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Accueil du site > Culture & Loisirs > Vertige de l’amour... selon Bashung...

Vertige de l’amour... selon Bashung...

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 Une chanson qui nous entraîne dans les vertiges de l'amour... par son rythme endiablé, par ses paroles déjantées... c'est une chanson célèbre de Bashung.

 

Le poète nous emmène dès les premiers mots dans un monde onirique, celui de ses propres rêves, comme le montre l'emploi de la première personne...

"J'ai crevé l'oreiller

J'ai dû rêver trop fort..."

Ce sont des rêves pleins d'intensité, ce que suggère bien l'expression contenant un verbe très familier : "J'ai crevé l'oreiller". On rentre ainsi dans l'intimité de l'auteur qui nous confie ses rêves et ses fantasmes.

 

Une indication de temps "les jours fériés" évoque un moment de liberté propice aux rêves, à l'amour, à la liberté... une liberté rendue possible aussi peut-être par le départ de "Gisèle", quand elle "clape dehors."

 

Vertige de l'amour nous raconte ainsi les rêves érotiques d'un homme blotti contre son oreiller. 

Les images délirantes se succèdent comme dans un rêve : on voit successivement apparaître une "rouquine carmélite", une "mère sup", "Dieu qui porte un kilt".

Dans cette chanson d’amour atypique, l’auteur décrit ses sentiments dans un langage onirique. Il raconte les tourments provoqués par l’amour. Il les compare aussi à un vertige. Il accuse même peut-être le ciel de conspirer contre lui car selon lui, ‘’Dieu aurait mis un kilt’’. Il vivrait une histoire torride avec une carmélite et chaque fois, ils doivent se cacher en priant pour éviter les foudres de la mère supérieure.

"J’aurais pas du ouvrir
A la rouquine Carmélite
La mère sup’m’a vu v’nir
Dieu avait mis un kilt
Y’a du y’a voir des fuites..."

 

L'amour lui fait perdre la raison, comme le montre l'expression imagée et familière : "Mes circuits sont niqués... L' courant peut plus passer", on a l'impression qu'il est devenu un objet, un jouet victime de l'amour... et on perçoit à travers cette image toute la force du sentiment amoureux.

 

Dès lors, le poète souhaite peut-être passer dans une autre dimension : "Non mais t’as vu c’qui passe
J’veux l’feuill’ton à la place..."

 

La suite du texte est tout aussi délirante et étrange comme dans un rêve : 

"Tu t’chop’ des suées à Saïgon
J’m’écris des cartes postales du front..."

"Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour..."

 

L'auteur explore le champ de l'imaginaire qui est infini. Avec le parolier Boris Bergman, Bashung utilise un langage fait d'écriture automatique, d'images abstraites, de double-sens, de propos surréalistes et de calembours.

Par exemple : "si ça continue j'vais m'découper" au lieu de "j'vais me casser", puis il ajoute : « suivant les pointillés ».

 

L'amour est associé aussi à la folie du désir : on retrouve là un thème traditionnel... qui est bien sûr renouvelé dans l'expression :

"Désir fou que rien ne chasse
L’cœur transi reste sourd
Aux cris du marchand d’glaces..."

 

La suite est encore plus délirante : 

"Mon légionnaire attend qu’on l’chunte
Et la tranchée vient d’être repeinte écoutez"

 

Ainsi, cette chanson nous fait ressentir tous les vertiges de l'amour, sa folie, ses éblouissements et ses égarements... 

La mélodie nous berce et nous enchante de son rythme "rock'n roll".

 

Le texte :

 

"J’ai crevé l’oreiller
J’ai du rêver trop fort
Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors
J’aurais pas dû ouvrir
A la rouquine Carmélite
La mère sup’m’a vu v’nir
Dieu avait mis un kilt
Y’a du y’a voir des fuites
Vertige de l’amour

Mes circuits sont niqués
D’puis y’a un truc qui fait masse
L’courant peut plus passer
Non mai t’as vu c’qui passe
J’veux l’feuill’ton à la place
Vertige de l’amour

Tu t’chop’ des suées à Saïgon
J’m’écris des cartes postales du front
Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour

Désir fou que rien ne chasse
L’cœur transi reste sourd
Aux cris du marchand d’glaces
Non mai t’as vu c’qui s’passe
J’veux l’feuilleton à la place
Vertige de l’amour

Mon légionnaire attend qu’on l’chunte
Et la tranchée vient d’être repeinte écoutez
Si ça continue j’vais m’découper
Suivant les points les pointillés, yeah !
Vertige de l’amour

J’ai crevé l’oreillé
J’ai du rêver trop fort,
Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors

Ça me prend les jours fériés
Quand Gisèle clap’dehors
J’ai crevé l’oreillé
J’ai du rêver trop fort"

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2020/02/vertige-de-l-amour-selon-bashung.html

 

Vidéo :

 


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12 réactions à cet article    


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 février 15:19

    Il n’y a pas que Bashung : les Belges aussi ont des vertiges.


    • JL JL 14 février 15:31

      @Séraphin Lampion
       
      si on contrepète, il faut remplacer ont par sont..


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 février 15:35

      @JL

      pourquoi ?
      ça marche très bien comme ça !


    • JL JL 14 février 15:43

      @Séraphin Lampion
       
       Ah ? Je n’ai peut-être pas compris.


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 février 15:33

      Bande (au propre ) son particulière ...


      • rosemar rosemar 14 février 17:57

        Une chanson très originale sur ce thème du vertige de l’amour... Bashung explore l’inconscient, les rêves...


        • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 février 23:25

          Sinon chanson qui fait partie de mon intérieur...comme pas mal d’autres...sans écouteurs.....


          • rosemar rosemar 14 février 23:39

            @Aita Pea Pea

            Comment être insensible à ce vertige de l’amour ? c’est un texte surprenant, déconcertant, comme un vertige...


          • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 15 février 00:01

            @rosemar

            Ouvrez vous Dame Rosemar . De la pure poésie . Thiefaine...les dingues et les paumés...Youtube.


          • Dédé15 15 février 11:18

            @Aita Pea Pea
            On peut apprécier les deux. Aussi bien « La nuit je mens » que « La ruelle des morts ».


          • Abou Antoun Abou Antoun 15 février 09:57

            Bashung aurait été moins inspiré d’écrire sur les ’vestiges de l’amour’ au sujet desquels il y a beaucoup à dire aussi.

            Sacré Alain, capable d’être entreprenant à l’arrière d’une Dauphine, un contorsionniste... Enfin, je l’aime bien quand même.


            • Dédé15 15 février 10:33

              Pour « Gaby » et « Vertige.. » il faut rendre effectivement hommage à Boris Bergman, son parolier dans les années 80. Bashung composait. Dans les années 90 il composait toujours mais participait aussi à l’écriture avec son nouveau parolier Jean Fauque 

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