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Accueil du site > Culture & Loisirs > Seul sur la colline...

Seul sur la colline...

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La différence isole, souvent, les êtres humains : on se souvient de ce célèbre poème de Baudelaire, L'albatros, où l'oiseau, capturé par des marins, devient l'image même du poète, incompris, méprisé par le commun des mortels...

 

On retrouve ce thème dans une célèbre chanson des Beatles, intitulée "The foll on the hill"... le thème de la solitude d'un être différent, considéré comme fou, est traité, dans ce texte, avec poésie et tendresse.

Le personnage, placé en hauteur, sur une colline, semble, par sa position, dominer et poser un regard détaché sur le monde... Il s'inscrit, aussi, dans une continuité, comme le montre l'expression "day after day", "jour après jour", au début du texte. La colline, sur laquelle il se trouve, apparaît comme un beau symbole de liberté et d'indépendance.

On perçoit une sérénité absolue de ce personnage, réduit, pourtant, à la solitude et l'isolement, puisque le dialogue avec les autres semble impossible...

Ce fou sur sa colline n'est-il pas le symbole de tout homme différent, mis au ban de la société, rejeté par tous, montré du doigt ?
 

La foule représentée par le pronom "ils" au pluriel, le met à l'écart, le rejette à cause de ses différences.
On perçoit, ainsi, une foule conformiste, anonyme qui refuse de reconnaître des êtres différents et les rejette.

L'existence de cet homme à part est niée, comme le prouve la négation répétée "nobody"... "But nobody wants to know him, Nobody ever hears him, Nobody seams to like him."

Pourtant, le refrain montre que ce personnage est à l'écoute du monde et de la nature : il admire des couchers de soleil, et semble observer toutes les saisons... Le verbe "voir" répété est, ici, essentiel et souligne l'importance du regard porté sur le monde qui l'entoure.

Sensible à la beauté du monde, ce "fou" fait songer à un poète incompris, mis à l'écart, vilipendé par la foule.

Le couplet suivant nous fait voir le personnage "la tête dans les nuages".
Ce rêveur sympathique, rejeté de tous, se signale par une voix forte, alors que personne ne veut entendre ses messages... Beau contraste qui souligne encore l'isolement de cet être.

L'expression, "l'homme aux mille voix" suggère la valeur et le nombre de messages que le personnage pourrait délivrer aux hommes. Mais, il se heurte, inéluctablement, à un désamour, une forme de haine.

Belle chanson qui évoque le thème de l'exclusion par des images pleines de poésie, ce texte nous émeut, tout en délivrant une leçon de tolérance : les hommes oublient trop souvent de respecter les différences, ils les condamnent, les stigmatisent, les taxent même de folie... 

La mélodie très douce souligne la profonde tendresse qui se dégage de cet être humain, mis au ban de la société....Elle se fait même un peu sauvage pour montrer l'esprit de liberté qui anime ce personnage et l' emmène hors des sentiers battus.

Cette chanson des Beatles écrite par Paul McCartney est parue en 1967, sur l'album Magical Mystery Tour...

 

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2015/05/seul-sur-la-colline.html

 

Le poème de Baudelaire :

https://www.poetica.fr/poeme-127/charles-baudelaire-albatros/

 

 La chanson des Beatles, texte et traduction :

http://www.lacoccinelle.net/244763.html

 

Vidéo :

 


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17 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 mars 18:16

    disposer du texte et d’une traduction critique aurait permis d’en apprécier la qualité. Mais vous considérez sans doute que vos gloses transcendent l’oeuvre elle-même ?


    • rosemar rosemar 5 mars 20:29

      @Séraphin Lampion

      Le texte et sa traduction figurent en lien sous l’article !


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 5 mars 20:37

      @rosemar

      ... comme illustrations à votre article ?


    • rosemar rosemar 5 mars 20:44

      @Séraphin Lampion

      Pour ceux qui ne connaissent pas la langue anglaise...


    • Aimable 6 mars 13:04

      @rosemar
      Apprendre l’anglais pourquoi faire ?
      N’importe quelles langues autres que l’Anglais sont des langues plus élaborées , je me demande si cette langue a évolué depuis l’époque d’avant néandertal .
      Quant au traducteur , il a accompli une performance pour réussir a faire une traduction intelligente de la langue de la perfide Albion .


    • rosemar rosemar 6 mars 21:25

      @Aimable

      C’est tout de même utile de pouvoir comprendre les paroles d’une chanson en anglais... non ?


    • Aimable 6 mars 21:56

      @rosemar
      Effectivement , puisque maintenant par « facilité » les « chanteurs Français » , tout au moins la majorité d’entre eux , chantent également en anglais , c’est dire leur niveau de culture .


    • Laconique Laconique 6 mars 11:07

      Aussi devant ce Louvre une image m’opprime :
      Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
      Comme les exilés, ridicule et sublime,
      Et rongé d’un, désir sans trêve ! et puis à vous,

      Andromaque, des bras d’un grand époux tombée,
      Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
      Auprès d’un tombeau vide en extase courbée ;
      Veuve d’Hector, hélas ! et femme d’Hélénus !

      Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique,
      Piétinant dans la boue, et cherchant, l’oeil hagard,
      Les cocotiers absents de la superbe Afrique
      Derrière la muraille immense du brouillard ;

      A quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
      Jamais, jamais ! à ceux qui s’abreuvent de pleurs
      Et tètent la douleur comme une bonne louve !
      Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !


      Ainsi dans la forêt où mon esprit s’exile
      Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor !
      Je pense aux matelots oubliés dans une île,
      Aux captifs, aux vaincus !... à bien d’autres encor !



      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 mars 12:17

        @Laconique

        le cygne n’est pas l’albatros
        le symbole n’est pas le même
        même si l’auteur, lui, est le même


      • Laconique Laconique 6 mars 13:18

        @Séraphin Lampion

        Le symbole est le même. Il s’agit d’un être différent, noble, « Prince des nuées », exilé dans la société industrielle du XIXe siècle. Vous coupez la plume de pigeon en quatre.


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 mars 16:23

        @Laconique

        Que nenni !

        La figure de l’albatros, l’oiseau géant qui voyage au-dessus des mers et observe les marins, est le symbole du poète lui-même, considéré comme l’oiseau du bon augure, ainsi que le poète, dont la naissance est inscrite dans un plan providentiel. Mais, comme tous les prophètes et les manifestations du divin sur la terre, l’albatros et le poète ne sont pas acceptés par les hommes  : ils deviennent objets de dérision et la moquerie abaisse leur grandeur. La poésie elle-même empêche le poète de vivre dans le monde dont le navire est le symbole, dans ce monde de la prose, où le poète n’est pas capable de marcher, parce qu’il sait seulement voler, c’est à dire écrire en vers. Il est donc vu comme objet ridicule dans un monde d’hypocrites, sans aucun courage, qui ne peut pas reconnaître l’élu, faible désormais sur la terre.

        Toujours pour Baudelaire (qui a quand même marqué notre imagerie symbolique), le cygne est le symbole des exilés et, loin de son lac ne trouve aucun réconfort. C’est par excellence le symbole de la beauté et la pureté, avec son « blanc plumage », et s’il transcende sa propre animalité (« ses pieds palmés », son « cou convulsif » ou « sa tête avide ») par sa grâce quand il nage, il a la nostalgie du paradis perdu.

        Il ne faut pas tout mélanger. La difficulté à s’intégrer et la douleur de l’émigré coupé des siens et de son univers, ça n’est pas la même chose, quel que soit le diamètre du rachis.


      • Laconique Laconique 6 mars 17:24

        Je vois que j’ai affaire à un baudelairien.

        Merci pour cette exégèse, c’est très intéressant. Je ne vais pas vous demander de faire la même chose pour le pélican de Musset ou le cygne de Mallarmé. On peut quand même constater que l’ornithologie était un thème porteur dans la poésie du XIXe siècle...


      • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 mars 21:17

        @Laconique

        Pas que le dix-neuvième, et pas qu’en Europe.
        Une légende amérindienne raconte que le « Peuple des Oiseaux » serait le messager pour les terriens qui le désirent.
        Par sa vision lointaine l’oiseau est un guérisseur-chaman : il voit tout, il sait tout, et Il peut apporter dans les rêves le message qui peut aider dans les moments difficiles. Ce « Peuple Majestueux des Ailés » a aussi comme mission de nous faire accepter nos propres ailes qui sont tellement bien cachées dans notre dos que certains ne savent même pas qu’ils en ont !



        • rosemar rosemar 6 mars 21:19

          @zak5

          MERCI pour l’illustration très romantique...


        • phan 6 mars 20:43
          Adaptation de « The fool on the hill » des Beatles sur l’album « 7 colts pour Schmoll » en 1968.
          On compte souvent plusieurs courses pour un seul but et la grande galope seule.

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