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Aldebert à toute vapeur

Aldebert, avec plus de dix ans de tournées et 8 albums au compteur, était de passage à la Vapeur vendredi dernier. Rencontre avec un artiste qui a su délivrer une prestation sincère et enthousiaste, tout à l'image de son dernier opus « Les meilleurs amis ».

C'est donc sous le signe de son dernier album qu'Aldebert est venu à Dijon, dans une Vapeur pleine à craquée, faire sa première date « à l'extérieur ». Par « à l'extérieur », le chanteur Franc-comtois entend « en dehors de Besançon », berceau de l'artiste qui a déjà pu y roder sa nouvelle mise en scène pour deux dates.

Partis pour un an et demi de tournée, Aldebert et sa bande ont en effet démontré vendredi que leur jeu de scène était déjà on ne peut plus rodé et efficace. Le virevoltant parolier n'a rien lâché, se donnant au public sans retenue, et ce pendant près de deux heures et demi de spectacle. Ses musiciens, complètements dans leur rôle, tantôt bouffons tantôt rockstars, n'ont pour leur part pas été en reste. Changeant d'instruments comme de chemise et toujours prêts à suivre Aldebert dans ses frasques scéniques, ces quatre zicos ont sans faiblir délivré une prestation aussi énergique que juste. Cet engagement, le chanteur bisontin leur rendra bien. A travers plusieurs vidéos, ses compères de tournée sont présentés au public dijonnais, les mettant en scène avec beaucoup d'humour et d'auto-dérision, une manière pour Aldebert de rendre justice à des artistes trop souvent dans l'ombre.

Au menu des chansons, le groupe nous aura servi son menu maxi best-of, savoureux mélange de morceaux, inédits et anciens, certains devenus des classiques. En cadeau bonus, le public aura même droit à l'apparition surprise d'Yves Jamait, heureux de venir pousser la chansonnette avec son pote. Le final sera généreux, quatre suppléments rappels, retardant ainsi le retour au grand froid. Guillaume Aldebert sait donner le temps au temps, aussi c'est avec beaucoup de sympathie qu'il a accepté notre interview...


Bonjour Aldebert, et merci de nous accorder cet entretien. Pour commencer, une petite question rétrospective, aurais-tu imaginer dix ans auparavant, pouvoir ainsi vivre de ta musique, sillonner la France, donner des interviews...


Non pas du tout, et puis faire vivre une équipe avec mes chansons encore moins ! J'ai commencé avec un premier disque auto-produit, pressé à à peine 1000 exemplaires, je ne pensais pas du tout en faire un métier, c'était juste pour m'amuser. Mes potes m'avaient dit que ce serait sympa de sortir ces quelques chansons. Ça a commencé à prendre de l'ampleur suite à un trophée gagné à un concours organisé par Radio France. On a fait le plus de dates possibles, on a mis en place un travail de terrain, on voulait à tout prix privilégier la scène. Bien sûr rien n'est jamais acquis dans ce métier, et j'essaie de me remettre en question avant chaque album.

Quels sont les artistes qui t'ont soutenu à tes débuts, qui te soutiennent aujourd'hui, et qui t'ont peut-être permis d'en arriver là ?

Bénabar et Louis Chedid par exemple, qui m'ont assez vite pris pour des premières parties. Renaud également, avec qui j'avais fait il y a quelques années plusieurs concerts en faveur de la libération de Liliane Bettencourt. A côté de ça, il y a aussi Renan Luce ou Yves Jamait, avec qui j'ai d'ailleurs fait quelques morceaux, et qui sont devenus de bon potes.

L'inspiration est t-elle constante chez toi ?

Oui oui elle est toujours là. Je la prends quand elle vient disons. Je ne suis pas du genre à m'enfermer une semaine, à ouvrir un word, et à me dire « bon alors, qu'est-ce que j'ai écris ?? ». Je n'ai pas la phobie de la page blanche.

D'où la tires tu ?


De la vie en général. De la mienne et celle des autres. La plupart du temps c'est en voyant quelque chose que je me dis « tiens, ça ça pourrait être intéressant, il y a quelque chose à creuser ». Les gares par exemple, je me dis de plus en plus que je devrais écrire quelque chose là dessus, des endroits pas forcément très chouettes à la base, parfois un peu glauques même, mais où l'on assiste à plein de scènes frappantes, des départs, des retrouvailles...

Tu as fais partie de ce qu'on appelait il y a quelques années, la nouvelle scène, des artistes non-créés par l'industrie culturelle qui ont dû se battre pour se faire une place. Aujourd'hui tu remplis sans trop de problèmes des bonnes salles, ce qui est tout à fait mérité, mais pas moins excitant au final ?


Non pas du tout ! C'est différent ! Mes projets se multiplient, et s'affinent, je ne m'ennuie jamais. Là je suis déjà en train de composer pour « enfantillages 2 », j'ai un projet de bd qui pourrait se mettre en place, je ne sais pas encore avec qui, Larcenet ou Boulet peut-être... Je ne vais pas faire ça seul en tout cas. Bref, je ne sais pas quand tout ça sortira, un, deux, trois, quatre ans ? On verra, mais une chose est sûr, c'est tout aussi excitant !

Sur ton nouvel album « Les meilleurs amis », on retrouve d'un côté toutes les thématiques qui te sont chères, la fuite du temps, les petites choses de la vie, l'amitié, etc, mais aussi des chansons plus engagées comme « mon homonyme », ou « un dernier foot sous Chirac ».
Quand on sait que par le passé tu as fais partie de groupes nettement plus « saturés », on peut se poser la question, Aldebert avec des gros riffs, c'est possible aujourd'hui ?


Non, je ne pense pas, même si j'adore le gros metal ! (rires) C'est un type de musique que j'écoute très fréquemment, mais ce n'est pas « moi »... Je ne me vois pas avec des gros tatouages sur le bras et hurler dans un micro. Quand j'étais jeune je jouais dans des groupes, mais c'était pour faire ce qu'on aimait, on imitait Metallica quoi. Mais je pense que l'énergie « rock'n'roll » peut se retrouver dans la chanson à textes ! Regardes Jacques Brel, il faisait de la chanson française mais à ses concerts il se donnait autant qu'un chanteur hardcore ! Et sans en arriver à ses extrémités, un concert doit toujours délivrer une vraie énergie festive, ce dans quoi je me retrouve !

Ta musique t'a donc aidé à définir quel type d'artiste tu étais ?

Oui, en quelque sorte. Ça n'a pas été immédiat comme certains artistes qui très vite trouvent leur style propre, mais petit à petit c'est venu, ça s'est affiné.

Quels sont les derniers albums, quel que soit le style, qui t'ont vraiment marqués ?

Hum, en France il y a le dernier album de Debout sur le Zinc, « la fuite en avant ». Et sinon, il a le dernier Lamb of God, hum...

Résolution ?

Ouais c'est ça ! Il est terrible ! Mais sinon en ce moment qu'est-ce que j'écoute... (il consulte son I Phone), ouais alors ça va de Ray Charles à Sepultura en passant par Eiffel.

Très éclectique donc !

Oui complétement ! D'ailleurs avec Hubert (le guitariste du groupe), on s'amuse à faire du jazz manouche depuis le début de la tournée ! Ce qui est super dur mine de rien...

En parlant de cd, on sait que l'industrie musicale continue sa descente aux enfers, est-ce que tes ventes ont été touchées par le phénomène ?

Je ne sais pas trop, on l'a un peu ressenti sur le dernier album, mais pas tant que ça. Et puis, on est plus un groupe qui se base sur la scène, donc on est pas les plus touchés. Après c'est sûr que les grosses pointures qui passent d'un million à 200 000 albums vendus, eux doivent sentir la différence... Il faut voir que les gens ont un autre rapport à la musique maintenant.

Tu pourrais, à la manière de Radiohead, décider de vendre des morceaux à prix libre sur Internet ? Pas forcément par albums, mais au compte-goutte ?

Je ne sais pas, j'y ai pas encore trop pensé. Mais il est clair qu'un autre rapport doit s'instaurer entre le musicien et le public. On ne va plus rester dans le schéma un album tous les trois ans, et juste une tournée entre temps. Il faut maintenir une sorte de flux tendu, une communication permanente. Pour ça par exemple, je met souvent des petites vidéos sympas sur Facebook ou sur le site, ça permet de rester en contact avec son public.

Sous quels hospices vois-tu ton avenir ?

Oulà, je ne sais pas du tout ! Je vis l'instant et on ne peut être sûr de rien dans notre métier ! Certes on ne sait jamais encore dit « zut il falloir retrouver un boulot, je veux dire, un « vrai » boulot ! » (rires) Mais je ne sais pas franchement, je vais poursuivre mes projets, et on verra bien ! Mon groupe et moi, on sait d'où on vient, et au moins on sait où veut aller.



Propos recueillis par A.Covalciuc et A.Boyard le 03/02/2012 à la Vapeur, Dijon.
 

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Aldebert à toute vapeur Aldebert à toute vapeur Aldebert à toute vapeur

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4 réactions à cet article    


  • norbert gabriel norbert gabriel 22 février 2012 20:54

    «  »Renaud également, avec qui j’avais fait il y a quelques années plusieurs concerts en faveur de la libération de Liliane Bettencourt.«  »"

    eh bé, ce garçon m’étonnera toujours ! Et elle était en prison où, Liliane ? à Neuilly ?? Bravo Renaud et Aldebert , faut pas laisser les grandes causes sans soutien ...  smiley


    • norbert gabriel norbert gabriel 22 février 2012 20:58

      «  »Sous quels hospices vois-tu ton avenir ?"

      Aîe, déjà les hospices des vieux ?? les auspices ne sont pas très encourageants, si jeune et déjà en vue de l’hospice , c’est dûr la vie d’artiste !!!  smiley


      • Alexandre Covalciuc Alexandre Covalciuc 22 février 2012 22:01

        Et paf la faute... Bon va dire que c’était un jeu de mots hein ? Oui ça passe mieux ainsi...


      • norbert gabriel norbert gabriel 22 février 2012 21:03

        On pourrait ajouter qu’il a été assez soutenu par France Inter et Foulquier qui l’ont invité assez souvent dans les émissions, ou aux Francofolies, si j’ai bonne mémoire en 1997 ou 98 ...

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