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47, le théâtre pour la mémoire

La pièce de théâtre 47 montée en septembre 2008 à Antananarivo et aussitôt présentée pour la première fois en France, s’est vue interdite de représentation par la Direction des Affaires Etrangères dans les centres culturels français de l’Afrique australe et de l’Océan Indien. Cette censure d’Etat inattendue a fait du bruit, d’autant plus que raviver la mémoire de cet épisode s’avérait indispensable aux yeux des intellectuels qui s’expriment encore aujourd’hui autour de la colonisation.

Deux ans plus tard, dans le cadre de la commémoration des indépendances et notamment celle de Madagascar, 47 revient sur les scènes françaises. La pièce a été représentée dans trois théâtres de la Seine-Saint-Denis depuis le 18 mars. Du 31 mars au 3 avril, on peut encore la voir au théâtre l’Echangeur de Bagnolet.

Si la pièce dérange, c’est sans doute parce que Jean-Luc Raharimanana et Thierry Bédard rentrent dans le vif du sujet, sans tabou. Elle interroge le rapport à l’Histoire, surtout les rapports entre colons et colonisés, douloureux et complexes. Sur scène, l’ambiance est plutôt intime. Deux acteurs respectivement malgache et français, Sylvain Tilahimena et Romain Lagarde, traduisent ces rapports en alliant mots et gestes. Sans détour, ils racontent l’insurrection et sa répression, secondés par des archives photographiques, mais aussi sonores. Au delà du récit – car la pièce ne se veut pas spécialement historique – ils dénoncent le silence qui pèse sur les exactions et massacres commis en mars 1947, suivis d’années de négation. La violence des faits, entre haine, peur, soif de liberté, de vengeance, transparaît dans les monologues de l’acteur malgache, qui tantôt hurle, tantôt pleure sur scène. Les questions autour de ce soulèvement reviennent dans le bouche des deux acteurs. Que s’est-il vraiment passé ? « Ma mémoire demande des comptes à la mère-patrie », dit l’acteur malgache au début du récit. Le « tabataba » (les troubles), comme l’appellent les Malgaches, a été occulté par les mémoires collectives aussi bien du côté malgache que du côté français. Le peuple malgache a besoin de la vérité, essentielle pour la construction de son avenir.

 

47, L’Echangeur de Bagnolet du 31 mars au 3 avril.

 


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Léna


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