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« Adieu Ferdinand ! I & II » Philippe Caubère - Retour Princier à l’Athénée

Le paradoxe de cette nouvelle cuvée « Caubère » est, qu’en guise d’un soi-disant « Adieu à Ferdinand », c’est son « Godot » que l’on attend au bout du chemin vers Namur car, dans une « note de dernière minute », le comédien, auteur du roman de sa vie, nous indique, en effet, ne pas pouvoir atteindre présentement l’objectif annoncé car trop de péripéties l’ont freiné dans sa progression vers le fameux Casino. L’apogée de Ferdinand, ce sera donc pour une prochaine fois !…

 

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ADIEU FERDINAND !
© Theothea.com

  

Dans cette perspective, il n’est pas indispensable de respecter la chronologie programmée initialement car commencer par assister aux « prémices du Casino » permet de prendre contact avec le « nouveau » Philippe Caubère devenu tout à la fois sobre, distancié et même quelque peu caustique, ce qui fait apparaître son immense maîtrise face à ce qu’il nous conte, en l’occurrence une approche sociologique et circonstanciée de la culture (des betteraves) belge inhérente à un état d’esprit spécifiquement adapté.

Cet ordonnancement a l’avantage de ménager ensuite de formidables retrouvailles avec « l’ancien » Philippe Caubère plus que jamais truculent et fantasque.

Néanmoins, ce qui apparaît commun aux deux spectacles si différents donc dans la forme, c’est l’excellente condition physique de l’artiste plus que jamais en prise avec sa performance calculée à l’improvisation près.

 

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ADIEU FERDINAND !
© Theothea.com

  

Puisque « Le Casino » lui-même est encore à venir, nous signifierons que son cheminement par étapes implique le comédien à s’essayer à la mentalité nordiste, en pratiquant le grand écart entre sa faconde méditerranéenne naturelle et le grand saut vers un savoir-faire acquis ou en voie de l’être.

Cela surprend mais dans le même temps, l’interprète prenant, de fait, une véritable dimension de composition, l’acteur échappe, par contraste à son éventuelle caricature et gagne ainsi en crédibilité créatrice.

Ceci dit, c’est tellement jubilatoire de retrouver ensuite le Caubère, issu directement de la maïeutique Ariane Mnouchkine, que ces énièmes tribulations n’ayant pu être inclues précédemment faute d’y trouver leur place confortable, voici qu’un spectacle entier leur est dévolu… largement en-dessous de la ceinture et tellement content d’y être.

Assumant d’être totalement à contre-courant du politiquement correct concernant les relations hommes femmes prônées de nos jours, voici Ferdinand débutant dans la tromperie conjugale à grands coups d’annonces perverses forçant son épouse Clémence, non seulement à l’admettre mais, qui plus est, à l’encourager de rejoindre sa future maîtresse, de façon à préserver leur propre outil de travail théâtral.

 

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ADIEU FERDINAND !
© Theothea.com

  

Un summum de complicité sado-masochiste que l’apprenti Don Juan aura bien du mal à transformer en contentement… au-delà de l’anorak si prometteur en érotisme.

Telle pourrait donc être la fonction initiatrice de « La Baleine » avant que de passer aux travaux pratiques dans « Le camp naturiste » sis à Montalivet.

Ce second texte, à lui seul, pourrait fort bien être l’apothéose de Ferdinand, si ce n’est de Philippe, car ce cocktail conçu entre vraisemblance, fantasmes et passage à l’acte est davantage qu’un régal, une sorte de déclaration d’amour misanthrope et cynique à la face d’un monde, celui des années soixante-dix érigées en valeur étalon de la nature humaine… mise à nue.

Un feu d’artifices riche en borborygmes évocateurs et identificateurs qui, sous prétexte de réconcilier l’être humain avec lui-même, ne ferait que le détruire de l’intérieur dans sa bulle à jouissances addictives… ne menant à rien.

 

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ADIEU FERDINAND !
© Theothea.com

  

Fort heureusement, Philippe Caubère a su trouver et administrer un remède palliatif à l’intention de son anti-héros en l’incitant à absorber à hautes doses fréquentes la lecture assidue de Marcel Proust, véritable antidote circonstanciel.

Qu’on se le dise ! Philippe Caubère, en très grande acuité, est de retour festif, au Théâtre de l’Athénée… avec son Ferdinand qui n’en finira pas de nous faire de l’œil en 2018 tant le cinquantième anniversaire soixante-huitard pourrait être partiellement incarné par le sosie du trublion idéaliste. 

 

photos © Theothea.com  
  
ADIEU FERDINAND ! I / II - ***. Theothea.com - Clémence (La Baleine / Le Camps naturiste) & Le Casino de Namur (Les Pétrieux) - de & par Philippe Caubère - Théâtre de L'Athénée

    

  

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