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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Alexander von Humboldt : voyage au bout du Venezuela

Alexander von Humboldt : voyage au bout du Venezuela

Alexander von Humboldt (1769-1859) est un personnage fascinant. Chateaubriand disait de lui : « En Amérique, l’illustre Humboldt a tout peint et tout dit ». Et il n’était pas loin d’avoir raison.

Son ouvrage Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (avec Aimé Bonpland) –trente volumes publiés entre 1805 et 1834– est le plus monumental qui ait jamais été écrit sur l’Amérique latine. Pour s’en persuader, il suffit de jeter un coup d’œil sur les titres des 30 volumes :
(I, II) Plantes équinoxiales... (1808-1809)
(III, IV) Monographie des Mélastomacées... (1816, 1823)
(V) Monographie des Mimoses et autres plantes légumineuses du Nouveau Continent (1819-1824)
(VI,VII) Révision des Graminées (1829-1834)
(VIII-XIV) Nova genera et species plantarum... (1815-1825)
(XV-XVI) Atlas pittoresque du voyage (1810)
(XVII) Atlas géographique et physique du Nouveau Continent fondé sur des observations astronomiques, des mesures trigonométriques et des nivellements barométriques (1814)
(XVIII) Examen critique de l’histoire de la géographie du Nouveau Continent et des progrès de l’astronomie nautique au XVe et XVIe siècle (1814-1834)
(XIX) Atlas géographique et physique du royaume de la Nouvelle Espagne... (1811)
(XX) Géographie des plantes... (1805)
(XXI, XXII) Recueil d’observations astronomiques, d’opérations trigonométriques et de mesures barométriques (1810)
(XXIII, XXIV) Recueil d’observations de zoologie et d’anatomie comparée (1811, 1833)
(XXV, XXVI)
Essai politique sur le royaume de la Nouvelle Espagne (1811)
(XXVII) Essai sur la géographie des plantes... (1805)
(XXVIII-XXX) Relation historique du Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent (1814, 1819, 1825)
Géographie, histoire, politique, botanique, zoologie, astronomie, sismologie... : Alexander von Humboldt a touché à tout, en brillant héritier qu’il était des Encyclopédistes du Siècle des Lumières.
 
Sociologue avant la lettre
 
C’est à Cumaná qu’il toucha pour la première fois le sol américain, accompagné d’Aimé Bonpland. Il resta dans le territoire connu aujourd’hui comme Venezuela (le pays n’était pas encore indépendant à l’époque) du 16 juillet 1799 au 28 novembre 1800, soit durant plus de 16 mois. Il le parcourut en tous sens, prenant systématiquement note de tout ce qu’il observait. Rien n’échappait à sa perspicacité de naturaliste. Mais il se révéla aussi un extraordinaire sociologue (et analyste politique) avant la lettre.
 
Il ne se contenta pas de visiter les zones connues et colonisées. Il s’aventura également au-delà de la « civilisation », jusqu’au cœur même de l’Amazonie. L’un des objectifs de son voyage était en effet de prouver ce que l’on subodorait depuis longtemps, à savoir qu’il existait un canal naturel qui reliait les bassins de l’Amazone et de l’Orénoque, le Casiquiare. Au prix de difficultés que l’on jugerait aujourd’hui insurmontables, il réussit son pari et parcourut le Casiquiare, dont il rapporta la carte suivante : 
 
 
Au cours de cette exploration, il multiplia les observations en tous genres et rapporta par centaines des échantillons d’animaux et de plantes. Il fit notamment capturer des anguilles électriques (Electrophorus electricus) pour poursuivre son étude sur l’électricité dans le monde animal, un sujet qu’il affectionnait particulièrement.
 
Oublié en France
 
Considéré comme un monument en Allemagne, son pays natal, ainsi que dans les pays d’Amérique latine qu’il a visités, Alexander von Humboldt est malheureusement plutôt oublié en France. Il avait pourtant de nombreux liens avec ce pays : sympathisant de l’idéal progressiste de la Révolution de 1789, il vécut à Paris en 1798, puis s’y installa à son retour d’Amérique, de 1804 à 1827. Il a collaboré avec les plus grands savants français de l’époque, en particulier Louis-Joseph Gay-Lussac, avec qui il effectua plusieurs voyages scientifiques. Il fut aussi l’un des fondateurs de la Société de Géographie, en 1821.
 
Au-delà de sa biographie, si vous désirez en savoir plus sur ce personnage étonnant qui ne dormait que 3 ou 4 heures par nuit, rien de tel que de vous plonger dans ses écrits. Ô bonheur, plusieurs d’entre eux sont disponibles en ligne (et téléchargeables) sur le site Gallica de la BNF, dont une version en trois volumes de ses pérégrinations américaines et vénézuéliennes, que voici :

Volume 1

Voyage de Humboldt et Bonpland ; 1-3. Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent : fait en 1799, 1800, 1801, 1803 et 1804. Tome 1 / par Al. de Humboldt et A. Bonpland ; rédigé par Al. de Humboldt

Voyage de Humboldt et Bonpland ; 1-3. Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent : fait en 1799, 1800, 1801, 1803 et 1804. Tome 1 / par Al. de Humboldt et A. Bonpland ; rédigé par Al. de Humboldt Source : Bibliothèque nationale de France

 

Volume 2

Voyage de Humboldt et Bonpland ; 1-3. Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent : fait en 1799, 1800, 1801, 1803 et 1804. Tome 2 / par Al. de Humboldt et A. Bonpland ; rédigé par Al. de Humboldt

Voyage de Humboldt et Bonpland ; 1-3. Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent : fait en 1799, 1800, 1801, 1803 et 1804. Tome 2 / par Al. de Humboldt et A. Bonpland ; rédigé par Al. de Humboldt Source : Bibliothèque nationale de France

Volume 3

Voyage de Humboldt et Bonpland ; 1-3. Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent : fait en 1799, 1800, 1801, 1803 et 1804. Tome 3 / par Al. de Humboldt et A. Bonpland ; rédigé par Al. de Humboldt

Voyage de Humboldt et Bonpland ; 1-3. Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent : fait en 1799, 1800, 1801, 1803 et 1804. Tome 3 / par Al. de Humboldt et A. Bonpland ; rédigé par Al. de Humboldt Source : Bibliothèque nationale de France

 
 

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5 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 25 mai 2009 12:25

    Bonjour,

    c’est indubitablement en regardant à la loupe le monde animal et végétal qu’il est devenu « l’extraordinaire sociologue (et analyste politique) avant la lettre.  ». Il est amusant de constater comment notre presse actuelle fait régulièrement la une avec des infos du genre : le singe, le corbeau les oiseaux, etc...sont intelligents et fabriquent des outils pour leur survie...ou ...utilisent des langages entre eux... ! http://fr.news.yahoo.com/68/20090522/tsc-des-oiseaux-capables-de-cibler-leurs-04aaa9b.html

    L’obcurantisme pratiqué dans notre civilisation fait de beaucoup d’entre nous, des incultes notoires. Merci Jean Luc de nous rappeler cette croix que bous portons tous les jours...


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 25 mai 2009 12:38

      Eric Naulleau a qualifié de meilleur livre passé entre ses mains, celui que vient d’écrire Bernard Giraudeau. Il y raconte comment l’arrivée du t-shirt sur les épaules des amazoniens leur ont apporté la maladie. En effet, alors que la pluie leur glissait sur la peau, les vètements la retenait et entraina l’apparition des premiers rhumes...

      Il est grand temps de protéger l’Amazonie, poumon équilibrateur de notre météo mondiale, elle pourrait être notre dernière source de survie humaine. Cet article que vous apportez n’est pas sans rappeler que les preuves de l’évolutionnisme existent dans l’étude de ce sous-continent, et que le « créa-sionnisme » s’appuie sur sa destruction pour effacer les traces infirmant son mensonge...


    • Kobayachi Kobayachi 25 mai 2009 18:04

      Dommage, aucune mention de Kosmos, l’œuvre qui était devenue son obsession en fin de vie et qu’il n’a malheureusement pas pu terminer en 25 ans (4,5 volumes tout de même, le dernier étant inachevé). Kosmos aurait du devenir l’œuvre de toute une vie et etre une sorte de première encyclopédie universelle.
      Sinon, que dire, si ce n’est que c’était un très grand homme, même colossal, qui a su inspiré beaucoup d’autres hommes de science comme Darwin (Darwin disait de lui : « He was the greatest travelling scientist who ever lived. » – « I have always admired him ; now I worship him. ») ou bien Thommas jefferson (« I consider him the most important scientist whom I have met. »).
      Bien dommage que son nom soit inconnu du grand public.
      Et un grand bravo a la chaine Arte qui lui a consacré une journée de commémoration le mois dernier.


      • Tony Pirard 29 mai 2009 22:47

        Malheureusement,aujourd´hui la culture Européenne se trouve tant frac que si Humbolt demandasse ce qu´il ya dans l´Amérique Latine,ils dirions que...lá-bas ils voyent seul...Indiens et Tarzans dans les arbres... !
         Ils n´ont temps de savoir qu´était...ni Benjamin Franklyn... ! C´est dommage que La France de Baudelaire,Lamartine se trouve tant démodé... !


        • Michelerr 1er juin 2009 16:09

          Je vous conseille de lire « les arpenteurs du monde » de Daniel Khelmann qui vient de sortir en poche chez Babel. C’est une fiction incroyable sur le voyage que fit Humbold sur la cordillière des Andes (si je m’en souviens bien)...

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