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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 100 ans de musique russe : le Groupe des Cinq

100 ans de musique russe : le Groupe des Cinq

Ils étaient cinq, comme les doigts de la main. Cinq compositeurs qui avaient pour ambition de donner naissance à une musique spécifiquement nationale, authentiquement russe, bien séparée de la musique occidentale. Ils puisèrent pour cela dans les traditions populaires russes. Mais un homme avant eux rendit cette ambition possible. Il s'agit du compositeur Mikhaïl Glinka (1804 -1857), le « père de la musique russe ».

Ami du poète Alexandre Pouchkine, Glinka servit avec ferveur la musique populaire de son pays. Il a jeté les bases de la musique symphonique. Il compose « Kamarinskaïa  » sur deux thèmes populaires russes. Tchaïkovski a dit de cette œuvre qu’elle contient toute l’école symphonique russe. C'est aussi lui qui encourage la vocation musicale du jeune Balakirev, lequel créera plus tard le Groupe des Cinq. Glinka est également l'auteur de la Chanson patriotique utilisée comme l'hymne national de la Fédération de Russie de 1991 à 2000. Chantre de l'âme russe, Glinka fut cependant loin d'être indifférent à la musique occidentale, notamment l’art lyrique italien, qui le botta quand il visita la Bottte. Et, lorsqu'il visita l'Espagne, il composa "La jota aragonaise" (1845) et "Une nuit d'été à madrid" (1849). Dargomyjski (1813-1869) sera le chaînon qui facilitera la transition entre Glinka et le Groupe des Cinq, grâce à un travail d'étude important sur la langue russe parlée et sur les manières d'exploiter sa prosodie dans le cadre d'œuvres musicales.

Le Groupe des Cinq...

Ce groupe de musiciens russes romantiques se fit connaître à l'époque de l'abolition du servage par Alexandre II, en 1861. Réunis autour de leur fondateur, Mili Balakirev., ces compositeurs veulent créer une musique nationale russe. Pour ce faire, il optent pour les genres les plus expressifs : l'opéra, le ballet, et la musique symphonique. En revanche, ils prisent peu la musique de chambre qui n'est pas assez porteuse de leur message. De même le concerto sera assez délaissé. C'est Tchaïkovski, un compositeur indépendant du groupe, qui donnera à ces deux genres leur lettres de noblesse russes.

Mili Balakirev, le fondateur (1836 – 1910),

Des rencontres décisives

Né de parents peu fortunés, il ne pourra prendre en tout et pour tout que dix leçons de piano auprès d'un remarquable professeur, Alexandre Dubuque (Dubuc). À seize ans, il fait la connaissance d'Alexandre Oulybychev, riche mélomane auteur de la première biographie de Mozart, qui lui confiera la direction de son orchestre. En 1855, il rencontre Mikhaïl Glinka, grand musicien précurseur de la musique classique russe. Sa vocation est alors toute tracée.

« Chef » du Groupe puis chef…de gare !

Il gagne Saint-Pétersbourg et s'entoure d'un groupe de musiciens plus ou moins autodidactes comme lui qui deviendra le Groupe des Cinq composé de César Cui, Modeste Moussorgski, Alexandre Borodine et Nikolaï Rimski-Korsakov. Balakirev supervise et, le cas échéant, corrige le travail de ses amis compositeurs. Il se veut le maître à penser, le dirigeant. Autoritaire et peu ouvert à l’évolution musicale, il se dépense pourtant sans compter pour faire connaître ses compagnons. Ce groupe s'impose sur la scène musicale russe dès 1860. Il sera lâché « par sa couvée » selon sa propre expression. Le groupe est dissous en 1870. Il se consacre alors à l'organisation de concerts qui sont autant d'échecs. Par dépit, il devient chef de gare pendant cinq ans et ne compose plus entre 1872 et 1876. En 1862, il aura fondé une école gratuite de musique à Saint-Pétersbourg.

Un compositeur exigeant mais laborieux

Très exigeant envers ses camarades, Balakirev met plus de seize ans pour écrire sa pièce principale, le poème symphonique "Thamar" ou "Thamara" achevé en 1882 et dont l'interprétation dure environ vingt-cinq minutes. Et une trentaine d’années pour composer sa fantaisie orientale pour piano, "Islamey", qui dote, en 1869, le répertoire russe d’une véritable rhapsodie. Islamey est considérée par un grand nombre de pianistes et de musicologues comme l'œuvre pianistique la plus difficile à jouer au niveau technique. Toutes ces pièces sont dans le prolongement de l'œuvre de Glinka. Balakirev composait donc très lentement mais laisse néanmoins sur le plan musical un catalogue important.

L’après Groupe des Cinq : De 1883 à 1894, il est directeur de la Chapelle impériale de Saint-Pétersbourg, avec Nikolaï Rimski-Korsakov comme assistant. C'est pendant ces années qu'il reconstitue un groupe musical dont le membre le plus éminent sera Sergueï Liapounov. Il compose la sonate pour piano en 1905.

Alexandre Borodine, l'aîné (1833 -1887)

Un fils de prince

Borodine est le fils naturel du prince causasien Louka Guediano et d’une femme russe. Cette dualité d’origine marquera sa musique. Il reçoit une excellente éducation scolaire et musicale.

Un homme aux activités multiples

Autodidacte, le jeune Alexandre apprend à jouer de très bonne heure de la flûte puis du piano et du violoncelle. Il sera compositeur, chimiste ; il sera aussi médecin. C’est d’ailleurs à l'hôpital militaire, où il travaille en vue de son doctorat de médecine, qu’il fait la connaissance de Moussorgsky, qui, en 1857, est venu s’y faire soigner.

Un « compositeur du dimanche »

C’est ainsi que Borodine se qualifiait lui même, tant il était accaparé par son travail et ses obligations familiales. Outre les soins réguliers qu’il prodigue à sa femme, la pianiste Catherine Protopopova qu’il a épousée en 1863 et qui est atteinte d’une tuberculose, il agit pour des œuvres philanthropiques. Son entourage professionnel regrettait parfois son implication en matière de musique, tandis que Borodine s’est parfois plaint de ne pouvoir composer que durant l’hiver, lorsque sa santé ne lui permettait pas d’exercer en tant que professeur (trop sensible aux blessures, Borodine a quitté l’hôpital militaire pour un poste de professeur à l’Académie militaire de chimie puis sera nommé professeur-assistant de l'Académie médico-chirurgicale). En guise de plaisanterie, ses amis le saluaient parfois par un « j’espère que tu vas mal », lui signifiant ainsi leurs encouragements musicaux.

La mort de Moussorgski l'affecte beaucoup et provoque sa propre fin

La musique russe était alors entièrement sous l'influence du pouvoir. Il s'affranchit de la musique " officielle " au sein du Groupe des Cinq, groupe dont il est l’aîné. A la mort de Moussorgski en mars 1881, Borodine est profondément affecté. Son état physique se dégrade. Le 27 février 1887, il assiste à un bal masqué organisé par les professeurs de l’académie. Il s’effondre, victime d’un infarctus à l'âge de 54 ans. Son épouse ne lui survivra que cinq mois.

L’œuvre qu’il laisse

  • Sonate pour violoncelle et piano en si mineur (1860) : C’est en tant que violoncelliste hors pair que Borodine a composé cette sonate. Le thème initial de l’allegro premier reprend celui de la fugue de la sonate no 1 en sol mineur BWV 1001 de Bach, transposé en si mineur. La mélodie seconde possède un parfum russe inattendu et se verra exploitée à l’orchestre dans la Symphonie no 2 (la fameuse Epique achevée 16 ans plus tard). Le finale est en forme d’hommage à Bach.
  • Quintette en ut mineur est composé en 1862. C’est à cette époque qu’il se joint au fameux Groupe des Cinq.
  • Symphonie nº 1 en mi bémol majeur : Elle est commencée en décembre 1862 et ne sera achevée qu’en 1867. Elle ne reçoit pas un bon accueil.
  • Des mélodies : En 1867-68, il compose 4 belles mélodies : « La Princesse endormie », « le Chant de la forêt sombre », « la Reine de la mer », « la Fausse note ».
  • Un opéra : En 1869, il fait le choix d’un opéra, le Prince Igor, à partir de la chanson de geste médiévale « le Dit de l’Ost d’Igor », chanson qui relate la campagne d’un prince russe du XIIème siècle contre les Polovtsiens, peuplade d’origine turque qui écumait les steppes de l’actuelle Ukraine. Dans cet opéra, le prince Igor est prisonnier des Polovtsiens, des guerriers d'ascendance turque. Pour le distraire, un banquet et des danses sont organisés. En 1886, il entreprend d’achever « le Prince Igor » mais s’écroule, mort, lors d’un bal costumé. Glazounov compléta l’œuvre avec les parties qu’il avait entendu jouer par Borodine au piano. Rimski-Korsakov se chargea de l’orchestration. Le mécène Belaiev procéda à des coupures dans la partition qu’il fit publier. C'est sous la direction de Rimski-Korsakov que furent créées les Danses polovtsiennes, en 1872 à Saint-Pétersbourg, qui font partie de l'opéra « Le Prince Igor ». Elles sont souvent jouées à part dans des concerts. Des thèmes venant du N° 17, le plus connu est la danse des femmes, adapté dans la chanson "Stranger in Paradise".
  • Symphonie no 2 « Epique » (1869 – 1876) : En parallèle de son opéra, il en conçoit ce miroir symphonique. Cette symphonie s’inspire de la Symphonie héroïque de Beethoven bien qu’elle soit typiquement russe. Borodine est alors accueilli chez Liszt qui connaissait et admirait sa 1ère symphonie (1862 – 1867). Borodine surnomma lui-même sa symphonie la « symphonie épique ». Elle en effet parcourue d'un puissant héroïsme, notamment son premier mouvement, dont le thème "épique" revient tout au long de l'œuvre. Les autres mouvements sont d'une couleur typiquement russe.
  • « Dans les steppes d'Asie centrale » (1880), poème symphonique, est également une de ses œuvres les plus jouées et les plus enregistrées, un ouvrage dédié à Liszt, et composé pour fêter les 25 ans de règne d’Alexandre III.
  • Le Quatuor no 2 en ré majeur est sans doute le plus connu de ses deux quatuors à cordes : Il fut écrit en 1881, au retour d’un voyage en Allemagne avec Liszt. La célèbre mélodie du notturno est exprimée par le violoncelle, puis tendue vers le registre aigu lors de la reprise par le premier violon. Lors de la récapitulation, la combinaison en forme de canon apporte un climat équilibré et frémissant, qui constitue une des plus belles pages de toute la musique russe. Le violon introduit le finale en reprenant quelques mesures de l’andante, et le jeu des questions-réponses crée une sorte de mouvement perpétuel qui conclut l’œuvre magistralement.
  • Son œuvre pour le piano se restreint à une « Petite suite en do# mineur » et à un « Scherzo en la bémol majeur », composés en 1885.

Nikolaï Rimski-Korsakov, le magicien d'orchestre (1844-1908)

Compositeur et théoricien de musique russe, il fut fut également professeur de musique, d'harmonie et d'orchestration au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Témoin de la musique russe de son temps, il en a fait un ouvrage riche d’informations.

Le gars de la marine

Doué pour la musique, son père lui impose d’entrer dans la marine. Il sera officier de marine. Il devra attendre 1865 pour composer de la musique. Son poème symphonique « Sadko », relate la vie d’un navigateur et musicien du XIIème siècle auquel il s’identifie.

Le finisseur

Le "magicien de l'orchestre", c'est ainsi qu'il fut qualifié pour ses remarquables talents en orchestration. C'est lui qui acheva le Prince Igor de Borodine. Ce surmon lui vient aussi de ses capacités à utiliser des thèmes extraits du folklore populaire ou des contes. Son œuvre en général est empreinte de surnaturel (féerie orientale, fond païen russe) où il excelle. En 1887, pour se délasser de son travail d’achèvement du Prince Igor de Borodine qui était mort soudainement, il compose son fameux « triptyque » : capriccio espagnol (le pendant du capriccio italien de Tchaïkovski), Sheherazade et la Grande Pâque russe.

La concurrence de Tchaïkovski

En 1893, la mort de Tchaïkovski le propulse à la première place des compositeurs russes. Cela le décomplexe et le libère artistiquement il fait 11 opéras et le très beau Trio avec piano de 1897. « Kitège » est son sommet en matière d’opéra.

Le rebelle

Son dernier opéra « Le Coq d’or » (1907) est une satire du régime qu’il avait dû subir deux ans plus tôt. En effet, prenant fait et cause pour des étudiants renvoyés du Conservatoire, il fut l’objet d’une mise à pied. Il décède d’un infarctus à l’âge de 64 ans au moment même où il se voit réintégrer par le pouvoir russe.

Ses inspirations, ses influences

Si le style de Rimski-Korsakov se fonde en premier lieu sur les premières œuvres russes, notamment celles de Glinka, Rubinstein, ou Balakirev, il y ajoute sa touche personnelle particulière et des influences venues de la musique française ou italienne de la première moitié du dix-neuvième siècle. Son orchestration précise, puissante et efficace fait particulièrement penser à Berlioz. L'influence de la Symphonie fantastique sur Schéhérazade est notable. De même le style mélodique, faussement simple, direct, et franc fait penser aux opéras Italiens de Rossini, ou encore aux prouesses thématiques de Paganini. Dans l'opéra, il développe de manière fantastique l'utilisation des gammes pleines, ou octatoniques. Ses inspirations lui viennent de Liszt et de Glinka.

Une grande postérité

Rimski-Korsakov reste le membre le plus influent et le plus connu du groupe, et orchestre plusieurs œuvres d'autres membres après leur mort. Il a su former ses successeurs (Glazounov, Prokofiev, ou Stravinski) via son poste de professeur au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Il a su passer ses idées à deux générations de compositeurs Russes. Son influence est évidente, bien que moins prononcée, dans la musique orchestrale de Ravel, Debussy, Dukas, et Respighi. Il influença Stravinski, dans sa première période : L’Oiseau de feu et le Rossignol n’auraient pas existé sans lui.

Ses œuvres

  • Capriccio espagnol
  • La Légende du tsar Saltan : Grand spécialiste des poèmes symphoniques, il consacre la plus grande part de sa vie aux opéras. C’est dans l’opéra « La Légende du tsar Saltan » que l’on peut entendre le célèbre « Vol du bourdon ».
  • Shéhérazade : (écouter un extrait : 2ème mouvement) deux influences principales se font sentir, celle de Balakirev (les passages solo de violon puisent dans le style oriental de Tamara) et celle des Poèmes symphoniques de Liszt. Le compositeur venait aussi d'entendre pour la première fois Wagner (l'usage des trombones piannissimo dans le 1er mouvement). Shéhérazade est une est une suite pour orchestre qui, selon son auteur, est un "kaléidoscope de contes et de motifs de caractère oriental".
  • Snégourotchka est l’œuvre qu’il considère comme la plus aboutie.
  • Son Concerto pour piano (1882) préfigura Rachmaninov, même si Rimski-Korsakov n’était pas un bon pianiste.
  • Le Coq d’or : son dernier opéra

Modest Moussorgski, le plus fou du groupe (1839 – 1881)

Modest dans l’Armée de l’Empire

Modeste par son prénom, il ne l'est guère par son patronyme qui est celui d'une illustre famille remontant au premier monarque russe, Rurik. (Rurik ou Riourik est un prince Varègue du Rus' de Kiev qui régna de 864 à 879. Premier prince de Novgorod, il fonda la dynastie riourikide qui régnera sur la Rus' de Kiev jusqu'en 1240). Elevé à l'occidentale, Modest fut destiné à une carrière militaire. Cadet du régiment Préobrajensky, le plus ancien et l'un des plus prestigieux régiments de la Garde impériale russe, il est « dévoyé » par Mili Balakirev. Sous l’influence de ce dernier, il quitte la Garde impériale et rejoint le Groupe des Cinq.

La ruine de sa famille

L'abolition du servage par le tsar Alexandre III provoque la ruine de sa famille. Moussorgski doit travailler comme employé administratif pour subvenir à ses besoins. Face à l'insuccès de ses œuvres et devant endurer une situation matérielle dégradée, il retombe dans les démons de l'alcool qu'il avait déjà connus à l'armée.

Une nuit sur le mont Chauve

En 1867, sa Nuit sur le Mont chauve est composée mais non jouée (il en est dissuadé par Balakirev et Cui). Après sa mort, c’est la version de son ami Rimski-Korsakov qui en assurera la notoriété.

Il existe plusieurs versions de ce poème symphonique. Les deux versions les plus notables ont été orchestrées par l'auteur et par Rimski-Korsakov. Moussorgski termina son travail durant l'été 1867. La version originale est plus âpre mais aussi plus slave, plus authentique : elle date de 1968. Il existe également deux versions orchestrées par le chef d'orchestre du XXe siècle, Leopold Stokowski, dont l'une a été utilisée dans le film d'animation de 1940 de Walt Disney, « Fantasia » et où le final se mêle à l’Ave Maria de Franz Schubert.

La pièce est inspirée d'une nouvelle de Nicolas Gogol qui met en scène le sabbat des sorcières. Le titre initial en était : « Nuit de la Saint-Jean sur le mont Chauve ». Moussorgski aurait écrit son œuvre après une promenade sur la colline de Lysa Hora non loin de Kiev.

Boris Godounov, son seul opéré achevé (1869, révisé en 1872)

C’est aussi sa plus grande œuvre. Elle est adaptée de Pouchkine. Moussorgski s'est aussi inspiré de Macbeth de Shakespeare. Enfin, le thème est également lié en partie à l'histoire des ancêtres familiaux de Moussorgski.

Il existe deux versions de cet opéra, celle de 1869 et celle de 1872. Moussorgski remanie son opéra à multiples reprises et ajoute notamment le rôle de Marina et l’acte polonais. La version fortement révisée de 1872 comprend un prologue et 4 actes. Elle inclut des éléments nouveaux qui ne trouvent pas leur origine chez Pouchkine.

À la mort de Dostoïevski, le 28 janvier 1881, Moussorgski bouleversé improvisera une marche funèbre à partir des thèmes de son Boris. Lui-même mourra deux mois plus tard.

Le compositeur laisse des opéras inachevés : « Salammbô » écrit à partir de 1863 et tiré du roman éponyme de Flaubert, et deux opéras qui seront achevés par d’autres : « La Khovanchtchina », terminé par Rimski-Korsakov, avant qu'une seconde version, plus idiomatique, soit établie par Dimitri Chostakovitch et « La Foire de Sorotchinsky », terminé par Nicolas Tcherepnine.

Ses autres œuvres

  • Cycle des Enfantines (1870) sur ses propres textes. Il s’éloigne du Groupe des cinq à la suite de la critique jalouse de Cui sur sa « Nuit sur le Mont chauve ».
  • Suite pour piano « Les Tableaux d'une exposition » (1874) - orchestrée par Maurice Ravel en 1922. Cette œuvre est dédiée à l’architecte défunt Viktor Hartmann. (écouter extrait : "La Grande porte de Kiev")
  • La Chanson de la puce.
  • La très célèbre « Chanson de Méphisto dans la taverne d’Auerbach ».
  • 1867 : La Défaite de Sennachérib sur un poème de Byron
  • 1872 : les cycles de chansons la Chambre d'enfants.
  • 1875 : « Chants et danses de la mort » sur des textes de son ami Koutouzov

Moussorgski sombre dans l’alcoolisme à la fin de sa vie. Seul compositeur russe à n’avoir jamais quitté le sol natal, il meurt à 42 ans. A l’avant-garde musicale, il aura mal exploité son talent.

Adepte du vrai plutôt que du joli, il choqua les oreilles de son temps par une certaine brutalité. D’où le remaniement ultérieur de ses œuvres…

César Cui (1835 -1918)

Pour être complet, il convient de citer ce 5ème élément du Groupe des Cinq. Fils d’un Français déserteur de la Grande armée de Napoléon et d’une Lituanienne, César Cui abandonne lui aussi l'armée après avoir rencontré Balakirev. Il compose des opéras en français. « 25 poèmes de Pouchkine » opus 57 dont la très célèbre Statue de Tsarkoïé Sélo. 25 poèmes de Jean Richepin opus 44. Mais il ne laisse pas d'oeuvre déterminante. Il fut surtout renommé comme critique musical.

 


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4 réactions à cet article    


  • Antoine 25 mars 2013 23:16

     Bravo encore une fois Taverne ! Votre sujet pourrait noircir des milliers de pages mais, s’il n’y avait qu’une oeuvre à retenir, c’est bien sûr Boris qui domine toute la musique russe et constitue avec une poignée d’autres oeuvres la tête de gondole de l’histoire de la musique. Pour sa filiation, vous avez manqué une marche : Glinka est effectivement le fondateur de l’école russe par opposition aux influences étrangères, italienne, allemande et française mais le maillon suivant est Dargomijski qui, outre l’incorporation du folklore russe à la Glinka, créé un nouveau réalisme lyrique très particulier. Moussorsky en est alors le continuateur et devient l’incarnation de l’opéra russe par rupture avec le séculaire art lyrique occidental avec Pelléas pour aboutissement.


    • Taverne Taverne 26 mars 2013 00:12

      Boris ? Da ! Si je n’avais que 10 musiques à emporter sur une île déserte, il y aurait parmi elles les Danses polovtsiennes du Prince Igor. Etranet et superbe musique.

      Dargomijski, je l’ai cité dans l’intro. C’est plus Balakirev qui a fondé l’école russe, sur le testament spirituel de Glinka qui lui confia cette mission.


    • Taverne Taverne 26 mars 2013 00:13

      Erratum : « Etrange et superbe musique »...


    • Antoine 26 mars 2013 22:23

       Bonsoir Taverne,

       Ah que nenni ! Glinka est le véritable initiateur du style russe et Balakirev n’a été qu’un catalyseur. Ce dernier a été un honorable compositeur mais seules ses deux symphonies méritent de la considération, ses oeuvres pour piano, à l’exception d’Islamey et de la seconde sonate, n’étant que du Chopin et du Liszt au rabais, ce qui est au total fort peu. Les liens entre les hommes sont importants mais restent secondaires au regard de la filiation des oeuvres, d’où l’intérêt de relever le cheminement musical Glinka-Dargomijski-Moussorgsky-Debussy. Il est vrai que vous avez cité Dargomijski mais il m’a paru opportun de le replacer dans la perspective.
       Je partage en partie votre enthousiasme pour les Dances mais vous devriez emporter tout l’opéra car il contient d’autres pages de toute beauté et surtout, seules et souvent par le seul orchestre, elle perdent alors une bonne partie de leur charme puisque leur originalité consiste en six épisodes choraux et instrumentaux contrastés. Là aussi le seul groupe des cinq n’y a pas suffi puisque leur orchestration a été réalisée collectivement par Borodine, Rimski-Korsakov et...Liadov.

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