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« Adieu Monsieur Haffmann » Plébiscite intensément dramaturgique au Petit Montparnasse

Une pièce palpitante dont la seconde partie détricote tranquillement toutes les balises de sécurité échafaudées au cours de la première. Un suspens drolatique qui permet de rire jaune, comme l’étoile, tant que la vie est synonyme d’espoir.

 

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ADIEU MONSIEUR HAFFMANN
© Evelyne Desaux

  

A l’instar du nouveau-né qui se fait attendre jusque dans sa conception, l’ensemble des signaux du vivant, au-delà de la survie, resteront au vert par la force d’une solidarité construite au sein d’un valeureux trio préférant l’avenir radieux à celui d’otages de la destinée.

Mais, attention, la toute puissance Nazie a, semble-t-il, les cartes en main avec, bluff ou pas, plusieurs coups d’avance sur la malignité de toute forme de résistance.

Reprenons le scénario de Jean-Philippe Daguerre à ses prémisses : Le bijoutier Haffmann (Alexandre Bonstein) pressentant la poursuite de son activité en pleine impasse propose à Pierre (Gregori Baquet / Charles Lelaure), son employé de confiance, de lui céder la direction de la boutique durant cette période faisant la chasse aux juifs… pourvu qu’il le cachât dans la cave. En contrepartie, Pierre et Isabelle son épouse (Julie Cavanna) vont demander un service très intime au bijoutier.

 

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ADIEU MONSIEUR HAFFMANN
© Evelyne Desaux

  

Comme dans un roman à clef sexualisée, le spectateur est emmené au cœur d’un défi qui, en temps de paix, aurait pu paraître scabreux alors que dans cette situation de promiscuité avec le risque permanent encouru, l’enjeu semble ici quasiment héroïque à la manière d’un gigantesque « pied de nez » à toutes les humiliations infligées par les forces aléatoires du destin ajoutées à celles d’une humanité en pleine perversion.

L’insistance investie à se remettre sans cesse en position de nouvelle tentative en vue de la victoire sur l’adversité n’aura d’égale que celle à se percevoir au sommet de la dignité d’êtres humains jouant avec les seules armes leur restant entre les mains.

Viendra alors le temps de l’apothéose lorsque le haut dignitaire nazi Otto Abetz (Franck Desmedt) ambassadeur d’Hitler sera invité en table d’hôte en compagnie de son épouse ( Charlotte Matzneff / Salomé Villiers) au souper des dupes ou qui feignent de l’être.

 

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ADIEU MONSIEUR HAFFMANN
© Evelyne Desaux

  

Imaginer ce repas des cinq convives que tout sépare, de par la problématique de la guerre mondiale, se présente à la manière de la fantasmagorie d’un Charlie Chaplin tenant sa « mappemonde ballon » tel le roi des dictateurs en plein délire d’abus de pouvoir.

Ici, dans ce rapport de forces en mondanité exacerbée, c’est à mots feutrés à double sens, humoristiques ou pas, qu’il va falloir ferrailler jusqu’à ce que l’adversaire soit terrassé ou qu’au contraire les lois d’une « retraite annoncée » soit le prélude à un retour du réalisme sur l’égarement géopolitique.

Filant la métaphore avec le conte pour adultes avertis, le script de Jean-Philippe Daguerre nous amène au bord du précipice, là où, néanmoins, il est encore temps de se poser les questions élémentaires de « bon sens ».

 

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ADIEU MONSIEUR HAFFMANN
© Theothea.com

  

Formidable distribution dont deux rôles sont proposés en alternance avec le même brio, tant la direction d’acteurs ne souffre aucune improvisation au sein de cette superbe mécanique cinématographique spécifiquement dédiée aux planches… en l’occurrence celles du Petit Montparnasse qui pourrait fort bien s'enorgueillir de (nominations aux) Molières 2018 fort probables.

   
photos 1 à 3 © Evelyne Desaux
photos 4 - 5 © Theothea.com
    
ADIEU MONSIEUR HAFFMANN - **** Theothea.com - de & mise en scène Jean-Philippe Daguerre - avec en alternance Grégori BAQUET ou Charles LELAURE, Alexandre BONSTEIN, Julie CAVANNA, Franck DESMEDT ou Jean-Philippe DAGUERRE, Charlotte MATZNEFF ou Salomé VILLIERS - Petit Théâtre Montparnasse
  

   

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ADIEU MONSIEUR HAFFMANN
© Theothea.com

  


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1 réactions à cet article    


  • François Vesin François Vesin 30 mars 14:58

    Un pur chef d’oeuvre qui au OFF d’Avignon 2017

    a fait l’unanimité, salué tant pour l’écriture de J. Ph. Daguerre 
    que pour le jeu des acteurs et tout particulièrement celui
    éblouissant d’Alexandre Bonstein qui en alternance jouait 
    Don Fernand dans le Cid également mis en scène par Daguerre.

    Jusqu’à la dernière seconde vous ne pourrez jamais plus
    oublier le dernier souper de Monsieur Haffmann...

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