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Accueil du site > Culture & Loisirs > Culture > « Architecture » Cible élitaire de la Cour d’Honneur en (...)

« Architecture » Cible élitaire de la Cour d’Honneur en déconstruction bien au-delà d’Avignon...

En ayant rassemblé un casting aussi exceptionnel composé d'Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Anne Brochet, Marie-Sophie Ferdane, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès en alternance avec Pascal Rénéric, Laurent Poitrenaux et, en point de mire, Jacques Weber, le dramaturge Pascal Rambert était contraint à l'excellence face à ce "collectif temporaire" pour lequel il aura constitué un spectacle global, à l'image du monde contemporain, puisant son origine auprès d'une famille élitaire viennoise se déchirant au début du XXème siècle au fur et à mesure que ses membres se trouvaient confrontés à leur propre échec existentiel.

  

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ARCHITECTURE
© Christophe Raynaud de Lage

  
Ainsi réunis autour du patriarche charismatique, les passes d'armes se multipliaient au coeur de la fratrie familiale en maintenant néanmoins une incontestable solidarité de Classe, de Culture et de Pouvoir.
Créée en juillet 2019 dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes au Festival d'Avignon dans une version de près de 4 heures avec entracte, la tournée, via notamment Les Bouffes du Nord & Les Gémeaux de Sceaux, s'allégeait d'une heure en resserrant la dramaturgie essentiellement sur l'interactivité destructrice de thèses absolues et idéalistes.

 

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ARCHITECTURE
© Christophe Raynaud de Lage

  
Tout un ensemble descriptif des dégâts de la guerre occasionnés sur le corps humain, jusqu'à déshumaniser celui-ci en désagrégeant notamment son visage, suscitait dans la version longue un nihilisme métaphysique dont l'effet cumulatif venait en quelque sorte mettre en impasse l'effet dynamique que la notion de "progrès" aurait pu légitimement lui opposer.
La pièce démarrait avec une remontrance radicale du pater familias à l'égard de Stan (Stanislas Nordey), l'un de ses fils, elle trouverait son épilogue dans une réunion collective où chacun, face à son ordinateur, ferait le débriefing entre factuel et subjectivité à la suite d'événements faisant se télescoper l'histoire contemporaine avec celle de cette famille emblématique censée être l'émanation supérieure de la société humaine, selon des didascalies que les comédiens seraient en train d'écrire et d'interpréter dans un même élan simultané. 

  

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ARCHITECTURE
© Christophe Raynaud de Lage

  
Selon l'auteur, "Architecture" est un Memento Mori pour penser notre temps. Cette pièce montre comment, à l'instar des civilisations reconnues périssables, les plus belles structures s’effondrent et finissent par engloutir leurs enfants les plus brillants.
En effet les principes, en apparence les plus inébranlables, fondant et structurant la société, peuvent soudain s'effondrer et emporter toutes les illusions éthiques comme un fétu de paille retournant ainsi aux prémices de la sauvagerie. 
Le vingtième siècle en a montré de manière exemplaire de multiples et fameux stigmates.

  

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ARCHITECTURE
© Christophe Raynaud de Lage

  

Du langage au style, il n'y aurait donc qu'un pas, celui de la vérité d'une époque qui peut se dissoudre à la moindre défaillance de la confiance qu'on lui porte. 
Tout ce qui constitue l'ambition de la connaissance humaine se véhicule à travers des mots et des concepts qui, en définitive, ne portent en eux que la valeur qu'on leur octroie en des moments successifs pouvant fort bien se contredire voire s'annihiler, sans crier gare.  
Tout cet aréopage de comédiens emblématiques se constituerait alors comme une force brute exemplaire que le spectateur ne pourrait dissocier de sa perception sensitive alors même que Pascal Rambert, leur ayant écrit des rôles sur mesure, continue par les appeler, dans sa fiction scénographique, selon leurs véritables prénoms identitaires.

  

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ARCHITECTURE
© Theothea.com

  
Tout ce passe comme si cette somptueuse architecture en trompe l'oeil était en fait une invite à magnifier le corps multiple de l'acteur dans une oeuvre théâtrale qui le sublimerait au-delà de toute contingence humaine alors que celle-ci s'avèrerait, de facto, profondément décevante et vulnérable.

  

Photos 1 à 4 © Christophe Raynaud de Lage

Photos 5 & 6 © Theothea.com

   

ARCHITECTURE - **** Theothea.com - de & mise en scène Pascal Rambert - avec Emmanuelle Béart, Audrey Bonnet, Anne Brochet, Marie-Sophie Ferdane, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès de la Comédie-Française, en alternance avec Pascal Rénéric, Laurent Poitrenaux, Jacques Weber - Théâtre des Bouffes du Nord fin 2019 ainsi que, notamment, Les Gémeaux Scène nationale Sceaux fin janvier 2020

  

  

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ARCHITECTURE
© Theothea.com

    

   


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1 réactions à cet article    


  • jymb 21 janvier 13:16

    L’allégement s’imposait...En Avignon la fuite des spectateurs à l’entracte était évidente ! 

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