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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Adam et Ève. Une autre façon de comprendre

Adam et Ève. Une autre façon de comprendre

Dieu descendit de la montagne et, se penchant, il prit un peu de glaise dans la plaine. Comme le fait un potier, il fit tourner cette glaise entre ses mains jusqu’à lui donner une forme de cône à l’image d’une colline. Ayant fait cela, il s’arrêta un jour. Il dit : « Voici la cité d’Adâm ! » Le lendemain, il se remit au travail et il fit sortir de la colline le premier conseil de prêtres qui ait existé sur terre, et ce premier conseil, il l’appela “Homme”...


Ce passage et ceux qui suivent sont extraits de mon « Histoire de Bibracte, Dieu caché », publiée en 1995. Il s’agit d’une interprétation libre du texte de la Genèse. Aujourd’hui où nos sociétés en crise s’interrogent et se posent la question de la fin, ne serait-il temps de revenir au début de notre histoire pour comprendre un peu mieux l’origine de notre pensée, notamment religieuse ?

Le troisième jour, Dieu vit que “l’Homme” était seul et que ce n’était pas bon. Alors, il le fit tomber dans un profond engourdissement et il profita de cet engourdissement pour extraire de ce qu’il avait appelé “Homme” une treizième côte qu’il avait mise en réserve dans sa haute prévoyance...

Dieu prit la côte qu’il avait sortie du premier conseil qu’il avait créé, il la façonna, il en fit une population et il lui donna le nom d’Ève. En créant cette population à partir d’un membre qu’il avait sorti du conseil, Dieu savait ce qu’il faisait. Car s’il avait donné au conseil une population qui n’était pas de son sang, ç’aurait été un prétexte pour la refuser, la tromper ou la répudier. Voilà pourquoi Dieu a fait, en quelque sorte, une reproduction homozygote du conseil pour créer Ève...

Le quatrième jour, voyant Ève s’approcher de lui dans sa magnifique beauté, innocente et nue, Adam/le conseil de prêtres s’écria : « Voici la chair de ma chair, le sang de mon sang, les os de mes os. Qu’elle soit pour moi comme une femme. Je m’attacherai à elle, je veillerai sur elle, je la féconderai et nous ne ferons qu’une seule chair. »... Dieu dit au conseil et à sa population :« Fructifiez et multipliez-vous ! » Le cinquième, le sixième et le septième jour, Dieu les laissa à l’Homme pour qu’il continue son œuvre de création...

Roman que tout cela ? Mais alors, qu’on nous dise pourquoi les sculpteurs accadiens, sumériens et autres, ont représenté nombre de leurs “guides” sous la forme de personnages à la carrure démesurée ? La seule explication que nous puissions donner est que ces artistes ont voulu représenter dans un seul corps un conseil de douze membres soigneusement alignés, superposables car identiques, mais toutefois un peu décalés l’un par rapport à l’autre. Au centre de toute cette pensée se trouve une idée-force qui est la suivante. La force de la cité antique résidait, premièrement, dans un conseil de prêtres parfaitement soudé, pensant et agissant comme un individu, deuxièmement, dans une population courageuse et pure de paysans/soldats, troisièmement, dans l’amour qui devait lier entre eux le conseil et sa population... (Cela se passait vers l’an 4 000 avant J.C.. Les premières sociétés dignes de ce nom apparaissent... et la première pensée sociale).

Le premier enfant qu’enfanta Ève/la population d’Adâm fut un conseil de prêtres paysans qui reçut la tâche de mettre en valeur le territoire. Il est écrit que Caïn cultivait le sol. Son deuxième enfant fut un conseil de chefs militaires qui reçut la mission de quadriller le territoire à la tête de ses troupeaux de soldats et de mourir, s’il le fallait, pour défendre la cité. Il est écrit qu’Abel était un berger.

Il arriva qu’Abel et Caïn offrent tous deux un sacrifice à Dieu, l’un un agneau de son troupeau, l’autre une gerbe de blé. Dieu donna la préférence à Abel. Comme Caïn, qui était l’aîné, en était irrité, Dieu lui dit : « Pourquoi te plains-tu, Caïn ? Si tu cultives bien le sol, tu y trouves ta récompense ; si tu le cultives mal, tu y trouves ta punition. Pourquoi veux-tu que j’intervienne en ta faveur ? Mais, en ce qui concerne ton frère, il n’en est pas de même car, lorsqu’il remplit sa mission jusqu’à faire le sacrifice de sa vie, quelle sera sa récompense si ce n’est pas moi qui la lui donne ? »

Voyant la préférence que la cité portait à Abel et la priorité qu’elle accordait aux crédits militaires, Caïn en fut jaloux et il déclencha une révolution. Débordés par la fureur révolutionnaire, les prêtres/soldats furent massacrés par les paysans en révolte.

Lorsque l’ordre fut rétabli, on rassembla tous les fauteurs de troubles et notamment les prêtres/paysans (Caïn) qui avaient massacré les prêtres/soldats (Abel). On les condamna comme si Dieu en avait décidé ainsi : « Caïn, qu’as-tu fait de ton frère ? Maudit sois-tu ! Le sang d’Abel crie vers toi. Eloigne-toi de ma face et va-t-en en exil, à l’est du jardin d’Eden. » Caïn dit à Dieu : « Le châtiment que tu m’infliges est trop lourd, car si tu me chasses, si tu me retires ta protection, je devrai fuir de partout et n’importe qui pourra me tuer sans craindre d’être jugé. » Dieu répondit à Caïn : « Eh bien soit ! Je m’engage à te protéger. Qu’on aille dire dans toutes les cités que quiconque tuera Caïn sera tué sept fois (c’est ce qui s’appelle une politique de dissuasion ). »

Caïn partit dans le pays de Sumer (mon interprétation). Il se maria à la population qui se trouvait là. Il engendra une ville. Lamech fut un de ses descendants. Celui-ci épousa deux femmes : Ada et Silla (Ourouk ? Lagash ?). Lamech leur dit : « Populations sumériennes, prenez garde, car je suis protégé par le dieu d’Adâm. Pour une blessure qu’on me fera, un homme sera tué, pour une meurtrissure, un enfant. Car si Caïn a été vengé sept fois, Lamech, quant à lui, sera vengé septante-sept fois. » Cette explication de la pénétration sémite « coloniale » dans le pays de Sumer, nous la donnons pour ce qu’elle vaut, c’est-à-dire pour une parole de Bible. C’est un point de vue, un point de vue sémite (bien sûr, suivant mon interprétation).

Pour en revenir à l’origine de ce conflit au cours duquel une partie des dirigeants (Abel) trouva la mort et une autre partie (Caïn) l’exil, disons qu’il n’y a là rien d’extraordinaire dans la vie d’une cité. Puis, la cité d’Adâm se réorganisa. Adam féconda à nouveau Ève ; celle-ci engendra le conseil de prêtres Seth et Seth engendra le conseil de prêtres Enoch. A partir de ce moment-là, on veilla à invoquer régulièrement le nom de Dieu, pour éviter le retour du lamentable drame que la cité avait connu...

Où se trouve la montagne d’où Dieu est descendu ? La carte de Peutinger nous donne la réponse. Entre la Césarée de Philippe et Damas, une station porte le nom étonnant d’Adammontem. Cette station correspond au mont Hermon, majestueuse montagne aux cimes couvertes de neige.

Si le mont Hermon est la montagne d’Adam, la cité d’Adâm ne pouvait se trouver qu’à son pied. Les sources sacrées pourraient être à Banyas/Paneas, là où les Anciens voyaient, non pas la source d’un simple affluent du Jourdain, mais la source du fleuve lui-même... ou bien à Dan (Adan). A ces deux sites s’ajoutent ceux d’Haçor, de Safed et de Sephoris. Tous ces sites, dont certains font toujours l’objet de fouilles, ont livré d’antiques vestiges. Leur sous-sol conserverait-il encore quelque secret caché ? Manifestement, nous sommes ici au centre de l’antique cité de Cana. Et nous nous posons des questions. Les eaux du déluge que Dieu fit sortir des sources de l’abîme ne seraient-elles pas sorties en réalité du “gouffre” d’où jaillissait la source du Jourdain à Banyas et que Flavius Josèphe qualifie d’insondable ? La transfiguration de Jésus, selon Marc (Mc 9, 2-3) et Mathieu (Mt 17, 1-11), que nous situons sur le mont Hermon, évoque sans aucun doute la naissance de l’homme nouveau. Si Jésus a choisi le mont Hermon pour se montrer aux premiers apôtres dans tout l’éclat de sa gloire, ne serait-ce pas parce que Dieu s’y était jadis montré au premier homme : Adam ?

Et ainsi de suite ... évidemment, je ne puis être d’accord avec tout ce qui se dit sur les médias, en particulier sur une écriture de la Bible qui n’aurait été faite qu’au VII ème siècle avant J.C. (Arte : la Bible dévoilée). A partir du moment où l’on commence à mettre en doute d’une façon aussi grave les témoignages écrits et la sincérité de leurs auteurs, où allons-nous ?

Rendons plutôt hommage à ces hommes qui, quatre mille ans avant notre ère, ont écrit cette magnifique et très poétique histoire qu’est le texte de la Genèse, véritable acte de naissance de notre civilisation. Entre eux et nous, un fossé de six mille ans nous sépare. Sommes-nous devenus plus intelligents ? Si j’en juge par les explications qu’on donne de ce texte fondateur et par les croyances qu’il inspire toujours, j’en doute.

Merci aux lecteurs d’Agoravox de bien vouloir commenter cet article. Merci aux internautes qui ont bien voulu me signaler les erreurs de détail ou d’inattention que j’ai commises dans mes articles précédents.

E. Mourey

Site internet : http://www.bibracte.com

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41 réactions à cet article    


  • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 13:35

  • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 19:20

    @ Talleyrand

    Zen m’a écrit ceci : Il est établi maintenant que le récit de la Genèse est le résultat de compilations tardives (probablement sous Esdras, au 7°s) de traditions orales d’origine certainement babylonienne.

    Ma réponse :« Il y a fragilité dans le savoir historique le plus assuré. » ( E. Morin : « Pour sortir du XXème siècle » ).

    Ce qui est étonnant, en ce qui concerne cette compilation qui aurait été faite sous Esdras (thèse récente de l’ouvrage « La Bible dévoilée et corrigée par l’archéologie »), c’est que j’ai proposé une thèse un peu semblable dans un de mes ouvrages publié en 1995 mais en attribuant la compilation aux scribes de Moïse.

    Mais dans mon ouvrage, contrairement à la thèse précitée, non seulement je ne nie pas la véracité des récits de la Genèse mais je les confirme. En fait, je ne fais que signaler les quelques passages que les scribes de Moïse ont rajoutés au texte originel ainsi que le remplacement de quelques mots tels que Yahwé au lieu de « El ». A son départ d’Egypte, il me semble logique que Moïse ait emporté avec lui des textes égyptiens écrits - probablement d’origine mésopotamienne - concernant le pays de Canaan qu’il envisageait de conquérir.

    Quant à l’archéologie, il faudrait bien se mettre d’accord si c’est l’interprétation archéologique qui doit corriger les textes ou si ce sont les textes qui doivent guider l’interprétation archéologique. J’ai choisi la deuxième alternative. Les lecteurs de mes ouvrages peuvent témoigner que je me réfère sans cesse à des résultats de fouilles et à des documents archéologiques.


  • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 21:11

    @ Talleyrand

    Oui, je suis un partisan de l’évolution. Je crois à l’évolution des espèces, des sociétés, de la pensée, bien que pour ces deux dernières, cela régresse parfois ou stagne. L’histoire, telle que j’essaie de la comprendre, est une histoire en évolution.

    A vingt ans, j’avais emporté dans mes cantines les ouvrages de Teilhard de Chardin. Mais depuis que j’ai écrit mes ouvrages sur l’Ancien et le Nouveau Testament et que j’y ai découvert ce à quoi je ne m’attendais pas, j’ai dû évoluer et cela ne se fait pas en un jour. Je n’ai donc pas je ne sais quelle doctrine à vendre mais il ne faut me demander de renier la culture de ma jeunesse qui m’a fait tel que je suis.


  • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 13:22

    De l’auteur.

    Cliquez pour voir les images associées à l’article :

    Mystère d’Adam

    Population et son Conseil

    Stèle votive de Lagash


    • (---.---.162.15) 28 décembre 2006 23:19

      En plus de ces doutes sur la sincérité, il faut se rendre compte que les repères chronologiques de l’antiquité étaient très flexibles.

      Cette émission « La bible dévoilée » est une belle démonstration des énormes approximations, pour ne pas dire erreurs, qui accompagnent la bible.

      Il faut surtout comprendre qu’intrinséquement, le livre des livres avait pour rôle de falsifier la réalité pour l’embellir et pour provoquer une croyance qu’il voulait entretenir et développer.

      C’est un ouvrage de propagande, voilà ce que j’ai compris de ces intéressantes émissions au ton plus neutre (et heureusement beaucoup plus docte) que le mien...

      Am.


    • maxim maxim 28 décembre 2006 15:04

      n’y voyez ici qu’une simple question profane ,et qui peut sembler déplacée...

      en supposant qu’Adam et Eve aient réellement existés,et en prenant en compte l ’évolution de l’aspect physique de l’humain ,quelle pouvait étre le leur ?

      l’explication de la genèse ,historique au 18 eme siecle,a ete rapprochée au 19 eme siecle des légendes mesopotamiennes,(le mythe du déluge) un réçit révelé vers 1872 ,et faisant partie de l’épopée de GILGAMESH....

      où bien des légendes d’Egypte ancienne,parlant de la création fait par un dieu potier...

      les Juifs eux considéraient la genèse comme le 1 er livre de la Torah....

      on sait que plusieurs grands récits remonttent au 3 eme millénaire,les tablettes d’ Ebla....

      un certain Moatti Pierre Jean cherche à retrouver dans ces récits,des preuves de l’action d’extra terrestres dans l’histoire de l’humanité...rien que ça !!!!

      pour moi et beaucoup d’autres ,c’est toujours comment et sous quel aspect sont apparus nos ancetres.


      • herbe herbe 28 décembre 2006 15:11

        ça m’a fait penser à l’idéologie Ubuntu :

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Ubuntu_%28id%C3%A9ologie%29

        Mais je ne sais pas si il y a un rapport ?


        • Briseur d’idoles (---.---.168.155) 28 décembre 2006 15:25

          Pourquoi toujours vouloir faire remonter à tout prix les origines du monde à « Adam et Eve »... Alors que celles-ci remontent à des milliards d’années !

          Toujours ce vieux colonialisme biblique judéo-christiano-centriste !


          • pingouin perplexe (---.---.92.169) 28 décembre 2006 16:53

            Fort intéressant. Il est bien difficile d’arrêter une position par rapport à un texte tel que la Genèse.Il n’y a peut être rien de déplacé dans le fait d’hésiter entre les approches historiographiques, littéraires, et religieuses. Qui sait si le débat entre ces différentes approches ne serait pas, en définitive, une manière intéressante de faire vivre l’esprit de ce texte ?


            • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 17:58

              @ Talleyrand

              Votre question directe : Vous ne croyez pas à la théorie de l’évolution ?

              Ma réponse est oui. Quand j’évoque à la fin de mon article les croyances que ce texte de la création du monde et d’Adam et Eve inspire toujours aux créationistes, c’est une façon pour moi de leur dire : selon moi, les rédacteurs de ce texte n’ont voulu nous donner que l’histoire de la naissance de leur cité. Mais je ne sais pas s’ils n’ont pas voulu nous donner en même temps et en parallèle une hypothèse sur la création du monde. Je ne sais pas enfin si le texte originel était ainsi ou s’il a subi des remaniements, des modifications ou des mélanges. Il faudrait se repencher sur les problèmes de traduction, par exemple : la signification du mot qu’on traduit par Adam, le premier homme.

              Quant à l’évolution de la pensée religieuse, je regrette que le cardinal Daniélou n’ait pas été pape.


            • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 21:07

              @ Talleyrand

              Oui, je suis un partisan de l’évolution. Je crois à l’évolution des espèces, des sociétés, de la pensée, bien que pour ces deux dernières, cela régresse parfois ou stagne. L’histoire, telle que j’essaie de la comprendre, est une histoire en évolution.

              A vingt ans, j’avais emporté dans mes cantines les ouvrages de Teilhard de Chardin. Mais depuis que j’ai écrit mes ouvrages sur l’Ancien et le Nouveau Testament et que j’y ai découvert ce à quoi je ne m’attendais pas, j’ai dû évoluer et cela ne se fait pas en un jour. Je n’ai donc pas je ne sais quelle doctrine à vendre mais il ne faut me demander de renier la culture de ma jeunesse qui m’a fait tel que je suis.


            • Bill Bill 28 décembre 2006 17:24

              Bon, je vais quand même intervenir même si l’article en soit n’a aucun intéret...

              Ce texte ne décrit peut-être que la « science de l’époque » ! Il est étonnant en lisant la genèse, de constater que le texte est écrit en deux fois. Dans un premier temps, Dieu créè le ciel et la terre (je trouve ce passage très beau et poétique : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux.") et ensuite seulement, l’Homme et la Femme. Puis le récit reprend et Dieu créè d’abord l’Homme et la Femme, puis le monde ensuite !!! Etonnant ! Il faudrait trouver ce que les théologiens en disent !

              « L’esprit de Dieu », mais c’est la vie ! La vie qui planait par-dessus les eaux, avant que Dieu n’insufle la vie à l’Homme : « L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. » et rien ne résume mieux la condition humaine que cette simple phrase !

              Plus tard la déchéance à cause de « l’arbre de la connaissance(...) du bien et du mal »... ! Ce texte est trop peu étudié mis à part par les amateurs d’extra-terrestre (oui il parait que Eve serait le clône d’Adam, puisqu’on lui prend une côte ! smiley) et par quelques farfelus !

              Bill


              • pingouin perplexe (---.---.92.169) 28 décembre 2006 17:56

                Commentaire intéressant. Les histoires d’E.T. sont certainement mieux étoffées dans un tout autre genre littéraire. smiley

                Voir plutôt, à mon avis, l’intérêt d’une approche plus « médiane », plus proche, par exemple, de la manière de considérer la portée des grandes allégories en philosophie. Il n’y aurait là rien d’incompatible avec la reconnaissance des acquis de la découverte scientifique.


              • Bill Bill 28 décembre 2006 18:03

                Cher pingouin Perplexe

                Je n’ai rien contre les récits d’extra-terrestre non plus smiley

                Bill


              • mcm 30 décembre 2006 18:43

                @Bill,

                Vous remarquerez que la science après avoir nié l’isée d’un Adam et Eve et revient avec le chainon manquant de l’évolution !

                De même la science après avoir nier le concept de creéation instantannée de l’univers y revient avec le big-bang.

                De même pour la phrase de Elohim à Abraham « Ta postérité sera nombreuse comme les étoiles du ciel », au départ sans télescope la science disait : ce n’est pas beaucoup ! Après les découvertes astronomiques la science dit maintenant : c’est trop pour être possible.

                Cela me fait penser à 2 beaux dictons :

                « Science sans conscience n’est que ruine de l’ame ». « Un peu de science éloigne de Dieu mais beaucoup l’en rapproche. »

                Si cela vous interesse, j’ai une traduction personnelle de la tora et du NT, c’est une Traduction Assistée à l’Ordinateur qui vise à restituer le texte avec le moins d’interprétation possible. Voilà vingt ans que ce travail occupe tout mon temps libre, il arrive maintenant à maturité !

                Voilà pourquoi je trouve tout comme vous la soupe de monsieur Mourey particulièrement indigeste, oui je considère que l’interprétation c’est sortir un texte de son contexte pour en faire un prétexte.


              • Bill Bill 30 décembre 2006 23:19

                @ mcm

                Cher mcm, j’apprécie toujours vos commentaires et je suis parfaitement d’accord avec vous dans le cas présent !

                J’ai beaucoup lu la Bible et je m’intéresse à tout ce qui s’y approche, aussi votre commentaire a bien sûr éveillé toute ma curiosité !

                Je me permet de vous laisser une adresse internet monsignorbill@voila.fr . (monsignor par dérision suite à un message d’un contradicteur... !)

                N’hésitez pas à vous en servir !

                Bien à vous

                Bill


              • ropib (---.---.27.229) 28 décembre 2006 18:11

                C’est bien un petit peu de poésie c’est vrai. Mais je suis plus intéressée par les grecs, désolé. Toutes ces religions bassement monothéistes sont basées sur des valeurs de renfermement sur soi, de manière plus ou moins directe je l’accorde. Même les figures stylistiques sont assez pauvres finalement : quelle déception lorsque j’ai posé la première fois mes yeux sur une bible !


                • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 20:33

                  @ Ropib

                  Les Grecs ont-ils cru à leurs dieux ? C’est le titre d’un livre que vous devez certainement connaitre. A Jupiter peut-être, mais aux autres, rien n’est moins sûr.

                  En revanche, c’est bien la croyance dans son Dieu qui a fait que le judaïsme l’a emporté, apparemment.

                  Un jour peut-être viendra où les touristes visiteront les lieux saints, non pas pour y retrouver les sources d’une foi mais celle d’une culture et d’une poésie.


                • ZEN zen 28 décembre 2006 18:28

                  Il est établi maintenant que le récit de la Génèse est le résultat de compilations tardives (probablement sous Esdras, au 7°s) de traditions orales d’origine certainement babylonienne. Il y a d’ailleurs deux récits différents de la création qui s’entrecroisent.

                  On a donc bien affaire à des mythes, analogues à de nombreux autres au Moyen-Orient à cette époque. Je vous renvoie à l’excellent livre de JEAN SOLER :« L’invention du monothéisme » (Pluriel), qui fait une synthèse magistrale et claire de nombreux travaux de recherche.

                  On peut lire aussi avec profit le petit livre de Jean Bottéro :« Naissance de Dieu » (folio/histoire)


                  • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 19:04

                    A Zen

                    Vous dites : Il est établi maintenant que le récit de la Génèse est le résultat de compilations tardives (probablement sous Esdras, au 7°s) de traditions orales d’origine certainement babylonienne.

                    Ma réponse :« Il y a fragilité dans le savoir historique le plus assuré. » ( E. Morin : « Pour sortir du XXème siècle » ).

                    Ce qui est étonnant, en ce qui concerne cette compilation qui aurait été faite sous Esdras (thèse récente de l’ouvrage « La Bible dévoilée et corrigée par l’archéologie »), c’est que j’ai proposé une thèse un peu semblable dans un de mes ouvrages publié en 1995 mais en attribuant la compilation aux scribes de Moïse.

                    Mais dans cet ouvrage, contrairement à la thèse précitée, non seulement je ne nie pas la véracité des récits de la Genèse mais je les confirme. En fait, je ne fais que signaler les quelques passages que les scribes de Moïse ont rajoutés au texte originel ainsi que le remplacement de quelques mots tels que Yahwé au lieu de « El ». A son départ d’Egypte, il me semble logique que Moïse ait emporté avec lui des textes égyptiens écrits concernant le pays de Canaan qu’il envisageait de conquérir.


                  • ZEN zen 28 décembre 2006 19:26

                    @ E.Mourey

                    « En fait, je ne fais que signaler les quelques passages que les scribes de Moïse ont rajoutés au texte originel ainsi que le remplacement de quelques mots tels que Yahwé au lieu de »El« . A son départ d’Egypte, il me semble logique que Moïse ait emporté avec lui des textes égyptiens écrits concernant le pays de Canaan qu’il envisageait de conquérir. » dites-vous

                    Moïse : vous vous référez là à un autre mythe, tout aussi problématique.Je vous recommande chaudement les livres de Jean Soler :celui signalé plus haut et le suivant(La loi de Moïse -t.2) . Impossible de résumer une telle somme de données.


                    • Emile Mourey Emile Mourey 28 décembre 2006 20:04

                      @ Zen

                      Comme vous me l’avez conseillé, je viens de consulter sur l’internet une présentation que Jean Soler a faite de sa thèse. Je ne la connaissais pas car j’ai écrit mes ouvrages bien avant.

                      On ne peut être que d’accord sur la naissance de l’idée de Dieu. Les textes de la Genèse ne prêtent d’ailleurs à aucune confusion. Il y a le dieu El d’Ougarit (inscription retrouvée sur une tablette), le dieu d’Abraham, le dieu de Moïse. Dans mon présent article, le dieu dont je parle est le dieu d’Adam qui n’est, évidemment pas, celui de Sumer. Cela correspond bien à la période d’avant Esdras.

                      En ce qui me concerne, il m’est impossible de penser que les histoires d’Abraham, de Moïse et de Josué, aient été purement inventées. Si cela avait été, je n’aurais pas pu les expliquer dans mes ouvrages, dans la logique militaire, en appliquant sur le terrain les déplacements, les manoeuvres et les combats, comme je l’ai fait, et cela dans le contexte de chaque époque. En plus, les vestiges archéologiques sont là mais on ne veut pas les voir car les archéologues ne voudraient trouver que le passage de troupeaux bêlants alors qu’il s’agit de troupes militaires.


                    • nico (---.---.93.194) 29 décembre 2006 00:29

                      Bonsoir,

                      Je n’ai pas beaucoup de connaissance sur le sujet, mais je crois savoir qu’en perse ancien on désigne les jardins magnifiques des rois par le terme Paradisio dans lequel les princes vivaient leur enfance. Ce qui me pousse à penser que peut-être la genèse décrite dans la bible est en fait l’histoire d’un prince nommé Abraham qui se serait fait bannir du jardin paradisiaque de son père parce qu’il aurait pris un femme de caste inférieure se qu’il l’aurait poussé à se diriger vers la terre de canaan.

                      Nico


                      • Emile Mourey Emile Mourey 29 décembre 2006 11:43

                        @ Nico

                        Il ne fait pas de doute que les auteurs des premiers textes de la Genèse étaient au courant des mythes babyloniens sur la création du monde. C’était l’environnement culturel de l’époque et il est tout à fait logique qu’un cité sémite concurrente ait puisé dans cet environnement pour écrire son propre texte fondateur. Il faut bien remarquer que le texte de la Genèse est beaucoup mieux charpenté, beaucoup plus riche. Ce qui explique par ailleurs que cette cité ait pu imposer aux autres, et sa force militaire et sa pensée.


                      • lesyeux (---.---.27.31) 29 décembre 2006 08:32

                        le départ de votre article laisse à désirer : vous omettez de parler de Lilith....vous l’occultez pour ne parler que d’Eve, cela change tout ;)

                        lilith n’a pas été crée à partir de la côte d’adam...ce n’est pas un sous produit de l’homme

                        si ce niais d’Adam l’avait préféré à la sage Eve..ça aurait changé le cours de l’Histoire

                        adam lui a préféré eve, parce que lilith ne voulait pas se coucher sous Adam pour faire l’amour, elle préférait toutes les autres positions, mais pas celle de la soumission


                        • Emile Mourey Emile Mourey 29 décembre 2006 10:58

                          @ lesyeux

                          Je ne connais pas assez bien le mythe de Lilith pour pouvoir en parler mais c’est très certainement un sujet intéressant qui peut trouver sa place en complément de mon article. Pour l’intégrer dans mon interprétation, Lilith pourrait représenter la partie de la population, belle certes, désirable, mais pas aussi soumise qu’était Eve. Ce mythe de Lilith a une logique, ce qui est une preuve, à mon avis, d’authenticité. Voilà une raison de plus pour refuser une invention du texte de la Genèse au temps d’Esdras.

                          Mon interprétation, bien que libre, reprend presque textuellement des passages de la Bible. Ces passages ne peuvent s’expliquer « logiquement » que par un raisonnement d’ordre militaire dans le cadre d’une cité primitive qui doit assurer sa subsistance (Caïn) et sa sécurité (Abel). Cette cité étend sa puissance par essaimage de colonies (Lamech).

                          Raconter l’histoire d’une cité par analogie avec celle d’un couple humain est non seulement une idée géniale mais surtout logique. C’était simple. Il suffisait de transposer des mots et des images qui existaient déjà dans le langage courant. La science sociologique n’était pas encore inventée.

                          Tout cela pour dire que le mythe de Lilith nous montre que les Anciens avaient déjà, à cette époque, une réflexion. Le texte de la Genèse a une logique. Il s’agit d’une réflexion digne du plus grand intérêt qui nous révèle ce que nous étions à l’origine de notre pensée sociale.


                        • Bill Bill 29 décembre 2006 11:42

                          Pour ceux que Lilith intéresse :

                          « Les anges qui sont en charge de la médecine sont : Snvi, Snsvi et Smnglof. Après que dieu eut créé Adam, qui était seul, Il dit »il n’est pas bon pour un homme d’être seul« . Alors, il créa une femme pour Adam, à partir de la terre comme il avait créé Adam lui-même et il l’appelle Lilith. Adam et Lilith commencèrent à se battre. Elle dit »Je ne me coucherai pas« et il dit »Je ne me coucherai pas en-dessous de toi, mais seulement au-dessus. Car tu es fait uniquement pour être dans la position soumise, car je suis ton supérieur« Lilith répondit »Nous sommes égaux car nous avons été créés de la même terre.« Mais ils ne s’écoutaient pas. Quand Lilith s’en rendit compte, elle prononça le Nom Ineffable et s’enfuit dans les airs. Adam se mis à prier devant son créateur »Souverain de l’univers, la femme que tu m’as donné est partie.« Dieu envoya alors trois anges pour l’a ramener. Dieu dit à Adam que s’il elle acceptait de revenir tout serait bien mais autrement elle devrait accepter de voir mourir 100 de ses enfants chaque jour. Les anges partirent à la poursuite de Lilith. Ils la retrouvèrent mais elle ne voulu point revenir. Les anges dirent alors »Nous te précipiteront dans la mer« , »Laissez-moi« , dit-elle, »je n’ai été créée que pour causer les maladies aux enfants. Si l’enfant est mâle, j’ai la domination sur lui pendant les huit jours après sa naissance, et si c’est une fille, pendant 20 jours.« Quand les anges entendirent les mots de Lilith ils insistèrent pour qu’elle revienne mais elle leur proposa alors un marché : chaque fois qu’elle verrait le nom de ces anges sur des amulettes, elle n’aurait aucun pouvoir sur lui. Elle accepta aussi de voir mourir 100 de ses enfants chaque jour. Ainsi, chaque jour 100 démons périssent et pour la même raison, on inscrit les noms des anges sur des amulettes pour de jeunes enfants. Quand Lilith voit ces noms elle repart en souvenir de sa promesse et laisse l’enfant en vie. » (Otsar ha-Midrachim, I, p. 47) (41).

                          Par Bill


                          • Bill Bill 29 décembre 2006 11:46

                            Mais le texte sur Lilith est peut-être relativement récent... Il peut dater du moyen-age, mais je ne suis pas très bien renseigné, il faudrait faire des recherches sur les origines précises de ce texte.

                            Bill


                          • (---.---.229.236) 29 décembre 2006 11:48

                            Hérésie judaique. Méfiez-vous des interprétations bibliques faites par des athées les juifs ou des protestants. Seuls les théologiens catholiques peuvent expliquer les écritures.


                          • ZEN zen 30 décembre 2006 08:40

                            @(IP:xxx.x33.229.236)

                            Bonjour, Benoit XVI, on vous a reconnu...


                          • Marc (---.---.31.231) 29 décembre 2006 11:49

                            On parle beaucoup trop de la Bible. Ce n’est qu’un recueil d’histoires qui, pour être très interessantes pour l’historien qui a peu de choses à se mettre sous la dent sur cette époque, reste simplet, digne de mauvais écrivains de SF et traduisant une culture peu évoluée par rapport à d’autres. Il a par contre un grand avantage qui a fait son succès : il parle de l’origine de l’Homme, qui reste une question interessante pour ceux qui ont peur du pourquoi de notre présence ici (c-à-d tout le monde), et l’explique par un Dieu unique et sévère qui, par là même, a le grand avantage d’unifier autant que possible un petit peuple insignifiant face à un monde puissant mais divisé par ses nombreuses croyances se rapprochant plus de la superstition. Ce recueil a donc été d’une grande utilité pour garder un lien lors des très nombreuses pérégrinations du peuple juif.

                            Jésus, à l’origine de notre religion et une des origines de notre culture, était Juif et a entrainé derriere lui et le nouveau testament (parlant de paix et d’amour de l’autre), ce recueil qu’est l’ancien testament. Il faut donc arrêter de voir dans ce livre autre chose qu’un témoignage interessant de l’histoire, de la sociologie et de la mentalité de ce peuple, de cette époque et de cette région, et ne surtout pas lui donner autant d’importance par rapport à notre culture qui doit être étudiée par bien d’autres moyens que son lien très lointain avec cet ennuyeux bouquin. Mais on peut le comparer aux « contes des mille et une nuits » qui, mieux écrits et plus poétiques, auraient eu le meme succés si ils avaient été un peu plus « corrects » et si ils avaient parlé des « Origines »


                            • (---.---.229.236) 29 décembre 2006 11:52

                              « Mais on peut le comparer aux »contes des mille et une nuits« qui, mieux écrits et plus poétiques, auraient eu le meme succés si ils avaient été un peu plus »corrects« et si ils avaient parlé des »Origines«  »

                              Il ne faut pas exagérer ! Le 1001 n’ont aucun rapport avec la Bible ou la Religion !

                              Si on veut comparer la Bible a un autre livre religieux, c’est plutôt au Capital de Marx. Là d’accord. Mais cette anthologie de conte populaire batards, non !


                            • (---.---.22.83) 29 décembre 2006 11:57

                              Les mythes des Grecs sont bien plus beaux que les mythes des Hébreux.

                              Frédéric Nietzsche a souligné la valeur de la croyance grecque aux dieux : elle se laissait délicatement mettre de côté et n’inhibait pas l’activité philosophique, à la différence de la foi requise par les religions monothéistes.

                              http://perso.orange.fr/Connaissance.ouverte/IN.doc


                            • (---.---.229.236) 29 décembre 2006 12:01

                              « Les mythes des Grecs sont bien plus beaux que les mythes des Hébreux. »

                              Oui, parce que précisement, eux sont des mythes.

                              « n’inhibait pas l’activité philosophique »

                               ?? Vous n’avez pas remarqué une certaine activité philosophique depuis le paganisme ??? St Augustin, Kant, St thomas d’Aquin, Descartes, Okham, Spinoza, Abélard, Hegel, etc, etc .. ??


                            • Marc (---.---.31.231) 29 décembre 2006 12:01

                              Néanmoins, Emile, votre interprétation est tout aussi valable que d’autres, et même plus interessante car elle aurait tendance à me réconcilier avec ce livre qui passerait d’une mauvaise SF macho à un livre d’histoire politique. Quant à l’histoire de Lilith, j’aimerais que l’on m’explique la logique de Dieu qui valide les dires d’Adam (« Car tu es fait uniquement pour être dans la position soumise, car je suis ton supérieur ») face à ceux de Lilith (« Nous sommes égaux car nous avons été créés de la même terre. ») et cré Eve inférieure à Adam à cause d’un caprice d’Adam apprit on ne sait où... Si tout cela est vrai, nous allons tout droit vers l’enfer si Ségolène est élue smiley


                              • Marc (---.---.31.231) 29 décembre 2006 12:12

                                Cher défenseur anonyme de la Bible, je préfère comparer la Bible aux contes car ils comportent tous les deux la description de la vie de peuples, une idée de la justice et de la morale et l’intervention de fantasmes de l’esprit humain (Dieu, démons,...). Pour moi, non croyant, l’ancien testament est un conte que les enfants ont fini par prendre au sérieux en grandissant à force de se prendre des taloches de leurs parents. Ainsi, la Bible est passée derriere l’autel, les contes derriere l’écran...de télévision. Les Dieux Grecs sont un mythe. Pourquoi ? Parce qu’on ne les a jamais vu ou parce que les Grecs n’y croient plus et que l’on se sent le droit maintenant d’en rigoler ? Montrez moi Yahwé ! Et montrez du respect pour les croyances de nos anciens !


                              • Emile Mourey Emile Mourey 29 décembre 2006 12:53

                                @ Marc

                                D’abord merci, et pour votre sens de l’humour et pour avoir souligné l’idée centrale de mon article, à savoir une interprétation politique du texte de la Genèse ( ce qui n’exclut pas l’interprétation religieuse, religion et politique n’ayant pas encore été séparées).

                                Pour aller encore plus loin dans l’interprétation politique, voici un autre extrait du livre que j’ai publié en 1995 sous le sous-titre : LE PÉCHÉ D’ORGUEIL.

                                Dieu dit à Adam et à Ève : « Méfiez-vous du mauvais esprit qui rampe comme un serpent dans les intelligences et dans les cœurs. Ève, toi qui représentes la population, tu es la plus exposée et la plus vulnérable, car c’est par toi que les mauvais vont essayer de pourrir la cité. Ils te diront : « Pourquoi restes-tu dans ton rôle de femme soumise ? Va ! dis à Adam de prendre la place de Dieu, et toi, tu prendras la place d’Adam. » Adam, méfie-toi de la perversité de ton épouse, car si tu prêtes une oreille trop attentive à ses doucereux propos, tu iras manger de l’arbre qui m’est réservé. Alors, tu feras ta loi suivant ton bon plaisir. Ayant écarté de ton cœur ma parole, tu oublieras la vertu civique et le sens de l’organisation sociale. Adam et Eve, écoutez-moi bien. Si vous vous engagez sur ce chemin de perdition, croyez-moi, vous mourrez en tant que cité, telle que je l’ai fondée sur ce haut lieu. Vous verrez votre laideur et vous chercherez à la cacher. Vous fuirez dans la campagne et vous serez semblables aux autres populations qui gagnent leur pain à la sueur de leurs fronts. Vos colonies s’engendreront dans la souffrance et dans les malheurs. Voici ce qu’il vous arrivera si vous venez piétiner mon jardin pour manger des fruits que seul, moi, je mange. »

                                Ce qui est étonnant dans cette histoire, c’est qu’on peut se demander si ceux qui ont écrit ce texte n’ont pas voulu établir une seule loi qui serait applicable, à la fois à la cité, et au couple humain.

                                Pour ma part, je vois beaucoup de poésie dans ce texte à condition, évidemment, de le relativiser.


                              • Marc (---.---.31.231) 29 décembre 2006 14:54

                                Cher Emile, je suis sur que nous aurions des désaccords si nous poursuivions la discussion sur la Bible, entre autres vers l’aspect poétique du livre. Comme je l’ai dit, nous parlons tous trop de ce livre et de l’interprétation religieuse qu’il faut en faire, créant beaucoup de probleme à l’humanité qui en a déjà trop. A l’opposé, votre interprétation politique du livre me parait de + en + interessante et surtout contemporaine au fur et à mesure que vous l’exposez. Ainsi,il n’apparait plus comme un texte religieux décrivant un Dieu dans toutes ses contradictions et inadapté aux idées actuelles (bonnes ou mauvaises) mais presque comme un texte pour apprenti-politicien de l’ENA. De plus, le parallele Femme-Peuple est pertinent car l’évolution de leurs droits au fil de l’Histoire est liée. Quelque soit la veracité historique de votre interprétation, elle me parait plus interessante et surtout plus utile à l’humanité que son interprétation classique


                              • (---.---.22.83) 29 décembre 2006 12:10

                                Les Juifs sortis d’Égypte y avaient entendu parler, tout grossiers qu’ils étaient, de la philosophie allégorique des Égyptiens. Ils mêlèrent depuis à ces faibles connaissances celles qu’ils puisèrent chez les Phéniciens et les Babyloniens dans un très long esclavage : mais comme il est naturel et très ordinaire qu’un peuple grossier imite grossièrement les imaginations d’un peuple poli, il n’est pas surprenant que les Juifs aient imaginé une femme formée de la côte d’un homme ; l’esprit de vie soufflé de la bouche de Dieu au visage d’Adam ; le Tigre, l’Euphrate, le Nil et l’Oxus ayant la même source dans un jardin ; et la défense de manger d’un fruit, défense qui a produit la mort aussi bien que le mal physique et moral. Pleins de l’idée répandue chez les Anciens, que le serpent est un animal très subtil, ils n’ont pas fait difficulté de lui accorder l’intelligence et la parole. Ce peuple, qui n’était alors répandu que dans un petit coin de la terre, et qui la croyait longue, étroite et plate, n’eut pas de peine à croire que tous les hommes venaient d’Adam, et ne pouvait pas savoir que les nègres, dont la conformation est différente de la nôtre, habitaient de vastes contrées. Il était bien loin de deviner l’Amérique. Au reste, il est assez étrange qu’il fût permis au peuple juif de lire l’Exode, où il y a tant de miracles qui épouvantent la raison, et qu’il ne fût pas permis de lire avant vingt-cinq ans le premier chapitre de la Genèse, où tout doit être nécessairement miracle, puisqu’il s’agit de la création. C’est peut-être à cause de la manière singulière dont l’auteur s’exprime dès le premier verset : « Au commencement les dieux firent le ciel et la terre ; » on put craindre que les jeunes Juifs n’en prissent occasion d’adorer plusieurs dieux. C’est peut-être parce que Dieu ayant créé l’homme et la femme au premier chapitre, les refait encore au deuxième, et qu’on ne voulut pas mettre cette apparence de contradiction sous les yeux de la jeunesse. C’est peut-être parce qu’il est dit que « les dieux firent l’homme à leur image, » et que ces expressions présentaient aux Juifs un Dieu trop corporel. C’est peut-être parce qu’il est dit que Dieu ôta une côte à Adam pour en former la femme, et que les jeunes gens inconsidérés qui se seraient tâté les côtes, voyant qu’il ne leur en manquait point, auraient pu soupçonner l’auteur de quelque infidélité. C’est peut-être parce que Dieu, qui se promenait toujours à midi dans le jardin d’Eden, se moque d’Adam après sa chute, et que ce ton railleur aurait trop inspiré à la jeunesse le goût de la plaisanterie. Enfin chaque ligne de ce chapitre fournit des raisons très plausibles d’en interdire la lecture ; mais, sur ce pied-là, on ne voit pas trop comment les autres chapitres étaient permis. C’est encore une chose surprenante, que les Juifs ne dussent lire ce chapitre qu’à vingt-cinq ans. Il semble qu’il devait être proposé d’abord à l’enfance, qui reçoit tout sans examen, plutôt qu’à la jeunesse, qui se pique déjà de juger et de rire. Il se peut faire aussi que les Juifs de vingt-cinq ans étant déjà préparés et affermis, en recevaient mieux ce chapitre, dont la lecture aurait pu révolter des âmes toutes neuves. On ne parlera pas ici de la seconde femme d’Adam, nommée Lillith, que les anciens rabbins lui ont donnée ; il faut convenir qu’on sait très peu d’anecdotes de sa famille.

                                Voltaire, Questions sur l’Encyclopédie, article Adam, extrait.


                                • minijack minijack 30 décembre 2006 07:13

                                  Je recommande aux lecteurs non puritains la lecture des oeuvres de Jérémie Fassole sur Diamedit : La Bible selon Jérémie.

                                  Attention c’est chaud, pas pour les enfants !!! Mais l’hypothèse contextuelle est intéressante et directement en rapport avec ces spéculations sur la naissance de l’humanité..

                                   smiley

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