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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 1972-2012. Célébration des chefs-d’œuvre du rock

1972-2012. Célébration des chefs-d’œuvre du rock

L’année 1972 fut incontestablement l’une des plus riches pour ce genre devenu classique et qu’on appela la rock music, l’épithète rock ne renvoyant aucunement aux dinosaures du rock’n roll des 50’s mais au côté musclé de ce genre musical qu’il fallait absolument distinguer de la pop. Eh oui, la pop-rock fut très prisée et même dans les bals populaires où orchestres amateurs se produisaient à l’occasion des fêtes de village, jouant des reprises de Satisfaction ou alors I’m a man de Chicago et bien entendu, l’incontournable Smoke on the water, le casse-tête pour toute une génération d’ado qui n’ont jamais su s’il fallait inviter une nana pour un slow langoureux ou alors la jouer djerk attitude. A dire vrai, et avec un peu de recul, ce morceau se prête tout aussi bien à une salsa, un tango ou même une valse, contrairement à Black dog du Zeppelin, morceau plein d’énergie mais lui aussi impossible à danser sauf après avoir fumé le chichon. Bref, Deep Purple ou Led Zeppelin, ce n’est pas du disco et pas plus de la pop. Après la fin des Beatles, les musiques dites amplifiées se sont séparées entre pop et rock. Mais la catégorie pop ne signifiant plus rien, elle fut reclassifiée en variété. Bref, quand vous écoutez Marcel Amont, Michel Sardou ou Claude François, c’est de la variété française. Abba, c’est de la variété internationale et comme on dit, mais pas du côté de chez Swann, Abba la variété !

1972 se situe au milieu de deux années charnières. Elle accomplit ce qui a été amorcé en 1969, année elle aussi riche en parutions. Jugez-en ! Le choc du roi Crimson, le premier Led Zep et l’emblématique Ummaguma du Floyd. En 1975, le feu s’éteint lentement. Genesis sort The lambs, album bien léché, pas mauvais, mais bien en dessous des trois précédents chefs-d’œuvre dont le fameux Fox Trot, l’un des plus grands disques de l’histoire du rock, paru en 1972. En 1975, c’est aussi le dernier feu d’artifice de Yes, avec le diabolique Patrick Moraz aux claviers. En 1975, la plupart des grosses pointures des seventies se sont éteintes. Mais Hawkwind a survécu plus qu’honorablement. Le champ médiatique était prêt à accueillir les sulfureux Pistols et la vague punk alors que le disco signait l’accomplissement de la décadence occidentale avec les années Carter et Giscard. Début 1976, quatre types mal peignés, crades, grimaçant, sapés de vêtements troués et raccommodés avec des épingles à nourrice, font la une de Rock n’ Folk. Le rock des seventies était enterré. Le punk devint le genre musical de ceux qui ne veulent pas apprendre à jouer d’un instrument et se moquent de Mike Oldfield. Selon les dires d’un spécialiste, Roger Daltrey, chanteur des Who, il n’y avait qu’un seul groupe à sauver ces années-là ; Clash.

Place maintenant à la célébration d’une douzaine de chefs-d’œuvre sortis en 1972.

Pink Floyd, Meddle. Leur meilleur disque incontestablement. Une transfiguration entre les égarements d’Ummaguma, les hésitations stylistiques d’Atom et le tournant commercial de Dark Side.

Genesis, Fox trot. Disque magique et envoûtant avec son mellotron très présent. Une musique aussi généreuse qu’une mer de Debussy

Led Zeppelin IV. Le meilleur album du groupe. Finement travaillé et très apprécié des fans de prog. Pas un morceau à jeter et aucun qui ne ressemble à un autre. Bien évidement, le légendaire Stairway qui lui se prête à un slow mais gare à ceux qui ne connaissent pas le morceau, il faut conclure avant que la musique ne se déchaîne.

Hawkwind. In search of space. Là aussi, un chef-d’œuvre et sans doute le meilleur album de ce groupe qui a su marier les synthés et le sax. Un disque inclassable au style parfois imité, jamais égalé. A noter l’emblématique Master of universe, morceau fétiche que le groupe continue à jouer sur scène quarante ans après l’avoir composé. Un peu comme Astronomy du Floyd.

Deep Purple. Machine Head. Pas de commentaire particulier. C’est leur meilleur album.

Yes, Close to the edge. Un disque d’anthologie qui pour les amateurs de prog est tout aussi essentiel que le premier signé du roi Crimson. Trois morceaux seulement mais quelle virtuosité, quelle densité. Steve Howe se révèle être l’un des meilleurs guitariste des seventies, avec Jimmy Page, Robert Fripp et l’incontournable Blackmore.

Van der Graaf generator, Pawn Heart. Disque incontournable. Jamais autant de subtilités sonores n’ont été concentrées en un seul album qui lui aussi, ne contient que trois morceaux. Encore plus subtil que Yes ou Genesis. Aussi incroyable que cela puisse paraître, on ne trouvera ni basse ni guitare sur ce disque où les cuivres sont tellement distorsionnés qu’ils en deviennent méconnaissables. En fait, il y a bien un peu de guitare avec un invité de marque, Robert Fripp. Désolé pour King Crimson absent de cette liste alors, leur chef-d’œuvre n’étant paru qu’en 1973 après une refonte complète de la formation.

Uriah Heep, Demon and wizards. Bon, je sais, ce groupe fait un peu ringard et il a mal vieilli mais il témoigne de la créativité de cette époque, marquant le genre du heavy prog, un genre pas toujours heureux.

Guru Guru, Kanguru. Il faut bien célébrer le rock allemand qui fut très présent et ne se contenta pas de suivre le rock british, innovant avec le krautrock, digne précurseur de cet électro qu’on nous sert dans les bars branchés et qui est souvent ennuyeux. Avec Guru Guru, on se délecte d’un rock basique mais très inventif. Pas de clavier mais au final, un résultat qui sonne plus comme un trio de rock classique que comme un groupe à morceaux. Très expérimental. Et surprenant. Le guitariste joue presque aussi bien que Hendrix.

Banco del mutuo soccorso, album éponyme et Darwin. Cette année 1972, le légendaire génie du prog italien sort son premier album puis dans la foulée un second, façonné comme un concept album et déjà, une trace indélébile dans le ciel du rock progressif. Banco, c’est du rock symphonique à l’italienne plus raffiné et inventif que Genesis. A noter la présence des frères Nocenzi, tous deux aux claviers, ce qui renforce inévitablement le côté symphonique.

Ange, Caricatures. Allez, on ne va pas se faire du mal. Il y a eu quelques productions intéressantes en France, même si ce pays, dirigé alors par une bande de vieux réac et doté d’une télé de daube vouée à la cause d’Eddy Barclay et Guy Lux, n’a pas brillé sur la scène rock. Ange, c’est du rock symphonique inspiré par les légendes du Moyen Age. Bien composé et bien servi par d’excellents instrumentistes.

Jethro Tull. Thick as a brick. Un seul morceau pour cette galette servie dans un journal papier. Il était impossible de contourner le facétieux et folk-rock Tull qui marqua aussi cette époque riche en productions musicales. Et c’est sur ce disque absolument génial et réussi que s’achève cette play list qui aurait pu inclure un ou deux groupes américains mais franchement, les Européens ont été largement supérieurs en imagination. D’ailleurs, les Américains ont beaucoup copié sur les Anglais depuis l’époque du psyché. Mais on leur doit le jazz, le roll et le blues. Et ce n’est pas Sir Mick, sujet annobli de sa royale majesté, qui le renierait.

Finalement, ces évocations font un peu madeleine de Proust. 1972, Pompidou à l’Elysée et les grèves lycéennes je ne sais même plus pour quoi. Je crois que c’était contre la suppression du sursis pour les étudiants qui voulaient finir leur étude avant d’aller perdre une année au service militaire. Allez, c’est promis, la prochaine fois, je vous parle du prog norvégien des années 2010.


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15 réactions à cet article    


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 mars 2012 11:59

    72,pas en rock,mais une grande claque,On the Corner,Miles Davis.


    • dawei dawei 2 mars 2012 15:18

      72 : sextant
      73 : headhunter
      74 : thrust
      d’HERBIE HANCOCK, de la bombe, dans le genre free jazz aussi !!

      74 : Up for the Down Stroke de George Clinton and the parliaments pour le funk !

      73 : Ralf Und Florian
      74 : Autobahn
      de Kraftwerk

      73 : Furur Days de Can

      73 : Over Nite Sensation de Franck zappa avec Jean Luc Ponty


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 mars 2012 15:43

      Que du bon ! A la gratte en ce moment pour moi c’est boulot sur le manouche et j’aborde le bop.Pas là d’en sortir !!! smiley


    • Il est revenu !!! 2 mars 2012 12:11

      Salut mon pote.

      Année 72, c’est très subjectif tout de même.
      Il y a bien d’autres années néanmoins, toutes aussi riches.
      Excellent article en revanche, quoique orienté. mais la passion l’aura emporté sur le recul.
      Bien à toi.

      John H.


      • Valeska 2 mars 2012 15:59

        1972 à 2010, vous allez sauter des étapes, même pas une toute petite ligne sur l’incontournable Dream Theater ? Trop récent pour vous peut être ? ^^


        • Micka FRENCH Micka FRENCH 2 mars 2012 17:58

          De l’Ecossaise..

          Pendant ce temps, aucun Français n’a pu décoller, le niveau musical étant trop faible, contrairement à l’Italie qui a donné Adriano Celentano. « Prinsencolinensinainciusol !!!! al rait » !!!!

          Micka FRENCH du Web


        • velosolex velosolex 2 mars 2012 16:57

          Bof....
          Ces pochettes ne sont plus pour la plupart que des grands cimetière sous la lune blanche, qui ne font plus émouvoir personne.
          Sauf quelques morts vivants, aficiendos de leur adolescence.
          De la guimauve sirupeuse à pleine bourre.
          Le temps ne fait pas de cadeau aux toquards.

          Ne reste que les artistes de jazz, miraculeusement indemnes, le rythm en blues, quelques albums de Dylan, Cohen, stones, beatles, zeppelin, le rock énergique et sincère, pas grand monde en fait à coté de ces méga orchestres vaniteux et boursoufflés qui prirent effectivement leur envol au début des années 70 pour se perdre dans un triangle des Bermudes, ou les synthétiseur avaient définitivement supplanté les musiciens.

          Qui n’a pas assisté à un concert de Klaus Shulze en 75 assis en tailleur à baillé, ne sait pas ce que c’est que de mourir d’ennui, en regardant un clone faire quelque chose qui ressemblait à de la musique, sur une colonne de synthés.


          • Bernard Pinon Bernard Pinon 2 mars 2012 17:04

            Une sélection de très bonne tenue, à laquelle j’ajouterai aussi  Ege Bamyasi de Can, pas leur meilleur album mais chef d’oeuvre quand même, et l’album blanc de Gérard Manset, disque culte jamais réédité.


            • Micka FRENCH Micka FRENCH 2 mars 2012 17:44

              De l’Ecossaise...

              «  »I’m a man« de Chicago » !!! Aïe !!!!

              Micka FRENCH sur le Web
              http://mickafrench.unblog.fr


              • Micka FRENCH Micka FRENCH 2 mars 2012 17:53

                De l’Ecossaise...

                * Ecoutez « SALISBURY » (prononcez saslbury) de Uriah Heep. Pas une ride. Du Jazz de classe.

                * J’ai réécouté « 21st Century SM » de Fripp. Mal vieilli. I,jouable sur scène.

                * Je pense que l’année 1966-67 est la plus révolutionnaire grâce à un certain guitariste gaucher inconnu en France.. Elle marque aussi la fin des Rolling Stones... hélas...

                Micka FRENCH du Web..


                • Pyrathome Pyrathome 2 mars 2012 18:11

                  Pink Floyd, Meddle. Leur meilleur disque incontestablement. Une transfiguration entre les égarements d’Ummaguma, les hésitations stylistiques d’Atom et le tournant commercial de Dark Side.

                  Ça, c’est votre point de vue....l’album « animals » est une quintessence !!
                  de plus, il n’a pas vieilli d’une ride...<< le cochon, le chien de garde et le mouton...>>
                  Mais en fait, dans les albums des Floyds ils sont tous bons, ils reflètent chacun un style dans leur genre....

                  Et puis vous oubliez un certain Vangelis ou Klaus Schulse ou Tangerine dream et non des moindres....


                  • Radix Radix 2 mars 2012 21:56

                    Bonsoir

                    Pour mon goût ; le meilleur album de Deep Purple est l’album illustré d’une peinture de Jérôme Bosch.

                    Radix


                    • gordon71 gordon71 3 mars 2012 07:26

                      sympa la sélection 


                      peut être quelques liens auraient été sympas pour les gamins qui ne connaissent que le clône télévisuel de Bob Zimmermann (j’ai déjà oublié son nom)

                      un morceau culte pour moi SOON


                      • Thomas 5 mars 2012 22:12

                        Et 40 ans plus tard, Ange tourne toujours :
                        http://www.2dtour.com/index.php?page=6&gid=57

                        Le groupe a pris un coup de jeune, mais c’est toujours Christian Décamps qui chante.


                        • roujan 9 mars 2012 13:22

                          Je comprend pas cet article. Il commence comme suit : « L’année 1972 fut incontestablement l’une des plus riches pour ce genre devenu classique et qu’on appela la rock music, l’épithète rock ne renvoyant aucunement aux dinosaures du rock’n roll des 50’s mais au côté MUSCLÉ de ce genre musical qu’il fallait absolument distinguer de la pop ». (le mot clé est ’MUSCLÉ’)

                          Et dans la liste des albums il y a Pink Floyd et leur album ’Meddle’, Genesis et leur album ’Fox Trot’, Yes et leur album ’Close To The Edge’. 

                          En quoi ces albums et même ces groupes ont-ils été musclés ? Le Rock c’est une musique. Ce n’est pas parce-que les membres d’un groupe ont les cheveux longs que c’est un groupe de Rock. Ni Pink Floyd, ni Genesis, ni Yes n’ont jamais été des groupes de Rock.

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