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« 3 lits pour 8 » débordés en règle de l’Art par Jean-Luc Moreau

Le titre original «  Bedroom farce  » n’est guère plus explicite que «  3 lits pour 8  » car l’enjeu de cette pièce comique est autre ; celui-ci est quasiment existentialiste !

En effet, assister en direct à la désagrégation de trois couples jusque-là sans histoire, parce qu’un quatrième ne parviendrait à un semblant d’équilibre qu’en semant la dévastation autour de lui, çà c’est vraiment du vécu, en temps réel !

D’ailleurs, davantage que six de leurs proches, c’est l’ensemble des invités d’une soirée qui vont rapidement déserter les lieux après avoir subi, peut-être préventivement, les foudres de ce cataclysme force 10 que Natacha & Antoine sont censés déclencher par leur seule présence conjointe.

Ceci dit, bien que leur réputation ne soit plus à faire, il y aurait toujours de nouveaux candidats pour tomber dans les mailles du filet qui se tisse inexorablement chaque fois qu’Antoine est consterné des dégâts qu’il provoque à son insu et que Natacha se sent abandonnée par les pulsions libidinales de son compagnon.

C’est leur façon de vivre à eux deux que de contraindre les autres à s’intéresser à leur cas perso, obligeant ainsi autrui à prendre position active dans les méandres contradictoires de leur couple qui se régénèrerait en proportion des dégâts induits.

Jean-Luc Moreau ayant joué ce rôle d’Antoine, il y a 30 ans, lors d’une première adaptation par Victor Lanoux, boit aujourd’hui du petit lait à la faveur de l’opportunité qui lui est offerte au Théâtre Saint-Georges, de monter cette pièce d’Alan Ayckbourn avec une distribution correspondant à ses propres affinités électives.

A l’instar des psychanalyses de Freud exposées en des cas d’école à l’intention des futures générations d’analystes, ce «  Bedroom farce  » pourrait fort bien servir de matériau brut à une généalogie théâtrale convaincue que l’effet miroir relationnel a la vertu de contraindre le spectateur à choisir son camp, celui de l’observation attentive des forces en présence, forcément distanciée par l’humour ou, a contrario, celui de leur déni radical.

A lui seul, le comportement délibérément lascif de Pierre-Olivier Mornas a le don de mettre les pendules à l’heure du Tsunami annoncé en provenance des forces obscures de l’inconscient alors que l’hystérie autorégulée tant bien que mal par Marie Montoya en assurerait les atours du rejet conjugal simulé.

Une mécanique bien huilée… à l’image de celle de bien des amoureux dans le monde !

visuel affiche

3 LITS POUR 8 - ***. Theothea.com - de Alan Ayckbourn - mise en scène Jean-Luc Moreau - avec Bernard Alane, Jean-Christophe Barc, Annick Blancheteau, Juliette Meyniac, Marie Montoya, Pierre-Olivier Mornas, Mathilde Penin & Dimitri Rataud - Théâtre Saint-Georges


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3 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 18 février 2013 11:34

    Bonjour, Theothea.

    Mon épouse et moi avons vu cette pièce au théâtre Saint-Georges et, disons-le tout net, nous l’avons trouvée médiocre, à l’image des spectateurs avec qui nous en avons discuté ensuite. Certes, il y a de l’animation et quelques sympathique trouvailles de mise en scène, mais l’ensemble manque cruellement de ce fond qui, même pour une pièce de boulevard, est indispensable au succès. Dommage !


    • Fergus Fergus 18 février 2013 11:36

      J’ajoute toutefois, mais cela ne suffit pas à sauver la pièce, que Mornas y est excellent.


    • Dwaabala Dwaabala 19 février 2013 01:10

      Pour actualiser le problème, il aurait peut-être fallu mettre en scène des couples lesbien, gay, bi et trans. Le nombre est respecté et l’affaire doit pouvoir tourner.

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