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« 24 heures de la Vie d’une Femme » avec Catherine Rich au Théâtre du Petit Montparnasse

Dans une pension de La Riviera, un scandale éclate au sujet d’une femme mariée qui part brusquement pour suivre un français plein de charme, sans le connaître, en abandonnant ses enfants.

Cette femme est condamnée par l’ensemble des convives de l’hôtel sauf un qui lui apporte un soutien approbateur. Ce dernier agirait-il, simplement par provocation des bonnes moeurs ? Une vieille anglaise Mrs C., intriguée par cette troublante compréhension, va peu à peu s’apprivoiser cet homme et lui révéler, au fur et à mesure de son attention bienveillante, une histoire fort similaire.

En devenant le confesseur d’une âme féminine en proie à un sentimentalisme exacerbé, celui-ci sera, en tant que narrateur du récit, le récipiendaire d’une confidence douloureuse.

Tel un psychanalyste, son écoute va permettre l’accouchement d’un passion camouflée, enfouie comme un secret inavouable.

Telle une toile qu’un fin pinceau créerait devant nous, cette révélation se fera par touches délicates et avec une précision minutieuse pour découvrir l’intensité de l’aveu où apparaîtra l’élan de son coeur pour un jeune homme de vingt-quatre ans alors qu’elle en avait quarante à l’époque.

Ce sont des mains de joueur, aperçues au casino, excitantes et sensuelles, décrites avec d’infinis détails qui ont contribué au coup de foudre entraînant la jeune femme hors des codes de son milieu.

Elle croira au partage de réels sentiments d’affection, en voulant protéger cet être vulnérable des affres de la détresse qu’engendre la perte au jeu d’argent.

Cependant, après avoir succombè à la séduction, elle sera déçue par le comportement brutal de cet homme qui retournera à son addiction.

En cachant désormais ce souvenir lancinant à l’égard d’une passion inassouvie, elle se sentira à la fois coupable d’une fusion avec l’absolu et victime d’un destin contrarié.

La narration était une nécessité affective pour libérer l’héroïne du poids des conventions.

Par le jeu en miroir du double récit, celui récent de la fuite de Mme Henriette permet un retour dans le temps pour Mrs C. en lui offrant de transformer l’opportunité d’une anamnèse en désir de résilience.

Habillée d’une élégante robe écrue et moulante dessinée par Pascale Bordet et dans une mise en scène très sobre de Marion Bierry, Catherine Rich, subtile, fine et parfois malicieuse est cette femme silencieuse et repliée qui, mise en confiance, dévoile ces 24 heures ayant bouleversé ses sentiments et son regard sur l’Amour.

Une libération par la parole supervisée par son partenaire Robert Bouvier avec une délicatesse raffinée comme une confidence sacrée, à la manière d’une correspondance épistolaire qui pourrait rappeler une autre courte nouvelle de S. Zweig "lettre à un inconnu"
 
Photo © Lot
 
24 HEURES DE LA VIE D’UNE FEMME - ** Theothea.com - de Stefan Zweig - mise en scène : Marion Bierry - avec Catherine Rich & Robert Bouvier - Théâtre du Petit Montparnasse -
 


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1 réactions à cet article    


  • Mirabelle 8 janvier 2009 21:19

    Merveilleux Stefan Zweig. Mes premiers veritables emois litteraires, une passion, une beaute, une tragedie... Dommage que je sois si loin, ca doit etre magnifique...

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