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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Après mai », le je continu

« Après mai », le je continu

Quoique assez décousu, l' "Après mai" d'Olivier Assayas suit une chronologie : la guerre des boutons (d'acné) de 1968-70, le discours politique comme mode de vie et facteur d'échanges, la séparation des chemins. Des tranches, ou morceaux de puzzle, d'une période aussi légendaire qu'ignorée du cinéma de fiction, sur laquelle Gilles (Clément Métayer), fil conducteur plus occupé de sa petite personne et de ses amours que de révolution, pose un regard crédible.

Une révolution ? Euh...

On la découvre ou la retrouve par bribes, cette période, d'abord dans des affrontements entre forces de l'ordre et lycéens qui se la jouent, à vainement guetter leur premier martyr sine qua non révolution digne de ce nom, à faire d'un coup de matraque une tentative d'assassinat du pouvoir fasciste, de la "Ligue" (LCR) de Krivine le QG de Jean Moulin, de ses tracts des documents sensibles dont les propagateurs, pour échapper au pire, doivent fuir à l'étranger, trouver des "contacts"...

Voulu ou non par l'auteur, le rire, autant absent chez les acteurs étrangement graves qu'au long du film l'aspect festif de la période, accueille parmi le public la montée en sauce de leurs exploits par ces valeureux tagueurs, dans lesquels l'actuelle jeunesse pourrait, en moins offensif, se retrouver.

L'avant-mai pour comprendre l'après

La suite de l'aventure commune : coolitude, mise en partage des maisons de famille, des mobylettes, des livres, de la drogue ; mixité, liberté sexuelle et tout court, fêtes continuelles, voyages préférés à une carrière parisienne, féminisme : tout ce qui marque les années 70, excès et conquêtes sociales, sensation de libération et de bien-être, ne peut se restituer sans une référence à ce qui les avait immédiatement précédées. Sur ce changement brusque, bouleversant, dû autant à la révolte de mai qu'aux moyens de communication et à la pilule, un film reste à faire, qui devra prendre en compte l'état des lieux. Et raconter une histoire.

Simenon, auquel Gilles dans le film ne ménage pas ses critiques, pourrait donner à cet effet de précieux conseils.


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1 réactions à cet article    


  • Yohan Yohan 27 novembre 2012 18:43

    Le film est une bonne synthèse de cette période post soixante-huitarde vécue, rappelons le, par une petite frange privilégiée de la jeunesse de l’époque. Selon les sphères où l’on se plaçait alors (baba, militante, underground, mystique, junky, contre culture,....) l’ambiance allait de festive sinon débridée à franchement pesante. Là, l’auteur s’est plutôt placé côté sphère militante et je confirme que ce n’étaient pas des joyeux ces gars capables de se rendre parfois jusqu’en en Albanie pour respirer à plein poumon l’air (soit-disant) pur de ce qu’ils entendaient administrer aux masses laborieuses, (qui elles ne leur avaient rien demandé smiley). 

    Vrai aussi que ces différentes sphères pouvaient parfois s’interpénétrer au gré des rencontres et des flirts. Le film a un petit côté documentariste qui a le mérite de restituer assez fidèlement une page de ma propre histoire...

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Julie Dep

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