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A Avignon tout ne tourne pas si rond

L’envers du décor du festival off d’Avignon

Dimanche 30 juillet s’est terminé le festival off d’Avignon. Tout avait commencé il y a presque un mois...

Une nuit magique, des phénomènes étranges à la Tim Burton s’étaient produit :
La multiplication des théâtres (pendant le mois de juillet Avignon compte 100 théâtres contre seulement une petite vingtaine pendant l’année).
Des milliers d’affiches ont poussées sur les murs de la ville.
Plus de 800 spectacles pendant trois semaines
De la culture à tous les coins de rue, ça semblait merveilleux.

Et puis j’ai vu, des artistes ont expliqué que le festival n’est beau que si l’on croit au père Noël.
Rien ne sert de jouer, il faut payer ! Les théâtres sont en quelque sorte des agences immobilières. L’art en vaut la chandelle. La location d’un créneau horaire revient au minimum à 3000 euros et cela peut monter jusqu’à 15000 (un théâtre dispose souvent d’au moins 8 créneaux horaires dans une journée, les comptes sont bons !). Et puis il y a l’hébergement, ou de la sous-location a des prix parisiens coté quartier chic.

Le rêve s’est transformé en cauchemar. Selon le rapport Brunsvick (rapport du ministère de la culture et de la communication) la moitié des troupes ne reviennent pas d’une année sur l’autre. Voir Avignon et partir.

Selon une enquête Vivant mag (Vivant mag est une revue professionnelle dédiée au programmateurs) seulement une vingtaine de compagnies rentrent dans leurs frais. Les comédiens sont t-ils masos ?

Non, mais Avignon est un immense vide grenier culturel ou le prix de l’emplacement n’est pas donné. Il s’agit de marchander des spectacles à des programmateurs. Vendre leur spectacle est l’objectif numéro d’une grande majorité de compagnies. Ainsi pour être accueilli comme un pape lors du prochain festival, faîtes-vous passer pour un programmateur !

Des artistes s’arrêtent même de jouer, faute de spectateurs. Cela peut se révéler être un mal pour un bien. Ils arrivent ainsi à être plus productifs car ils ont plus de temps (plus de tractage pendant des heures) pour des rencontres (professionnelles évidemment). D’autres s’en vont tout simplement.

Avignon est ainsi la plus belle scène de France pendant trois semaines tout comme les Champs Elysée la plus belle avenue du monde !!!

De toute façon, l ’important c’est de participer.

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4 réactions à cet article    


  • Sylvio (---.---.161.167) 3 août 2006 12:03

    Merci pour ces infos, je ne connaissais pas cet envers du décors. J’aimerai bien savoir si le prix de vente des places a augmentées en parallèle.

    J’habîte Avignon et je vais souvent au festival pour les spectacles de rues, le marché des artisans, les pièces du festival OFF...

    La maire en place est en train de transformer cette manifestation populaire en évenement snob pour l’élite politico-parisienne avec leur vision de la culture bon chic bon genre :

    - les spectacles de rue ne sont autorisées que sur autorisation spéciale accordée par la mairie... Hors c’est justement ces spectacles un peu partout dans les rues le jour ou la nuit qui faisait le succés populaire du festival. Des danceurs, des magiciens, des clowns, des mimes, des théatres de rues, des jongleurs, etc. Mais bien sûr le break-dance ou les jongleurs avec des rasta ça fait mauvais genre.

    - Le marché des artisans est réduit d’années en années (80 exposants cette années contre 120 l’année dernière). La mairie menace depuis l’année dernière de le déplacer à 10km du centre, au palais des expos (où il n’y a personne) et de le rendre payant... La mairie a également considérablement augmenté le prix des emplacements réservé aux vendeurs. Evidement, les marchands africains, les vendeurs d’objects décoratifs orientaux, ça fait pas très « fric et chic »... Les boutiques Gucci et Dior sont quand même plus « intéressantes »...

    Voilà le festival est réservé au théâtre et rien qu’au théâtre. Pour l’accès à la culture, merci de s’en tenir à ça et prière d’acheter son ticket (à partir de 15€). Un jour, Avignon sera vide pendant le festival, il n’y aura plus que de longue queue devant les théâtres. D’ailleurs il parait que cette année, le festival n’a pas eu le succès escompté...

    Avignon, « ville européenne de la culture » où hormis ce festival et le petit festival du cinéma euro-américain, c’est le néant culturel... Habitant Grenoble auparavant, je suis déçu, à Grenoble, il y’a avait foule de concerts gratuits, de spectacles dans les parcs tout au long de l’année.

    Et au fait (je ne dis pas ça pour l’auteur mais pour info) on dit « A Avignon » et pas « En Avignon » : plus exactement : « A Avignon » quand on parle de la ville, « En Avignon » quand on parle de la région qui a le même nom que la ville.


    • (---.---.232.156) 3 août 2006 12:42

      Le cuculture comme en Avignon, ce sont des zinzins élitaires qui se démènent pour faire se pâmer des zinzins élitistes.

      Il ferait beau voir que ce soit aux frais du contribuable, ce Français moyen, que les cucultureux méprisent viscéralement.


      • yasarts (---.---.191.64) 3 août 2006 13:37

        Pour votre information, ce ne sont pas les contribuables qui paient mais les compagnies qui s’autofinancent. Parfois des régions accordent des subventions, rarement supérieures à 10% du coût d’un Avignon. Selon différentes études commandées à la suite de la grève de 2003, le festival (dont surtout le Off) rapporterait environ 18 Millions d’€uros à Avignon et ses habitants. Pour une compagnie, produire un Avignon coûte plusieurs dizaines de milliers d’€uros (location du théâtre, des logements, salaires, frais de communication, materiel scénique (les lumières et le son ne sont pas fournis par les théâtres)...). Enfin, je crois que vous devriez aller plus souvent au théâtre, vous y découvririez que les ’français moyens’ comme vous les appelez sont loin d’être mépriser par les artistes, bien au contraire nous essayons tous de faire des tarifs pour rendre accessible nos créations à tous. Par exemple, une pièce ’populaire’ d’un animateur de télé coûte 40 à 50 € au balcon quand un spectacle de création a un ticket d’entrée moyen de 15 à 18 € (et bien souvent des tarifs inférieurs à 10 € pour les chomeurs). Qui se fout du français moyen ?


      • Sylvio (---.---.253.38) 3 août 2006 13:54

        Il me semble d’ailleurs que Avignon est sur-endetté, ce ne serait donc pas étonnant quj’il cherche à faire du fric avec le festival

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