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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 1966 : un goût de sucettes

1966 : un goût de sucettes

Cette année-là – il y a cinquante ans –, une séduisante blondinette de 19 ans, le plus souvent porteuse d’une mini-jupe, enregistre une chanson écrite par un auteur-compositeur iconoclaste et provocateur. Elle se nomme France Gall, il s’appelle Serge Gainsbourg...

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France Gall et Serge Gainsbourg

Drôle d’idée de rebaptiser une gamine de 16 ans, en délicatesse avec les études, d’un nom d’affiche de rugby. C’est pourtant ce que fait la maison d’éditions Philips en 1963 pour lancer la jeune Isabelle Gall. Devenue France Gall dans un milieu où la seule Isabelle reconnue se nomme alors Aubret, la blonde parisienne, issue d’une famille d’artistes, accède rapidement à la célébrité grâce à ses premiers grands succès : Ne sois pas si bête, puis N’écoute pas les idoles et Laisse tomber les filles en 1964. Suivent Sacré Charlemagne – vite devenu l’hymne de tous les cancres – et surtout le mémorable Poupée de cire, poupée de son qui vaut à France Gall et au... Luxembourg de remporter le Grand prix de l’Eurovision en 1965 avant de connaître un étonnant succès planétaire.

À cette époque-là, la mini-jupe, inventée par la créatrice de mode londonienne Mary Quant en 1962 et souvent portée à ras la craquette, fait fureur chez les jeunes filles, et France Gall ne déroge pas à cette mode dont la double fonction thermique a, c’est bien connu, pour effet de rafraîchir les filles et d’échauffer les garçons*. Or, il se trouve que l’éditeur de France Gall est aussi celui de Serge Gainsbourg, ce qui facilite les rapprochements. Un Gainsbourg plutôt émoustillé par cette jolie blonde pleine de fraîcheur pour laquelle il a déjà composé N’écoute pas les idoles deux ans plus tôt et Poupée de cire l’année précédente. Comble de félicité pour le cynique auteur-compositeur, France Gall, malgré ses moues de gamine libérée, lui semble être d’une touchante naïveté, pour ne pas dire d’une déconcertante nunucherie, du reste parfaitement en harmonie avec les chansons à succès qui l’ont propulsée sur le devant de la scène yéyé.

Pour être un créateur de grand talent, Serge Gainsbourg n’en est pas moins pragmatique : il a compris qu’il gagnerait plus en écrivant pour d’autres que lui-même, et notamment pour ces chanteuses pop en quête de notoriété artistique ou, comme France Gall, déjà bien lancées dans le circuit de la variété. C’est lui qui, probablement en souriant in petto, vient proposer à notre blonde en mini-jupe une nouvelle chanson qu’il qualifie de « mignonne » et qui devrait plaire au public. Son titre : Les sucettes.

La chanteuse ne voit pas malice dans les innocentes paroles de cette bluette dont la mélodie accroche immédiatement l’attention. Et c’est avec enthousiasme qu’elle enregistre en mai 1966, puis interprète ici et là, le plaisir que prend la dénommée Annie avec ses sucettes. « Lorsque le sucre d'orge parfumé à l'anis coule dans la gorge d'Annie, elle est au paradis », chante France Gall en suscitant sourires entendus et moqueries égrillardes dont elle ne prend pas conscience. Même en chantant « Lorsqu'elle n'a sur la langue que le petit bâton... » – dans le Sud-Ouest, on l’eût appelé le « gros crayon » –, France Gall ne se doute pas un instant de la connotation grivoise de ces « sucettes à l’anis d’Annie » qui sont rapidement dans toutes les bouches, sur toutes les lèvres du pays.

Avec cette blonde ingénue, l’on est alors bien loin du répertoire de Colette Renard dont les disques de Chansons libertines et gaillardes** n’ont, pour cause d’oreilles chastes, guère la faveur des ondes, au contraire de la plaisanterie musicale commise, en riant sous cape, par Serge Gainsbourg et popularisée par une France Gall décidément très nunuche. Très largement relayée dans les médias, la chanson connaît en effet un véritable succès, non seulement auprès des adolescents qui en font une écoute au premier degré, mais également d’un public adulte qui se réjouit de ce texte ambigü dont, des semaines après l’enregistrement, une seule personne n’a toujours pas conscience du double sens : France Gall !

À cette époque, un certain Jean-Christophe Averty produit et anime une émission de divertissement nommée Les raisins verts. On y pratique un humour décalé et parfois grinçant dont les bébés à la moulinette sont restés emblématiques. Jean-Christophe Averty anime également une autre émission intitulée Au risque de vous plaire dans laquelle il accueille des vedettes de la chanson. C’est à ce titre que France Gall est présente sur le plateau le 1er octobre 1966 pour chanter Les sucettes. Pour illustrer la chanson, des femmes sucent avec une gourmandise équivoque des sucettes allongées de forme suggestive. Ce jour-là, France Gall fond en larmes sous l’œil amusé de Jean-Christophe Averty : la chanteuse a enfin compris le double sens !

La honte surmontée, France Gall ne renonce pas à chanter Les sucettes : dès 1967, elle la reprend dans des émissions de télévision. Mais sans jamais donner à son interprétation un sens grivois. Le sucre d’orge d’Annie reste et restera sa vie durant une simple friandise achetée par une gamine gourmande de sucreries dans un drugstore. Quant à Serge Gainsbourg, 50 ans après Les sucettes, il est encore aux yeux de France Gall un « gros cochon » ! 

 

« La mini-jupe a une double fonction thermique : elle rafraîchit les filles et échauffe les garçons. » André-Paul Roussilhe (À l’ombre des platanes). Citation extraite de 40 nouvelles citations pour piéger les pédants).

** D’autres albums de chansons « polissonnes » ou « érotiques » suivront ces premiers opus.

 

Autres articles consacrés à la chanson :

« Sixteen tons » : 70 ans déjà ! (août 2016)

Ils ont changé sa chanson (mai 2016)

Mary Bolduc, ou la vie quotidienne turlutée (février 2016)

Il y a 40 ans : « A vava inouva » (janvier 2016)

Loreena McKennitt la flamboyante (avril 2014)

Raoul de Godewarsvelde, canteux et capenoule (mars 2014)

Chanson française 1930-1939, ou l’insouciance aveugle (septembre 2013)

Chanson française : de la Grande guerre aux Années folles (novembre 2012)

La chanson française à la Belle Époque (juin 2012)

Musique : balade africaine (janvier 2012)

Véronique Autret vs Carla Bruni (décembre 2011)

Amazing Grace : plus qu’un chant ou une mélodie, un hymne ! (septembre 2011)

Des roses blanches pour Berthe Sylva (mai 2011)

Splendeur et déchéance : Fréhel, 60 ans déjà ! (février 2011)

« Waltzing Matilda » ou l’enfer des Dardanelles (novembre 2009)

Amalia Rodrigues : 10 ans déjà ! (Octobre 2009)

 

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121 réactions à cet article    


  • Gasty Gasty 26 novembre 2016 09:06

    A l’époque, je ne crois pas que beaucoup de monde ai compris le sens caché de cette mélodie... et ceci pendant très longtemps parmi les jeunes puceaux et les vieux croutons. Moi-même d’ailleurs....


    • Fergus Fergus 26 novembre 2016 09:16

      Bonjour, Gasty

      C’est en effet ce que dit France Gall, et c’est bien possible.

      Personnellement, j’avais 19 ans à l’époque (je suis né quelques semaines après la chanteuse), et je me souviens pourtant très bien nous être amusés de ce double sens, mes copains et moi. Mais peut-être n’étions-nous pas représentatifs de l’époque...


    • cevennevive cevennevive 26 novembre 2016 11:50

      @Fergus, bonjour,


      A l’instar de Gasty, je n’ai jamais cherché à comprendre le double sens de cette chanson, et d’ailleurs, l’aurais-je compris ?

      Il faut dire que pour moi, à cette époque, une sucette ou un sucre d’orge était une friandise, et une pipe était un objet que fumaient les vieux au coin de l’âtre. J’étais pourtant mariée (bien trop jeune) et avait une petite fille qui a aujourd’hui 54 ans.

      Je pense sincèrement que France n’a pas vu l’allusion au sexe tout de suite, et que la grivoiserie d’homme mûr était bien loin de sa pensée.

      Mais c’était alors une autre époque.

      Bien naïvement votre...
       

    • Fergus Fergus 26 novembre 2016 12:04

      Bonjour, cevennevive

      « Je pense sincèrement que France n’a pas vu l’allusion au sexe tout de suite, et que la grivoiserie d’homme mûr était bien loin de sa pensée. »

      Cela semble effectivement un fait établi.

      Et le fait est que, tant chez les garçons que les filles, beaucoup partageaient ce type de naïveté au milieu des sixties : Mai 68 n’était pas encore passé par là pour libérer les mœurs et dessaler les adolescents. smiley


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 26 novembre 2016 14:49

      @Fergus

      A l’époque, ,oi non plus, je ne savais pas que les tapeurs aimaient les sucettes.

    • capobianco 26 novembre 2016 15:36

      @Fergus
       Il n’y a que des « vieux » sur Av !!!! A cette époque je rentrais de 16 mois d’armée, que c’est loin ! Oui, peu de rapport avec le sujet sauf le temps qui passe.


    • Fergus Fergus 26 novembre 2016 15:50

      Bonjour, capobianco

      « A cette époque je rentrais de 16 mois d’armée »

      Et moi, je m’apprêtais à y partir quelques mois plus tard (67 1C). L’occasion, au retour du crapahut ou du tir, d’écouter SLC dans les chambrées entre 17 et 18 heures, avant le rata du soir. smiley


    • capobianco 26 novembre 2016 17:41

      @Fergus
      Moi j’avais tout mon temps car je glandais comme magasinier (des armes) en Allemagne. Les stones ont meublés mes trop longues journées. Je n’ai jamais accroché avec la variété de cette époque, les Gall, Sheila et autres. Mais les sucettes de F Gall m’ont bien amusées, la chanson bien sûr.


    • gruni gruni 26 novembre 2016 09:16

      Bonjour Fergus


      Souvenir, souvenir, et petite anecdote personnelle d’une rencontre innatendue avec la chanteuse.
      C’était quelques jours avant Noël et je me pronenais dans un grand magasin thionvillois, Prisunic ou Nouvelles galeries, je ne me souviens plus. Il y avait un stand de démonstration de petites voitures de course, « Circuit 24 » si ma mémoire est bonne. Je me dirige donc vers ce site et je frôle au passage une jeune fille avec une magifique chevelure blonde qui regardait la démonstration. Je ne pouvais la voir de face, mais le vendeur qui avait remarqué la chanteuse a dit « c’est France Gall ». Elle a pris très vite la fuite pour se perdre dans la foule. 
      À cette époque France Gall passait très souvent le jeudi dans l’émission pour la jeunesse sur « Télé Luxembourg », (L’école buissonnière) aujourd’hui RTL. Où bien sûr elle chantait, « Sacré Charlemagne ».


      Merci pour cet article

      • Fergus Fergus 26 novembre 2016 09:32

        Bonjour, gruni

        « Elle a pris très vite la fuite pour se perdre dans la foule. »

        Dommage, car elle était réellement très mignonne. smiley

        Merci pour cette anecdote. En voici une en retour : lorsque j’étais - je crois - âgé de 17 ans, je m’étais rendu au Salon de l’Enfance où, disait-on, l’on pouvait rencontrer des jeunes pousses de la génération yéyé. Et de fait, j’ai vu plusieurs chanteuses et chanteurs dont aucun(e) n’a, à ma connaissance, fait carrière. Parmi ces espoirs de la chanson, une jeune fille dans le genre de France Gall dont le nom d’artiste était Evy, Eva, ou quelque chose d’approchant. Installée à un bureau sur une estrade, elle distribuait des photos dédicacées. C’est de loin elle qui attirait le plus de monde, et très majoritairement des garçons, au point de boucher l’allée. Pour une raison simple : son bureau n’avait pas de fond et cette naïve jeune fille était vêtue d’une mini-jupe ras le minou. « Ah les mecs, tous des cochons », dirait France Gall ! smiley


      • damocles damocles 26 novembre 2016 23:39

        @Fergus


        Bonsoir Fergus , la chanteuse en question s’appellait Evy , je l’ai vue à l’Olympia en première partie d’un concert d’un groupe de rock anglais dont j’ai oublié le nom ... 
        Il y avait de nombreux groupes et chanteurs dans cette premiere partie dont « Les cyclones » avec un guitariste , qu’on ne remarquait pas plus que les autres , et qui devint celebre par la suite , un certain.....Jacques Dutronc !
        A noter une incongruité dans ce concert , le presentateur : le chansonnier Pierre Doris qui racontait des histoires de Toto entre deux interpretes et qui sous les sifflets et les quolibets d’un public electrisé (il nous en fallait peu !) finit par abandonner et disparut en coulisses....

        Pour ce qui est de France Gall et des sucettes , je pense que 99% des jeunesde l ’epoque n’y ont vu aucune allusion sexuelle .....

      • damocles damocles 27 novembre 2016 01:36

        @damocles

        .....Evy a chanté 2 ou 3 chansons , dont « Dynamite » de Brenda Lee

      • damocles damocles 27 novembre 2016 02:03

        @damocles

        ....par curiosité ,je suis allé sur Youtube , et je l’ai trouvée !
        Il y a quelques enregistrements d’ elle , dont un massacre en regle du celebre slow « Crazy love » de Paul Anka rebaptisé « Fou d ’amour » (ah ! les« boums » dans le garage d’un copain ,....et le bon temps des slow ! ...)


      • Fergus Fergus 27 novembre 2016 08:33

        Bonjour, damocles

        Merci pour cette précision sur Evy.

        Pour ce qui est de Pierre Doris, ce genre d’intermède, directement venu du music-hall, était devenu trop décalé par rapport au public jeune de la génération yéyé.

        « je pense que 99% des jeunes de l ’epoque n’y ont vu aucune allusion sexuelle ... »

        Mon épouse et moi (je ne la connaissais pas à l’époque) pouvons témoigner que ce pourcentage est probablement excessif. smiley


      • Etbendidon 26 novembre 2016 09:29

        Fergousse et grounichou zavez pas honte de penser à la bagatelle alors que le grand lider maximo CASTRO vient de mourir ?
        Contre révolutionnaires vous êtes
         smiley


        • Fergus Fergus 26 novembre 2016 09:34

          Bonjour, Etbendidon

          Précisément, nous avons besoin d’intermèdes légers dans cette actualité macabre et saturée par la primaire de la droite.

          Et très franchement, je n’ai jamais éprouvé autre chose que des sentiments très contradictoires sur Castro. 


        • gruni gruni 26 novembre 2016 09:54

          @Etbendidon


          Castro c’était plutôt le cigare que la sucette ! Mais c’était un homme à femmes. 

        • Fergus Fergus 26 novembre 2016 11:33

          @ gruni

          A propos de « cigare » (au sens figuré), il y en a un autre qui vient de casser sa pipe (politique) : Sarkozy. De profundis !


        • hunter hunter 26 novembre 2016 17:17

          @gruni

          Serge Gainsbourg aussi !
          Et amateur de jeunes femmes surtout....mais ça restait dans la limite de ce que la légalité accepte !

          Adishatz

          H/


        • troletbuse troletbuse 26 novembre 2016 19:32

          @hunter
          Et amateur de jeunes femmes surtout.
          Tout comme Hollandouille qui avait emmené Marion Cotillard, handicapée à Manille( où il fit son célèbre discours en anglais) ainsi qu’une autre jeunette, tout ça dans notre avion présidentiel. Je pense qu’il espérait les sauter, le vieux pervers smiley


        • gruni gruni 27 novembre 2016 07:24

          @Fergus


           smiley

        • gruni gruni 27 novembre 2016 07:28

          @hunter


          Le pouvoir la célébrité et l’argent, attirent, hunter

        • Fergus Fergus 27 novembre 2016 08:34

          Bonjour, gruni

          Une vérité intemporelle.


        • JL JL 26 novembre 2016 09:39

          Bonjour Fergus,

           
           article aussi gentillet que bien troussé, et qui va bien à ces jolies chansonnettes.
           
           Oui, Gainsbourg, gros cochon ! Mais pas plus que les producteurs et tout le show-biz, ou plutôt, le show-buzz.
           
           Formidable chanteuse et pas si nunuche que ça puisqu’elle a su surmonter cette humiliation dans laquelle finalement, elle y avait trouvé son compte.
           
           ’’Drôle d’idée de rebaptiser une gamine de 16 ans, en délicatesse avec les études, d’un nom d’affiche de rugby. ’’

           Il valait mieux évoquer une affiche de rugby que de se faire appeler Isa belle gueule. Avec une chanson comme les sucettes, ça ne l’aurait pas aidée !
           
           smiley
           


          • Fergus Fergus 26 novembre 2016 09:52

            Bonjour, JL

            « Mais pas plus que les producteurs et tout le show-biz, ou plutôt, le show-buzz. »

            Et comment ! Le marketing avant tout. Et la manipulation des interprètes : la production s’était bien gardée de prévenir France Gall du double sens de la chanson. « Tous des cochons ! » smiley

            « pas si nunuche que ça »

            Sans doute. Et ce genre de naïveté relativement au sexe était très banal à cette époque.

            Pour ce qui est de l’affiche de rugby, il faut se souvenir que les matches contre la superbe équipe du Pays de Galles était à l’époque aussi prisés que le « Crunch » contre les Anglais. Parler du match sur les ondes était, d’une certaine manière, une pub indirecte pour la chanteuse. 


          • Aristide Aristide 26 novembre 2016 10:17

            Il en faut une sacrée dose de naïveté pour croire à cette bluette sur celle de France Gall. Allons, c’était surement une gentille jeune fille, mais il faut se replacer dans cette époque ou la libération sexuelle devenait un vrai sujet de société, certains parlaient même de révolution sexuelle. 


            France Gall était une interprète qui était « managée », des unes dans le journal incontournable des jeunes de l’époque : « Salut les copains », des interviews télévisées, des apparitions dans les incontournables émissions de variété, ... A l’époque, les artistes étaient de vraies créations des maisons de disque, qui peut croire que l’on pouvait exister dans ce milieu branché sans rien connaitre du sujet à une époque où la libération sexuelle était un débat de tous les jours. Pour la maison de disque, c’était une vraie trouvaille : essayer de pérenniser une notoriété assez précaire par un « scandale » bien gentillet.

            Comment croire au déclaration de l’époque pour arguer de cette naïveté déconcertante. La vénérable dame qu’elle est devenue continue de nous conter cette histoire quoique. Dans une interview, un journaliste taquin lui a demandé si les chansons « Charlemagne » et « Les sucettes » étaient de son age, elle a répondu : « Charlemagne, en tout cas. ».

            • Fergus Fergus 26 novembre 2016 11:31

              Bonjour, Aristide

              « qui peut croire que l’on pouvait exister dans ce milieu branché sans rien connaitre du sujet à une époque où la libération sexuelle était un débat de tous les jours. »

              Cette naïveté semble pourtant avérée : aucune source ne la conteste. Et aujourd’hui encore, elle est assumée par France Gall.

              « pour la maison de disque, c’était une vraie trouvaille : essayer de pérenniser une notoriété assez précaire par un « scandale » bien gentillet. »

              L’éditeur n’avait pas besoin de ça : outre le fait que France Gall était issue d’une famille très implantée dans le milieu (son père venait d’écrire La Mama pour Charles Aznavour), France Gall avait, l’année précédente, gagné le concours de l’Eurovision aux Pays-Bas et acquis une notoriété internationale.

              Bref, elle était devenue incontournable dans le show-biz. Qui plus est, Les Sucettes se sont vendues très vite à... des centaines de milliers d’exemplaires avant que la chanteuse ne reconnaisse s’être fait piéger. Durant quelques semaines, elle est même restée en retrait de la vie publique tant sa confusion a été grande.


            • Aristide Aristide 26 novembre 2016 16:14

              @Fergus


              Vous croyez encore au conte de fées ?

              L’histoire est cousue de fil blanc, une dizaine d’explications données sur cette découverte, Gainsbourg avait déjà une réputation bien établie, le milieu du ShoxBiz ... Enfin, si cela peut vous faire plaisir d’avaler cette histoire à dormir debout. Aucune personne de son entourage ne l’aurait donc avertie, allons, ...

              Sur sa carrière, c’était l’époque des vedettes fabriquées comme on disait qui passaient de la plus grande célébrité à l’anonymat. Alors, un petit scandale bien gentillet ne fait jamais de mal, France Dimanche n’a pas sauvé Franck Alamo, ni Monty, ni Lucky Blondo et autres créations des maisons de disques.

            • Fergus Fergus 26 novembre 2016 16:45

              @ Aristide

              « un petit scandale bien gentillet ne fait jamais de mal »

              D’une part, il n’y a jamais eu de scandale autour des Sucettes.

              D’autre part, les maisons de disque - qui savent en effet user d’un scandale pour relancer tel ou tel artiste en perte de vitesse - n’usent de cette arme stratégique qu’au moment où c’est nécessaire. Or, une fois encore je vous répète que les disques de France Gall se vendaient comme des petits pains depuis son succès à l’Eurovision de 1965. Or, Les sucettes ont été enregistrées en mai 1966 et se sont immédiatement très bien vendues sans qu’il soit question du double sens de la chanson avant la fameuse émission d’Averty.

              Cela dit, croyez ce que vous voulez !


            • Abou Antoun Abou Antoun 26 novembre 2016 11:17

              Merci pour ce rappel Fergus !
              Je connaissais toute l’histoire.
              Juste en passant un petit coup de chapeau à France Gall.
              Au départ une petite minette sans grande envergure (période CloClo et Julien Clerc) mais avec un peu de talent. Et puis les épreuves de la vie, la maladie de sa fille, le décès de Michel Berger, le cancer, etc.. France n’a pas été épargnée par la vie. Mais elle a bien mûri, et c’est toujours avec grand plaisir que l’on écoute ses (très rares) interviews télévisées.


              • Fergus Fergus 26 novembre 2016 11:34

                Bonjour, Abou Antoun

                « France n’a pas été épargnée par la vie. Mais elle a bien mûri, et c’est toujours avec grand plaisir que l’on écoute ses (très rares) interviews télévisées. »

                Je suis d’accord avec vous. Merci pour votre commentaire.


              • Cadoudal Cadoudal 27 novembre 2016 02:03

                @Abou Antoun
                http://nouvellesdedakar.com/le-noflaye-beach/


                Passez la voir à l’occasion...

              • Hector Hector 26 novembre 2016 12:37

                Bonjour Fergus,
                C’est un très agréable rappel d’une époque aussi sucrée que ces fameuses sucettes. Je n’écoutais à cette époque que du rythm’n’blues et des chansons d’outre manche.
                Les « Yé Yé » ne nous affectaient pas et les « boum » n’étaient pas ponctuées par ces airs. Ce n’est qu’en vieillissant que j’ai redécouvert cet univers qui nous était totalement étranger à cette époque et sans intérêt.
                Mais merci de ce flash back.


                • Fergus Fergus 26 novembre 2016 13:04

                  Bonjour, Hector

                  Merci à vous. J’étais moi aussi nettement plus branché à cette époque par les Animals, les Beatles ou les Kinks.

                  Cela dit, on ne pouvait pas échapper sur les ondes aux productions yéyé hexagonales, surtout si l’on écoutait SLC (Salut Les Copains), ce qui était mon cas de temps à autre.


                • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 26 novembre 2016 12:56

                  Comme disait Boby Lapointe : comprend qui peut ou comprend qui veut.

                  Gainsbourg n’était pas toujours aussi prompt à la gaudriole, et, s’il aimait se moquer de la candeur de France Gall, il ne tolérait pas les « écarts » de jeunesse de Catherine Ringer

                  Gainsbourg était un bon musicien, un excellent arrangeur et parfois un poète de talent. Mais son personnage dans la vie pouvait être odieux, et son alcoolisme le rendait incontrôlable. Dommage que certains présentateurs aient utilisé ce travers pour faire monter leur audimat.

                  • Fergus Fergus 26 novembre 2016 13:08

                    Bonjour, Jeussey de Sourcesûre

                    Gainsbourg était tout cela à la fois, effectivement. Tout à la fois séduisant et insupportable.


                  • Abou Antoun Abou Antoun 26 novembre 2016 13:09

                    @Jeussey de Sourcesûre
                    D’accord avec votre appréciation de Gainsbourg. Un homme d’un certain talent (sinon un génie), qui a été reconnu et qui s’est détruit avec certainement des dommages collatéraux pour ses proches. Un gâchis !


                  • Tall Tall 26 novembre 2016 12:59
                    Salut Fergus
                     
                    Souvenir mimi ...

                    Je suis tombé récemment sur une perle de Serge qui date de 61 ..
                    Pas trop connue, c’était un 2e titre du 45T de la chanson de Prévert

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