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89 ans pour la grand-mère du crime !

Elle a 89 ans, et Lilian Jackson Braun est toujours d’attaque pour ses livres policiers, mettant en scène un homme d’âge mûr et deux chats pour résoudre les crimes les plus extravagants

Née en 1916, Lilian Jackson Braun s’est très vite lancée dans l’écriture. Pendant ses études à Detroit, elle écrivait des spoems, poèmes sportifs consacrés au base-ball dans un quotidien local puis dans plusieurs journaux nationaux. Elle envisagea une carrière dans l’enseignement, pour finalement se tourner vers la publicité et la communication, ce qui la rapprocha du monde de la presse. Ainsi, pendant vingt-neuf ans, elle s’occupa de la rubrique « Décoration intérieure » du Detroit Free Press. C’est pendant cette période que Lilian Jackson Braun écrivit ses premières nouvelles félines publiées dans le Ellery Queen’s Mysteries Magazine.
En 1966, elle publia le premier livre mettant en scène les aventures de Jim Qwilleran, Le chat qui lisait à l’envers. Malgré l’engouement du public, elle interrompit la série, pour ne la reprendre qu’en 1986, avec Le chat qui voyait rouge.

Avec Le chat qui jetait des peaux de banane, elle signe son vingt-huitième ouvrage.
Lilian Jackson Braun a également publié deux recueils de nouvelles, Short and Tall Tales (2002) et The Private Life of the Cat Who... (2003), à paraître en 10/18.

A noter que tous les titres de ses ouvrages commencent par « Le chat qui » ou « The cat who... », et que les couvertures sont toujours des détails d’œuvres représentant des chats dans des situations humaines.

Le personnage principal est Jamesay Qwilleran, dit Qwill ou encore Mr Q.

Ancien journaliste et auteur d’un ouvrage sur la criminalité dans les grandes villes, Qwilleran a perdu son emploi à cause de l’alcool et d’un mariage malheureux.

Quand la première histoire débute, dans Le chat qui lisait à l’envers, écrit en 1966, notre héros recommence doucement sa carrière, avec le journal Daily Fluxion, comme critique d’art, lui qui « ne distinguerait pas la Vénus de Milo de la Statue de la liberté. »

A la fin du livre, il se retrouve maître d’un persan appelé Kao K’O Kung, surnommé Koko, un chat un peu spécial qui, de temps en temps, lit dans les pensées des gens, sait lire, devine quand un meurtre va être commis, et ne mange que de la nourriture de luxe.

A la fin du deuxième livre, Koko est accompagné d’une Yom Yom. A eux trois, ils combattent le crime.

Lorsque le cinquième ouvrage sort, l’histoire prend une nouvelle direction : Qwilleran, toujours en manque d’argent, va se mettre au vert dans une petite ville, Pickax, dans le comté de Moose, situé à 600 km au nord de partout (petite phrase qui débute très souvent le livre). Il va vivre dans un chalet qui appartient à une vieille amie de sa mère.

Et là, surprise : elle meurt et lui laisse une fortune considérable. Mais à une seule condition : qu’il s’installe dans cette ville où, croirait-on, il ne se passe jamais rien.

Qwilleran accepte, et le voici plongé dans vingt-deux autres nouveaux récits.

On croise des personnages qui vont et viennent, qui sont présents dans tous les tomes, qui changent de boulot, qui se marient, qui tuent, qui sont victimes... Comme si on retrouvait toujours la même bande de potes.

Mais attention, Mme Braun a une manière très stricte de voir l’écriture : Qwilleran vouvoie ses amis, il a toujours des manières très policées, bref, il correspond à l’image typique d’une vieille dame anglaise sur laquelle le temps n’a pas prise.

Cela n’empêche en rien la présence, de temps en temps, d’un certain humour :

« - Mon nom est Toodle, dit la femme, sur un ton amical. Puis-je faire quelque chose pour vous Mr.Qiou ? (...) Êtes-vous prêt à faire Miam-Miam ?

Avant de quitter la chambre, la carafe à la main, elle ajouta :

- Vous avez la commodité d’une salle de bains.

Commodité. Miam-Miam .Toodle. Ces mots étranges n’avaient aucun sens. Le vieil homme à barbe blanche lui avait dit qu’il avait la fièvre scarlatine. Maintenant cette femme lui annonçait qu’il avait la commodité d’une salle de bains. Cela ressemblait à l’annonce d’une maladie embarrassante. » (Le chat qui jouait au postier)

Oui, les personnages ont des manières un peu rétro, mais les intrigues sont ingénieuses.

Malgré, peut-être, un certain relâchement, dans ce dernier livre, où on s’aperçoit qu’il n’y a ni résolution d’un crime, ni, en fin de compte,

vraiment d’histoire.

Mais les personnages sont tous là, fidèles à eux-mêmes, et on peut s’incliner chapeau bas devant cette dame de 89 ans, dont on ne parle pas beaucoup, malgré son talent, et qui nous fait toujours passer de bons moments.


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3 réactions à cet article    


  • Thally (---.---.114.147) 8 avril 2006 11:29

    J’aime beaucoup les livres de Lilian Jackson Braun mais j’aimerais pouvoir mieux situer Pickax dans son environnement et la ville elle-même si l’auteur pouvait nous donner des précisions (voire des cartes ou schémas)... En tout cas bravo et j’attends avec impatience le prochain titre.


    • Thally (---.---.114.147) 8 avril 2006 11:31

      J’aime beaucoup les livres de Lilian Jackson Braun mais j’aimerais pouvoir mieux situer Pickax dans son environnement et la ville elle-même si l’auteur pouvait nous donner des précisions (voire des cartes ou schémas)... En tout cas bravo et j’attends avec impatience le prochain titre.


      • nathalie (---.---.101.253) 3 avril 2007 15:05

        Je devore les romans de lilian.. Surtout parcequ’ils campent une façon de vivre qui me fait rever.. Je voudrais entrer dans les histoires du chat et vivre à l’interieur. Si pickax existe, je prepare mes valises !

        Je n’ai qu’une chose à dire : longue vie à Lilian !

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