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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > A. & C. de Lewis Furey, au Théâtre de la Ville

A. & C. de Lewis Furey, au Théâtre de la Ville

Tel le furet du bois joli, Lewis surgit de nulle part là où personne ne l’attend !

Voici donc le premier volet d’une trilogie se présentant comme la phase alpha d’un opéra romain induite en livret musical intuitif auquel devraient succéder une adaptation de César et Cléopâtre de Georges Bernard Shaw et ensuite celle de Jules César de Shakespeare.

Conçu à la manière d’un clone transposé à partir de Antoine et Cléopâtre du même Shakespeare, A. & C. s’élabore comme une oeuvre en hypertexte dont chaque moment renverrait par récurrence à tous les autres.

En effet si la chronologie des événements reste le fil conducteur de cette nouvelle production du fameux créateur canadien polyvalent, sa pièce de théâtre musical se présente comme une sorte d’épure acoustique où l’enjeu amoureux et politique se mêle de l’universel à la manière d’un puzzle où les divers éléments pourraient s’assembler de multiples manières comme autant de points de vue conceptuels.

Métaphore subjective d’un rapport de forces entre l’Orient et l’Occident, entre rationalisme et esthétisme, entre amour et guerre, entre masculin et féminin, entre modernisme et conservatisme, ce n’est pas tant l’amalgame des contraires qui la dirige qu’une dialectique des ressources humaines qui la porte à toutes les écoutes, fussent-elles contrariées par le goût formaté contemporain.

Aussi qu’au cours des cinq représentations, le Théâtre de la Ville se soit peu à peu vidé de quelques-unes de ses forces vives abonnées à tous les éclectismes artistiques, nul ne s’en offusquera car c’est sans doute ainsi que peut se régénérer le flux vital devant s’expurger des toxines culturelles ambiantes.

A la suite de sa prestation dans L’homme de la Mancha dans les pas de Jacques Brel, célébrée par le masque de la meilleure interprétation masculine en 2003 (Académie québecquoise du Théâtre), Jean Maheux apporte ici à Marc-Antoine cette virilité sensible que Cléopâtre (Sylvie Moreau) façonnera à son image aux dépends d’Octave César (Renaud Paradis).

C’est donc à 56 ans, en signant livret, musique et mise en scène, après avoir été dans une autre vie, chanteur, violoniste, pianiste, comédien, compositeur, et cinéaste..., que le "partner" de Carole Laure sa muse de toujours, se compose désormais un nouveau rôle d’avant-garde, celui de "jeune auteur de théâtre musical passionné d’opéra".

photo © Yves Renaud

A. & C. - *** Theothea.com - de Lewis Furey d’après Shakespeare - mise en scène : Lewis Furey - avec Sylvie Moreau, Julien Compagne, Violaine Paradis, Stéphane Aubin, Jean Maheux, Sylvain Scott, David Laurin, Renaud Paradis, Roxanne Hegyesy, Donald Taruc, David Cronkite - Théâtre de la Ville -


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2 réactions à cet article    


  • rubriquesetbroc (---.---.38.61) 15 février 2006 17:52

    Une autre critique d’A.&C., vu au Th ?re national de Toulouse le 29 janvier


    • le platane (---.---.84.63) 15 février 2006 18:03

      Une critique un peu mieux construite à mes yeux que celle que j’avais déjà pu lire sur AgoraVox. Il est vrai que Jean Maheux surnage un peu dans ce naufrage. Mais que dire de cette Cléopâtre « Célidionesque » sans voix, de ces danseurs qui ne savent pas chanter ou de ces chanteurs qui se dandinent presque aussi mal que moi sur une scène ? Sans parler de la musique, bien loin de ce que Furey avait pu commettre par le passé. Oui, Furey donne l’impression de courir, non pas après l’avant-garde, mais un présent bien déprimant, fait de recettes faciles du type « comédie musicale » à la sauce Star’Ac. Pathétique.

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