, pour toutes ces « mises en oeuvre » hormonales, qui contribuent, à rendre légère la vie ( et parfois lourd-eau ( larmes) aussi ). Et cela parfois, par un simple regard, croisé en biais !
        Devrons nous, par ces temps qui courent, où tout engagement, quel qu’il soit, peut faire l’objet d’un contrôle et de restriction, porter, en tour de cou, une pancarte d’avertissement, stipulant, en plusieurs langues....
        ATTENTION : DOPAMINE & OCYTOCINE, WORK IN PROGRESS !
        Un amoureux prévenu, en vaut deux, et à deux, c’est mieux !


      • eau-mission eau-mission 1er octobre 12:35

        @Clark Kent

        Continuez de comment en comment vos comment-TAIREs (à terre). Le pourquoi vous survole. Saint-Ex était aviateur.

        Me dispiacce, ETTORE, c’est l’heure du pastichh


      • ETTORE ETTORE 1er octobre 12:44

        @eau-mission
        a la vostra salute, eau mission !


      • Samson Samson 1er octobre 15:30

        @ETTORE, @Rosemar
        « Les votes, les votes....C’est une chose bien à part, rosemar ! »

        Absolument !
        Peut-être ce biais relève-t-il pour part de la carrière d’enseignante, pour part consacrée à trier entre « bons » et « mauvais » élèves ! Il m’en reste personnellement certains lointains mais toujours fort cuisants souvenirs !

        Les votes ne signifient jamais que l’opinion d’une majorité de celles et ceux qui les expriment ! Et pour rappel, ils ont récemment reconduit à la tête de la République un très redoutable psychopathe qui n’a pas hésité à en faire mutiler et éborgner nombre de citoyennes et citoyens, avant de toutes et tous les faire confiner, bâillonner et injecter d’une solution des plus douteuses, au nom d’un prétendu « consensus scientifique » lui aussi des plus douteux, ...

        Quand vous nous rappelez avec pertinence et sensibilité la richesse des classiques de notre littérature, ou encore de la poésie et de la chanson françaises, n’est-il quelque peu dommage de souscrire à la dictature de l’instantanéité, des « like », « selfies » et autres troubles plaisirs de la chasse en meute tels que proposés par notre belle modernité 2.0 et ses « réseaux sociaux » ???

        En ces temps marqués du sceau de la Pensée Unique, intelligence et sensibilité ne devraient-elles donc plus s’exprimer qu’avec l’assentiment du suffrage majoritaire ??? Pauvre de nous si tel devait quelque jour advenir ! smiley

        Bien à vous, en vous présentant mes respectueuses salutations ! smiley


      • Samson Samson 1er octobre 15:47

        @Clark Kent
        Hé oui, bien des déterminants (chimiques, biologiques, hormonaux, sexuels, sociaux, éducatifs, culturels, ...) nous déterminent très étroitement.
        J’ai personnellement la faiblesse de persister à considérer le libre-arbitre comme la minuscule cerise surplombant l’énorme gâteau constitué par nos innombrables déterminismes ! smiley
        Et, moins qu’une tentative d’attribuer à des sentiments nos déterminants bio-chimiques, je verrais plutôt dans la poésie, la musique et généralement tous les arts autant de tentatives d’exprimer et traduire dans toutes leurs nuances le plaisir et la beauté qui en sont éprouvés et ressentis.

        Bien à vous ! smiley




      • Samson Samson 1er octobre 21:09

        @Clark Kent
        "La poésie est une tentative d’attribuer à des « sentiments » , notion nébuleuse et indéfinissable, ce qui est du ressort de la biochimie."

        Encore moi !
        Si j’entends bien que l’amour et nos inclinations relèvent essentiellement de ressorts bio-chimiques et hormonaux, qu’en est-il pour vous de la créativité ?
        A l’instar des grands primates, l’espèce humaine se caractérise certes par un comportement très largement mimétique, mais à quel ressort hormonal ou bio-chimique attribueriez-vous sa constante pulsion ou volonté de tenter de reproduire sur les supports les plus divers son environnement et ses ressentis ?



      • ETTORE ETTORE 1er octobre 23:07

        Rosemar, Samson....Merci !

        Léo Ferré avec la chambre, me rappelle de vieux souvenirs, une sensation étrange vécue, quand j’étais encore mino, et que je dormais à l’heure de la sieste

        ( obligatoire) dans la chambre de ma grand mère, avec ces murs tapissés à la chaux blanche, et cette fenêtre, fermée, à persiennes basculantes, qui laissait passer des projections solaires sur les murs vierges de toute décoration.

        Je me rappelle de cette fascination, à voir ces traits lumineux, se déplacer, comme une carte graphique, lentement, imperceptiblement, mais inexorablement, tels les aiguilles d’un cadran solaire inversé. Je trouvais cela « magique », que cette poussière qui voletait, libre, dans ces traits de lumière, puissent être si contenus, et frapper les cloisons, avec la précision d’un crayon de lumière, qui dessinerait sans laisser de traces !

        C’était vraiment simple et beau, et même, aujourd’hui, je ressent encore ce bonheur d’émerveillement, produit par ces simples infiltrations lumineuses et magiques !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON



Publicité



Les thématiques de l'article


Palmarès



Publicité