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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Agora ou l’extinction du phare de la connaissance d’Alexandrie

Agora ou l’extinction du phare de la connaissance d’Alexandrie

Il est de ces films épiques qui sans travestir la réalité historique ne manquent pas de placer le spectateur dans un monde du passé dont les éléments de réflexion demeurent intemporels. Agora est de ceux-là sans conteste, et bien qu’il passa malheureusement inaperçu lors de sa sortie sur les écrans Français au début de cette année, ce film hispano-maltais dirigé par Alejandro Amenábar est une véritable perle qu’il ne faudrait pas manquer lors de sa diffusion sur d’autres supports. La maîtrise cinématographique aidant, l’histoire d’Hypatie d’Alexandrie ne peut laisser indifférente de par le message délivré à travers les siècles.

Un contexte religieux tumultueux

Théodose Ier, dernier Empereur d’un Empire Romain autrefois unifié s’étendant des colonnes d’Hercules à l’Ibérie caucasienne, scella en l’an 391 le sort des communautés païennes en promulguant l’édit intitulé nemo se hostiis polluat insontem victimam caedat. Les cultes païens devinrent du jour au lendemain interdits et les temples fermés à la vénération publique des Dieux Anciens [1]. Si Rome était de par sa place symbolique dans l’Histoire de l’Empire la première visée par ces mesures brusques comme discriminatoires, c’est Alexandrie, un foyer civilisationnel riche des trésors contenus au sein de sa bibliothèque qui devait subir le plus durement les conditions de cette disposition impériale.

Or à la même période professait au sein de la rayonnante cité méditerranéenne une femme dont l’on saluait tout autant la grande beauté que l’étendue des connaissances scientifiques : Hypatie. Fille de Théon directeur du musée d’Alexandrie, institut de savoir à travers sa fameuse bibliothèque comme lieu de cérémonie puisque servant à célébrer les cultes d’Osiris, d’Isis et de Sérapis (d’où le nom de sérapéum pour désigner les temples lui étant dédiés).

Hypatie en tant qu’adepte de la pensée néoplatonicienne [2] s’employait à propager la connaissance antique à ses disciples tout en menant ses travaux sur les mathématiques, l’astronomie et la philosophie. Pendant que sur l’Agora la tension montait crescendo entre chrétiens et païens. Les premiers enhardis par leur force numérique de plus en plus consistante et les gestes conciliants puis adjuvants du pouvoir politique, les seconds de plus en plus anémiés et inconscients du ressort fondamental de ce monothéisme à vocation universelle (le confondant à tort sur ce point avec le judaïsme qu’ils connaissaient depuis longue date).

C’est à ce moment précis que le réalisateur Chilien décide de nous emmener dans une Alexandrie magnifiquement reconstituée offrant pour le plus grand plaisir des yeux son phare grandiose et son impressionnante bibliothèque.

Bataille pour les âmes et la connaissance

Le parti pris d’Amenábar l’emmène à s’immiscer dans l’intimité des relations entre Hypatie et ses disciples dont on sait par des sources vérifiées que l’un deviendra évêque de Ptolémaïs (cité sise en Cyrénaïque) et l’autre préfet d’Alexandrie (gouverneur de l’Egypte), continuant malgré leur conversion à entretenir de très respectueuses relations avec leur ancien professeur. Tout le talent du réalisateur est justement de ne pas franchir la ligne rouge versant dans la fiction en proposant une oeuvre collant aux faits et (nombreux) personnages historiques. Non sans amener le spectateur à s’interroger sur plusieurs thèmes sans pour autant tomber dans une logorrhée intellectuellisante à l’extrême. Tout comme il nous amène à se replonger avec délice dans les recherches scientifiques et philosophiques fondamentales de cette époque où l’explication de l’univers pouvait être la quête d’une vie. C’est notamment l’un des temps forts du film où Hypatie sommée par les dignitaires de l’Eglise de choisir quelle religion elle doit embrasser répondra que son seul choix ne saurait être que la philosophie.

Îlot de réflexion au sein d’une Alexandrie en proie à la pression comminatoire d’une religion rompant avec la tolérance habituelle des païens, le musée édifié par Ptolémée Ier sera comme une flamme vacillante au milieu d’un tourbillon de fanatisme illustré par les imprécations du patriarche Théophile puis de son neveu l’évêque Cyrille fort de la mobilisation de ses moines du désert de Nitrie, appelés parabolani (ou parabolants en français). Le couvercle qui menace d’étouffer Alexandrie s’avance inexorablement tout le long du film, provoquant chez le spectateur un sentiment latent d’asphyxie qui trouvera un achèvement symbolique en fin de métrage.

Autour de ce décor, les acteurs s’en donnent à coeur joie tant on les sent bien en phase avec le sujet : que cela soit Michael Lonsdale que l’on retrouve avec plaisir dans le rôle clef de Théon, Max Minghella campant de façon efficace un esclave christianisé mais torturé en son for intérieur, Oscar Isaac interprétant avec réussite le gouverneur Romain esseulé au centre de l’intrigue et bien entendu Rachel Weisz que la lourde tâche d’endosser le rôle principal n’a pas écrasé pour notre plus grand plaisir de cinéphile. Hypatie ne peut dès lors que nous apparaître comme une femme séduisante à plusieurs égards dépassant le strict cadre de la beauté physique en dégageant ce charisme hors pair de par sa liberté de pensée comme par sa soif de culture le tout couronné par la fermeté de son courage et ce alors que le monde bascule autour d’elle.

Extinction des feux du savoir

Que l’on songe au saccage de la bibliothèque d’Alexandrie par les chrétiens du Bas Empire Romain ou au dynamitage des Bouddhas de Bâmiyân par les talibans au XXème siècle, l’on ne peut s’empêcher d’opérer un parallèle qui n’a au fond rien de troublant.

La destruction des savoirs de la bibliothèque d’Alexandrie restera une des plus profondes pertes pour l’humanité par la volatilisation de la somme de savoirs qu’elle contenait. Encore que cette catastrophe n’est pas clairement datée, ainsi le grand érudit Arabe Ibn Khaldoun imputera de nombreux siècles plus tard la destruction de cette même bibliothèque au calife Omar ibn al-Khattâb. Cependant la fermeture de l’école puis le saccage du temple autorisent à envisager des atteintes préjudiciables d’une certaine ampleur étendues aux autres annexes du musée.

Difficile de réellement trancher quant au destin de cet entrepôt de la connaissance (à tout le moins fut-il sérieusement malmené en ce début de Vème siècle) mais il est clair que dans le délabrement généralisé de l’Empire Romain, le rideau se fermait sur une page de l’Histoire pour entrer dans une nouvelle ère pleine d’incertitudes comme de repli intellectuel.

Drame historique efficace, humaniste et esthétique le tout servi par la richesse des thèmes traités, Agora a bien droit à une session de rattrapage sur DVD, Blu-Ray (sortie sur ces supports en mai 2010) ou lors de quinzaines du cinéma hispanophone.
 


 

[1] Précisons que Théodose Ier sera aussi le fossoyeur des Jeux Olympiques Antiques en proclamant leur interdiction pour prosélytisme païen en 393.

[2] Pour une meilleure compréhension du phénomène du néoplatonisme, lire cet article.


 

Le site officiel en version Espagnole et Anglaise

L’entretien d’Alejandro Amenábar réalisé par Sandra M.

 

Moyenne des avis sur cet article :  4.85/5   (26 votes)




Réagissez à l'article

26 réactions à cet article    


  • alberto alberto 29 mars 2010 10:39

    Bravo et félicitations pour la qualité de cet article qui donne vraiment envie de voir ce film !

    Merci à l’auteur.

    Pour info, la situation des chrétiens de nos jours à Alexandrie s’est singulièrement retournés depuis l’époque du film : citoyens de deuxième classe, plus ou moins persécutés et subissant vexations et spoliations régulières. Résultat d’une d’une justice immanente... ou divine ?

    Bien à vous.


    • heraclite 29 mars 2010 10:59

      Excellent article qui corrobore parfaitement tout le bien qu’en a dit mon professeur de philosophie grecque. J’attends avec impatience la sortie de ce film en DVD. 


      • John Lloyds John Lloyds 29 mars 2010 12:00

        L’école d’Alexandrie restera le dernier endroit de convergence multiculturel de l’antiquité, après quoi l’église catholique posera sur l’occident une chape d’obscurantisme pendant plus de 15 siècles.

        Il ne faut pas croire pour autant que le sport de l’incendie des bibliothèques est terminé. En 1900, c’est bel et bien la France, en coopération avec l’Angleterre et l’Autriche-Hongrie, qui a incendié la bibliothèque de Pékin, causant une perte de savoirs inestimables. Au milieu du XX°, ce sont les nazis qui brûlèrent des millions de livres. Il est à mon sens loin d’être exclu que, en cas de changements politiques majeurs, ce sport ignoble ne se poursuive.

        Merci à l’auteur pour cet excellent article.


        • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 4 avril 2010 01:45

          Toute proportion gardée la loi Hadopi des néoconservateurs Français n’a pas d’autre but que de brûler l’Internet. En cela Sarkozy et sa bande de l’UMP se situent sur la même ligne que les pires tyrans de la création.
          On comprend mieux pourquoi l’UMP est devenu un parti frère du Parti Communiste Chinois (PCC).

          Echange de bon procédés ?


        • zelectron zelectron 4 avril 2010 10:16

          @John,
          mais non, mais non ce sont des chinois déguisés en français qui ont fait ça, j’espère que vous ne croyez pas un instant que la liberté qui règne sur le monde ou la grande donneuse de leçons ait pu commettre pareil forfait.
          (tiré nouvelle Histoire réécrite à l’usage des gogos, très à la mode en ce moment, et la Chine s’en inspire de + en + aussi)


        • Internaute Internaute 5 avril 2010 09:34

          N’oublions pas la révolution culturelle de Mao qui s’est acharnée sur tout ce qui représentait le passé culturel chinois de la vaisselle Ming aux temples en passant par les livres. Dès qu’un parti d’excités prend le pouvoir il commence par détruire l’art ancien. En France les démocrates sont allés casser les têtes des saints qui ornent les cathédrales, comme à Strasbourg.


        • docdory docdory 29 mars 2010 12:11

          @ Yannick Harel

          Merci de votre article. J’avais moi-même commencé à écrire un article sur ce film, projet que j’avais abandonné , car il n’était resté qu’une ou deux semaines à l’affiche , et ne se jouait déjà plus quand j’en étais à la moitié de mon texte !
          Bien que ce film parle d’événements qui se passent lors de la transition entre l’antiquité et le moyen-âge ( avec , semble t-il, certaines libertés avec la chronologie ) , il parle aussi et peut-être surtout de notre monde moderne.
          Si le contexte de l’époque est celui du remplacement de l’empire romain par une théocratie catholique, marquant le début d’un effondrement intellectuel qui allait durer 1000 ans, le film est une allusion à peine voilée à notre époque : il suffit de remplacer le christianisme par l’islam et nous voyons comment une minorité agissante de fanatiques ( les chrétiens étaient une petite minorité à l’époque dans l’empire romain ) peut faire tomber une civilisation.
          Les mécanismes sont les mêmes : lâcheté ou surtout opportunisme des autorités , protestations violentes quand une religion se prétend offensée, infiltration du pouvoir .
          A l’époque comme maintenant , on voit que la religion, pour établir une théocratie , s’en prend prioritairement à trois cibles : les femmes , les scientifiques et les livres .
          Que voit-on dans les « zones urbaines sensibles » actuelles ?
          - On s’en prend aux femmes en harcelant celles qui ne portent pas le voile
          - On s’en prend à la science en prétendant ne pas assister aux cours de biologie , en particulier ceux portant sur l’évolution
          - on s’en prend aux livres en remplaçant les librairies classiques par des « librairies musulmanes » ( certaines librairies classiques ayant d’ailleurs, dans ces quartiers fait l’objet de violences et menaces )
          Comme à l’époque, des politiciens opportunistes minimisent le problème et agissent contre l’intérêt de la société , en finançant, au mépris de la loi, des mosquées et autres « centres culturels » musulmans , en créant le CFCM etc ...
          Si l’on ne veut pas un retour vers mille ans d’un nouveau moyen-âge, islamique cette fois-ci, il faut retenir les leçons de l’histoire qui sont rappelées dans ce film , et agir en conséquence .


          • docdory docdory 29 mars 2010 16:10

            @ Parkway

            1°) Hypathie d’Alexandrie, c’était plusieurs centaines d’années avant le schisme qui sépara l’église en église catholique et église orthodoxe . Il s’agit donc des méfaits des chrétiens et non pas des catholiques , qui n’existaient pas en tant que tels à l’époque.
            2°) Il est clair que l’auteur fait , dans son film , des allusions tout à fait évidentes aux progrès fulgurants de l’obscurantisme islamique actuel . Ce film ne se borne donc pas seulement à mettre en évidence les méfaits du passé, mais nous met en garde sur ce qui est en train de nous arriver de nos jours avec l’islam, qui menace autant de faire disparaître notre civilisation que le christianisme a, en son temps, fait disparaître la civilisation romaine , et ce avec exactement les mêmes procédés .

          • Yannick Harrel Yannick Harrel 29 mars 2010 16:06

            Bonjour à tous et merci pour vos interventions,

            Je vous prie de m’excuser de ne pas opérer une réponse circonstanciée à chacun d’entre vous, faute de temps, mais souhaitant néanmoins vous signifier que je vous lis avec attention.

            Cordialement



            • Alfred Mignot Alfred Mignot 29 mars 2010 16:51

              Bonjour,

              félicitations pour votre article !

              Je me suis permis de le reproduire sur mon site « Le Journal des Méditerranéens » – leJmed.fr – à l’adresse http://www.lejmed.fr/Agora-un-film-sur-l-extinction-du.html

              En espérant que cela ne posera pas de problème (bien sûr j’ai mis le lien vers votre blog).
              Je vous écris ici car je n’ai pas trouvé d’adresse courriel.

              Bien cordialement,

              alfred.mignot [at] leJmed.fr


            • Yannick Harrel Yannick Harrel 29 mars 2010 19:50

              @Alfred Mignot 

              Bonjour,

              Oui je vous en prie si vous voulez le diffuser sur votre propre espace. Du moment que les règles habituelles soient respectées je n’y vois aucun inconvénient, au contraire...

              Au passage, votre contribution m’a permis de prendre connaissance de votre portail (LEJMED.FR) très bien fourni et ergonomique. S’il est vrai que je n’opère pas de veille particulière sur cette région du monde, je n’en demeure pas moins curieux de toutes ses évolutions. Merci pour votre passage.

              Cordialement


            • Arunah Arunah 29 mars 2010 19:23

              Bonjour Yannick !

              Merci pour cet excellent article qui permet de s’évader un peu du quotidien... Encore que les commentaires de Docdory - que j’apprécie beaucoup - tendraient à souligner la pertinence du film pour comprendre notre époque.

              Toutefois les dialogues en anglais à Alexandrie au IVème siècle me gênent un peu... 
              J’attends le DVD avec impatience... ( tant pis pour l’anglais... )


              • Yannick Harrel Yannick Harrel 29 mars 2010 20:46

                Bonjour Arunah !

                C’est aussi une petite déception, cependant exceptée celle-ci et mis à part les costumes des soldats Romains qui m’apparaissent fort peu en adéquation avec les changements imposés par le temps et l’espace sur l’équipement militaire des armées d’Orient, je dois avouer que le réalisateur a eu un réel souci du détail historique. Le propos épique ne tombe pas de l’extrémisme hollywoodien, ce qui est tout à son honneur et prouve que l’on peut avoir de belles fresques cinématographiques sans tomber dans la surenchère. Ceci est d’autant plus plaisant, que les effets spéciaux sont au service de l’histoire (avec un H majuscule aussi) et non comme trop souvent le contraire avec de nombreuses productions cinématographiques.

                En ce qui concerne cet article, j’ai longtemps hésité à le faire bien plus long. En toute honnêteté, je désirais dresser une large fresque historico-théologique en débutant en 313 et le fameux édit de Milan tout en passant par Julien le Philosophe (qui s’attirera plusieurs décennies encore après les foudres de l’évêque Cyrille d’Alexandrie, le même que dans le métrage), ainsi que par les formidables querelles religieuses de l’époque que l’on a peine à imaginer par leur violence (Montanistes, Ariens, Manichéens etc.). J’ai dû faire l’impasse dessus en décidant de centrer l’attention sur le film, et non partir dans des digressions certes riches mais pouvant éloigner de l’oeuvre cinématographique. Nonobstant cet abandon, il est utile de s’y plonger pour appréhender encore davantage les évènements d’Alexandrie et leur tragique épilogue.

                Cordialement


              • Arunah Arunah 29 mars 2010 22:30

                Mais, Yannick, je soupçonne que ceux qui se retrouvent sur ce fil seraient heureux d’avoir un panorama le plus complet possible ! Tant qu’à se plonger dans cette époque, autant le faire en détail. Je n’avais aucune idée de la violence de ce changement d’idéologie, plus intéressée par la peinture grecque de l’époque ( les portraits du Fayoum ). En peinture, la transition s’est faite sans heurts du Fayoum aux icônes du Sinai. Je pensais innocemment que la vie n’était que belles images... Merci d’avoir mis en lumière ces aspects peu reluisants mais prévisibles puisqu’après tout, la nouvelle religion devait heurter des intérêts de caste. Tous ces prêtres de diverses divinités au chômage...

                La fin d’Hypatie est-elle aussi « gore » que le laissent entendre d’aucuns ? ( je veux dire dans le film... )

                Cordialement


              • Yannick Harrel Yannick Harrel 29 mars 2010 23:12

                Bonjour,

                La fin d’Hypatie est effectivement tragique car sa mise à mort fut volontairement dégradante (au final on se demande pour qui, pour la lapidée ou pour les acteurs de cet innommable spectacle ?). Le film jette un voile relativement pudique sur celle-ci, donnant selon ma propre perception un effet encore plus sordide à l’acharnement de ces fanatiques voulant punir cette femme de sa beauté comme de sa liberté de pensée : cette « démonstration de vertu » cachant mal des sentiments peu charitables refoulés et expurgés par la violence.

                Ne croyez pas que je désire botter en touche sur ce sujet passionnant des querelles religieuses (car jusqu’à la fin de l’Empire Romain d’Occident puis au sein de l’Empire Romain d’Orient) ces questions seront d’une extrême importance, pour ne pas dire gravité de par les troubles inhérents. Et les heurts entre factions furent parfois d’une violence inouïe, surtout lorsque la rivalité ethnique s’en mêlaient (que l’on songe aux Goths convertis à l’arianisme et réfractaires au dogme unifié du concile de Nicée de 325, qui fixera aussi la date des Pâques au passage). Cependant il ne faudrait pas aussi se focaliser dessus car il est nécessaire dans le même temps de se replonger dans la pensée néoplatonicienne. Très touffu comme sujet.... 

                Cordialement


              • vero87 29 mars 2010 19:58

                Saint Cyrille, docteur de l’Église 
                 « ...défenseur intransigeant de l’orthodoxie, fait condamner Nestorius au concile d’Ephèse (431) ; sa doctrine de l’Incarnation, affirmant l’union hypostatique des deux natures du Christ, divine et humaine, reste un des fondements du dogme chrétien » Robert
                Ce saint docteur canonisé par l’Église est fêté le 28 janv dans tous les bons calendriers catholiques ! (à quand un vrai calendrier laïque débarrassé des tous les saints (assassaints), meurtriers, vandales, glorifiés par l’Eglise (St Louis, Dominique, Martin...Pie XII) ?
                L’auteur de (l’excellent) article n’en dit rien, peut-être pour ménager les futurs spectateurs du film, mais la fin d’Hypatie fut particulièrement horrible : écorchée vive avec des coquillages par les moines fanatiques que Cyrille avait lancés contre elle et les païens !
                (personnellement le sachant, j’irai quand même voir le film !)
                Ce sont ces mêmes moines bastonneurs qui ont déferlé partout dans les campagnes de L’Empire ! Jacques Lacarrière en parle très bien dans « les hommes ivres de dieu ».
                La légende des gentils chrétiens évangélisant les campagnes en prend un coup !
                La vérité c’est que la christianisation ne fut souvent que violences, meurtres, pillages, appropriations... une intolérance telle que les provinces d’orient préfereront se donner à l’Islam (alors plus tolérant ! c’est tout dire !) plutôt que de subir plus longtemps le joug des chrétiens !


                • Hieronymus Hieronymus 30 mars 2010 02:54

                  bonsoir et merci pour ce captivant article
                  plusieurs questions me viennent a l’esprit, je dois avouer que je n’ai pas visionne le film (reste a faire) mais seulement qq extraits ;
                  - pourquoi ce titre de film « Agora » ? quel rapport avec Alexandrie ou Hypathie ?
                  - le fameux incendie de la bibliotheque d’Alexandrie, perte d’un savoir absolument considerable, a ce sujet j’ai lu un peu de tout, certains le font remonter a Cesar, cad avant J.C. et cela va jusqu’a certain calife apres l’invasion arabe mais ds l’ensemble les chretiens fanatiques et en meme temps iconoclastes ne semblent pas trop incrimines .. bref c’est qui le coupable ?
                  - les rapports paiens/chretiens, faut se garder de tout manicheisme car le sujet est extremement complique et necessite de revisiter bcp d’idees preconcues, perso je pense qu’il y a chretiens et chretiens, a l’epoque le dogme n’etait pas fixe, il y avait enormement de courants et les conciles n’etaient pas des assemblees de notables peperes qui ergotaient en bonne compagnie sur des points mineurs histoire de se montrer savants mais c’etaient (les conciles) des enjeux politiques capitaux qui faisaient le theatre d’affrontements extremement violents ou certains y laissaient leur vie !

                  pour essayer de tracer un rapide schema de la genese du christianisme ;
                  au Ier siecle c’est le brouillard, on en est reduit aux hypotheses, par contre plusieurs evenements tres importants ont eu lieu pour les Juifs, destruction du 2nd temple en 70
                  au II siecle se dessine la cesure entre ce qui deviendra le judaisme rabbinique (que nous connaissons aujourd’hui) et differents mouvements chretiens (tres differents de ce que nous connaissons aujourd’hui)
                  au III siecle c’est vraiment la que tout bascule car d’une part le christianisme devient incompressible et aucune persecution ne parviendra plus a le reduire mais d’autre part a l’interieur des communautes chretiennes, le courant gnostique devient ultra minoritaire car c’est le courant exoterique anti-gnostique et qui sera a la base de l’eglise romaine qui devint dominant, et qui est bcp plus violent et politique
                  au IV siecle les jeux sont faits malgre la parenthese d’ailleurs tres breve (et admirable) de Julien l’Apostat qui lui meme tres tolerant deploiera d’intenses efforts en vue de sauvegarder le savoir antique, c’est le siecle du triomphe des iconoclastes qui voit ds tout l’empire se generaliser la destruction de tous les edifices paiens qui pouvaient encore subsister, le monde antique sombre definitivement sans doute davantage de l’interieur a cause du fanatisme religieux que du fait de la poussee exterieure des pas si barbares que cela (oui il y a certes eu les « vandales » mais la plupart des germains etaient desireux de s’assimiler)
                  cette fin du savoir antique sera definitivement enterinee qd un siecle plus tard l’empereur Justinien decidera de fermer l’ecole d’Athenes ..

                  malgre la violence des evenements relates par le film, les rapports entre paiens et chretiens devaient ils necessairement etre violents ?
                  il est assez naif d’opposer monotheisme et polytheisme car ce sont des definitions fort simplistes, les chretiens mystiques comme les sages de l’antiquite attestaient egalement la meme devotion envers un principe unique fondateur de l’univers, si l’on etudie des portions du christianisme esoterique on se trouve pas tellement eloigne du neo-platonisme qu’on est d’ailleurs alle soupconner chez certains peres de l’eglise comme Denys l’Aeropagite ou Gregoire de Nysse, ainsi Maitre Eckhart au XIII-XIV siecle se verra accuse de pantheisme ..
                  qu’on songe au Conte du Graal, il s’agit bien d’un recit celtique a l’origine qui s’est trouve ensuite repris et developpe de facon admirable par l’esoterisme chretien vers le XIII siecle, la frontiere entre les differentes « doctrines » ou « courants » religieux devient souvent bien mince quand on approche du sommet du savoir !
                  derriere le peplum, l’epopee antique (et tragique) ce film pose bien des questions qui demeurent tragiquement intemporelles, comme celles de la conservation du savoir, de la maintenance de la civilisation, sujet helas bien actuel ..

                  merci encore a l’auteur pour cette brillante evocation


                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 30 mars 2010 05:57

                    Bonjour,

                    Votre propos des plus intéressants mérite effectivement réponse tant le sujet ne peut être que passionnant (et passionné sans nul doute). Devant m’absenter je suis au regret de ne pouvoir y donner suite aussi rapidement que désiré. Cependant je reviends vers vous dès mon retour car les points soulevés sont de prime importance..

                    Cordialement


                  • Gollum Gollum 30 mars 2010 14:35

                    Post brillant et intéressant de Hiéronymus..


                    Oui, mille fois hélas, le courant exotérique centralisé sur la foi, l’a emporté au détriment du courant ésotérique, gnostique et symboliste, ce qui a abouti à cette Église de Rome assez moralisatrice sur le fond, obscurantiste et penchant dangereusement du côté de la puissance.
                    Je ne serai toutefois pas aussi outrancier que Lloyds, il y a quand même eu des parenthèses de Haute civilisation chrétienne, au Moyen-Âge notamment, l’Ordre du Temple, ordre initiatique et gnostique en étant la source principale : on lui doit les cathédrales, les contes du Graal, une importance accordée au monde des symboles qui fut oublié par la suite...
                    Notons aussi sa fraternisation avec le monde cathare en opposition d’avec la politique de Rome.

                    Quant au débat entre monothéisme et polythéisme, l’Église de Rome a longtemps cherché à faire croire qu’elle était le seul monothéisme issu du courant juif (avec l’Islam) en accord avec nos universitaires, ceci dans le but de discréditer tout monothéisme concurrent (l’Hindouisme en fait partie), les universitaires, eux voulant faire croire à un espèce d’évolutionnisme, compatible avec leurs préjugés matérialistes (le monothéisme étant censé être une idée tardive..)..

                    Aujourd’hui, on sait pertinemment que derrière la plupart des polythéismes se cache un monothéisme évident.

                  • Yannick Harrel Yannick Harrel 1er avril 2010 19:12

                    @Hieronymus

                    Bonjour,

                    Pour répondre à vos questions, sachez tout d’abord que l’Agora est un lieu de prime importance où se déroulent les débats publics susceptibles d’intéresser la population de la cité. Or le film débute réellement à partir d’une altercation où un prédicateur chrétien en vient à molester, voire attenter à la vie d’un contradicteur païen. Là où le païen demande de démontrer, le chrétien demande de croire.

                    Pour l’incendie de la bibliothèque d’Alexandrie sous César, deux points à souligner : il apparaîtrait que les dégats n’auraient pas été si conséquents que cela, ne détruisant que partiellement le Museîon, ce qui ne sera pas le cas plusieurs siècles plus tard ; César prit l’initiative une fois la situation accalmie de combler les pertes du mieux qu’il le put en transférant un maximum de documents antiques d’autres régions pour les archiver au sein de ce temple du savoir. Il ne pouvait qu’en aller autrement avec les monothéismes universels qui souffraient du besoin de raser le passé pour construire leur avenir. D’autant que le corpus général comportait un temple païen : je le mentionne à nouveau car cela n’est pas innocent dans la soif de destruction des fanatiques lancés à l’assaut du Musée d’Alexandrie (dont la Grande Bibliothèque n’est qu’une annexe).

                    J’insiste sur ce point : les païens comme les juifs n’ont jamais eu comme ambition d’imposer à autrui leurs croyances ainsi que de sauver les âmes (surtout contre leur gré) des « infidèles ». Au contraire, au sein de la cité antique pouvaient prospérer plusieurs cultes. Un des moments les plus instructifs du film est justement le zèle poussé à son extrême par les hiérarques chrétiens pointant du doigt l’impiété des juifs qui ne respecteraient pas le chabbat ! Leçon de morale d’autant plus savoureuse lorsque l’on connait la genèse du christianisme en tant que secte judaïque jusqu’à ce que Paul de Tarse décide de s’intéresser de près au sort des Gentils...

                    En ce qui concerne le dogme au Vème siècle, il n’était pas encore (et loin de là) totalement fixé. Quand bien même le siècle précédent fut-il très nourri en édits et conciles. L’Empire Romain était entré dans une période de déliquescence de plus en plus irrémédiable : les derniers Empereurs soutinrent (à tort) que le christianisme pouvait resouder les différentes composantes de la société Romaine. Las, il en alla autrement du fait que querelles incessantes, paralysantes et meurtrières. Et je ne parle pas de la crise de conscience des soldats chrétiens du fait du célèbre : « Si tu tues par l’épée, tu périras par l’épée ». Difficile de la sorte de perpétuer la vocation militaire chez les convertis (quand bien même Saint Augustin répondra sur ce point en évoquant le roi David mais il était déjà trop tard). Du fier citoyen Romain Cincinnatus au fédéré Barbare majoritaire dans l’armée Romaine, toute une évolution qui ne favorisa pas le maintien d’une cohésion sociale de l’Empire comme d’une préoccupation du maintien du limes.

                    Pour autant le paganisme n’a pas fondamentalement disparu, et je dirais même que le christianisme a du composer avec pour s’implanter dans la durée. N’oublions pas que les premiers chrétiens étaient convaincu de l’imminence du jugement dernier, un dessein eschatologique qui tardait pourtant à venir. Devant le délai de plus en plus long de cet évènement, il devint nécessaire de composer avec la majorité de la population (surtout des campagnes) qui renâclait à délaisser ses anciens Dieux. Tout le talent des têtes pensantes de l’Eglise fut justement de reprendre dates et symboles à son compte : pensons par exemple à la date du 25 décembre ou aux Pâques.avec les traditionnels oeufs qui sont tout sauf chrétiens à l’origine. Et j’ai encore une panoplie d’exemples de ce calibre. Ces sources bénites que l’on désigne ici et là ne sont-elles pas tout simplement des sources sacrées que vénéraient déjà les ancêtres des peuples convertis ? Et ces Eglises se dressant fièrement en chaque petit village, combien d’entre elles reposent en fait sur les fondations d’un site sacré et célébré par d’anciens prêtres ? Ne dit-on pas qu’en Irlande les druides continuèrent à oeuvrer pour leurs ouailles le tout à l’ombre de cette fameuse croix celtique non sans conserver certains attributs de leurs aïeux (renseignez vous sur le christianisme Irlandais, ça vaut la peine) ?

                    Comme vous le mentionnez, le Conte du Graal a lui tout seul est un chef d’oeuvre pagano-chrétien smiley

                    Cordialement


                  • Hieronymus Hieronymus 4 avril 2010 21:00

                    @ l’auteur
                    merci de votre reponse longue et circonstanciee
                    vous m’apprenez que l’on nommait Agora non seulement la fameuse place a Athenes mais toutes les places de debat public ds l’Antiquite ..
                    comme Gollum le souligne, je pense que le cheminement du Christianisme est qq chose de bcp plus riche que ce que l’eglise catholique a toujours souhaite nous faire accroire, ce film nous en offre un aspect plutot negatif, une sorte de point d’inflexion historique ou les persecutes d’hier deviennent subitement persecuteurs, il ne represente qu’un groupe de chretiens ou se pretendant tels, les premiers siecles ayant vu une floraison incroyable de differents mouvements spirituels avant que le politique ne reprenne en main le religieux de maniere ferme et quasi definitive ..
                    cordialement


                  • Romain Desbois 30 mars 2010 03:23

                    Désespéré que votre article n’est pas suscité de commentaires. Les mêmes qui se plaignent de la piètre qualité des articles publiés ne soutiennent pas la qualité pour autant.

                    Ce film m’a marqué, j’en suis sorti plus intelligent. Revigoré et désespéré à la fois.

                    Revigoré car l’intelligence des autres nous grandit ; désespéré car c’est toujour sla bêtise qui gagne.

                    Ce film a pour moi un autre attrait, celui de nous rappeler comment les religions se créent , remettant à leur place celles qui entre temps ont travesti leurs histoire.

                    Ce film devrait être diffuser à tous les croyants, tous les jeunes du monde.

                    Merci pour cet article


                    • Romain Desbois 30 mars 2010 03:25

                      Mince un bug a fait qu’aucun commentaire était affiché sur l’écran.
                      Je suis rassuré.


                    • Internaute Internaute 5 avril 2010 09:36

                      Trés bon article qui m’a donné envie d’aller voir ce film bien que je n’aille plus au cinéma depuis longtemps. Mais, dites nous tout, en cette époque de libération obligatoire tous azimuth et de salissure des mémoires, il n’y a même pas une scène de cul en gros plan entre l’évêque de Ptolémée et Hypathie ? C’est pour cela que ce film est un bide commercial.


                      • armand armand 5 avril 2010 10:41

                        Bonjour à tous,

                        Merci, Yannick, de cet article que je n’ai pas remarqué plus tôt.
                        Je finirai par voir ce film en DVD, ne m’étant pas pressé pour le voir lors de ses deux petites semaines à l’affiche, et soupçonnant qu’il fût un peu trop « glamour » et caricatural. Effectivement, des Romains vêtus comme à l’époque de César, alors que nous savons que le fantassin du Bas-Empire portait une tunique galonnée à manches longues, un bouclier ovale et dédaignait le casque (Ammien Marcellin lui en fait grief), c’est dommage alors que le cinéma moderne affiche le souci de l’exactitude.
                        Pour la pauvre Hypatie, son histoire m’avait déjà bouleversé quand je l’ai lue pour la première fois vers l’âge de douze ans. Surtout sa fameuse réplique à l’étudiant amoureux, soulevant le pan de sa jupe et lui désignant ce que d’ordinaire on cache et lui disant que c’était de cela qu’il était amoureux, et non de quelque chose de beau.
                        Je ne sais si le film respecte ce que l’on sait de cette affaire - l’arrière-plan une quasi-guerre civile entre le fanatique Cyrille et le préfet Oreste, ami d’Hypatie ; des émeutes opposant chrétiens et juifs avec des massacres réciproques ; le fait qu’une véritable commission d’enquête fut diligentée par l’empereur d’Orient à la suite de l’assassinat d’Hypatie conduisant à quelques condamnations de lampistes.
                        Tous les chrétiens du Ve siècle se reconnaissaient-ils dans ces excès ? je ne le pense pas, Alexandrie a toujours été une poudrière religieuse. Et puis on ferait une erreur anachronique en accusant le christianisme constantinien ou même théodosien d’instituer une police de la pensée - on proscrivait la pratique publique de la religion païenne, et non le débat d’idées, car on avait une vision magique des rites. Cette même logique avait conduit en d’autres temps les empereurs païens à exiger des chrétiens une pincée d’encens devant les effigies impériales, et non le reniement de leurs idées.

                        On est à juste titre épouvanté par la fin horrible d’Hypatie (la sacralisation de la beauté féminine nous rend pareil traitement doublement sacrilège, surtout aux mains de moines sales et vociférants) et les parallèles tracés avec le fanatisme islamiste actuel sont évidents. Mais le christianisme adoucit également de nombreuses pratiques barbares de l’Empire romain - interdiction des combats de gladiateurs, atténuation des peines, l’empereur Théodose II allant jusqu’à s’enorgueillir de ne jamais condamner à mort. Et le christianisme ne fit que parachever un lieu de citoyenneté commune entre Romains et Barbares déjà amorcé imparfaitement par le culte de Sol Invictus.

                        SINON, pour les amateurs des « époques sombres », je vous recommande absolument le roman de Frederick LEES, The Arthuriad of Catumandus (1996). C’est prétendument l’autobiographie d’un fils du « roi » Arthur, élevé en Alexandrie, païen philosophe, qui se rend en Grande Bretagne pour le compte de l’empereur d’Orient - et aussi pour retrouver son père. Le’auteur, ancien pilote de la RAF, a une connaissance du monde de l’Antiquité tardive assez époustouflante dans le domaine du roman historique. Mieux encore, son roman étant épuisé, il l’a publié intégralement en ligne (site de Frederick Lees).


                        • Yannick Harrel Yannick Harrel 6 avril 2010 01:59

                          @ Armand

                          Bonjour,

                          J’ai été aussi étonné de cette fausse note concernant l’accoutrement militaire des Romains, elle détonne d’autant plus que le reste du métrage est très correct, et que si anachronisme il y a, il se situerait vraiment sur des éléments très marginaux. Je subodore qu’Amenábar se soit tout de même entouré d’experts dans le souci de sortir une oeuvre qui ne soit pas trop sujette à caution historique.

                          Le film affiche nettement la dissension entre le préfet Oreste et les dignitaires de l’Eglise, ce qui donnera d’ailleurs lieu à une scène assez forte (que je ne tiens pas à raconter pour ménager la surprise de celle-ci). Déjà c’est le combat entre le spirituel et le temporel qui s’amorce.

                          Le christianisme des origines est passé par plusieurs phases, notamment de radicalisation. Avec l’appui de Théodose, c’est nettement une période de radicalisation qui s’annonce. Non seulement envers les païens mais aussi les juifs comme le film l’explicite fort bien (Alexandrie sera vidée de sa population juive sous le ministère de Cyrille). Il ne faudrait pour autant pas penser que les rivalités étaient plus douces entre les différentes obédiences chrétiennes : nestoriens et ariens (pour s’en tenir à ces courants) ont été combattus avec vigueur visant à leur éradication.

                          J’attends tout comme vous avec impatience ce DVD en espérant qu’il soit inclus une partie documentaire riche pour mieux appréhender le film dans ses contours religieux et historiques. Sans quoi je me demanderai à quoi peut bien servir un tel support...

                          Cordialement

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