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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 100 ans de musique russe : Prokofiev

100 ans de musique russe : Prokofiev

Nous sommes le 13 janvier 1945. Le grand compositeur russe Prokofiev s'apprête à diriger l'orchestre pour jouer sa symphonie no 5. Il se tient sur l'estrade, la baguette à la main quand soudain des tirs de fusil retentissent au-dehors. Il s'agit de coups tirés pour célébrer le franchissement de la Vistule par l'Armée rouge qui prend la direction de Berlin. Prokofiev n'était pas un grand patriote ; il circula à travers le monde. Mais il fit le choix de retourner en Russie au temps du régime soviétique. Pour quelles raisons ? L'homme a-t-il sa part d'ombre ?

Prokofiev passait auprès de ses pairs pour un être abrupt, cassant. Et mal dégrossi en musique. il est vrai que sa très complexe et fracassante Symphonie no 2, « faite de fer et d’acier », en a dérangé plus d'un. En 1913, son 2ème concerto scandalisa à l'unanimité, comme le fit, le 29 mai de la même année le "Sacre du printemps" de son frère ennemi Stravinski. "Massacre du tympan", diraient les esprits malicieux... Heureusement, "Pierre et le loup", ce conte musical pour enfants, assez court, réconcilia tout le monde.

La personnalité de Prokofiev est double. Sa représentation debout devant un miroir qui réfléchit le visage d'un homme sûr de sa personne, résume assez bien le personnage.

Un talent précoce

Le petit Serge fut un enfant très précoce en musique. Cette précocité lui vint en regardant sa maman jouer du piano.

Ses journées étaient très organisées par sa famille. C'est ainsi que Taneïev, pianiste familier de Tolstoï et professeur au conservatoire, lui fait attribuer un emploi du temps de cours de musique avec le violoniste Glière.

Il gardera cette habitude d'organisation plus tard, en pratiquant, par exemple, de longues promenades programmées. Doté d'un sens précis de la ponctualité, il possède des petites manies : il dresse des listes de tout ! Des lieux visités, des œuvres écoutées...

Il compose des petites chansons qui préfigurent son oeuvre d'adulte, par leurs staccatos.

Il choque le Conservatoire

Au conservatoire, Prokofiev se montre désinvolte, indocile, hautain. Sa musique est réputée discordante, ses trouvailles violentes, en rupture avec les normes enseignées. Il se lie d'amitié avec le compositeur Nicolas Maïakovski, de dix ans son aîné. Ils trouveront l'émulation dans l'échange régulier de leurs œuvres jusqu'à la mort de Maïakovski.

Mais Prokofiev a de l'humour et peut même être émouvant. Mais ll est clair qu'il n'est pas un romantique. Il déteste la musique de Scriabine même si celui-ci le fascine. L'extrême langueur n'est pas de son goût ; il préfère le laconisme et le martèlement.

Sergueï et le loup

Sergueï Prokofiev part en Amérique en 1918. Là-bas, on le voit comme un bolchevik. En Russie, il ne passe pas toujours bien non plus. Ainsi, Rachmaninov ne comprend pas sa musique et, pour cette seule raison, décide de s'opposer à la publication de ses œuvres. Rachmaninov ayant traversé l'Atlantique à son tour, les relations entre les deux hommes vont s'améliorer quelque peu.

Novembre 1932, Prokofiev reçoit sa 1ère commande soviétique. Il s'agit du "Lieutenant Kijé", prochain film d'Alexandre Fainzimmer. Prokofiev est séduit par ce projet, pour sa satire et sa loufoquerie. C'est l'histoire d'un lieutenant né d'une erreur d'un employé de l'administration impériale. L'employé à l'origine de ce lieutenant fictif l'erreur le fera vivre et mourir. L'enterrement de Kijé parodie le Crépuscule des dieux de Wagner. En 1985, le chanteur Sting en fait une chanson "Russians". Ecouter  : Lieutenant Kijé - romance

Le loup soviétique va oeuvrer pendant toutes ces années pour l'attraper. Prokofiev aura composé "Pierre et le loup" en 1935. Dès l'année suivante, il tombe dans la gueule du loup. Naïf ? Il est vrai que dans son histoire, ce n'est pas le loup qui gagne...

Back in USSR !

Prokofiev rentre en URSS où il est définitivement retenu à partir de 1938.

- Les raisons de ce choix.

Là, il retrouve Gorki, rentré avant lui. Comment Prokofiev a-t-il pu rentrer malgré les avertissements et les épurations (un de ses cousins est arrêté) ? A 33 ans, il avait recherché le réconfort auprès de la secte Science chrétienne (qui prône la négation du mal). Toute sa vie, il a pris appui sur des lectures métaphysiques : Schopenhauer, Kant...Ces idées ainsi que sa conception personnelle de la "nouvelle simplicité" ont pu le prédisposer à accepter le soviétisme. En effet, la "nouvelle simplicité" semblait à Prokofiev correspondre à l'idée politique de l'art pour les masses.

Fuir l'ombre de Stravinsky ? C'est une autre explication plausible. Stravinsky, lui, expliqua le retour de Prokofiev par son opportunisme, son appât du gain et de la gloire. Ce point de vue est à nuancer car les relations entre Prokofiev et Stravinski ont toujours été empreintes d’une grande violence.

Finalement : on lui fit une proposition qu'il ne put refuser : il rentrait ou il ne revenait plus !

Prokofiev s'était débarrassé de l'ombre de Stravinsky en rentrant en URSS. Mais il se retrouvait un moment dans l'ombre de Chostakovitch dont la 5 ème symphonie était approuvée tandis que les œuvres de Prokofiev étaient censurées ou maintes fois soumises à corrections.

- Forcé de collaborer avec le régime ?

Dans les "Chants de nos jours", on peut entendre une ode à Staline (en pleine purge de 1937-38). Il compose aussi des musiques sur des textes de Marx et de Lénine ainsi qu’une œuvre pour célébrer le 60ème anniversaire de Staline. A une certaine époque, il doit se livrer à l'exercice très humiliant de l'autocritique publique, son nom étant inscrit sur la liste noire du pouvoir. Après un retour en grâce, les prix Staline se succèdent. Pendant la guerre finie, les artistes bénéficièrent d'un certain répit mais le conflit terminé, le pouvoir reprit sa répression intérieure.

Prokofiev fit aussi le jeu du régime à travers ses musiques de film pour le cinéaste propagandiste Eiseinstein : Alexandre Nevski (les passages les plus célèbres seront repris dans la cantate opus 78), Ivan le Terrible.

Ecouter des extraits :

Ivan le Terrible Ouverture
Ivan le Terrible : la maladie d'Ivan
Ivan le Terrible - L'incendie
Alexandre Nevsky - la bataille sur la glace

Ironie du sort : il meurt le 5 mars 1953, le même jour que Staline ! Mais l’annonce de sa mort sera différée de plusieurs jours par la Pravda pour ne pas gêner le deuil national du "petit père des peuples".

Le style de Prokofiev

A 17 ans, ne suivant pas Schonberg ni Scriabine, Prokofiev trouve son chemin dans la dissonance et la trépidation mais en restant dans le cadre tonal. Prokofiev définit son esthétisme par 4 orientations (lyrisme, classicisme, modernisme, motorisme) qu'il combine dans ses œuvres. Le motorisme est l'aspect qui frappe le plus : vigueur et laconisme. Le martèlement est poussé jusqu'à l'ivresse sonore dans sa "Suggestion diabolique et toccata opus 11".

Quant au lyrisme, les vers du poète Balmont (symbolisme) l'accompagneront pendant une décennie. L'esprit novateur de Prokofiev a davantage marqué la musique intrumentale que la musique vocale.

Le spirituel est absent de son œuvre. A l’inverse de Chostakovitch.

Au final, Prokofiev aura été indépendant de tout mouvement, ne se sera jamais occidentalisé, n'aura jamais servi totalement le régime soviétique (non inscrit au PC).

Ses symphonies

- Symphonie no 1, "la classique" : A la veille de la révolution, il compose l’une de ses œuvres les plus populaires : « Symphonie classique », qui est un hommage à l’époque de Haydn. De forme sonate parfaite, mozartienne, mais surtout enjouée et juvénile (écrite en 1917 à la campagne dans la griserie de l'espoir de temps nouveaux rêvés - la Révolution russe venait d'éclater -). Son orchestration est claire et limpide. La Gavotte fut le premier mouvement composé et perdit beaucoup de sa verve quand il fut repris comme longue suite de sortie de Roméo et Juliette en 1935. La mélodie de la flûte en dernier thème du Finale cite Rimski-Korsakov (opéra Flocon de neige).

- Symphonie no 2 : « faite de fer et d’acier ». Dans sa période occidentale, Prokofiev répond à des commandes du régime soviétique. Composée dans le Paris des années 20, elle a été inspirée par Pacific 231 d'Arthur Honegger. Prokofiev trouva qu'il avait trop travaillé les textures et le contrepoint, ce que lui confirmèrent des confrères compositeurs. Bref, l'oeuvre est trop compliquée. Dans la forme, cette œuvre s'inspire de la sonate pour piano opus 111 de Beethoven : 2 mouvements dont le 2ème sous la forme thème-variations. Donnée en 1925 avec un effectif orchestral considérable et des textures denses, l'oeuvre semble, par son fracas, se faire l'écho des maux de tête dont Prokofiev souffrait à cette époque.

- Symphonie no 3 : inspirée des matériaux de l'opéra "L'Ange de feu", une histoire de possession satanique. Prokofiev qualifia cette symphonie d'"Andante calme et contemplatif" d'un caractère "abstrait et métaphysique". Avec cependant des coups sourds et les passages macabres évoquant les tours mauvais de la diseuse de bonne aventure.

- Symphonie no 4 (deux versions : 1930 et 1947) : Elle est aussi un avatar d'une pièce scénique : le Fils prodigue. Ecrite en 1930, Prokofiev la remania en 1947 pour en faire une œuvre plus soviétique. Il mélangea dès sa création de la musique de danse et du matériau symphonique. L'allegro héroïque provient de la deuxième séquence de danse des faux amis du Fils prodigue. L'adagio est une mélodie jouée d'abord à la clarinette puis à la clarinette de basset à l'unisson. Prokofiev récupère ici un matériau utilisé pour la musique d'un film inachevé, l'adaptation de "La Dame de pique" de Pouchkine. La 4ème symphonie de 1947 est dotée d'un caractère épique que n'a pas celle de 1930.

- Symphonie no 5 : écrite 15 ans après la 4ème alors que son pays était encore en guerre avec l'Allemagne. L'adagio est une marche funèbre où le rêve perce néanmoins. L'allegro giocoso laisse poindre un espoir radieux qui se transforme peu à peu en galop chaotique.

- Symphonie no 6 : D'une coloration wagnérienne surtout dans sa conclusion qui contient une citation du "Chagrin" de "Parsifal", dernier opéra de Wagner. Période sombre : depuis 1946, la musique, comme les autres arts, est la cible des critiques du pouvoir stalinien.

- Symphonie no 7 : Le pathos qui l'habite s'explique par les "blessures inguérissables" du compositeur, blessures auxquelles vient s'ajouter la déportation en Sibérie de son ex-épouse Lina. Sa propre mère étant ressortie affaiblie des années de trouble en Russie. Prokofiev mourra l'année suivant la composition de cette symphonie. Officiellement, Prokofiev disait écrire des pages musicales pour enfants pour la radio. En réalité, cette œuvre contient une dimension souterraine. Le Finale constitue la dernière tentative symphonique de Prokofiev pour détourner un galop soviétique, galop auquel il ajouta 22 mesures pour, selon Rostropovitch (compagnon enjoué et stimulant des dernières années de Prokofiev malade), tenter de remporter un nouveau Prix Staline et ainsi renflouer ses finances.

Ses opéras

Il dirige son ballet "Chout" (Le Bouffon) en 1921. C'est l'histoire d'un bouffon qui en berne sept autres pour faire bombance avec sa bouffonne. Pour arriver à ses fins, il se travestit en cuisinière et même en chèvre, se fait épouser...La musique est très sarcastique. Chout consacre Prokofiev.

"L'Ange de feu" (1919 – 27) est atypique chez Prokofiev : présence du surnaturel, fin tragique. L'œuvre est tirée du roman de Brioussov.

Les glissandi et trémolos des cordes de "L'Ange de feu" seront repris par Prokofiev dans sa 3ème symphonie en 1928. Le 1er mouvement reprend le thème de la possession de Renata et celui de son amour pour l'Ange. Le dernier mouvement évoque la fin de l'opéra avec son fracas de cloches. Le célèbre scherzo reprend l'intermède de l'Acte II aux sonorités sifflantes. Avec "L'Ange de feu", Prokofiev a trouvé des ressources sonores qu'il réutilisera dans ses œuvres soviétiques. Il était encore en Bavière. Ce n'est donc pas son retour en URSS qui a infléchi sa musique. Le virage s'est fait au cœur des années 20, années d'errance, de la mort de sa mère, de la naissance de ses deux fils.

Les deux dernières années de Prokofiev en Russie sont fertiles. Il réalise avec "Le Joueur", tiré de Dostoïeski, l'opéra qu'il voulait créer après avoir entendu la scène de l'auberge de Boris Godounov à Londres.

"L'Amour des trois oranges" est devenu une des pièces les plus populaires de Prokofiev. Opéra amusant, parsemé de pastiches d'autres compositeurs. Il donne comme prénom "Linette" à la princesse contenue dans la première orange, en référence à Lina, la jeune cantatrice qu'il va épouser.

Son meilleur opéra est « Guerre et paix ». Cette œuvre, entreprise avec sa compagne Myra dès 1940, l'occupera jusqu'à sa mort.

Ses concertos

C’est dans son concerto qu’éclate la violence de son style propre (même quand il débute par une mélodie très douce).

- 1er concerto (1912 :). D'un seul tenant, il rend hommage au 1er concerto de Tchaïkovski dans le début.

- 2ème concerto (1913) : il fit un scandale digne de celui du Sacre du printemps. Les contrastes sont abrupts, la partie soliste est sans repos, les cuivres se déchaînent. Dissonances et motorisme. Mais Prokofiev ne suit pas les modernistes comme Maïakovski, son ami, qui veut jeter le passé aux orties.

- 2ème concerto pour violon : il le compose au moment où il revient en Russie. C'est sa dernière œuvre occidentale.

- 3ème concerto pour piano : il est mal accueilli. C'est pourtant le plus classique de ses cinq concertos. Mais il emporte l'enthousiasme de Balmont qui compose un sonnet à Prokofiev. En retour, Prokofiev compose un cycle de mélodies (opus 36) sur ses poèmes.

- 4ème concerto : écrit pour une seule main (la gauche, celle du pianiste amputé Paul Wittgenstein).

- 5 ème concerto, bien plus martelé. Plein de subtilités techniques, il passe pour l'un des plus difficiles à jouer du répertoire.

Ses sonates

Ecouter sonate Guerre no 7 - 1er mvt

C’est dans ses dernières sonates que l’on retrouve la griffe la plus authentique de Prokofiev.

- La belle et populaire sonate pour violoncelle et piano (1949) opus 119 : A partir de 1948, malade, Prokofiev se prend d’amitié pour Mstislav Rostropovitch, jeune prodige du violoncelle qui ne craint pas de rendre visite au « pestiféré. Le compositeur décide de consacrer au violoncelle toute une série de partitions. Le mouvement central moderato est proche du scherzo traditionnel.

- La sonate pour violon et piano en fa mineur marque une nouvelle période dans l'oeuvre de Prokofiev, par sa gravité méditative. Du premier mouvement, Prokofiev indique qu'il faut le jouer "comme si le vent soufflait dans un cimetière entre les tombes négligées". Prokofiev rejette le romantisme : la mélancolie n'est jamais plaintive.

- 9ème sonate pour piano : introspective, d'une simplicité extrême.

Ses autres œuvres

- ballets

Déçu par un mauvais accueil en occident, Prokofiev se tourna vers l'URSS où ses œuvres étaient beaucoup jouées. Il compose le ballet "Le Pas d'acier" (1927), "Sur le Dniepr" (1930, "Le Fils prodigue". Roméo et Juliette (1935) est peut-être son meilleur ballet.

- La Suite scythe et ainsi de suite…

La Suite scythe (1914 -15) est une musique agressive, bruyante. Fracas, et primitivisme à la Stravinski.

L'esprit mordant et satirique de Prokofiev ressort dans les "Sarcasmes pour piano", une partition écrite à la veille de la chute du tsarisme.

Oeuvre passéiste ou moderniste ? Ereinté par la critique qui le jugea passéiste avec sa sonate no 5 et son 2ème concerto, Prokofiev se décida pour une œuvre moderniste.

La période Beethoven. 1930 : Prokofiev fait des tournées en Amérique. Il étudie les quatuors de Beethoven. Il revendique l'influence de Beethoven dans le mouvement initial de son 1er quatuor.

Prokofiev va refaire sa vie avec poétesse, Mira Mendelson. Avec elle, il se consacrera, jusqu'à la fin de sa vie, à son opéra "Guerre et paix" dans la datcha qu'il s'est achetée à la campagne.

Prokofiev aura abordé tous les genres excepté la musique religieuse. 

Je vous laisse à présent en commpagnie des Contes de la vieille Grand-Mère pour une bonne veillée à la russe !

 


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11 réactions à cet article    


  • citoyenrené citoyenrené 17 avril 2013 10:49

    ah milles merci Taverne, je prendrai le temps de lire avec curiosité et grand intérêt cet article, écoutant souvent « dance of the night » de ’Romeo et Juliet’ pour me donner du cœur à l’ouvrage


    • Taverne Taverne 17 avril 2013 11:03

      Merci citoyen René.

      Il s’agit en fait de "Dance of the knights : voir ici la danse, la prokofièvre du samedi soir


    • Stupeur Stupeur 17 avril 2013 11:26

       

      Bonjour !
       
      Par ici, en HD, Dance of the Knights - au London Royal Opera House (2007)
       
      Tamara Rojo (Juliet), Carlos Acosta (Romeo), José Martin (Mercutio), Thiago Soares (Tybalt), Yohei Sasaki, David Pickering, Christopher Saunders, Elizabeth McGorian, Gary Avis, Christina Arestis, Sandra Conley, Alastair Marriott and Francesca Filpi.
       
      London Royal Opera House (2007)
      Orchestre : Royal Ballet Sinfonia
      Boris Gruzin (direction)
      Kenneth MacMillan (chorégraphie)
       
      Sur cette page Wikipédia (Roméo et Juliette (ballet)), un très joli tableau (Romeo and Juliet) de Ford Madox Brown
       

    • Taverne Taverne 17 avril 2013 11:35

      A Stupeur, et tout le tremblement : merci pour ces indications.


    • citoyenrené citoyenrené 17 avril 2013 12:11

      raaah, démasqué par mon inculture, c’est piteux, je croyais le savoir en plus, baste

      merci pour la correction, je regarde et écoute tout ça sous peu


    • Stupeur Stupeur 17 avril 2013 11:29

       

      ...Oups... j’oubliais... Merci pour l’article ! smiley 
       

      • L'enfoiré L’enfoiré 17 avril 2013 14:13

        Salut Paul,

         Ainsi, tu as suivi mon idée.
         Magnifique, j’aime.
         La musique comme la peinture ne vient pas du ciel mais de l’intérieur de soi.
         Elle est toujours dépendante d’une conjoncture, d’un environnement, d’un état d’âme.
         Avoir l’oreille, c’est de découvrir ou de se rallier en esprit avec un auteur compositeur.
         Dire que j’ai une bibliothèque de cassettes de 90 minutes en musiques classiques qui restent dans le fond de ma bibliothèque et qui, faute de lecteurs, y restent sans trouver d’échos.
         La technologie me permettrait de les repasser sur un autre support, mais avec une perte de qualité qui m’effraie d’avance.
         smiley 

        • Taverne Taverne 17 avril 2013 14:32

          « La musique comme la peinture ne vient pas du ciel mais de l’intérieur de soi. » Oui ou encore « la musique est un cri qui vient de l’intérieur ». Pour Prokofiev, c’étaient parfois des coups de marteau qui venaient de l’intérieur...

          Moi aussi , il me reste des cassettes. Du rock, par exemple Otto Rivers, le frère de Dick : des K7 Otto Rivers. smiley


        • L'enfoiré L’enfoiré 17 avril 2013 18:44

          De ceux- que tu cites, je n’ai rien.


          Bon. revenons à ce que je disais la dernière fois : le Concours Reine Elisabeth.
          Concours très difficile parce qu’il y a un morceau inconnu et imposé.
          Donc de musique classique moderne que souvent, on a dur à digérer.
          « l’étude de l’œuvre inédite se fait lors d’une retraite d’une semaine à la Chapelle musicale Reine Élisabeth. Les candidats y entrent à raison de deux par jour, dans l’ordre du tirage au sort, et reçoivent dès leur arrivée à la Chapelle la partition de l’œuvre. Les candidats quittent la Chapelle le jour même de leur prestation en finale. »

          Ce n’est qu’à force de l’entendre et de l’écouter que cela parvient à passer.


        • Antoine 17 avril 2013 23:51

           Décidément Taverne, vous avez une excellente souris ! Prokofiev pouvait tout faire, tout essayer sans cesser d’être lui-même. Il a commencé, avec Milhaud, par toutes les techniques de la polytonalité pour ensuite, après y avoir été brillant, leur tourner la plume. Ce qui fait sa plus grande originalité, c’est l’usage de l’accord parfait à trois tons sans adjonction de dissonance puis substituer à cet accord attendu le même accord transposé d’un demi-ton et projeter ainsi l’auditeur dans une tonalité totalement étrangère avant même qu’il s’en rende compte, obtenant alors des effets les plus imprévus à partir de l’harmonie tonale et consonante. Il remplace ainsi souvent les modulations par des enchainements brillants d’accords parfaits à l’intérieur du déroulement harmonique.
           Pour ceux qui ne connaitraient pas Prokofiev, je suggère de commencer par le deuxième concerto pour violon dont notamment le mouvement lent en enchantera plus d’un(e) !


          • citoyenrené citoyenrené 18 avril 2013 07:41

            article remarquable,

            entre autres choses, le « motorisme » et la musique faite « de fer et d’acier  »

            les rapports de Prokofiev avec ses pairs, la perception qu’ils avaient de sa musique, son parcours personnel, le contexte, les compositeurs qu’ils a croisés
             
            et
            « Prokofiev indique qu’il faut le jouer »comme si le vent soufflait dans un cimetière entre les tombes négligées«  »

            quelle force subtile cette image ! les métaphores, pour décrire et communiquer sont peut-être parmi les méthodes les plus performantes dans la création musicale

            bravo pour cet article

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