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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > 30 ans après l’URSS : la Nouvelle Propagande anti-russe (...)

30 ans après l’URSS : la Nouvelle Propagande anti-russe hollywoodienne

"Les Russes" font d'excellents méchants dans James Bond, et pas que dans James Bond puisqu'ils continuent de servir - plus généralement avec leurs camarades slaves d'Europe orientale - de raclures truandes, par exemple dans xXx ou tel Fast'n furious. On aurait pu les étudier, mais c'est un film avec des vedettes plus communes (Charlotte Rampling, Jeremy Irons ... ) que j'ai préféré : Red Sparrow.

C'est incroyable. Le film ne vaut pas grand'chose, mais il réactive des poncifs antirusses. La Russie était l'autre de l'Occident avant 1990, c'est-à-dire sa meilleure ennemie et sa pire amie. A la chute du mur de Berlin (1989) et celle du bloc de l'Est (1991), on a cru que c'était fini. D'ailleurs, la Russie est aujourd'hui un pays capitaliste. Mais il n'est pas sûr que l'URSS n'a pas fait de capitalisme d’État, au contraire. Nous avons nos GAFAM aujourd'hui, et Facebook avec sa monnaie, entreprises de dimensions étatiques. C'est du pareil au même, non ?


Source développeur
L'Armée Rouge encerclant Lady Liberty.

 

En deux mots

Red Sparrow met en scène la Russie contemporaine. L'oncle de l'héroïne travaille pour les services secrets. Salace devant sa beauté, c'est le salaud-malin de base. Il profite de la faiblesse financière de sa nièce pour l'enrôler dans une mission à caractère sexuel. Durant cette mission, elle voit trop de choses pour ne pas être recrutée ou éliminée. Évidemment, elle choisit le recrutement.
Pendant ce recrutement, les recrues doivent réaliser des choses à caractère sexuel. C'est le truc des Red Sparrow (moineaux rouges). Entre autres, la nudité publique, sous l'égide d'une matronne russe. Notre héroïne ne se laisse pas faire, rebelle, et comme par hasard son indiscipline est prise pour du tempérament. Elle faisait preuve de compétence, vous comprenez, sinon il n'y aurait pas eu de film.
Elle est envoyée pour sa première mission : séduire un gentil Américain, soupçonné d'être un espion. Comparé à l'ambiance russe malsaine, l'Américain est enfantin et doux. Il a la chance de pouvoir prendre des initiatives invraisemblables pour un espion. L'héroïne finit par lui faire l'amour avec des sentiments. Mais l'Américain sait que c'est une espionne russe. Elle veut jouer les agents-doubles, et l'Américain croit sa sincérité de traîtresse. Hélas, les agents-doubles sont toujours à craindre, avec du bon sens, puisqu'on ne sait pas pour qui ils roulent, mais là ça va. Elle aime sa mère personnelle, pas sa mère-patrie !
De ce côté le film ne réserve pas de surprise. Il en réserve une sur la fin, qui ne le rend pas insupportable à regarder. Et puis les acteurs sont connus. Le récit est soigné.

 

Un film manichéen de propagande

Mon résumé suggère déjà des éléments. Tout est fait pour que l'Occident semble jovial. Cette jovialité est prise pour la liberté, alors qu'elle est très immature et insensée en termes de risques. C'est un film de propagande !
La Russie actuelle est dépeinte comme une prison qui ne dit pas son nom. Par contre, ses méchants sont niais et ne voient rien venir, alors que l'héroïne est régulièrement douteuse avec eux. Et novice, il ne faut pas l'oublier !
"Le Russe" incarne tous les travers du machisme : c'est un repoussoir pour la femme en général comme l'homme occidental en particulier. Mais "la Russe" n'est pas en reste : elle incarne tous les travers du cliché de la femme soumise à son mari.
C'est un film de propagande, car il est manichéen. Même si la trajectoire de ses protagonistes l'est moins, ce qui ne le rend pas insupportable à regarder. Le fond est manichéen. Et remarquez comme l'opération a toujours été la même, avec toutes les autres races ou nations de la Terre : on récupère "la Noire", "la Beur", etc. en laissant leurs confrères sur le carreau, afin d'humilier le masculin à dessein.

 

Une femme bad ass

L'héroïne incarne le stéréotype d'une femme batailleuse, capable d'user de tous les stéréotypes d'atouts féminins (charmes, affûts, abus de confiance, tromperies). Comme d'habitude, en fait, il s'agit d'une démonstration de force (d'une performance). Il n'y en a que pour la performance, peu importe le sexe ou le genre au cinéma.
Dans le scénario, c'est légitimé par le manichéisme bien sûr. Il faut "écraser l'infâme !" Mais sans esprit.

C'est quelque chose que l'on remarque de manière générale avec la paritarisation dans le monde occidental (votre serviteur est avant tout post-féministe paritariste en ce qui le concerne, philosophiquement parlant, c'est-à-dire hors politique de quotas ou discrimination positive, au-delà du féminisme qui convoque finalement un sexe à l'heure du genre, encore qu'il reste différentialiste biologiquement en ce paritarisme post-féministe) ... je voulais dire que l'on remarque deux choses sur le fond :

1. Les concurrentialisme et mimétisme femme > homme, où il faudrait que la femme soit aussi voire plus capable que l'homme en tout, ce qui est différentiellement dubitable encore qu'il existe des tactiques et des méthodes permettant de se concurrencer diversement. C'est-à-dire que tant qu'il y a besoin de concurrence, il n'y a pas liberté d'esprit, à savoir libération réelle ("l'émancipation de la femme", c'est in fine une délivrance spirituelle apaisée) ;
2. Que, pour le meilleur et pour le pire, "la femme" (qui n'existe pas en soi, pas plus que "l'homme") - disons des femmes ont les mêmes travers que des hommes.
Le genre de travers depuis lesquels raisonne débilement tout le "féminisme transgenre" contemporain, littéralement règne de la sottise à l'état pur (par exemple à déconstruire le genre tout en valorisant les caractères féminins sur la base d'une hostilité aux caractères masculins imputés à l'héritage).

Les héroïnes, généralement, bénéficient des mêmes effets de manche scénaristiques que les héros ; alors je remercie le féminisme en général, de m'avoir ouvert les yeux là-dessus car, en effet, tant que c'étaient des hommes, j'avais tendance à me complaire dans ce mauvais cinéma que je ne supporte plus aujourd'hui : mauvais, non au titre du masculinisme, mais du crétinisme dont les héroïnes font autant preuve !

 

 

 

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22 réactions à cet article    


  • Abou Antoun Abou Antoun 30 juillet 2019 17:43

    Hollywood a toujours été un outil de propagande gouvernementale étasunien. L’histoire continue.

    Les USA, plus précisément le complexe financiaro-militaro-industriel qui les contrôle, pour poursuivre la politique hégémonique, et les dépenses militaires faramineuses a besoin d’ennemis. Rien d’étonnant donc à ce que la Russie, et à un degré moindre la Chine soient démonisés. En outre cette image négative est vendue (imposée) à l’Europe otanisée.

    Hollywood, continue à faire le job commencé il y a déjà un siècle. Rien de nouveau sous le soleil.Ce qui est nouveau c’est la connerie européenne.

    Cinéma et propagande aux Etats Unis


    • Ariovis Venamis Ariovis 30 juillet 2019 18:29

      Bien entendu, restons alertes.


    • tobor tobor 30 juillet 2019 22:10

      En science-fiction les russes ont instantanément pris le relais de l’URSS en tant que concurrents de l’espace (Il y a aussi l’Europe, la Chine, le Japon, l’Inde). Il ne s’agit plus de la même diabolisation anti-communiste, au contraire, celle qui avait cours se doit généralement d’être lavée ou d’en avoir l’apparence : Une charmante stagiaire russe qui n’est même pas une espionne ou un scientifique un peu froid mais dévoué. C’est plus indirectement qu’il y a toujours plein d’objets à leur charge.
      Par exemple, dans « Gravity », les accidents en chaîne qui se produisent découlent d’une maladresse des russes. Il est donc indirectement signifié que les russes sont irresponsables et en possession de moyens qui les rendent dangereux.
      Rien de diplomatique n’est significatif dans ce block-buster et le scénario avait le choix de la cible, jusqu’à celui de faire endosser la faute à la nasa...
      .
      L’army est partie prenante à Hollywood et un sponsor incontournable, à coup sûr là où on trouve du matériel militaire. Ce sponsor s’octroie le droit de remanier le récit, de remplacer une réplique ou une scène. Ça uniformise un peu tout !
      ( http://triangle.eklablog.com/la-cia-a-hollywood-a126350000 )


      • Ariovis Venamis Ariovis 31 juillet 2019 08:07

        Je ne sais pas pour les retouches scénaristiques, mais sinon oui.


      • tobor tobor 30 juillet 2019 22:34

        Marrant comme on comprend la psychologie de mrantoinedaniel (auteur de la vidéo) dès les 10 premières secondes. Il ne se rend pas compte du ridicule de sa situation ! Son personnage est surfait et cabotin avec un nombrilisme de type macronnien et il nous présente au compte-goutte sa compilation de conneries en redoublant à chaque fois lui-même de connerie. Consternant et pathétique.


        • Ariovis Venamis Ariovis 31 juillet 2019 08:06

          Antoine Daniel a cessé de produire ce type de vidéos quand il a compris leur succès immérité. il fait parti des « pionniers de YouTube » mais aussi de ceux qui renoncèrent à ces facilités. Donc il a commis des erreurs de jeunesse que tout le monde aurait pu commettre. Vous enfoncez des portes ouvertes sans pitié, c’est risible Tobor. Car sa vidéo, contrairement au macronisme, se veut d’emblée sans conséquence et s’assume comme telle. C’est un moment de détente, un vidéo gag, rien d’autre. Vous par contre, vous prenez tout avec la gravité d’un pro-russe idéologique.


        • tobor tobor 31 juillet 2019 12:11

          @Marzhin Tavernier
          Je m’en tape des russes pour ce commentaire.
          Je trouve juste son humour à chier et son intro avec sa tronche au lit ainsi que l’aventure de sa mise en route matinale d’un ridicule consternant. Le rythme de placement et le niveau de ses feintes me le rend insupportable.
          Vous dites vous même que le mec a compris qu’il se montrait nul, ce que je relève.


        • Ariovis Venamis Ariovis 31 juillet 2019 17:59

          Vous relevez ce qui vous chaut. Le mec a stoppé quand il a vu que tant de personnes prenaient ça au pied de la lettre, c’est tout, alors qu’il prévenait que ce n’était pas représentatif. C’est un bonhomme.


        • Hervé Hum Hervé Hum 31 juillet 2019 09:20

          La Russie était l’autre de l’Occident avant 1990, c’est-à-dire sa meilleure ennemie et sa pire amie. A la chute du mur de Berlin (1989) et celle du bloc de l’Est (1991), on a cru que c’était fini.

          Et pourquoi, selon vous, cela ne peut pas être fini ?


          • Ariovis Venamis Ariovis 31 juillet 2019 18:02

            Vous allez nous le dire.


          • Hervé Hum Hervé Hum 1er août 2019 10:21

            @Marzhin Tavernier

            après vous !


          • zygzornifle zygzornifle 31 juillet 2019 09:38

            Il n’y aurait pas les Russes on se ferait bien chier a Hollywood .....


            • Ariovis Venamis Ariovis 31 juillet 2019 18:03

              C’est une façon de voir les choses.


            • zygzornifle zygzornifle 31 juillet 2019 09:39

              L’héroïne incarne le stéréotype d’une femme batailleuse, capable d’user de tous les stéréotypes d’atouts féminins (charmes, affûts, abus de confiance, tromperies).

              Elle s’appelle pas Macron cette femme ? ....


              • Ariovis Venamis Ariovis 31 juillet 2019 18:03

                Je ne me souviens plus de son nom dans le film. Ce n’est pas utile.


              • Traroth Traroth 31 juillet 2019 14:38

                En 2003, lorsque la France s’est opposé à la guerre en Irak, Hollywood a multiplié les films dont les méchants étaient des français, comme « Master and Commander », avec Russel Crowe. Dans « SWAT », avec Samuel L. Jackson, ils sont allés jusqu’à inventer une mafia française à Los Angeles...

                Et comment ne pas repenser à la précédente période de tension avec l’Iran qui a « coïncidé » avec la sortie de « 300 », avec son méchant roi perse ?


                • Ariovis Venamis Ariovis 31 juillet 2019 18:06

                  Cela s’appelle de l’ingénierie culturelle.


                • Destouches_ 31 juillet 2019 15:13

                  Quelques perles du cinoche amerloque raciste anti-fronçais de cette période :

                  Arrête moi si tu peux, avec la mère française, alcoolique et infidèle, les flics français sont débiles et nos prisons pleines de rats...(Spielberg a comme une aversion crasse pour l’hexagone, c’est comique)

                  les frères grimm, où les français sont de vilains occupants aigris, vulgaires, pathétiques et violents

                  chocolat, l’inénarrable et incontournable film progressiste, avec tous les poncifs anti homme ; blanc ; français ; catholique ; sédentaire


                  • Ariovis Venamis Ariovis 31 juillet 2019 18:08

                    J’imagine toutefois que d’être identifié, d’une manière ou d’une autre, dans un film et n’importe où nous rend plus sensible à notre image.


                  • popov 1er août 2019 15:07

                    @Marzhin Tavernier

                    La presse britannique vient d’identifier la dernière arme secrète du Kremlin.

                    Il y a un an, l’Estonie avait déclaré ce dessin animé une « menace pour la sécurité nationale ».

                    Pour ceux qui ne connaissent pas.


                    • Ariovis Venamis Ariovis 1er août 2019 19:40

                      Merci pour le partage ! smiley


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