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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > Alexandra David-Néel et son Tibet au Petit Montparnasse

Alexandra David-Néel et son Tibet au Petit Montparnasse

Hélène Vincent et Emilie Dequenne en tandem sur les sommets !

Du Tibet à Digne, par delà l’Himalaya franchi à pieds en 1920, ce sont quatorze années d’aventures interdites qui se retrouvent en stand by, recluses dans une maison provençale, où Alexandra David-Néel, nonagénaire, et Marie-Madeleine Peyronnet, dans la force de l’âge, vécurent en duo explosif, durant les dix ultimes années de l’exploratrice orientaliste, en compagnie de ses souvenirs confrontés au déracinement de sa gouvernante, émigrée de son Algérie natale.

Comment être et avoir été celle qui n’écoutait que les appels de la vraie vie pour se retrouver, souffrant de rhumatismes, désormais contingentée par des cannes et autres contraintes de santé vieillissante ?

Et pourtant, devenue centenaire, Alexandra va faire valider son passeport afin d’envisager un voyage vers la Sibérie, concevable, selon elle, exclusivement en « quatre chevaux », de façon à pouvoir profiter assise, de la lente progression du paysage à travers la vitre de la voiture.

Toutefois, le virtuel en chambre amène les deux femmes de caractère à s’opposer quotidiennement sur l’art et la manière d’appréhender la vie relationnelle, alors que l’une est au service de l’autre, mais que celle-là est prête à chaque instant de démissionner, excédée par les remontrances, les exigences, et l’inattention à sa propre existence.

Revendiqués en toutes circonstances y compris les plus douloureuses sur le plan personnel, le détachement et le stoïcisme que prônent, sans cesse, sa patronne, laissent perplexe, la surnommée « Tortue », quant aux réelles qualités humaines de l’écrivain féministe.

Emilie Dequenne incarne son personnage de jeune femme, avec le charme intelligent qui sied à celle qui sait composer et s’adapter à la fonction de souffre-douleur qui lui est dévolue.

Face à cette présence scénique, à la fois attentionnée et distanciée, Hélène Vincent, elle, lâche les pulsions de l’autoritarisme et de la mauvaise foi, au comble de ce qui pourrait apparaître comme une provocation sénile ou un défi, à l’égard de sa collaboratrice qu’elle ne peut, cependant, s’empêcher d’apprécier au plus haut point.

Les deux comédiennes vont jouer, sous la direction subtile de Didier Long, avec la perception fantasque d’une réalité dont elles font, chacune à leur manière, imploser le huis clos.

Ainsi, en point d’orgue, sous les auspices du public, quel bel anniversaire va entonner, Emilie, à l’intention d’Alexandra !

C’est donc, sur le registre récurrent de la complicité ombrageuse que vont se succéder les caprices, les extravagances, les gageures dont le grand âge n’autorise, a posteriori, que les bravades permettant de survivre à une destinée, hors du commun.

Deux rôles magnifiques écrits par Michel Lengliney et offerts, sur le plateau du Petit Montparnasse, à deux actrices qui s’en emparent jusqu’au sentiment duel de plénitude.

photo © Lot 

ALEXANDRA DAVID-NEEL, MON TIBET... - *** Theothea.com - de Michel Lengliney - mise en scène : Didier Long - avec Hélène Vincent & Emilie Dequenne - Théâtre du Petit Montarnasse -

 


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