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Accueil du site > Culture & Loisirs > Marcher dans sa tête

Marcher dans sa tête

Un stylo dans la main.

En assistant quelques heures seulement à un colloque bien trop savant, voire pédant parfois, sur les écrivains marcheurs, pour échapper aux propos abscons d’une jeune universitaire qui n’a jamais sans doute mis un pied devant l’autre, ni même accordé un regard à son auditoire, j’ai pris la fuite mentalement, un stylo en main. Cela me rappelait mes escapades lointaines, quand le chemin n’avait d’autre but que celui de la rencontre et du portrait, l’ailleurs ayant toujours été pour moi, l’autre !

Marcher, ce n’est certes pas s’ouvrir des horizons. La géographie n’a pas besoin de cette lenteur de l’homme qui avance à son pas pour découvrir pleinement la diversité de la planète. D’autres en ont fait leur fonds de commerce, certains même sont devenus écrivains à succès ou ministres, sans jamais avoir pris le temps ni le plaisir de découvrir véritablement leur prochain, fut-il, paradoxalement, lointain.

Ceux-là regardent à travers un œilleton de caméra qui a l’incroyable capacité de ne renvoyer que sa proche image. Différer son regard, le mettre en conserve par le truchement d’un objectif, c’est perdre à coup sûr toute forme d’objectivité. Le regard se passe d’une focale quand il ne se contente pas seulement des yeux. Marcher c’est aller de l’avant vers un inconnu quiacceptera éventuellement de vous tendre la main. Voir en marchant c’est prendre le temps de la pause, de l’arrêt pour converser avec celui qui se trouve sur le trajet sans interférer avec le moindre objet de la modernité différée.

Converser mais pas seulement car il convient en la circonstance d’user de tous ses sens pour appréhender une parcelle de la vérité de cet inconnu qui se livre ou se propose quelques minutes. Bruits, odeurs, sensations diverses sont autant d'éléments qui viennent ajouter à la compréhension de cette infime parcelle d’éternité, de celui ou de celle qui a accepté, un bref instant ou un long moment, d’entrer en relation avec celui qui ne fait que passer, emportant ainsi, ce qu’il aura retenu de cette miraculeuse communion.

Puis, les adieux effectués, l’un reprendra son chemin tandis que l’autre restera à son état de sédentaire. Celui qui avance poursuivant alors, longtemps encore cette rencontre, la revivant, l’ordonnant, la transformant, pour écrire mentalement, tout en marchant, le récit qu’il en fera, quand il aura trouvé un point de chute. C’est du moins ainsi que je faisais, lors de mes pèlerinages intérieurs, avant que d’envoyer à la toile le récit subjectif de la journée écoulée.

J’aurais sans doute dû prendre le microphone et parler sans lire de notes, évoquer ce bonheur de la pérégrination pour écrire. Mais auraient-ils compris ces doctes personnages, qui pour exister un tant soi peu, ont besoin de convoquer les grands hommes, citant leurs propos, parsemant leurs citations de commentaires savants alors que le sentier n’est fait que de cailloux et de poussière. L’humilité sied au marcheur qui ne cherche pas la performance, fut-elle résolument artistique.

Mettre un pied devant l’autre n’a à mon sens de raison que pour trouver quelqu’un sur sa route surtout quand ce quelqu’un finit immanquablement par être soi-même. C’est le miracle de cette aventure qui n’est pas sans souffrance, cors aux pieds, ampoules et crampes, jambes lourdes et douleurs diverses. En restituer un récit chimérique, une ode trompeuse à la nature et à la spiritualité, est une escroquerie morale.

Je marche dans ma tête tandis que la brillante universitaire débite des sornettes qu’elle a pris soin de glisser sur le papier. Tout en restant bien sagement à ma place, j’ai rongé mon frein avant que de lâcher les chevaux de ma pensée vagabonde. Je suis resté en équilibre sur mon petit carnet, retrouvant les senteurs de mes longues marches personnelles. Marcher, ce n’est pas suivre le pas d’un tiers qui vous invite à une balade commune. La véritable aventure est individuelle et curieuse, aventureuse et imprévue. Ni programmation, ni prévisions, le vent ou le hasard pour unique guide ! Marcher c’est encore rester en vie et n’être qu’envie et désir de découverte.

Pérégrinement vôtre.

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104 réactions à cet article    


  • J’écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire : me parcourir. Là est l’aventure d’être en vie » Henri Michaux dans Passages (1950). S’accoucher de soi-même est l’objectif de toute une vie. Nous sommes le fruit d’un hasard et ce hasard nous tend la main quand nous lui ouvrons la porte. Le hasard est un mot d’origine arabe qui signifie : chance (Averroès). Cessez d’en vouloir aux autres d’avoir raté votre vie. Nos parents nous ont donné une clé. Mais il vous revient de trouver la bonne porte. Aucun truc, aucune ficelle : juste des essais et des erreurs.


    • C'est Nabum C’est Nabum 2 juillet 07:49
      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Michaux est un sage

    • Merci pour vos écrits Nabum. Ne vous désolez pas de n’y avoir que peu de lecteurs. La plupart sur AgoRATS NOIRS sont de ceux qui choisissent les auto« routes », celles qui n’ont besoin, ni de boussoles, ni de plan. Tout leur est mâché : arrêt pipi à trois kilomètres, attention travaux : ralentissez,... prononcez trois fois le mot « crocodile » pour ne pas risqué d’être dévoré en cas de freinage brusque de celui qui vous précède. Dans dix minutes vous êtes arrivé (où ?), Attention, travaux, inondations, route barrée, route glissante. Dans dix minutes vous êtes arrivé : ou ?


      • C'est Nabum C’est Nabum 2 juillet 07:49
        @Mélusine ou la Robe de Saphir.

        Je ne m’en désole plus

      • Merci pour vos écrits Nabum. Ne vous désolez pas de n’y avoir que peu de lecteurs. La plupart sur AgoRATS NOIRS sont de ceux qui choisissent les auto« routes », celles qui n’ont besoin, ni de boussoles, ni de plan. Tout leur est mâché : arrêt pipi à trois kilomètres, attention travaux : ralentissez,... prononcez trois fois le mot « crocodile » pour ne pas risqué d’être dévoré en cas de freinage brusque de celui qui vous précède. Attention, travaux, inondations, route barrée, route glissante. Dans dix minutes vous êtes arrivé : ou ?


        • Omission de l’accent qui impliquait le choix : ou ou. Où, suppose l’idée d’un axe (l’axant), une direction précise,... celle qui place nos pas dans les bonnes empreintes, celle qui nous marquent profondément.


        • @Blek

          Un système qui oblige à se relire coûte cher. De toutes façon, Rosemar a eu l’heureuse initiative de bien cibler la bande des RATS NOIRS (pervers Robert) d’Ago« RA ». : Blek-Belin, Henry Canant, Covadonga, Lavigue ou figue, et quelques autres qui se reconnaîtront. 

        • Bernie 2 Bernie 2 30 juin 16:56

          @Mélusine ou la Robe de Saphir.


          T’as raison la camée, rien ne vaut mieux que des posts débiles sans intérêt répétés à l’infini. C’est plus mieux. Nous parler de la femme du préfet, nous mettre un lien youtube sur la numérologie ou l’astrologie (pour de vrai, je ne suis aucun de tes liens j’ai autre chose à faire que suivre tes conneries)

          Tu infectes tous les fils que tu touches, une sorte de cancer, aux métastases avancées qui bouffe tout.

        • @Bernie 2



          Continuez, le jour où je ne bousculerai plus personne, c’est effectivement que ma source est tarie.

        • C'est Nabum C’est Nabum 2 juillet 07:50

          @Blek


          Elle ne fait pas de mal

        • Je me souviens d’un voyage dans un rêve en 2004. Je roulais sur une autoroute et il y avait partout des cadavres, des voitures éventrées, des appels au secours, et je continuais mon chemin sans encombre : la route était libre. Ce jour là, j’ai compris que les obstacles extérieurs ne ceux sont les avatars de nos blocages intérieurs.


          • ne ceux sont que les avatars de nos blocages intérieurs. Il suffit simplement de changer le scénario. Excellent film : Le jour sans fin : http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=8066.html


            • NOTER :
              ENVIE DE VOIR
              RÉDIGER MA CRITIQUE
              SYNOPSIS ET DÉTAILS
              Phil Connors, journaliste à la télévision et responsable de la météo part faire son reportage annuel dans la bourgade de Punxsutawney où l’on fête le »Groundhog Day«  : »Jour de la marmotte". Dans l’impossibilité de rentrer chez lui ensuite à Pittsburgh pour cause d’intempéries il se voit forcé de passer une nuit de plus dans cette ville perdue. Réveillé très tôt le lendemain il constate que tout se produit exactement comme la veille et réalise qu’il est condamné à revivre indéfiniment la même journée, celle du 2 février...Je rajoute : 1979,.....

              • pallas 30 juin 12:34
                C’est Nabum
                En ce monde rêver n’est pas permis, ici n’existe que la survie.

                Chacun son purgatoire.

                Dans peut de temps ce genre d’interrogation n’existera simplement plus, tel une photo bruler et oublier.

                Tout cela sera bientot terminé.

                 smiley

                Il n’y a pas d’espoir et de rêves ici, il n’y a que la loi de la nature donc celui du plus fort.

                Le reste n’existe pas et pouvant être brisé par un coup de sabre.

                Salut

                • @pallas

                  Allez, levé du mauvais pied,.... Lisez plutôt Vézina : Créer sa démocratie, son pays, sa manière de le gouverner, les habitants qui la compose. Qu’avez-vous fait de l’essentiel ? : votre liberté. quittez Athène,...https://www.youtube.com/watch?v=3WzZfkPcjZ4

                • pallas 30 juin 13:06

                  @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                  Bonjour,

                  Mais moi j’y peut rien, c’est simplement la loi de la nature.

                  Les gens se drogues au cannabis, d’alcool, pour fuir le monde réel, en même temps supprimant leurs propres consciences.

                  Qu’ils se suicident donc !!, la pitié n’a pas cours ici, soit tu survie ou tu meurt, la compassion et l’empathie n’existe pas.

                  Des déchets en moins en ce monde smiley.

                  De toute manière tout cela sera bientot terminé.

                  Ce nouveau monde qui ce forge sera digne du « Tartare », ça va être amusant.

                   smiley

                  Salut

                • @pallas

                  C’est votre choix, celui de vivre dans la MATRICE. Rien ne vous y oblige. C’est la différence entre PLATON et Pythagore.

                • pallas 30 juin 13:23

                  @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                  Vous vous trompez sur moi et mes motivations ou pensées.

                  En faites vous ne me connaissez pas du tout, c’est volontaire.

                  Je n’est que faire de ce monde, des humains, la matrice, de l’existence elle même.

                  Il serait bien que les individues faibles, se droguant ce suicident littéralement, d’une part ce ne seront plus des fardeaux envers leurs proches mais surtout pour la société, un déchet n’est qu"un déchet, et il en restera toujours ainsi, c’est la loi de la nature.

                   smiley

                  Salut


                • @pallas


                  Prenons l’exemple actuel de l’Europe, ce grand modèle sorti tout droit droit de la tête de Zeus ou plutôt selon l’histoire d’un taureau (Minos, le Minotaure). Bon ! il est clair que cal va bouger dans le terroir. Mais pourquoi parler de résurgence des nationalismes,... Ce mot ne veut plus rien dire. Et si simplement chacun voulait être plus indépendant, gérer son pays selon son propre rythme. C’est l’Europe qui était fascisante et totalitaire, ne supportant pas que ses poussins sortent du nid,...Nul chaos, juste un changement de point de vue. Le modèle grec est caduque. L’histoire évolue,... et tant mieux. Pythagore était plus proche des égyptiens et d’Hermès,...qui avait une vision moins binaire du modèle politique et plus cosmo« logique ». lié au mouvement des étoiles et la numérologie,.... 

                • C'est Nabum C’est Nabum 2 juillet 07:51
                  @pallas

                  Plus pessimisme que moi c’est donc ^possible


                  • pallas 30 juin 13:50
                    @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                    L’Europe de l’Ouest est bannie du Concert des Nations, La France, Suède, Grande Bretagne, sont principalement viser.

                    Un bain de sang, se prépare, une guerre civil multi ethnique et religieuse, le Quart Monde, un vrai feu de joie, mon sourire est tout grand.

                    Rêver, rêver, rêver encore, mais vous ne pouvez fuir vos propres fautes.

                    Je chantonne, je me lèche les babines, je frétille d’impatience.De bon pied je me suis levé, car un nouveau monde ce crée, un paradis pour moi, un cauchemars pour vous autres.

                     smiley

                    Salut

                  • @pallas

                    Un peu de lecture et vous y verrez plus clair. autant s’y préparer. Comme je suis très uranienne et adore les surprises, cela ne risque pas beaucoup de m’affecter. J’avoue même que j’attendais ce changement ;....http://astrotransgenerationnel.over-blog.com/2018/04/entree-d-uranus-en-taureau-le-16-mai-2018.html

                  • pallas 30 juin 14:14

                    @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                    Les plus faibles deviennent forcement la proie du plus fort, et les plus faibles d’entre eux n’ont pas le droit de rester en vie.

                    Le plus fort survie et le plus faible périe, c’est la loi de la nature.

                    Notre nation rentre dans un chaos inégalé depuis la chute de l’empire romain, sa sera bien pire en vérité.

                    De ce chaos il n’y aura que la loi du plus fort, sans pitié, sans une once d’empathie, seul la raison de la loi du plus fort prévaut.

                    Pire que le livre « 1984 » de Georges Orwell.

                     smiley

                    Salut

                  • velosolex velosolex 1er juillet 12:53

                    @pallas
                    Méfiez vous.

                     Il se pourrait bien que la louve se transforme en taupe. 
                    C’est un ornithorynque qui vous parle
                    Car j’ai perdu mes plumes, je nage maintenant avec des palmes
                    S’il faut faire l’éloge de la crise, attention à ceux qui n’ont jamais eu à nager de leur vie, et à établir des contrats avec les canards, et à reconnaître les mérites des grenouilles

                  • pallas 30 juin 15:43

                    Je donne ma vérité.

                    On peut ce fier à qui ou à quoi ?.

                    Les gentils naïfs ?, les vendeurs de rêves ?, les philosophes et autres saltimbanques ?.

                    On ne peut pas me manipuler n’y par les sentiments et n’y par la menace.

                    Dans la vie on croit en soi, survivre est la seule raison d’être.

                    La cours des miracles n’existe pas ici.

                    Il te sera difficile de jouer à ce jeu avec moi, toi tu à vécu dans la bienséance, moi dans des les tenebres.

                    Les leçons de moral d’individus qui ne connaissent que leurs tours d’ivoires, protéger, avec une cuillères d’argent dans la bouche, c’est d’un ridicule.

                    Vous ne faites qu’augmenter ma colère et ma haine

                    Salut

                    • @pallas


                      Petite, je devais traverser le jardin pour aller aux toilettes, même la nuit. Alors Pallas, le mieux est de vous taire.

                    • pallas 30 juin 16:22

                      @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                      Je n’est que faire de votre passé, présent, futur.

                      Cela vaut pour l’ensemble des individus.

                      Rassurez vous, à mes yeux aucuns humains, qu’ils ou elles aient une conscience ou non, ne méritent aucunes attentions de ma part, juste des « objets », des vulgaires pions, un plateau de jeu devenant agaçant et faisant tache en ma demeure.

                      Comprenez bien, l’argent, le pouvoir, ce genres de trucs m’indiffere, un humain reste un humain, un machin chose, de chair et d’os, de vulgaires machines.

                      Ma haine augmente quand je discute avec vous.

                      Ma détermination n’en sera que plus grande.

                      Merci de faire réservoir de mon essence.

                       smiley

                      Salut

                    • pallas 30 juin 18:21

                      Vous n’êtes que des machines, des ersatz de formes humaines.

                      Pourquoi devrais je faire humanité envers des « objets » ?, je peut apprécié les formes de vies, mais non des machines.

                      Il n’y a pas de dilemme et n’y question.

                      Je n’est que faire de l’existence de déchets.

                      Salut

                      • nono le simplet nono le simplet 30 juin 18:36
                        depuis plus de 60 ans que je marche aux côtés de celui qui m’était étranger j’ai appris à le connaître, à accepter ses facéties, ses changements brusques de direction, ses lâchetés, ses renoncements, son courage parfois, ses rêves, sa patience et sa candeur ... il vieillit mais il ressemble encore à l’enfant qui m’accompagnait il y a longtemps ...
                        que dire ? que je l’aime ? oui, peut être un peu quand même ! que je le comprends ? oui peut être un peu quand même ! que je continuerai à le suivre encore un bout de chemin ? oui, peut être un peu quand même ! ...
                        par delà le temps où l’habitude estompe les sentiments, j’ai toujours un fond de tendresse quand je le regarde marcher même s’il m’arrive de regretter de l’avoir accompagné quand il quittait le sentier au lieu de l’attendre sagement sur le bord du chemin pour lui monter la route à son retour ...
                        marchons côte à côte, nous verrons bien où cela nous mène ... tant que nous serons ensemble le chemin restera beau ...

                        • @nono le simplet


                          Merci, si nous sommes étranger à nous même, comment pouvons-nous être ami avec un étranger ?

                        • nono le simplet nono le simplet 30 juin 19:08

                          @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                          comment pouvons-nous être ami avec un étranger ?
                          par habitude, par lâcheté ou par faiblesse mais aussi par tendresse, par communion ou par mansuétude ...

                        • velosolex velosolex 30 juin 22:53

                          @nono le simplet
                          . «  ». Adolescent, les textes de Leonard Cohen m’entaillaient le cœur d’étrange manière, en ce sens que j’étais persuadé que sans le comprendre vraiment, Léonard psalmodiant quelque chose d’essentiel sur la vie.

                           Encore maintenant, sa voix d’outre tombe me fait frisonner, comme celle d’un rabbin qui exhumerait des textes apocryphes, dans un étrange théâtre d’ombre, ou alors assis tout près de la rivière
                          Il y a un double en nous qui nous accompagne toute notre vie. 
                          La religion qui a besoin de mots et d’images, en a fait un ange ou un démon, et nous espérons qu’il continuera à nous survivre, même s’il est l’étranger. 
                          You, my love,you are the stranger.

                        • velosolex velosolex 30 juin 23:35

                          @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                          C’est une grande damnation, pour un extrémiste de droite, d’être étranger à lui même. 


                          Etranger est un beau mot, finalement.
                           Il nous livre qu’il reste au moins un territoire à connaitre, ou une homme, dans ce monde où tout devient indistinct. 
                          L’étrangeté, et les chemins nouveaux à découvrir sont les ferments de l’existence ! 

                          Mais où est passée cette trousse d’écolier, où j’avais inscrit, pendant toutes ces heures d’ennui, comme pense bête toutes les devises qui devaient me servir dans l’existence. 





                        • nono le simplet nono le simplet 1er juillet 01:34

                          @velosolex

                          nous espérons qu’il continuera à nous survivre
                          je ne me fais pas beaucoup d’illusions à ce sujet ... mais tant qu’il est à mes côtés, j’ai moins peur la nuit smiley

                        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 12:06

                          @velosolex


                          Petite, comme dans le film de Wim Wenders, je me posais déjà la question métaphysique en regardant mes parents manger sur le terrasse. Consciente d’être leur fille (drôle de couple me disais-je, elle si sauvageonne et lui si (en Belgique il y a une expression) : stijf, raide, pudique, silencieux, précis,.. à tel point que le moitié droite du jardin lui était réservée : sauvage, les arbres et fleurs poussant dans n’importe quel sens,.. et la partie gauche, celle de mon père, jardin soigné au cordeau, pas une herbe qui dépassait une autre,.... Pourquoi suis-moi et pas une tonkinoise en Chine. Inquiétanté étrangeté. Question débile diront certains. Mais elle eut un avantage certain : celle de lire, lire, lire, en m’en mettre jusque là,.. ;Je n’ai toujours pas la réponse. Et c’est bien ainsi... Rencontrer son autre soi-même, quelle belle aventure que la vie,...

                        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 12:09

                          Mon histoire corrigée (question de point de vue, de focale, d’angle de vision,....).
                          Petite, comme dans le film de Wim Wenders, je me posais déjà la question métaphysique en regardant mes parents manger sur la terrasse. Consciente d’être leur fille (drôle de couple me disais-je, elle si sauvageonne et lui si (en Belgique il y a une expression) : stijf, raide, pudique, silencieux, précis,.. à tel point que la moitié droite du jardin lui était réservée : sauvage, les arbres et fleurs poussant dans n’importe quel sens,.. et la partie gauche, celle de mon père, jardin soigné au cordeau, pas une herbe qui dépassait une autre,.... Pourquoi suis-je moi et pas une tonkinoise en Chine ? Inquiétanté étrangeté. Question débile diront certains. Mais elle eut un avantage certain : celle de lire, lire, lire, en m’en mettre jusque là,.. ;Je n’ai toujours pas la réponse. Et c’est bien ainsi... Rencontrer son autre soi-même, quelle belle aventure que la vie,...

                        • velosolex velosolex 1er juillet 12:35

                          @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                          LIre et écrire restent des actes hautement féconds, et en ce sens révolutionnaires. Bradburry en avait bien saisi la nature dans « Farenheit 451 »..Mais personne n’avait imaginé que ces activités pouvaient s’éteindre d’elle même, mais au contraire seraient l’objet de forces répressives. 

                          Les écrans miroir se substituent lentement à l’émerveillement du monde. Allons nous finir comme ces crocodiles, tombées apparemment dans un gouffre depuis des millénaires, alors qu’ils se prenaient en « selfie »  ?....
                          Cela me rappelle étrangement les intuitions de HG Wells. « La machine à explorer le temps », au même titre que « les contes de Noël » de Dickens. 
                          Deux livres importants, que j’ai lu tout à fait par hasard, vers dix douze ans, et qui continuent à me nourrir, tant les impressions et les lectures, autant que toutes expériences à cet age s’inscrivent avec la force d’un tampon des poste faisant foi. 
                          Tous les fantômes de l’inconscient de Srooge sont à jamais d’autres moi même, et chaque fois que je craque une allumette dans le noir, je pense aux prolétaires morts vivants, devenus carnivores dans ces puits sans fond que Wells entrevit, dans cette catastrophe qu’il entrevoyait. Et le souvenir des elfes fragiles, vivant à la surface dans les temples abandonnés me pousse toujours vers les cachettes végétales. Bien à vous dans les votres

                        • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 1er juillet 12:45

                          @velosolex


                          Merci de votre présence. Je vous sens comme un ami, un frère. Je sais être très critiquée sur le Site (j’ai l’habitude, ce fut mon chemin de vie, toujours en marge, mais pas suffisamment marginale pour être écartée, c’est encore pire (une amie d’enfance me disait avec le recul en riant, elle avait fait une petite « connerie » comme les jeunes de notre époque, style vol d’un rouge à lèvre dans une grande surface, et risquait d’être mise à la porte de l’école, mais quand ils ont vu qu’elle était première de classe partout, problème, obligé de la garder,...), mais comme vous je pédale (pas dans la choucroute), mais sur le clavier (pas de CHRIST HI HAN). MERCI d’être ce que vous êtes,...

                        • velosolex velosolex 1er juillet 12:55

                          @nono le simplet

                          Nous avons fait de longues routes ensemble

                          L’énigme s’est toujours attaché à nos pas

                          Dans ce train Indien de seconde classe

                          Tu portais un vieil uniforme de la guerre des Boers

                          Que veux-tu donc, si énigmatique, mon ombre


                          Tournois !

                          Je t’ai vu à minuit sous la lune

                          L’heure des grands décalages

                          Figure étincelante de lance et d’armure

                          Descendre Durbar square dans un grand rickshaw noir


                          Les hérauts peuvent sonner haut

                          Quand tu jettes ton gant à l’étrange


                          Esthétique absolue du voyage

                          Garde en toi le silence

                          La réponse des dieux médusés

                          Tu es facteur d’extase

                          Et sous ton armure de croisé cosmique

                          Le vieux temple en toi se dessine


                          Je sais ce temple sur la colline

                          Personne jamais n’a pu entrer

                          Et même les rêves les plus fous

                          N’ont fait que rebondir

                          Contre les portes de bronze

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