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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Anna Christie » Le retour de Mélanie Thierry à l’Atelier

« Anna Christie » Le retour de Mélanie Thierry à l’Atelier

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ANNA CHRISTIE
photo 1 © Pascal Victor

Ah ! Qu’il est puissant le souvenir de Baby Doll au Théâtre de l’Atelier où, en 2009, Mélanie Thierry se consumait au feu ardent de Xavier Gallais, son partenaire servant !

La revoici, la Lolita de Tennessee Williams, sur ces mêmes planches, transformée six ans plus tard en fille de marin blessée par les hommes, qui se sublimerait, telle une passionaria annonciatrice d’affranchissement paternaliste et marital, en clamant sa fougue sur les quais de New-York comme d’autres chanteraient les putains sur le port d’Amsterdam !

Atmosphère ! Atmosphère !… C’est Jean-Louis Martinelli qui en assure la perception sensitive en jonglant de la terre à la mer avec l’intuition maritime épidermique.

Le quatuor d’acteurs qu’il dirige sur les vagues du non-dit selon toutes formes d’Amour, des plus paternelles aux plus sauvages, s’implique dans une intériorité affective manifeste se prolongeant jusqu’aux frontières de l’autisme a parité avec celles de la violence.

Son père l’ayant abandonnée dès l’enfance, Anna est de retour des galères les plus sordides pour embarquer présentement sur un rafiot censé la remettre d’aplomb en voguant vers un ailleurs réconfortant, alors qu’est repêché en haute mer, celui qui pourrait fort bien devenir son amant, voire son époux si affinités.

Cependant, dès lors que les rivages terrestres s’approchent de nouveau, ce serait méconnaître les rivalités masculines en pareil dilemme domestique et faire peu de cas d’un féminisme déjà hyperactif aux environs de 1920, s’il fallait penser que Burke puisse, d’un claquement de doigts, « emballer » Anna pour la meilleure des vies !

Tout à la fois austère et passionnée, cette histoire contée par Eugene O’Neill suite à l’adaptation de Jean-Claude Carrière prendrait aisément des allures pseudo victoriennes sans que la force démesurée des éléments marins ne parvienne à en faire oublier le caractère désuet.

Comme s’il leur manquait un souffle venu d’ailleurs, les quatre personnages s’affrontent avec panache mais sans jamais convaincre de l’essentialité de leur combat.

Chacun se sentant investi d’une âpreté jusqu’au boutiste, tous forment un chœur dont Anna serait la victime expiatoire sacrifiée sur l’autel de l’Amour impossible, à moins que…

Stanley Weber est parfait en « marin servant » la juste cause, Mélanie Thierry est habitée par la flamme des désillusions vaincues, Féodor Atkine par la conviction d’être à l’origine de tous maux alors que Charlotte Maury-Sentier aura réussi à illustrer d’emblée toutes ces perspectives en impasse.

Certes, la messe est dite !… Mais il y aura toujours un bateau prêt à larguer les amarres vers le sentiment de plénitude !

photo 1 © Pascal Victor & visuel affiche

ANNA CHRISTIE - **.. Theothea.com - de Eugene O'Neill - adaptation Jean-Claude Carriere - mise en scène Jean-Louis Martinelli - Mélanie THIERRY, Stanley WEBER, Féodor ATKINE & Charlotte MAURY-SENTIER - Théâtre de L' Atelier

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ANNA CHRISTIE
visuel affiche

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1 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 8 février 2015 09:42

    Bonjour, Theotea.

    Merci pour cette critique. Voilà une pièce que j’irai voir avec un grand plaisir. Ne serait-ce que pour le plaisir de retrouver la Mélanie Thierry de Baby Doll !

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